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La France en Israël - Revue de la Presse israélienne - 26 février 2010
26/02/2010


ISRAËL - PALESTINE

Entre Hébron et Washington / Shimon Shiffer, Itamar Eichner, Roni Shaked et Zvi Zinger – Yediot Aharonot

D'un côté, les Palestiniens qui ont accueilli avec colère la décision d'inscrire le caveau des Patriarches et le tombeau de Rachel sur la liste des sites du patrimoine juif. De l'autre, les militants d'extrême droite qui célèbrent le seizième anniversaire du massacre perpétré par Baruch Goldstein. Entre les deux, les soldats de Tsahal, les gardes-frontières et les policiers épuisés. A la veille de la fête de Pourim, Hébron est comme un volcan qui menace d'entrer en éruption.

Suite aux émeutes qui se déroulent à Hébron depuis quatre jours et par crainte d'un soulèvement violent dans les Territoires, de hauts responsables américains ont réclamé hier que le Premier ministre Netanyahu aille devant les caméras et dise clairement qu'Israël n'a aucune intention de modifier le statu quo concernant les lieux saints musulmans, chrétiens et juifs en Cisjordanie. Ces hauts responsables ont fait part à leurs homologues américains de leur colère face à la décision du gouvernement israélien. « Il s'agit d'une provocation qui ne contribue pas à ramener les parties à la table des négociations », a déclaré hier le porte-parole du Département d'Etat américain.

Israël s'est lancé hier dans une campagne destinée à apaiser la communauté internationale. Le Premier ministre Netanyahu a évoqué le dossier lors d'une rencontre avec la rédaction de la chaîne russophone Israël Plus. « Ce n'est pas une décision politique. Elle ne change rien à ce niveau. C'est une décision qui concerne la préservation du patrimoine, un patrimoine qui nous accompagne depuis près de quatre mille ans. Nous n'établissons rien de neuf », a-t-il déclaré.

Pour M. Netanyahu, il s'agit d'un malentendu : « Nous n'avons nullement l'intention ni le projet de modifier le statu quo, que se soit concernant les lieux saints ou les aménagements des lieux de prière. Nous continuerons à garantir la liberté de culte et les arrangements qui sont en place, aussi bien pour les fidèles juifs que pour les fidèles musulmans. Ce que nous voulons faire c'est préserver et entretenir des lieux de prières existants ». Il a ajouté que les travaux de rénovation et d'entretien du caveau des Patriarches se feraient en pleine coordination avec les autorités musulmanes, de la même façon que ces autorités rénovent des lieux de prière musulmans en concertation avec Israël. Le sujet a également été évoqué dans le cadre de la réunion de dialogue stratégique américano-israélien. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a expliqué à son homologue américain, James Steinberg, qu'il ne s'agit pas d'une annexion des lieux saints mais d'une mesure qui vise à « enseigner aux Israéliens le lien historique qui existe entre ces lieux qui font l'objet d'une dispute avec les Palestiniens et l'héritage historique d'Israël ». Selon Israël il s'agit aussi d'une tentative artificielle des Palestiniens qui veulent créer un embrasement sur le terrain pour se soustraire à la reprise des négociations.

Entre temps, Tsahal et la police sont en état d'alerte maximal en prévision de la fête de Pourim, ce dimanche, et de l'intention de militants d'extrême droite de célébrer samedi soir l'anniversaire de la mort du meurtrier Baruch Goldstein.

Depuis hier minuit, a été mis en place un blocus de la Cisjordanie qui se poursuivra jusqu'à lundi soir. Tsahal a fait savoir que l'entrée en Israël de Palestiniens ne sera autorisée que pour des raisons humanitaires.


Les Palestiniens : Nous annulerons les accords d'Oslo et nous nous battrons pour la création d'un Etat binational / Akiva Eldar – Haaretz

L'Autorité palestinienne prévient qu'un échec des efforts visant à obtenir un accord avec Israël la mènera à renoncer à la lutte pour le partage en deux Etats, à annuler les accords d'Oslo et à se lancer dans une lutte pour la création d'un Etat binational. Un document rédigé par Saëb Erekat, qui dirige l'équipe palestinienne de négociation avec Israël, décrit plusieurs des mesures que les Palestiniens pourraient prendre en réaction à la paralysie du processus diplomatique.

Parmi ces mesures : la menace d'un arrêt de la coopération avec Israël dans le domaine de la sécurité si les pourparlers ne reprennent pas comme convenu. Dans les faits, cela signifierait le démantèlement des forces de sécurité palestiniennes entraînées pas les Américains et l'installation de l'anarchie en Cisjordanie qui tomberait en réalité aux mains du Hamas.

Une autre menace évoquée dans le document est celle d'un démantèlement de l'Autorité palestinienne. Le chaos qui s'ensuivrait obligerait alors Israël à rétablir le gouvernement militaire des territoires palestiniens.

La troisième option évoquée par Saëb Erekat, et, à terme, la plus préoccupante, est le passage d'une lutte pour la création d'un Etat palestinien à une lutte pour la création d'un seul Etat, binational, du Jourdain à la Méditerranée.

Interrogé par Haaretz, Saëb Erekat a souligné que cette troisième option n'est pas souhaitable mais qu'elle est la solution par défaut face au refus israélien de reprendre les négociations sur la base des ententes conclues entre le Premier ministre Ehud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à l'époque du gouvernement Bush.

Le document de vingt-et-une pages a été remis ces dernières semaines à plusieurs responsables politiques et notamment à des représentants européens. Selon la traduction du document en anglais, qui a été distribuée par les Palestiniens, lors des négociations entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas, l'Autorité palestinienne aurait proposé que, dans le cadre de l'accord permanent, seuls 150 000 réfugiés puissent se réinstaller à l'intérieur des frontières israéliennes, soit 15 000 personnes par an sur dix ans. Au terme de cette période, le retour des réfugiés ne pourra se faire que dans le cadre d'un accord entre les deux parties.

A noter que, dans la version originale du document, en arabe, le nombre de réfugiés n'est pas mentionné. Il est possible que Saëb Erekat ait voulu manifester auprès des responsables étrangers une approche modérée, tout en voulant éviter un débat interne sur un renoncement de l'Autorité palestinienne à un droit général au retour.

Une autre décision de principe, qui ressort du document, est que l'Autorité palestinienne prenne unilatéralement ses distances avec le président américain, Barack Obama, pour se lancer dans une campagne visant à ce que les pays européens et l'ONU fassent pression sur les Américains afin qu'ils changent de politique au Proche-Orient. Saëb Erekat critique, dans le document, le gouvernement Obama, qui serait revenu sur des engagements pris par le gouvernement Bush.


L'Etat construira six cents logements près de Pisgat Zéev / Nir Hasson – Haaretz

Une nouvelle source possible d'affrontement avec les Etats-Unis : La commission régionale de planification et de construction de Jérusalem a approuvé la construction d'un nouveau quartier de six cents logements au nord de la ville, près de Pisgat Zéev. Ce quartier sera construit sur des terres situées au-delà de la ‘ligne verte'.

Le projet a été déposé il y a plusieurs années, mais était gelé depuis deux ans à cause de problèmes concernant la propriété des terres. La direction des terres d'Israël a récemment déposé un projet restreint de six cents logements au lieu des mille cent prévus initialement. Trois hectares de terres privées ont ainsi été exclus du projet, qui sera construit uniquement sur des terres d'Etat.

Ce nouveau quartier devrait être construit entre le village palestinien de Hizmeh et le quartier de Pisgat Zéev, qui sera ainsi relié au quartier de Nevé Yaakov.


Un tribunal européen : Les produits des colonies seront soumis à des droits de douane / agences de presse – YNET (site internet du Yediot Aharonot)

Le dossier « Soda Club » qui était examiné par la Cour de justice de l'Union européenne a donné lieu hier à un arrêt selon lequel tout produit fabriqué dans les colonies doit être soumis à des droits de douane lors de son importation dans un pays de l'UE. A Jérusalem, on affirme qu'il s'agit déjà de la situation en vigueur actuellement. Le directeur général de Soda Club, qui se trouve au cœur de cette tempête, a affirmé que ce dossier est « une fouille archéologique ».

La Cour de Luxembourg a établi que les marchandises fabriquées par des Israéliens en Cisjordanie sont soumises à des droits de douane et ne bénéficient ni des accords commerciaux entre l'UE et Israël ni de ceux entre l'UE et l'Autorité palestinienne. Non seulement cet arrêt a des répercussions économiques, mais il s'agit aussi d'une affirmation politique qui distingue les colonies de l'Etat d'Israël. Au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, on affirme cependant : « Israël n'était pas une des parties dans cette affaire. Nous allons étudier l'arrêt en profondeur avant de voir s'il y a lieu de réagir ».

L'affaire qui a été examinée par la Cour de justice européenne concerne la société allemande Brita, qui importe des gazéificateurs d'eau fabriqués par la société Soda Club à Mishor Adumim. La société Brita avait déclaré aux autorités allemandes que ces marchandises étaient en provenance d'Israël et que, par conséquent, elles bénéficient d'une exemption des droits de douane.

Les autorités allemandes, soupçonnant que les produits provenaient en réalité de Cisjordanie, ont réclamé des éclaircissements. Les douanes israéliennes ont confirmé que les marchandises étaient originaires d'une zone sous contrôle israélien, sans toutefois dire s'il s'agissait de la Cisjordanie. Les Allemands ont donc décidé de soumettre les produits à des droits de douane.

La société allemande a fait appel de la décision, mais la Cour a établi que l'on ne peut accepter que l'Autorité palestinienne soit contrainte à renoncer à ses droits au bénéfice des accords entre l'UE et Israël. Elle a également établi que les marchandises israéliennes ne bénéficieront d'un traitement préférentiel que si elles ont été produites sur le territoire israélien.

Pour Daniel Birenbaum, le directeur général de Soda Club : « Ce litige entre Brita et les autorités douanières européennes concerne des importations des produits Soda Club effectuées en 2002. Aujourd'hui, notre société ne bénéficie de toute façon pas des exemptions douanières accordées aux marchandises à destination de l'Union européenne, si bien que cette affaire est une fouille archéologique ».

Selon un haut responsable israélien : « Dans les faits, la situation actuelle est que l'Union européenne n'accorde pas de traitement préférentiel aux produits israéliens fabriqués au-delà de la ‘ligne verte'. Selon eux, il ne s'agit pas d'un territoire sous souveraineté israélienne. Par conséquent, cet arrêt, même s'il ne nous est pas favorable, ne change rien au statut des marchandises israéliennes qui sont exportées vers l'Union européenne ».


REGIONAL

Frères d'armes / Smadar Péri, Reuven Weiss et Itamar Eichner – Yediot Aharonot

Pendant qu'à Damas le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, rencontrait le président syrien, Bachar Assad, en Israël avait lieu un exercice de Tsahal simulant des combats simultanés contre le Hezbollah au Liban et contre le Hamas à Gaza.

La visite d'Ahmadinejad à Damas avait pour but de manifester les relations étroites entre l'Iran et la Syrie. Au cours de la visite, le président syrien et son homologue iranien ont raillé la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a appelé cette semaine Bachar Assad à s'éloigner de Téhéran. Les deux dirigeants ont annoncé l'annulation des visas d'entrée entre les pays : encore un signe de l'engagement syrien aux côtés de Téhéran.

« Si l'entité sioniste répète ses erreurs, elle sera effacée et disparaîtra. Ils sont arrivés à une impasse. Toutes leurs menaces à l'encontre des Palestiniens découlent de leur faiblesse. Le jour viendra où le Proche-Orient sera vide de sionistes », a déclaré Ahmadinejad lors d'une conférence de presse à Damas.


Israël tente de convaincre le Brésil de soutenir des sanctions contre l'Iran / Barak Ravid et Natacha Mozgovaya – Haaretz

Une délégation israélienne s'est rendue cette semaine secrètement au Brésil pour tenter de convaincre le gouvernement brésilien de la nécessité d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran, dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies. Hier, s'est tenue à Jérusalem une réunion américano-israélienne de dialogue stratégique, qui a été consacrée au dossier iranien. Le message adressé par les Américains est que, d'ici fin mars ou début avril, le Conseil de sécurité prendra des sanctions supplémentaires contre l'Iran.

Selon un haut fonctionnaire israélien, la délégation américaine a estimé que les sanctions seront approuvées par une très large majorité du Conseil de sécurité, y compris par la Russie. Concernant la Chine, les estimations américaines sont plus pessimistes et, pour l'heure, les Chinois continuent à s'opposer aux sanctions.

« Les sanctions ne seront pas aussi paralysantes et radicales que le souhaitent beaucoup de gens, mais elles seront suffisamment fermes pour nuire au régime iranien. Il y aura aussi un dispositif qui permettra de prendre rapidement de nouvelles décisions si les Iraniens ne modifient pas leur comportement », a déclaré ce haut fonctionnaire.

Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a rencontré hier au Pentagone son homologue américain, Robert Gates. Une partie de l'entretien s'est déroulé en tête à tête et l'autre, en présence du chef d'état-major des armées des Etats-Unis, Michael Mullen. La rencontre a été consacrée à l'axe Iran-Hezbollah-Syrie.

La France en Israël

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Mis en ligne le 26 février 2010, par M. Macina, sur le site debriefing.org