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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme

[Insultes, tapage, sabotage:] Brève classification des ennemis de la libre expression dans les campus universitaires, David J. Rusin
01/03/2010


1er mars 2010

Sur le site Islamic Watch, 28 février 2010

"A Brief Taxonomy of Campus Free Speech Foes"

Traduction française : Menahem Macina pour le site debriefing.org


Les
efforts visant à empêcher les discours considérés comme politiquement incorrects sur les campus universitaires, se développent rapidement, comme l'a illustré l'hostilité qui s'est manifestée à l'égard de Michael Oren, ambassadeur israélien aux États-Unis, lors d'une conférence qui a eu lieu le 8 février à l'Université Irvine de Californie [ci-après, UCI]. A la lumière de cet événement et d'autres récents, on peut distinguer quatre catégories générales de voyous auxquels se heurtent ceux qui luttent pour défendre les droits des orateurs.


1. Etudiants grossiers

Selon Richard L. Cravatts, il s'agit de gens qui « ne sont pas disposés à écouter ni à permettre aux autres d'écouter des idées qui contredisent leurs propres points de vue ». Des échantillons majoritairement musulmans de cette catégorie se sont exprimés avec une grande force à l'UCI, impliquant des étudiants [majoritairement arabo-musulmans] qui ont hurlé des invectives, à dix reprises séparées, à l'adresse de l'ambassadeur Oren, dans le but de le faire taire [1]. A un certain point, une interruption de vingt minutes a été nécessaire, durant laquelle des responsables de l'université ont exprimé leur embarras et leur dégoût. Onze voyous ont été expulsés et arrêtés.

Nous avions déjà vu un tel comportement auparavant. Daniel Pipes en a fait l'expérience quand il s'est "ramassé" face aux "nervis de la persuasion islamique", à Irvine, en 2007. Plus tard dans la même année, une conférence donnée à Berkeley par la critique de l'islam, Nonie Darwish, a subi de fréquentes interruptions ; tandis que celle du militant conservateur, David Horowitz, à Emory, a dû être supprimée, à cause d'une foule incontrôlable. Le problème ne s'est pas limité aux Etats-Unis. En février, le ministre israélien, Danny Ayalon, a été victime d'injures raciales à Oxford [2]. Et ainsi de suite.

 

2. Des groupes de pression islamistes

Des organisations comme CAIR, MPAC, et MAS, ont emboîté le pas aux ennemis de la liberté d'expression en défendant les étudiants de l'Université d'Irvine et en appelant les administrateurs à abandonner les sanctions disciplinaires à leur encontre. Cair a déclaré que « le droit de chacun d'exprimer librement son opinion est la liberté la plus sacrée protégée par notre Constitution », mais il s'est gardé de préciser que les intervenants et les autres parties ont aussi des droits. MPAC a félicité les étudiants pour leur « courage et la conscience dont ils ont fait preuve en protestant contre l'agression », et ils ont demandé une enquête sur les arrestations. MAS a même comparé ces jeunes arrogants à Martin Luther King. Il en découle que le fait de réduire des conférenciers au silence par des hurlements a la bénédiction de groupes musulmans importants.


3. Responsables de campus accusateurs

Bien que l'UCI ait vigoureusement défendu le droit de libre expression lors de la conférence de l'ambassadeur Oren, son zèle fait exception à la règle. Non seulement la plupart des universités cachent leurs manœuvres en recourant à un langage codé, mais des administrateurs et des professeurs ont fait des heures supplémentaires pour saboter des visites d'anti-islamistes dans une infinité d'écoles. Parmi les récents scandales : faire supporter aux groupes d'étudiants inviteurs les dépenses supplémentaires de sécurité occasionnées par la protection des conférenciers contre des foules en colère ; exiger des modifications de dernière minute ; et désapprouver publiquement des étudiants qui organisent des causeries indésirables. 


4. Etudiants intimidés

Tout aussi frustrant, quoique pardonnable d'une certaine manière, est le fait que des étudiants qui devraient en savoir davantage cèdent souvent à la pression collective. Par exemple, pour se conformer aux objections musulmanes, les Tigres de Princeton pour Israël ont supprimé leur patronage à la venue de Nonie Darwish, en novembre dernier ; causant l'annulation rapide de sa conférence. De même, en février de cette année, la Israel Society de Cambridge a annulé une conférence de l'historien israélien, Benny Morris, en invoquant la crainte « d'être perçue comme cautionnant l'islamophobie », après que certains musulmans aient critiqué son œuvre.

Les discours populaires n'ont pas besoin de protection, les impopulaires, oui. L'insuffisance de ces protections en milieu universitaire est inquiétante. Plus inquiétant encore est le fait que les discours favorables à l'Occident, à Israël et défavorables à l'islamisme, soient impopulaires auprès de tant d'administrateurs, de professeurs et d'étudiants d'universités.

 

© Islamic Watch


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Notes du traducteur


[1] Voir, sur le site YouTube, la vidéo saisissante de ce boycott pervers et grossier, sous le titre "
Uncivilized Tactics at UC Irvine, 8 February 2010", Première Partie et Deuxième Partie. Il suffit de suivre les agissements des manifestants, de bout en bout, pour voir à l'œuvre la mécanique perturbatrice bien huilée et disciplinée mise en œuvre pour intimider l'orateur et l'empêcher de parler. Elle m'a rappelé les agissements des trotskystes de jadis. Quand on est incapable de supporter un discours de vérité ou d'y objecter, on le sabote en huant, en hurlant, en injuriant. C'est abject, et parfois efficace, quand découragé, l'orateur abandonne l'estrade. Dans le cas de l'ambassadeur, les saboteurs en ont été pour leurs frais, M. Oren a pu donner sa conférence dans son intégralité, après que les perturbateurs aient quitté d'eux-mêmes la salle, fiers d'eux-mêmes, persuadés, à tort, d'avoir cassé l'événement.  

[2] Voir Henri Stein, "Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères envisage de déposer plainte contre un étudiant ayant appelé au meurtre des Juifs", 12 février 2010.


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Mis en ligne le 1er mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org