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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Quelques preuves formelles de «l'apartheid israélien», Victor Perez
02/03/2010


02/03/10

Sur le Blog de l'auteur.


Du 4 au 11 mars va être organisée, la « Sixième semaine annuelle contre l'apartheid israélien ». Une semaine qui sera riche, selon le programme annoncé, en « conférences, ateliers, projections de films et événements culturels » afin de « familiariser les participants avec les enjeux du conflit israélo-palestinien, ainsi que pour donner de l'ampleur à l'élan grandissant de la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre l'apartheid israélien ».

Un programme qui s'étendra sur 7 jours et inclura, le 10 mars, parmi d'autres sujets, celui-ci : « Entre l'oppression et l'autonomisation: citoyens palestiniens d'Israël sous l'apartheid ». L'intervenant du jour sera le « Palestinien-israélien » (ainsi présenté par le programme) - membre de la Knesset - Jamal Zahalka, qui ne risque, à son retour au pays des «ségrégationnistes» que… l'opprobre de ses pairs et de ses concitoyens juifs. Preuve incontestable de racisme à l'égard d'un individu censé être de «seconde catégorie».

D'autres preuves irréfutables de «l'apartheid» israélien, telle la réaction ci-dessus, pullulent dans ce pays. Il est bon d'en dresser ici une toute petite liste.

Ainsi, les autres députés «Palestiniens-israéliens» (mais ils ne sont pas les seuls) ne sont pas épargnés par ce «fléau typiquement israélien». L'élu Saïd Nafaa est accusé d'avoir eu des contacts avec l'ennemi en terre de Syrie sous le couvert d'un voyage religieux organisé en 2007 pour 280 notables druzes. Ceci, malgré l'interdiction qui lui avait été notifiée par le ministre de l'Intérieur de l'époque. A titre de sanction, la Commission parlementaire du parlement israélien s'est réunie pour approuver, à la majorité, la levée de l'immunité de cet élu. Depuis, toujours libre de ses mouvements et rémunéré par l'Etat, il attend d'être jugé. Il n'a cependant pas décidé d'aller prêter main forte à son collègue Zahalka à Montréal. Pourtant son identification comme «victime du racisme juif» aurait fait un tabac lors de cette réunion annuelle !

Autre exemple. Azmi Bishara, ex-député, qui, sans avis préalable, a préféré prendre la fuite en avril 2007. Il était soupçonné par les autorités israéliennes d'avoir fourni des informations au Hezbollah pendant la deuxième guerre au Liban (juillet-août 2006), d'avoir reçu de l'argent en contrepartie, mais aussi d'avoir enfreint l'interdiction de financement d'une organisation terroriste. En conséquence, le gouvernement israélien avait décidé de le priver de sa nationalité ainsi que de sa pension de député. Exigences rejetées, l'une et l'autre, par la Cour suprême d'Israël, comme l'ont déjà été les poursuites engagées à son encontre pour avoir fait l'éloge, depuis Damas, de la «résistance populaire», et pour avoir organisé des voyages d'Arabes israéliens en Syrie.

Le parlementaire Taleb A-sana, quant à lui, a marqué, à sa manière, le premier anniversaire de l'opération « plomb durci » en prêtant le canal de son téléphone portable à un Ismaël Hanieyh qui saluait la présence des « Palestiniens des territoires de 1948 venus pour exprimer leur solidarité » avec les habitants de la bande de Gaza. « Nous nous retrouverons à la mosquée d'Al Aqsa et à Jérusalem qui sera toujours arabe et islamique », [avait ajouté le Premier ministre Hamas de Gaza]. Rappelons que cette exhortation est inscrite dans la charte du Hamas, qui a pour seul objectif la destruction de « l'entité sioniste ». Pour cette collaboration, Taleb A-Sana risque… rien du tout, si ce n'est le dégoût de ses concitoyens juifs.

D'autres dirigeants arabo-israéliens subissent, eux aussi, «l'apartheid» de ce régime sioniste «en voie de disparition», comme le proclament tant «d'autorités morales» de par le monde.

Mohammed Barakeh, chef du parti communiste à la Knesset, doit être jugé pour quatre accusations de voies de faits contre des agents de sécurité, lors de manifestations.

Raed Salah, chef du Mouvement islamique, a été condamné, quant à lui, à neuf mois de prison pour avoir été reconnu coupable d'avoir craché sur un policier lors d'affrontements près de la mosquée Al Aqsa en 2007. On ne badine pas avec l'honneur des «Afrikaners proche-orientaux».

Ces quelques exemples démontrent, s'il en était besoin, que les représentants de la minorité arabe israélienne ne sont guère inquiétés pour leurs faits et gestes, et donc qu'aucune comparaison valable ne peut être faite entre l'ancien régime ségrégationniste d'Afrique du Sud et le régime parlementaire israélien en place depuis 1948.

Que les députés ou dirigeants nationaux arabo-israéliens apportent leur soutien à cette accusation sordide, ou la reprennent sans sourciller, est dans la logique des choses en ce qui les concerne. Leur combat, à prétention démocratique, pour un Etat de «tous ses citoyens» les conduit à prêter main forte à ceux qui, comme leurs frères «palestiniens», ne souhaitent rien d'autre que la disparition du seul Etat juif de la planète et donc unique refuge de ce peuple en cas de nécessité. Ce qui aurait pour conséquence première de réexpédier les Juifs dans des ghettos, sur des terres d'accueil pas forcément affables et ayant des lois d'exception.

Tout un programme d'apartheid.

 

© Victor Perez

 

Mis en ligne le 2 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org