Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

En descendant de la montagne du Temple, Méir Ben Hayoun
03/03/2010


03/03/10



[Un texte fervent (et édifiant) d'un hassid du Temple. Un fanatique, diront certains. Certainement pas, même si,  en osant renouer avec le port des signes liturgiques juifs sur le Mont du Temple, il a été traité par la police de son peuple comme un dangereux terroriste armé de pied en cap. On remarquera la pieuse mansuétude de Méir, qui relate l'incident avec un mélange d'humour et de compassion. C'est qu'il comprend bien la situation. Les extrémistes musulmans jouent cyniquement sur le chantage à l'émeute. Et la police israélienne, comme toutes les polices du monde, doit tout faire pour calmer le jeu. Sauf que ce jeu-là, ce ne sont pas les Juifs observants comme Méir qui le jouent, mais les ennemis irréductibles du peuple juif. Je vais vous étonner sans doute, pourtant, j'ose le dire : ils ont raison, ces fanatiques musulmans : rien n'est plus dangereux que les hommes et les femmes de foi. Dieu est avec eux et, au temps prévu, il fera triompher leur cause, comme l'annonce prophétiquement le Psaume 2 : Lamma ragshu goyim… et la suite ! (Menahem Macina).]

Ce matin sur le Mont du Temple, le lieu le plus sacré du judaïsme, où furent érigés le Premier et le Second Temples de Jérusalem, le muezzin a hurlé si fort que, dans tout Jérusalem, capitale éternelle d'Israël, on a entendu les appels assourdissants de "Allah wakbar". Je me suis dit que, pour une fois, nous, les Israéliens, devrions
prendre exemple sur les Suisses avec leur référendum sur les minarets.

Sur le Mont du Temple, des Arabes pieux priaient en s'agenouillant, en se prosternant et en tournant le dos à l'emplacement présumé du Saint des Saints, pour se tenir en direction de La Mecque. En faisant cela, ils attestent d'eux-mêmes, conformément à une saine géographie, que les Arabes sont d'Arabie et qu'à Jérusalem et sur la Terre d'Israël, ils ne sont que des étrangers en transit. De la même manière que nous, Juifs, étions en exil, en transit, parfois durant longtemps, en Afrique du Nord, en Pologne, ou en France.

J'ai voulu pénétrer sur le Mont du Temple, le plus éminent site du judaïsme. J'étais enveloppé du talith, le châle de prière et, portais les tefillin, les phylactères dont l'un est enroulé au bras et l'autre posé sur le haut du front. La police d'Israël, la police de mon pays - dont je suis fier d'être citoyen et de détenir la carte d'identité et le passeport -, la police de l'Etat juif des Juifs m'a interdit l'accès au Mont du Temple, alors qu'il est permis à une foule de touristes du monde entier, arborant insignes, croix et autres symboles religieux de leur foi, et équipés d'appareils photos et en tenues vestimentaires pas très conformes aux normes universelles admises dans des lieux de culte. J'ai protesté en invoquant ma liberté de culte en tant que Juif sur la Terre d'Israël, à Jérusalem, sur le site le plus sacré du judaïsme depuis plus de 3 000 ans… En vain.

Certes, cette interdiction de me laisser entrer eût été cohérente, si sur la Place de la Kaaba - la pierre noire de La Mecque -, il y avait une synagogue gigantesque et qu'il était permis à tous d'y entrer, sauf aux musulmans pieux; et si, sur la Place St Pierre au Vatican, l'accès était interdit uniquement aux catholiques pieux; et si on interdisait aux hindouistes l'accès au Taj Mahal.

Un des policiers m'a fait comprendre que si un Juif pénétrait sur le Mont du Temple, avec talith et tefillin, cela risquerait de déclencher des émeutes d'arabo-musulmans de par le monde et de dégénérer en déflagration nucléaire à l'échelle planétaire - la fin du monde, en queque sorte. Je l'ai regardé droit dans les yeux, avec un sourire amusé et en même temps plein d'amertume. Il était très sérieux et certain que c'était la paix - qui ne règne pas dans le monde - qu'il protégeait en empêchant un Juif isolé, équipé du terrible armement que constituent le talith et les tefillin, d'entrer dans l'endroit qui est le sommet de tous les espoirs et prières juives. Incapable de saisir l'absurdité de ce qui, en d'autres circonstances, eût été considéré comme une blague de très mauvais goût, ce policier israélien n'est certes pas un mauvais bougre. En bon fonctionnaire, il applique scrupuleusement les directives de personnes dont la capacité de compréhension du processus historique inouï que nous vivons à Jérusalem est très, très limitée.

Ce qui est absurde, c'est que nombre d'entre nous ne saisissent pas encore totalement que nous sommes revenus à la maison en Israël, que nous sommes revenus pour renouer avec notre histoire et la poursuivre, que nous sommes revenus pour le Beit Hamikdash, la Maison de Sainteté – cette Maison pour laquelle nous avons versé tant de larmes et tant prié, pour laquelle chaque nouveau marié brise un verre sous le dais nuptial, afin de ne pas oublier, même dans la circonstance la plus réjouissante de la vie, la peine causée par la destruction du Beit Hamikdash par Titus en l'an 70.

C'est ici, sur le Mont du Temple, que se jouera l'issue du conflit qui nous oppose à l'univers arabo-musulman. Si nous continuons à lui abandonner le Mont du Temple - Dieu nous en préserve ! - nous risquons d'être balayés.

La Jérusalem, dont parlent nos sources, c'est le Mont du Temple. Il serait temps que nous nous en souvenions sérieusement, que cela s'imprime dans nos cœurs et ne soit pas juste un vœu de pseudo piété, émis du bout des lèvres. Cela doit se traduire dans nos actes. Cela doit devenir un thème central de débat dans la politique juive. Il faut que nos dirigeants se prononcent là-dessus pour être élus, que nos Sages, nos Rabbins se remettent à nous enseigner ce qui fait l'essentiel du culte de la Torah, à savoir: les instructions sur la construction et sur le culte du Beit Hamikdash. (Ceux qui en doutent n'ont qu'à ouvrir leur livre de prière pour la fête de Yom Kippour).

Que ne soit pas vain le serment du premier des Rois d'Israël à avoir régné à Jérusalem (Psaume 137, 5) :

"Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite me refuse son service."  

© Méir Ben-Hayoun

 

 

Mis en ligne le 3 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org