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Shoah

Entretien avec Me Gilles William Goldnadel. Propos recueillis par David T. Reinharc
03/03/2010


mercredi 03 mars 2010

C'est au nom de l'amour que les communistes ont dévasté des pays, arrêté et enlevé des résistants. C'est au nom de l'antiracisme et des droits de l'homme qu'on autorise l'islamisme totalitaire à réclamer sa place.

ENTRETIEN Me GILLES WILLIAM GOLDNADEL

Me GILLES WILLIAM Goldnadel, brillant avocat pénaliste, auteur du « Nouveau bréviaire de la haine » (Ramsay) et des « Martyrocrates » (Plon), vient d'être élu à l'unanimité au Conseil d'administration du CRIF. On ne pouvait espérer mieux pour refuser toute capitulation face à l'agression terroriste et pogromiste et faire taire le mensonge implacable des nouveaux progressistes.

D.R. : Aujourd'hui, l'Etat-Nation juif est décrit par les islamo-gauchistes comme une sorte d'Etat nazi. En quoi peut-on faire débuter ce « nouveau bréviaire de la haine » à la « pensée 68 » et à son énoncé réducteur : « le mal vient du pouvoir » ?

GWG : La nazification d'Israël s'est opérée à partir du choc de la Shoah, à la fin des années 60, lorsque la médiatisation de la Shoah a pénétré les chaumières occidentales. Il en a résulté un très fort traumatisme qui a abouti au fil des années à la 'shoatisation' générale de l'opinion. Une sorte de démonologie s'est dessinée autour de la personne d'Adolf Hitler, puis, par déclinaison successive, a visé Pétain, Le Pen, Bush et enfin Sharon. Inversement, s'est développée une martyrologie qui, au départ, a exalté le Juif victime et, de fil en aiguille, s'est focalisée sur le Palestinien, devenu la victime du Juif en Palestine, puis enfin dans la dernière déclinaison, le martyr a pris la figure du travailleur immigré, ou même de la minorité sexuelle.
La nazification d'Israël s'est faite autour du mythe de la crucifixion. Dans l'inconscient collectif des chrétiens, le martyre idéal, c'est le martyre de Jésus Christ, Juif, sur la croix. Le traumatisme de la Shoah a procuré à l'idéal chrétien, très atteint par la déperdition de la religion, la possibilité d'une nouvelle crucifixion à travers l'image idéalisée d'un nouveau juif crucifié sur une nouvelle croix qui était la Shoah. Ce nouveau juif, c'était le juif en pyjama rayé, qui ressemblait à s'y méprendre à Jésus Christ : un juif décharné, qui ne souriait jamais, qui ne se défendait pas, qui était donc la figure ressemblante de Jésus Christ. Il y a donc eu un moment de réconciliation idéal dans le monde chrétien autour de la figure rêvée de ce juif en pyjama rayé. Mais ce moment idéal n'a été que de courte durée : 1967 et le choc de Tsahal ont provoqué un séisme. Le nouveau juif en uniforme kaki a trahi l'Occident chrétien, qui a dû être dépité puisque ce nouveau juif vivant était le contraire du juif idéalisé et mythifié. Celui-là avait un fusil et se défendait; il ne tendait pas l'autre joue; et 1967 a marqué la fin de la réconciliation entre l'inconscient collectif du monde chrétien et le monde juif.
Parallèlement, la jeunesse, notamment, à partir de mai 68, a considéré que c'était l'Etat-nation militarisé, moderne, à l'occidentale qui avait été responsable de la Shoah. A partir de cette confusion terrible, la jeunesse occidentale en est venue à détester ce modèle, d'où une déclinaison martyrologique et démonologique qui explique aujourd'hui non seulement la nazification de l'Etat juif mais aussi celle des Etats-nations, en général.

D.R. : Comment en finir avec ce que vous appelez la « martyrocratie » et retrouver le chemin des valeurs de l'Occident ?

GWG : D'abord il faut guérir de la Shoah, il faut arrêter de tout comparer à la Shoah. Il faut que le deuil soit plus austère. Aujourd'hui, le travail de mémoire doit se faire principalement à l'intérieur du monde juif. Je suis assez opposé à cette médiatisation à outrance de la Shoah. Cela ne veut pas dire, bien sûr, qu'il ne faut pas combattre les négationnistes sur le plan judiciaire et intellectuel.
Il y a tout un discours anti-nazi ouvertement antisémite pour lequel je ressens une extrêmeme méfiance. L'antinazisme de façade est souvent un prétexte qui permet de s'en prendre aux Juifs vivants. Ce soi-disant antinazisme est une sorte de nostalgie des Juifs morts. Ces gens-là seraient ravis, de manière fantasmatique, de voir les Juifs exclus de Palestine, à nouveau sur des bateaux, vers des pays d'exil, où on leur tendrait - ou pas - une main secourable. Ce serait le retour à l'antisémitisme d'extrême droite de papa. Récemment, en Allemagne, il y a eu un combat de rue opposant des néo-nazis, à des gauchistes pro-palestiniens en keffieh. Les deux faces des ennemis du peuple juif vivant et de l'Etat d'Israël étaient réunies dans un combat. C'était très symbolique.

[Retrouvez la suite de l'article dans Israël Magazine n. 49

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Mis en ligne le 3 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org