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Amnon Lord réagit à la grogne de la presse étrangère, épinglée sur un nouveau site israélien
08/03/2010

[Le texte qui suit constitue la deuxième partie d'un éditorial d'Amnon Lord paru dans le quotidien israélien Maqor Rishon. Pour comprendre de quoi il retourne, en l'absence de contexte (en effet, malgré mes efforts, je n'ai pu obtenir ni le titre ni le texte de cet éditorial), il faut se reporter à l'article récent de Dany Seaman, responsable du Bureau de presse israélien: "S'opposer au «pogrom numérique»". (Menahem Macina).] 

08/03/10

Maqor Rishon, n° 656 du 5 mars 2010


Repris du Blog Jerusalem-Plus TV, 7 mars 2010 

Traduction française de l'hébreu : Méir Ben-Hayoun.

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עודף אנדרלין ['odef enderlin] 'surplus d'Enderlin' : en hébreu, l'expression ressemble  à עודף אדרנלין ['odef adrenaline] 'surplus d'adrénaline'. Les correspondants étrangers en Israël se trouvent dans un des Etats les plus intéressants et importants dans le monde. Cependant la société israélienne ne les intéresse pas du tout...

Mis à part le thème palestinien, Israël n'intéresse pas les Français. C'est ce que vient de reconnaître le père de la diffamation A-Dura, Charles Enderlin, lors d'un débat radiophonique.

Et tout d'un coup, les correspondants étrangers s'insurgent avec rage contre la campagne d'information du ministre Yuly Edelstein, qui se moque d'eux, du stéréotype du "correspondant étranger" démontrant la "pauvreté" des communications terrestres dans ce pays du désert qu'est Israël.

A en juger par Charles Enderlin et par Conny Moss, la représentante des correspondants étrangers en Israël, non seulement ces derniers se sentent bien chez eux en Israël, mais ils y sont en terrain conquis. Je qualifierais cela de "télécolonialisme", une sorte d'hégémonie coloniale par le truchement de la caméra de télévision. La caméra étant un symbole et pour ce qui nous préoccupe, tout moyen de reportage.

Du haut de leur tour d'ivoire médiatique, ils polémiquent en direct avec un ministre du gouvernement d'Israël. Quelqu'un connaît-il une autre démocratie de cette nature dans le monde ? Ils jouissent d'une liberté totale qui leur permet de profiter de toute brèche pour s'introduire dans les tripes de l'Etat d'Israël.

Enderlin, ainsi que d'autres correspondants, ont intentionnellement mis en scène une tentative d'intrusion dans la bande de Gaza pendant l'Opération Plomb durci, afin de créer de toutes pièces un sujet d'information anti-israélien. [ndt: lors des combats, l'entrée dans la bande de Gaza avait été interdite pour des raisons de sécurité, d'une part afin que des correspondants ne se fassent pas tuer - ce qui aurait été probablement mis sur le compte de l'armée israélienne - et, d'autre part, afin que les reportages ne puissent révéler les positions et manœuvres israéliennes face à l'ennemi].

Les correspondants étrangers se trouvent ici dans l'un des pays les plus importants et les plus intéressants au monde, mais, d'une manière générale, la société israélienne ne les intéresse pas. Si elle les intéresse, ce n'est qu'en tant que retombée de la "juste lutte de libération" du peuple palestinien, ou dans la mesure où elle est "l'oppresseur et l'occupant".

En fait, dans la plupart des cas, il s'agit de personnes comme Enderlin ou Moss, qui sont ici depuis très longtemps et qui font partie intégrante de la nébuleuse journalistique locale de gauche. Ils ont complètement fait corps avec l'état d'esprit politique de l'élite des journalistes des médias locaux.

C'est une tournure d'esprit faite d'indifférence et de condescendance envers la société israélienne, et de sacralisation de toute activité locale anti-israélienne, comme s'il s'agissait de dissidents menacés de déportation vers le Goulag hiérosolymite.

Pour se faire une idée du manque de professionnalisme de ces correspondants étrangers et de leur absence de curiosité, il faut lire le reportage publié par le correspondant du New York Times à Moscou sur la population russophone d'Israël.

Pour avoir enfin un reportage intéressant, passionnant, qui décrirait quelque chose de connu même des Israéliens, il faudrait que vienne ici un correspondant de presse expérimenté qui passe la plupart de son temps en Russie.

Quelqu'un qui ne patauge pas dans le jus de la Mouqata (ndt: les bureaux gouvernementaux de l'Autorité palestinienne) et qui ne se rend pas aux colloques sur "la liberté d'expression" à l'institut Van Leer (ndt: Institut hiérosolymite pompeux, bastion de la gauche-caviar israélienne) avec la participation d'Amira Hess, dans le quartier (huppé) de Mishkenot Shaananim ; quelqu'un qui n'ingurgite pas des canapés au saumon pour nous ressortir, tel un distributeur automatique, des calomnies sur Israël.

A mon avis, le ministre Edelstein et ses hommes n'ont pas été suffisamment incisifs. Ils auraient dû préparer une recherche sur le rôle des journalistes, pas tous il est vrai, dans la création de narratifs criminels et leur fixation dans l'opinion publique, jusqu'à délégitimer la société israélienne, ce qui se transforme, en fin de compte, par une menace réelle et immédiate sur la vie des civils israéliens.

Amnon Lord


© Maqor Rishon 

 

Mis en ligne le 8 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org