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Islam
Expansion/exigences islamistes

L'autre tactique : Une terre arabe, Sarah Honig
08/03/2010


[Un chef-d'oeuvre d'humour sarcastique, ruineux pour les grosses "ficelles" du narratif substitutionniste palestinien. Quel talent ! (Menahem Macina).]


08/03/10


Titre original : "Another Tack: An Arab land"
 


Article paru dans The Jerusalem Post du 5 mars 2010.


Première traduction d'Albert Soued (www.nuitdorient.com), entièrement retraduite sur l'original par Menahem Macina

 

Si les Israéliens s'étaient soumis sans condition à l'historiographie arabe sans cesse changeante, ils auraient dû renoncer honteusement à toutes leurs attaches au Mur Occidental et au Mont des Oliviers.


Qui dit que nous ne sommes pas en train de gagner la guerre "des coeurs et des esprits" dans le monde ? Même les Arabes semblent gagnés à l'argument que ce qui prime, c'est l'ancienneté des liens avec cette terre.

Apparemment, ils se sont ralliés à l'idée que tout se résume à savoir qui était là le premier, qui a conservé les noms de toutes les villes et villages du pays (y compris ceux dont les conquérants arabes se sont emparés), qui a incrusté ce lieu improbable dans la conscience collective mondiale et en a fait un symbole culturel et religieux mémorable dont il est le berceau national, jusqu'aux confins du monde, le foyer de ses croyances et de ses aspirations que constitue cette petit lopin de terre aride.

Bien sûr, les Arabes ne sont pas devenus du jour au lendemain des amoureux de Sion. Mais, malgré leur opposition constante au projet sioniste – c'est-à-dire Israël – ils ont réquisitionné la logique du sionisme et sa cause pour les mettre à leur service sous la forme d'une série de demandes reconventionnelles grotesques, que, étonnamment, personne ne semble contester dans notre monde postmoderne. Tandis que des gens à la morale relativiste jettent l'histoire aux orties, n'importe quelle absurdité peut être propagée avec une impudence colossale et en toute impunité.

L'exemple le plus récent vient d'être administré à la Knesset par le député arabe israélien, Taleb A-Sanaa (du parti Ta'al-Ra'am). En session plénière, il a fait sien le présupposé que la terre appartenait aux plus anciens occupants:

« Vous dites qu'Abraham a acheté le Caveau des Patriarches de Hébron, mais l'homme qui le lui a vendu était un Arabe palestinien. Par conséquent, nous étions là les premiers et Hébron nous appartient pour l'éternité ! »

Ainsi, A-Sanaa a fait un saut gigantesque par rapport à l'affirmation traditionnelle arabe, selon laquelle Abraham était Arabe. A-Sanaa le considère maintenant comme le père des Israélites et fait valoir les droits des Arabes sur le bien foncier du vendeur, Ephron le Hittite. (Ceci malgré le fait que la mosquée édifiée par les Arabes sur le second tombeau juif le plus sacré est appelée la mosquée d'Ibrahim – Ibrahim étant la prononciation arabe de l'hébreu Avraham.)


Il ne s'agit pas là d'une remarque futile et hors de propos. A-Sanaa n'est pas le premier Arabe à réinventer le passé pour le faire correspondre aux intérêts actuels. En fait il s'agit d'une mode qui ne date pas d'hier. Bien avant l'agitation meurtrière fomentée par le mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini, c'était un sport très pratiqué que de déverser, du sommet du Mont du Temple, des excréments sur les Juifs qui prient en contrebas. Ayant décidé d'usurper le caractère sacré du Mur au profit de l'islam, Husseini décréta que Mohammed y avait attaché son super coursier Al Bouraq. Ce qui était supposé piétiner et effacer toutes les attaches juives à ce site.

La persévérance des Juifs à continuer de prier sur ce qui restait de leurs Lieux les plus saints, malgré la violence arabe croissante, poussa Husseini à accuser hystériquement les Juifs de chercher à s'emparer de la mosquée d'al-Aqsa. Sa provocation stridente atteignit son apogée dans la campagne qui s'étendit à tout le pays en 1929, et dont le leitmotiv était «massacrez-les-Juifs !», plus connue pour le massacre d'Hébron, qui interrompit la présence juive plusieurs fois centenaire dans cette ville.

C'est là qu'aujourd'hui les Arabes s'ameutent parce qu'une incitation, dûment modernisée, leur dit que l'inclusion du Caveau des Patriarches dans la liste des sites du Patrimoine National Juif à préserver va compromettre leur liberté de culte.

L'ironie est que les conceptions arabes de la liberté ne s'appliquent pas aux autres. Il y a tout juste un siècle, Izhak Ben-Zvi (qui fut le second président d'Israël) et sa femme Rachel Yanait Ben-Zvi, firent une excursion à Hébron. Chacun d'eux a décrit séparément comment l'accès au Caveau leur fut interdit.

Dans son livre, Ben Zvi écrit :

« L'entrée dans le caveau des Patriarches était interdite aux non-musulmans […] Les Juifs n'étaient pas autorisés à monter plus haut que la septième marche de la cour. Seules les femmes juives courageuses osaient entrer, en vêtements arabes et le visage voilé selon la coutume arabe. »

De son côté, Rachel Yanait Ben-Zvi, rappelle dans son ouvrage :

« Les femmes juives de Hébron se glissaient parfois dans le Caveau, voilées et habillées comme des Arabes. Elles ne pouvaient prier sur les tombes de nos ancêtres que furtivement. Quand le fanatisme arabe s'intensifia à Hébron, on interdit même aux Juifs de jeter un coup d'œil dans le caveau… La haine jaillissait des yeux des gardes et des fidèles arabes qui se frottaient aux gens en entrant. Nous arrivâmes aux marches et nous tînmes là en silence. Je refusai de gravir les sept marches autorisées, car c'était une insulte trop criante. »

Voilà pour la tolérance et le pluralisme arabes. En fait, les Arabes ne nous demandent pas de libéralités. Ils veulent tout avoir et que nous partions, comme ils l'ont fait quand leurs ancêtres se sont jetés sur les habitations des juifs infortunés, lors des pogroms d'il y a plus de 80 ans, et ont horriblement massacré des innocents à l'arme blanche.

Si les Israéliens s'étaient soumis sans condition à l'historiographie arabe sans cesse changeante, ils auraient dû renoncer honteusement à toutes leurs attaches au Mur Occidental et au Mont des Oliviers.

En vertu des chroniques révisées par les Arabes, du penchant à l'apaisement de l'administration Obama, de l'Unesco et d'autres organismes de l'ONU, il nous incombe d'obéir.

La dernière tentative arabe de radier tous les liens juifs à leurs lieux saints est l'allégation que la tombe de Rachel n'est pas la sienne, mais celle  de Bilal Ibn-Rabah, un esclave africain, muezzin de Mahomet. Le problème est que le cimetière Bab Saghir, à Damas, contient des restes dans ce qui est considéré comme la tombe de Bilal.

Tout cela met en relief deux tendances simultanées : la confiscation de l'histoire juive et l'adoption par les Arabes d'identités pré-abrahamiques cananéennes inventées de toutes pièces. A l'époque de Yasser Arafat, il était de bon ton d'inventer de prétendues cérémonies cananéennes et de décréter que les Cananéens étaient des Palestiniens. (Pourtant, à en croire la Bible, les Cananéens s'étaient déjà intégrés parmi les Israélites, tandis que le surnom de Palestine a été inventé par les Romains, un bon millénaire plus tard).

A Camp David, Arafat a insisté auprès de Bill Clinton sur le fait qu'aucun Temple juif n'avait jamais existé. C'est aujourd'hui le mantra de l'Autorité Palestinienne. Le Sheikh Tayseer Tamimi, qui fait les titres de la presse, proclame sans cesse :

« Jérusalem n'a jamais été rien d'autre qu'une ville arabe et islamique ». Le Caveau des Patriarches, a-t-il déclaré, est une pure mosquée que la présence juive souille. Les Juifs n'ont aucun titre à prier ici, et encore moins à prétendre avoir un lien avec Hébron - une ville qui est arabe depuis 5000 ans… Toute la Palestine est une terre sainte, et les Juifs sont des intrus étrangers. »

 

En 1950, le poète Nathan Alterman composa une réponse moqueuse versifiée à une affirmation presque identique (« La Palestine est un pays arabe et l'a toujours été. Aucun étranger n'en fait partie »). Ce poème d'Alterman fut publié en première page du quotidien travailliste, Davar, sous le titre "Une Terre arabe". En remplaçant les noms hébreux bibliques par leurs substituts arabes, Alterman donnait l'impression de développer l'esprit d'une culture arabe éclairée. J'ai traduit ce poème il y a deux décennies :

Par une nuit claire, la cime des arbres ondule
Faisant vibrer le paysage d'un bruissement aérien.
D'en haut, les étoiles arabes du soir
Scintillent au-dessus d'une terre arabe.

Les étoiles oscillent et clignotent,
Et diffusent leur éclat tremblant

Au dessus de la ville tranquille d'al-Qouds [Jérusalem]

Là où régna jadis le Roi Daoud

 

Et de là elles observent et regardent

La ville d'El Halil [Hébron], au loin.
La ville du tombeau du Père Ibrahim [Abraham]

Ibrahim [Abraham] qui engendra Ishaq [Isaac].


Alors, les habiles rayons bien vite

Jettent en hâte leur lueur dorée

Là où coulent les eaux du fleuve El Ourdoun [Jourdain]

Ya‘akoub [Jacob] alla un jour.

 

Par une nuit claire. Avec un bruissement aérien

Les étoiles oscillent de plein droit

Au-dessus des montagnes d'une terre arabe

Que Moussa [Moïse] contempla de loin.

 

Sara Honig *

 

* Sarah Honig a été longtemps correspondante politique pour le Jerusalem Post, et également, durant des années, pour le journal Davar, qui a cessé de paraître. Elle a dirigé le bureau tel-avivien du Jerusalem Post, et rédigé des analyses du monde politique ainsi que des chroniques de fond. On peut la retrouver sur son Blog personnel, à http://www.sarahhonig.com.

 

[Texte aimablement signalé par Matsada-Infos.]

 

Mis en ligne le 8 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org