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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme

Barcelone accueille le «Tribunal Russel»
10/03/2010

10/03/10
Sur le site Objectif-Info Éditorial du Jerusalem Post du 10 mars 2010 

Titre original : The Spanish disease  

Traduction: Objectif-info

Que doit faire Israël pour relever le défi espagnol ? Il est évident que l'ambassadeur Shotz ne peut pas l'affronter tout seul.

L'intervention d'un tribunal violemment anti-israélien, comparé à une entreprise de "lynchage" par l'ambassade israélienne à Madrid, constitue l'épisode le plus récent dans un flot ininterrompu d'incidents antisémites provoqués par les Espagnols. Ces agressions en rafale contre Israël nous incitent à faire une pause et à nous demander : "que se passe-t-il dans la péninsule ibérique et que pouvons-nous faire pour combattre ce phénomène ? "

Réuni au début du mois de mars à Barcelone, la ville où vécut au 13ème siècle l'une des communautés juives les plus illustres de l'histoire, le tribunal, où il n'y avait aucun représentant d'Israël, a été appelé à examiner "jusqu'à quel point l'Union européenne et les Etats membres sont complices ….des violations des droits nationaux de la Palestine."

L'ambassade israélienne a déclaré que la tenue en Espagne du "Tribunal Russell", du nom du philosophe britannique Bertrand Russell [voir "Tribunal Russell sur la Palestine" (note de debriefing.org)], n'était pas une coïncidence : il est financé par l'Hôtel de ville de Barcelone et il constitue une expression de "la situation inquiétante de l'antisémitisme" dans le pays.

A la fin du mois de février, l'ambassade recevait des dizaines de cartes postales envoyées par des élèves espagnols du primaire avec des messages comme "les Juifs tuent pour de l'argent", "laissez leur pays aux Palestiniens", et "allez là où on voudra de vous."

Et à la mi-février, l'ambassadeur israélien en Espagne, Rafi Shotz, protestait contre la présentation, lors de l'Exposition internationale de Madrid, de deux œuvres d'art véhiculant des messages violemment anti-israéliens. La première était la sculpture d'une ménorah plantée dans le canon d'une mitraillette Uzi. L'autre était aussi une sculpture, très réaliste, en polyuréthane, représentant un juif orthodoxe juché sur les épaules d'un prêtre catholique lui-même agenouillé sur un musulman en prière : elle était appelée "Escalier pour le Paradis."

Dans une interview à El Pais, l'artiste catalan, auteur des deux sculptures, Eugenio Merino, a défendu ses œuvres en prétendant que "Escalier pour le Paradis" avait été acquise par un juif belge pour 45,000 €.

L'ambassadeur Shotz, qui avait été agressé verbalement l'année dernière aux cris de "sale juif," "bâtard juif" et "juif assassin", alors qu'il revenait avec sa femme d'un match de football, sous protection de la police, avait préféré ne pas demander le retrait de ces œuvres, par crainte de donner prétexte à de nouveaux incidents antisémites.

L'Espagne a une histoire antisémite longue et infâme, qui remonte à l'Inquisition. Après l'expulsion générale de 1492, des siècles durant, les Espagnols ont interdit aux Juifs de poser le pied sur le sol espagnol. Le fasciste Francisco Franco, le dictateur pro-arabe qui a régné sur l'Espagne de 1939 à 1975, a alimenté les sentiments anti-israéliens.

A présent, le Premier ministre de gauche, José Luis Rodríguez Zapatero, s'est aligné sur les militants anti-globalisation dont le programme est marqué par de violentes tendances anti-israéliennes. Au cours de la deuxième guerre du Liban, en 2006, Zapatero, un keffieh noué autour de son cou, disait à un groupe de jeunes socialistes que "nul n'était en droit de faire un usage abusif de la force pour se défendre, aux dépens d'êtres humains innocents".

Une année auparavant, on a rapporté qu'il avait dit que "certains étaient en droit de justifier l'Holocauste."

Zapatero, qui est parvenu au pouvoir grâce à une victoire électorale inattendue, à la suite des attentats islamistes contre des trains à Madrid en 2004, - il a immédiatement retiré les troupes espagnoles d'Irak -, a été réélu en 2008. En septembre 2009, l'Anti-Defamation League a publié un rapport intitulé "Une pollution de la place publique : le discours antisémite en Espagne", qui exprimait de fortes préoccupations. Les caricatures et les articles vicieusement antisémites des grands médias d'Espagne et les sondages d'opinion effectués au cours de l'année précédente montraient une progression alarmante des attitudes antisémites. Ceci dans un pays qui ne compte pas plus de 30.000 juifs pour une population de près de 47 millions d'habitants.

Que doit faire Israël face à ce défi espagnol ? Il est évident que l'ambassadeur Shotz ne peut pas l'affronter tout seul. On ne peut pas non plus attendre des résultats extraordinaires de l'initiative du ministre de la diplomatie des relations publiques, Yuli Edelstein, qui consiste à enrôler les Israéliens voyageant à l'étranger pour gagner la guerre de la communication, qu'ils soient ou non munis "d'argumentaires de communication".

Un point de départ intéressant serait de rationaliser la communication publique. Il n'est pas raisonnable de disperser cette responsabilité entre le ministère des Affaites étrangères, le bureau du porte-parole de l'armée, le service de presse du gouvernement, et le nouveau projet d'Edelstein, sans compter la cellule créée par Olmert au bureau du premier ministre ni le nouveau groupe supervisé par le ministre des affaires stratégiques, Moshe Ya'alon.

Cependant, la meilleure diplomatie des relations publiques du monde ne supprimera pas un antisémitisme enraciné comme il l'est en Espagne. C'est un défi qu'il appartient à l'Espagne de relever.

© Jerusalem Post 

 

Mis en ligne le 10 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org