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Obama a lancé son offensive contre Israël pour l'empêcher d'attaquer l'Iran, Noah Pollak
16/03/2010

17/03/10

Texte original anglais: 13 mars 2010, Re: Re: A New Low, sur le site de Commentary Magazine

 

Traduction française : Objectif-info,

 

Le nouveau point bas des relations entre la Maison Blanche et Israël est particulièrement préoccupant pour deux raisons qui n'existaient pas lors des administrations précédentes. D'un côté, il y a les réticences personnelles d'Obama à l'égard d'Israël et son désir de mettre une distance entre l'Etat juif et les États-Unis pour favoriser le rapprochement de l'Amérique et des Arabes ; et de l'autre, il y a le programme nucléaire iranien.

Sur le premier point, il semble que la politique officielle de l'actuelle administration consiste à utiliser le processus de paix comme une occasion de reconsidérer la position des États-Unis vis-à-vis des Juifs et des Arabes dans la région. L'incitation à la haine des Palestiniens, la célébration publique du terrorisme par l'Autorité palestinienne (AP), les émeutes à Jérusalem, les accusations d'assassinat de Yasser Arafat par Israël, le refus palestinien permanent de participer à des négociations, et ainsi de suite, rien de tout cela n'a paru mérité le moindre commentaire du côté américain. En fait, je ne peux pas me rappeler d'une seule circonstance où un responsable de l'Administration Obama ait critiqué l'AP pour quoi que ce soit.

Pourtant l'Administration a publiquement réprimandé Israël à un rythme quasi hebdomadaire. Elle a adopté une position très confuse. L'accord de Netanyahou pour un gel de dix mois dans les implantations à l'exception de Jérusalem, a donné lieu à des félicitations chaleureuses ; et pourtant, chaque fois qu'Israël approuve un programme de construction à Jérusalem, il est âprement critiqué, et pas par des fonctionnaires de rang inférieur. Généralement, on confie à Robert Gibbs le soin d'émettre les protestations devant la presse nationale. Il ne faut pas être un sioniste ardent pour comprendre pourquoi l'hypocrisie multiforme de l'Administration est une source d'exaspération pour les Israéliens, d'autant qu'elle n'émet jamais la moindre critique des Palestiniens, approuve et loue le gel des implantations pour le fustiger ensuite régulièrement.

Et il y a aussi la question de l'Iran. Je pense qu'il est évident maintenant qu'Obama ne souhaite pas de confrontation avec l'Iran au cours de sa présidence. Comme je l'ai écrit il y a quelque temps, cela signifie que les craintes d'Israël pour sa sécurité deviennent un problème majeur pour l'administration : Obama pense donc sûrement que l'une de ses tâches les plus importantes est d'empêcher les Israéliens d'attaquer l'Iran.

Comment s'y prendre ? En règle générale, pour réduire les préoccupations de sécurité d'Israël, les États-Unis réaffirment l'importance de la relation stratégique entre les deux pays. Mais sur la question de l'Iran, cela ne marche pas, et ce pour deux raisons : 1) Le message d'Obama au monde arabe serait faussé par cette proximité, puisque ce dernier exige une distanciation d'avec les Israéliens ; 2) et dans le cas de l'Iran nucléaire, la question n'est pas vraiment de savoir si les liens entre Israël et les États-Unis sont étroits ou non. La crainte d'Israël vient de ce qu'une seule bombe iranienne peut détruire l'Etat juif, et que, même en l'absence d'une frappe de ce genre, Israël serait confronté à un axe Syrie-Hezbollah-Hamas renforcé, avec plus de guerres, des menaces constantes (et crédibles) d'annihilation, et sur le long terme, un phénomène d'usure psychologique, démographique, et économique du pays.

Quand on suit cet enchaînement logique jusqu'à sa conclusion, on constate que la seule option d'Obama pour empêcher une attaque israélienne est celle qui se dévoile sous nos yeux. Il s'agit d'un effort des États-Unis pour affaiblir méthodiquement la relation entre les deux pays, effort qui consiste à provoquer des crises et à user le gouvernement de Netanyahou avec cette détérioration programmée. Et, plus important, il s'agit de créer une ambiance d'imprévisibilité, faisant craindre aux Israéliens qu'une attaque contre l'Iran ne se heurterait pas seulement à la désapprobation américaine mais également à son veto et peut-être à son opposition active.

La réaction de l'administration d'Obama à la visite de Biden a été trop impatiente et trop irritée pour n'être que la réponse à une insulte, surtout qu'il est clair que Netanyahou n'était pas au courant de l'annonce concernant la création de logements et que les États-Unis avaient accepté les limites au gel des implantations, dont Jérusalem était exempté. Ceci dit, l'annonce était un coup bas aux proportions épiques qui avait toutes les chances de provoquer une réaction furieuse d'une administration qui a fait de la critique d'Israël l'une de ses politiques les mieux rodées. Il me semble que cette réaction a été conçue par l'administration pour résoudre l'un de ses plus grands problèmes au Moyen-Orient : l'éventualité d'une attaque d'Israël contre l'Iran.

 

Noah Pollak

 

Commentary Magazine

 

Mis en ligne le 16 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org