Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

La France en Israël - Revue de la Presse israélienne - 24 mars 2010
24/03/2010

DIPLOMATIE

Une expulsion ciblée / Modi Kreitman, Itamar Eichner et Ronen Bergman – Yediot Aharonot

Après la publication des images où l'on pouvait voir les agents qui auraient éliminé le haut responsable du Hamas, Mahmoud Mabhuh, c'est au tour maintenant des dégâts diplomatiques : Les Britanniques ont annoncé hier que le chef de la délégation du Mossad à Londres serait expulsé du pays et ont mis en garde les citoyens britanniques en leur recommandant de ne pas remettre leurs passeports à des « officiels israéliens ». En Israël, on a été surpris par cette démarche, mais on comprend qu'il s'agit d'une crise contrôlée. En effet, un nouveau représentant du Mossad pourra prendre prochainement ses fonctions en Grande-Bretagne.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a annoncé hier au parlement que le rapport d'enquête de l'Agence de lutte contre le crime organisé (SOCA) établit un lien entre Israël et la contrefaçon des passeports britanniques. « La Grande-Bretagne n'était pas informée et n'était pas impliquée dans cette affaire. Les autorités israéliennes ont coopéré avec l'Agence qui a mené l'enquête et les éléments qui nous ont été communiqués vendredi indiquent clairement qu'Israël est responsable de la contrefaçon des passeports ».

Selon le chef de la diplomatie britannique, le contenu des passeports a été copié par les services israéliens en Israël et dans d'autres pays. « Cet acte expose les citoyens britanniques à des risques dans cette région et nous avons actualisé nos conseils aux voyageurs qui se rendraient en Israël en conséquence. Nos relations avec Israël sont importantes, mais il est important aussi qu'elles soient basées sur la confiance et la transparence. Le fait que cet acte soit le fait d'un pays ami, qui possède des liens diplomatiques, culturels, économiques et personnels avec la Grande-Bretagne ne fait qu'ajouter l'injure à l'insulte. Aucun pays ne peut rester sans réagir à une telle situation ».

En Israël, on a été très surpris de la démarche britannique, mais on a décidé de ne pas réagir pour ne pas aggraver la crise. Un haut responsable israélien a déclaré hier que puisqu'il n'existe aucune preuve qui lie Israël à cette affaire, « nous estimons qu'il s'agit d'une décision politique liée aux tentatives de Miliband et du parti travailliste pour attirer l'électorat musulman en vue des prochaines élections ». « Des éléments anti-israéliens au ministère britannique des Affaires étrangères ont fait pression sur Miliband afin qu'il prenne une mesure sévère. Miliband a sauté sur cette occasion qui lui convient d'un point de vue politique », a déclaré hier un responsable israélien.

Malgré ces propos très durs, en Israël comme en Grande-Bretagne on affirmait hier qu'il ne s'agit pas d'une crise mais d'une « explosion contrôlée ». La preuve : les Britanniques ont autorisé Israël à nommer à Londres un nouveau représentant du Mossad et ont demandé à l'actuel représentant qu'il quitte le pays sans toutefois le déclarer persona non grata.

« Les Britanniques ont voulu exprimer clairement leur mécontentement et signifier qu'ils n'accepteront plus que l'on utilise leurs passeports pour des opérations d'espionnage. Ils n'ont cependant pas voulu créer de crise prolongée. Ce n'est pas agréable, c'est surtout vexant, mais ce n'est pas la fin du monde. C'est pourquoi Israël ne prendra aucune mesure de représailles », affirmait hier un responsable israélien.

La seule réaction israélienne officielle était hier celle du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, qui a déclaré : « Nous accordons une grande importance à nos relations avec la Grande-Bretagne, un pays avec lequel nous avons un dialogue dans divers domaines sensibles, et nous regrettons la décision britannique. Nous n'avons reçu aucune preuve quant à l'implication d'Israël dans cette affaire ».


Obama déçu par la réponse de Netanyahu / Barak Ravid – Haaretz

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a rencontré hier soir à la Maison Blanche le président américain, Barack Obama, pour tenter de mettre fin à la crise entre Israël et les Etats-Unis autour de la construction à Jérusalem-est. Toutefois, une heure à peine avant la rencontre, a été révélé le fait que la construction sur le site de l'hôtel Shepherd, dans le quartier de Sheikh Jarrah, a été définitivement approuvée. Netanyahu, qui espérait rétablir la confiance lors de son entretien avec le président Obama, a souligné hier que les relations entre Israël et les Etats-Unis « ne doivent pas être hypothéquées à cause des désaccords concernant Jérusalem ».

Malgré les tentatives israéliennes et américaines de mettre un terme à la crise ouverte, en coulisses les tensions et la suspicion envers le Premier ministre Netanyahu restent tangibles. Selon un responsable israélien qui s'est entretenu avec de hauts responsables américains, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, et le président Obama ne sont pas satisfaits de la lettre que M. Netanyahu a adressée à Washington et dans laquelle il détaille les mesures qu'il est prêt à prendre pour rétablir la confiance.

M. Netanyahu et ses collaborateurs ont déclaré que les rencontres d'avant-hier avec Mme Clinton et le vice-président Joe Biden se sont déroulées dans une excellente atmosphère. Un responsable israélien affirme cependant que Mme Clinton et M. Biden ont tenu des propos très fermes et ont indiqué au Premier ministre Netanyahu ce qu'il devait dire au président Obama pour rétablir la confiance.

Toujours selon ce responsable israélien, les Américains estiment que les réponses fournies par Binyamin Netanyahu ne sont pas satisfaisantes et ne résisteront pas à l'épreuve de la réalité. Ils ont cependant décidé de rendre cette crise moins publique, même si la tension demeure. Selon une source américaine, Obama et Clinton ont décidé de « tester » Netanyahu et de voir s'il mettra en œuvre sa promesse d'effectuer des gestes envers les Palestiniens.

Hier, peu avant minuit (heure israélienne), le Premier ministre s'est rendu à la Maison Blanche pour y rencontrer le président Obama. L'entretien, qui était qualifié de « privé » et fermé à la presse, s'est déroulé majoritairement en tête à tête. M. Netanyahu a fait savoir au président qu'il souhaite refermer la crise pour aller de l'avant et travailler en collaboration et en concertation avec Washington. Il a demandé à revenir à une situation dans laquelle les Etats-Unis et Israël « sont d'accord pour ne pas être d'accord » sur la construction à Jérusalem-est, sans qu'une crise se déclenche à chaque nouveau projet. « A chaque fois que les Palestiniens évoquent une demande impossible, tel un gel de la construction à Jérusalem, nous hypothéquons les relations entre Israël et les Etats-Unis », a dit le Premier ministre au président Obama.

Une partie de l'entretien a également été consacrée à l'Iran. M. Netanyahu a souligné que seules des sanctions extrêmement sévères pourraient convaincre Téhéran de mettre fin à son programme nucléaire, même si on peut en douter. Selon lui, les Etats-Unis doivent « envisager toutes les options dont ils disposent ».

Jérusalem était au centre des entretiens qu'a eus le Premier ministre Netanyahu au Congrès, où il a rencontré la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, ainsi que plusieurs dizaines de parlementaires. M. Netanyahu leur a expliqué les procédures de planification et de construction à Jérusalem et a réaffirmé que la construction se poursuivrait dans les quartiers juifs de la ville qui demeureront entre les mains d'Israël dans le cadre d'un accord permanent.

La France en Israël

------------------------------------------------------------------------------------

Cliquer pour accéder au site "La France en Israël"


Mis en ligne le 24 février 2010, par M. Macina, sur le site debriefing.org