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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Un texte remarquable ! Allocution du Premier Ministre Benjamin Netanyahou à la Conférence de l'AIPAC
26/03/2010


 

[Dès que j'ai été en possession de la teneur intégrale du discours de M. Benyamin Netanyahu en anglais, j'ai jeté un coup d'œil rapide sur le Net pour détecter et éventuellement reproduire une traduction française de qualité. Insatisfait de ce que j'ai lu, j'ai donc pris sur moi de traduire intégralement ce texte. Au moment de le mettre en ligne, je reçois de plusieurs côtés diverses traductions de courageux internautes qui ont été plus rapides (ou plus disponibles) que moi. Faute de temps pour comparer ces différentes versions et choisir la plus adéquate, je m'en tiens à la mienne qui, je le précise, n'est pas forcément la meilleure, mais que j'ai réalisée avec d'autant plus de soin et de dédication que ce texte est remarquable à tous égards. (Menahem Macina).]

 

26/03/10

 

Source : Bureau du Premier ministre

 

Texte original anglais : "Address by PM Netanyahu at the AIPAC Policy Conference", 22 mars 2010

 

Traduction française : Menahem Macina

 

Alors que le monde se trouve confronté à de gigantesques défis, je sais que l'Amérique et Israël y feront face ensemble. Nous sommes solidaires parce que nous sommes animés par les mêmes idéaux et inspirés par le même rêve : parvenir à la prospérité, à la sécurité et à la paix pour tous. Un rêve qui semblait impossible pour la plupart des Juifs, il y a un siècle.

Ce mois-ci, mon père a fêté son centième anniversaire. Ce n'est pas sa seule réussite, sauf que, quand il est né, les tsars gouvernaient la Russie, l'Empire britannique s'étendait sur le monde et l'Empire ottoman régnait sur le Moyen-Orient. Durant sa vie, ces trois empires sont tombés. D'autres sont apparus et d'autres sont tombés, et le destin juif, le pendule de la foi juive, a oscillé d'un désespoir à un nouvel espoir et un nouveau départ - la renaissance de l'Etat juif.

Vous voyez, pour la première fois en deux mille ans, un peuple juif souverain a pu se défendre contre une agression. Mais avant cela – vous réalisez quelle transformation c'était -, avant cela, dans notre dispersion, nous étions impuissants, absolument impuissants à nous défendre contre les vagues incessantes de sauvagerie, des bains de sang du Moyen-âge, à l'expulsion des Juifs de l'Angleterre, puis de l'Espagne et du Portugal, au massacre de masse de Juifs en Ukraine, aux pogroms en Russie, qui ont culminé dans la plus grande de toutes les horreurs : l'Holocauste.

La création d'Israël n'a pas mis un terme aux attaques contre les Juifs. Mais simplement - et plus que simplement - elle a donné aux Juifs le pouvoir de se défendre contre ces attaques.

Je vais vous raconter quand j'ai réalisé ce qu'était cette transformation. Cela s'est passé le jour où j'ai rencontré Shlomit Vilmosh, il y a plus de quarante ans. J'avais dix-neuf ans. J'étais à l'armée avec son fils, Haïm, dans la même unité d'élite. Et, une sombre nuit, durant un combat en 1969, Haïm a été tué dans une fusillade. Lors de ses funérailles, dans un kibboutz de Galilée, j'ai appris quelque chose. J'ai découvert que Haïm était né peu de temps après que sa mère et son père aient été libérés des camps de la mort d'Europe. S'il était né deux ans plus tôt, ce jeune officier israélien courageux aurait été jeté dans les fours comme un million et demi d'autres enfants juifs. Shlomit, la mère de Haïm, me dit que malgré sa grande souffrance, elle était fière. Au moins, me dit-elle - et c'est une chose que je n'oublierai jamais tant que je vivrai -, mon fils est tombé en portant l'uniforme de soldat juif pour défendre l'Etat juif.

A maintes reprises, les soldats d'Israël ont été contraints de repousser les attaques d'ennemis beaucoup plus nombreux, résolus à nous détruire. Pourtant, lorsque l'Egypte et la Jordanie se sont rendu compte que nous ne pouvions pas être vaincus sur le champ de bataille, elles ont opté pour la voie de la paix et nous apprécions les traités de paix que nous avons conclus avec ces deux pays. Pourtant, il y a ceux qui poursuivent l'assaut contre l'Etat juif, il y a ceux qui appellent ouvertement à notre destruction. Ils cherchent à atteindre cet objectif par le terrorisme, par des attaques de missiles et, plus récemment, en développant des armes atomiques.

Chose instructive : le rassemblement des Juifs en Israël ne les dissuade pas. En fait, il aiguise leur appétit. Les dirigeants iraniens disent : « Israël est un pays à bombe ». Le chef du Hezbollah dit : « Si tous les Juifs se rassemblent en Israël, cela nous épargnera la peine de les poursuivre dans le monde entier. »

Ce sont des faits désagréables, mais ce sont les faits. La plus grande menace pour tout organisme vivant, pour toute nation, est de ne pas reconnaître le danger à temps – de ne pas reconnaître les faits.

Il y a soixante-quinze ans, de nombreux dirigeants du monde entier se sont mis la tête dans le sable. Combien de millions sont morts dans la guerre qui a suivi ! En fin de compte, deux grands dirigeants historiques ont changé le cours des événements. Franklin Delano Roosevelt et Winston Churchill ont contribué à sauver le monde. Effectivement, ils méritent tous les applaudissements. Ils ont contribué à sauver le monde, mais ils ont trop tardé pour sauver six millions de membres de mon peuple, le peuple juif. L'avenir de l'Etat juif ne peut dépendre du bon vouloir des autres, pas même de celui des plus grands hommes. Israël doit toujours se réserver le droit de se défendre.

Aujourd'hui, une menace sans précédent pour l'humanité est imminente. Un régime iranien radical équipé d'armes nucléaires pourrait mettre un terme à l'ère de la paix nucléaire dont le monde a bénéficié pendant ces 65 dernières années. Un tel régime pourrait fournir des armes nucléaires à des terroristes. Il pourrait même être tenté de les utiliser, et notre monde ne serait plus jamais le même. L'impudente tentative iranienne de développer des armes nucléaires, est certainement, avant et par-dessus tout, une menace pour mon pays, pour Israël, mais c'est également une menace pour la région tout entière, c'est une menace pour le monde entier. Aussi Israël attend-il de la communauté internationale, qu'elle agisse rapidement et qu'elle agisse avec détermination pour contrecarrer ce danger. Mais nous nous réservons toujours le droit à l'autodéfense.

Et, mes amis, nous devons nous défendre aussi contre les mensonges et contre le dénigrement. Tout au long de notre histoire, les calomnies contre le peuple juif ont toujours précédé les attaques physiques contre nous. En fait, elles ont été utilisées pour justifier ces attaques. Les Juifs ont été appelés des empoisonneurs de puits de l'humanité, des ferments d'instabilité, la source de tous les maux de ce monde. Malheureusement, comme dans le cas des agressions physiques, ces attaques diffamatoires contre les Juifs n'ont pas cessé avec la création d'Israël. Il est vrai que, durant un certain temps, l'antisémitisme a été freiné par la honte et le choc de l'Holocauste. Mais pour un certain temps seulement.

Ces dernières décennies, la haine des Juifs a refait surface, avec une force croissante, mais sous des formes insidieuses. Elle ne vise  pas simplement le peuple juif. Elle est de plus en plus dirigée contre l'Etat juif. Et dans sa forme la plus pernicieuse, elle affirme que si seulement Israël n'existait pas, beaucoup de problèmes mondiaux disparaîtraient.

Alors, je veux être clair. Cela ne signifie pas qu'Israël est au-dessus des critiques. Bien sûr que non. Israël, comme toute démocratie, a ses imperfections, mais il s'efforce de les corriger, par le biais d'un débat ouvert et d'un processus de vérification. Israël a des tribunaux indépendants, un Etat de droit, une presse libre et des débats parlementaires vigoureux. Croyez-moi, le débat est très vigoureux. Bien ! Vous venez d'assister [aux Etats-Unis] à une semaine de vote sur le système de santé. En Israël, chaque semaine a lieu un débat du même type. Cela n'arrête pas.

Je sais que dans cette ville les membres du Congrès s'adressent l'un à l'autre en disant : mon distingué collègue du Wisconsin, l'honorable sénateur de Californie. En Israël, les membres de la Knesset ne parlent pas de leurs honorables collègues de Beer-Sheva ou de Kiryat Shmona. Parce qu'en Israël l'autocritique est un mode de vie, nous admettons également que la critique fasse partie intégrante de la conduite des affaires internationales. Mais Israël doit être jugé à la même aune que celle qui s'applique à toutes les nations et aux autres démocraties. Parfois, je crois qu'il y a trois poids trois mesures: une pour les dictatures, une deuxième pour les démocraties, et une troisième réservée à Israël. Nous devons être jugés sur une seule et unique mesure, et les allégations à l'encontre de l'Etat d'Israël doivent être fondées sur des faits. Une des allégations qui n'est pas fondée sur des faits, c'est la tentative de décrire les Juifs comme des étrangers colonialistes dans leur propre patrie. C'est l'un des grands mensonges des temps modernes.

Dans mon bureau, j'ai un sceau serti sur une bague, qui m'a été prêté par le Département israélien des Antiquités. Il a été trouvé près du Mur Occidental, il remonte à 2 800 ans, deux cents ans après que le Roi David eut proclamé Jérusalem capitale de notre peuple. Ce sceau a appartenu à un fonctionnaire officiel juif, et son nom y est gravé en hébreu. Ce nom est, Netanyahu. Netanyahu Ben-Yoash. C'est mon nom de famille. Mon prénom Benjamin, remonte à 1 000 plus tôt : c'était celui  de Benjamin, fils de Jacob. Un des frères de Benjamin s'appelait Shimon, prénom qui se trouve être également celui de mon bon ami, Shimon Pérès, le Président d'Israël. Il y a près de 4 000 ans, Benjamin, Shimon et leurs dix frères sillonnaient les collines de Judée.

Le lien entre le peuple juif et la Terre d'Israël ne peut être nié. Le lien entre le peuple juif et la Terre d'Israël ne peut être nié. Le peuple Juif construisait Jérusalem il y a 3 000 ans, et le peuple juif construit Jérusalem aujourd'hui. Jérusalem n'est pas une colonie. C'est notre capitale.

A Jérusalem, mon gouvernement a maintenu les politiques appliquées par chaque gouvernement israélien depuis 1967, y compris ceux qu'ont dirigés Golda Meïr, Menahem Begin et Yitzhak Rabin. Aujourd'hui, près d'un quart de million de Juifs, soit presque la moitié de la population juive de la ville vit dans des quartiers qui sont juste au-delà des lignes d'Armistice de 1949. Tous ces quartiers sont à cinq minutes de la Knesset. Ils sont partie intégrante et indissociable de la Jérusalem moderne. Tout le monde le sait – tout le monde. Les Américains, les Européens, les Israéliens certainement, et les Palestiniens – tout le monde sait que ces quartiers feront partie d'Israël dans tout accord de paix et, par conséquent, la construction dans ces quartiers n'empêche nullement la possibilité d'une solution à deux Etats.

Et, je voudrais ajouter encore une chose à propos de nos politiques à Jérusalem. Rien n'est plus rare au Moyen-Orient que la tolérance envers les croyances des autres. Or, ce n'est que sous la souveraineté israélienne à Jérusalem que la liberté religieuse a été garantie pour toutes les confessions de foi – et nous allons continuer à garantir cette liberté religieuse pour tous.

Tout en chérissant notre patrie, nous reconnaissons aussi que les Palestiniens y vivent également. Nous ne voulons pas les gouverner. Nous ne voulons pas les diriger. Nous les voulons comme voisins, vivant en liberté dans la sécurité, la dignité et la paix. Pourtant, Israël est injustement accusé de ne pas vouloir la paix avec les Palestiniens. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Mon gouvernement a toujours montré son engagement à la paix, tant en paroles qu'en actes.

Dès le premier jour, j'ai demandé à l'Autorité palestinienne de commencer des négociations de paix sans plus attendre, et je fais ce même appel aujourd'hui: Président Abbas, venez et négociez la paix. C'est si élémentaire et si évident. Nous ne devrions pas avoir à le dire, penserez-vous, car les dirigeants qui veulent vraiment la paix, devraient être en mesure de s'asseoir en face de l'autre et de négocier la paix. On ne peut arrêter avec succès une négociation de paix, si on ne la commence pas, j'exhorte donc les dirigeants palestiniens : « Venez négocier la paix ».

Bien sûr, les Etats-Unis peuvent aider les parties à résoudre leurs problèmes, mais ils ne peuvent pas résoudre les problèmes à la place des parties. La paix ne peut être imposée de l'extérieur. Elle ne peut venir que de négociations directes, au cours desquelles on élabore une confiance mutuelle - cette confiance mutuelle qui est nécessaire pour forger un avenir commun.

L'an dernier, j'ai parlé d'une vision de paix dans laquelle un Etat palestinien démilitarisé reconnaît l'Etat juif. Tout comme les Palestiniens s'attendent à ce qu'Israël reconnaisse un Etat palestinien, nous attendons des Palestiniens qu'ils reconnaissent l'Etat juif. Mon gouvernement a supprimé par centaines des barrages routiers, des obstacles, des rampes de terre, des points de contrôle, et cela a énormément facilité les déplacements des Palestiniens. Résultat : nous avons contribué à donner un incroyable essor à l'économie palestinienne, eu égard à l'état de l'économie mondiale d'aujourd'hui. On trouve des cafés, des restaurants, des commerces, des centres commerciaux, et même des appartements multiplex. Il n'est que de se rendre à Ramallah et à Jénine, pour voir que ce n'est pas le fruit d'une erreur. Nous avons rendu cela possible. On ne peut faire tout cela sans des mouvements de camions, de marchandises, de personnes, de clients. Telle a été notre politique. Et à cela nous avons ajouté un moratoire sans précédent sur les constructions israéliennes en Judée et Samarie. Voilà ce qu'a fait mon gouvernement pour la paix.

Je vous le demande: qu'a fait l'Autorité palestinienne pour la paix ? Vous pouvez juger par vous-mêmes. Ils ont posé des conditions préalables aux pourparlers de paix, ils ont mené une implacable campagne internationale pour saper la légitimité d'Israël, et pour promouvoir l'odieux rapport Goldstone qui accuse à tort Israël de crimes de guerre. En fait, c'est exactement ce qu'ils font maintenant à l'ONU, à la grotesque Commission des droits de l'homme. Je tiens à saisir cette occasion pour remercier le Président Obama et le Congrès des États-Unis pour leurs efforts en vue de contrecarrer cette diffamation, et je demande aussi que l'effort soit poursuivi cette semaine pour lutter contre ce mensonge.

Malheureusement, l'Autorité palestinienne a également poursuivi sa provocation sans relâche contre Israël dans ses médias contrôlés par l'État, dans ses écoles et autres institutions qui sont directement sous son contrôle et dans quelques autres également. Il y a quelques jours, les Palestiniens ont inauguré une place publique, près de Ramallah, en lui donnant le nom d'un terroriste qui a tué 38 civils israéliens innocents, dont 13 enfants, y compris un citoyen américain, le photographe, Gail Rubin. Ils ont donné à cette place publique le nom de ce meurtrier et l'Autorité palestinienne n'a rien fait.

La paix exige la réciprocité. Il ne peut pas y avoir une voie à sens unique dans laquelle Israël fait toutes les concessions et l'Autorité palestinienne n'en fait aucune. Cela doit changer. Israël est prêt à faire les compromis nécessaires pour la paix, mais nous attendons que les Palestiniens fassent aussi des compromis – qu'ils fassent leur part.

Mais il y a une chose sur laquelle je ne ferai jamais de compromis, c'est la sécurité d'Israël. Permettez-moi de vous faire part de ma difficulté de tenter d'expliquer la situation sécuritaire calamiteuse  d'Israël à des citoyens des Etats-Unis – dont le pays fait 500 fois la taille d'Israël. J'ai réfléchi à la manière de vous la faire percevoir au mieux chez vous. Je vous demande d'imaginer que le territoire des États-Unis soit réduit à la taille du New Jersey. Vous comprimez les Etats-Unis pour les amener à la taille du New Jersey, puis vous mettez sur la frontière nord du New Jersey un intermédiaire terroriste appelé le Hezbollah qui tire 6.000 roquettes sur ce petit Etat. Imaginez ensuite que cet intermédiaire terroriste amasse encore 50.000 roquettes pour les tirer sur vous. Je n'ai pas fini. Vous prenez la frontière sud du New Jersey et vous y mettez un autre intermédiaire terroriste iranien que vous appellerez Hamas. Et lui aussi tire plus de 6.000 roquettes sur votre territoire, tout en faisant entrer en contrebande sur son territoire des armes encore plus meurtrières.

Est-ce que vous ne vous sentirez pas un peu vulnérables ? Ne vous attendrez-vous pas à une certaine compréhension de la communauté internationale lorsque vous devrez vous défendre ? Je pense que toute personne honnête reconnaîtra que nous sommes confrontés à des problèmes de sécurité et à des défis différents de ceux de toute autre nation sur la terre. Et c'est pourquoi, un accord de paix avec les Palestiniens doit comporter des arrangements efficaces sur le terrain - pas seulement sur un morceau de papier - sur le terrain.

Nous devons nous assurer que ce qui s'est passé au Liban et à Gaza ne se reproduise pas en Cisjordanie. Permettez-moi de vous expliquer ce qu'est notre problème majeur de sécurité avec le Liban. Ce n'est pas la frontière d'Israël avec le Liban – c'est la frontière imposée entre le Liban et la Syrie par laquelle l'Iran et la Syrie font passer clandestinement des milliers et des milliers de roquettes et de missiles au Hezbollah. De même, notre principal problème de sécurité avec la bande de Gaza, ce n'est pas la frontière israélienne avec la bande de Gaza, c'est la frontière de Gaza avec l'Egypte, sous laquelle ils ont creusé environ un millier de tunnels par lesquels le Hamas fait passer des armes pour tirer sur nous.

Mes amis, l'expérience a montré que seule une présence israélienne sur le terrain peut empêcher ou limiter la contrebande d'armes. Et c'est pourquoi un accord de paix avec les Palestiniens doit comprendre une présence israélienne à la frontière orientale d'un futur Etat palestinien. Si la paix avec les Palestiniens s'avère durable, nous pourrons reconsidérer les arrangements sécuritaires.

Nous sommes prêts à prendre des risques pour la paix, mais nous ne serons pas imprudents à propos de la vie de nos citoyens et de la vie du seul et unique Etat juif.

Le peuple d'Israël veut un avenir où ses enfants ne feront plus l'expérience des horreurs de la guerre. Nous voulons un avenir dans lequel Israël réalise son plein potentiel comme centre mondial de la technologie, ancré dans ses valeurs, vivant en paix avec tous ses voisins. J'envisage un Israël qui pourra consacrer encore davantage d'énergie scientifique et de créativité pour aider à résoudre quelques-uns des grands problèmes actuels, au premier rang desquels figure la découverte d'un substitut propre et abordable de l'essence. Et quand nous y parviendrons, nous cesserons de verser des centaines de milliards de dollars à des régimes qui soutiennent le terrorisme dans le monde entier.

Je suis convaincu qu'en poursuivant ces objectifs, nous avons l'amitié durable des États-Unis d'Amérique, la plus grande des nations de la terre. Le peuple américain a toujours fait preuve de courage, de générosité et d'intégrité. D'un président à l'autre, d'un Congrès à l'autre, l'engagement de l'Amérique envers la sécurité d'Israël a été inébranlable. L'année dernière, le président Obama et le Congrès des États-Unis ont donné un sens à cet engagement en fournissant à Israël une aide militaire, en rendant possibles des exercices militaires conjoints, et en travaillant en commun à des missiles défensifs.

De même, Israël a été un allié indéfectible et fervent des Etats-Unis. Comme l'a dit le vice-président Biden, l'Amérique n'a pas de meilleur ami qu'Israël dans la communauté des nations. Je le dis aussi. Pendant des décennies, Israël a servi de rempart contre l'expansionnisme soviétique. Aujourd'hui, il aide l'Amérique à endiguer le flot de l'islam militant. Israël partage tout avec l'Amérique, et cela signifie tout ce que nous savons en matière de lutte contre un nouveau type d'ennemi. Nous échangeons des renseignements. Nous coopérons sur bien des points et d'innombrables manières qu'il ne m'est pas permis de divulguer. Cette coopération est importante pour nous, pour Israël, mais elle aide aussi à sauver des vies américaines.

Nos soldats et vos soldats luttent contre des ennemis fanatiques qui abhorrent nos valeurs communes. Aux yeux de ces fanatiques, nous sommes vous, et vous êtes nous. Pour eux, la seule différence est que vous êtes grands et que nous sommes petits. Vous le savez : vous êtes le Grand Satan et nous sommes le Petit Satan. Il s'agit d'un point important. Cette haine du fanatisme pour la civilisation occidentale précède la création de l'Israël moderne d'un millier d'années. L'islam militant ne hait pas l'Occident à cause d'Israël. Il hait Israël à cause de l'Occident - parce qu'il considère Israël comme un avant-poste de liberté et de démocratie qui l'empêche d'envahir le Moyen-Orient. C'est pourquoi, lorsque Israël s'oppose à ses ennemis, il s'oppose aux ennemis de l'Amérique.

Le président Harry Truman, qui fut le premier dirigeant à reconnaître Israël, a dit ceci: « J'ai foi en Israël et je crois qu'il a un avenir glorieux - et pas seulement en tant que nation souveraine comme les autres, mais en tant que personnification de la réalisation des grands idéaux de notre civilisation. »

Nous sommes réunis ici aujourd'hui parce que nous croyons à ces idéaux communs à notre grande civilisation. Et grâce à ces idéaux, je suis certain qu'Israël et l'Amérique resteront toujours côte à côte.

Merci.


Benyamin Netanyahu

 

© Bureau du Premier Ministre

 

Mis en ligne le 26 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org