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Tenir tête au Président des Etats-Unis ? – YES WE CAN ! Menahem Macina
29/03/2010

« Que les choses soient claires, la sécurité d'Israël est sacro-sainte. Elle n'est pas négociable. Les Palestiniens ont besoin d'un Etat qui soit continu et compact et qui leur permette de prospérer. Mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l'identité d'Israël en tant qu'Etat juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d'Israël et elle doit rester indivisible. »

(Extrait du discours du candidat démocrate Obama, devant l'AIPAC, le 5 juin 2008. Voir : "Abbas slams Obama for saying Jerusalem to stay Israel's undivided capital", sur le site de Haaretz.)


29/03/10

 


J'ouvre ce billet de Pesah, par la réflexion suivante que m'adresse une internaute. Je la cite :

« Avez vous écouté ce [dimanche] midi, sur France Culture,  l'émission "L'Esprit Public", de Philippe Meyer, à la fin de laquelle, Rony Brauman a demandé que l'on se souvienne du Franco-Palestinien qui ‑ le pauvre ! ‑ est en prison en Israël, alors qu'il n'a rien fait, bien sûr ? Il [Brauman] associait à ce prisonnier, le chauffeur d'un ambassadeur de France au Rwanda (je crois), qui est aussi emprisonné. Pas un mot pour Guilad Shalit. »

Je ne m'attarderai pas sur Brauman ‑ juif israélien qui réserve sa compassion aux ennemis de son peuple ‑ car il est déjà jugé par ses actes mêmes. Je note seulement que le jeune citoyen israélien, Guilad Shalit, enlevé sur son territoire national, n'est détenu QUE depuis 1372 jours, soit 3 ans et plus de 9 mois, ou, pour faire bref : près de 4 années !

Si j'insiste sur cette arithmétique de la détention arbitraire ‑ non seulement par sa durée, mais par ses conditions : lieu de détention inconnu, aucune visite de proches, aucune inspection de la Croix-Rouge, pratiquement pas de courrier, si ce n'est à des fins de propagande, tout cela au mépris des lois de la guerre et des Conventions de Genève ‑, c'est parce que ce cas est emblématique du traitement immensément injuste réservé au peuple d'Israël.

Impossible, dans ce contexte, de ne pas parler du coup de massue infligé à l'Etat juif, la semaine dernière, par le Président des Etats-Unis ‑ ce grand pays qui fut (et qui restera, je l'espère) le plus inébranlable soutien d'Israël ‑ Barack Hussein Obama. Dans un éditorial récent, le prof. David Horowitz – qui est tout sauf un Juif de droite – fait remarquer mélancoliquement à ce propos :

« Les Américains n'ont épargné aucune humiliation au Premier ministre et à sa suite. Bibi a reçu à la Maison Blanche le traitement réservé au Président de la Guinée équatoriale. Pour être plus près de la réalité, il va de soi qu'Obama n'aurait pas non plus traité le président de la Guinée de cette manière… »

Et tout cela pourquoi ? Parce que le Premier ministre d'Israël refuse d'accepter une paix imposée – pire même, un pseudo accord préalable, qui préjuge du résultat même de la négociation entre les partenaires : Israël et les Palestiniens. La "Pax americana" que ce président inflexible veut imposer à Israël, c'est le traité de paix concocté depuis des années par les Etats arabes. Il consiste à transformer le déjà minuscule Etat juif en une Principauté de Monaco, ou d'Andorre, à l'échelon régional, et en un confetti national à l'échelon géopolitique mondial.

Ce n'est pas pour sauver son honneur qu'Israël refuse de céder à ce diktat, mais pour des raisons de sécurité évidentes pour quiconque a une once d'objectivité. L'Etat juif, c'est trop clair, n'a pas un partenaire de paix, mais un ennemi de plus en plus résolu à l'évincer de sa terre. Malgré les apparences, l'Autorité Palestinienne sous Mahmoud Abbas, n'est pas moins intransigeante que l'AP de Yasser Arafat. Pire : à la différence de l'attitude de l'ensemble du monde occidental et des Etats-Unis envers l'archi-terroriste Arafat, qu'ils boycottaient, l'actuel terroriste "propre-sur-lui", qu'est Abu Mazen ‑ auteur d'une thèse de doctorat sur la vérité des "Protocoles des Sages de Sion", soutenue, il y a quelques décennies à l'Université de Moscou ‑, est le chouchou des nations occidentales. Quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, il a toujours raison, et Israël, toujours tort.

Jusqu'à il y a peu, l'Administration américaine ne mangeait pas de ce pain-là. Mais depuis qu'Obama a le pied à l'étrier, et surtout après la victoire de son projet de réforme du régime de la santé, il semble que Mr « Yes, we can », le séducteur de foules, n'ait plus aucune raison de reculer. Et ce prédicateur d'un nouvel ordre mondial dont Israël ferait les frais, de mettre toute son énorme ambition et sa redoutable force de travail au service de l'œuvre de salut public qu'est, semble-t-il, à ses yeux, non l'interruption, par la force, de l'armement nucléaire iranien, mais le danger mortel pour le Moyen-Orient ‑ que dis-je, pour le Moyen-Orient ? Pour le monde ! ‑ de la construction de quelques centaines ou milliers de logements à Jérusalem-est.

Ce serait comique, si ce n'était tragique.

Jadis, l'Administration américaine, via la CIA et d'autres bras séculiers plus ou moins armés, pouvait écarter brutalement, voire faire assassiner, un dirigeant étranger dont la politique était jugée nocive ou dangereuse pour les Etats-Unis. Aujourd'hui, l'exercice est plus délicat.

Alors, comment se débarrasser du Premier ministre Benjamin Netanyahu sans fomenter une guerre civile ou un putsch – chose impossible en Israël ?

En faisant exploser sa coalition. En acculant cet homme courageux dans un coin du ring politique et en frappant sur lui à coups redoublés. But de l'opération : montrer au public israélien qu'il est dangereux pour son pays, puisqu'il est en train de se mettre à dos le meilleur et le plus puissant des alliés de l'Etat juif.

Faire céder Israël en persuadant son peuple de l'hystérie sécuritaire de la droite israélienne serait tellement plus facile avec une droite centriste, telle celle que rêve de diriger Mme Tsipi Livni !

Telle est, à mon avis, la stratégie de Mister Obama.

Alors, amis Juifs de Gola et d'Israël, ayons foi en l'avenir du seul Etat juif de la planète, et convainquons-vous qu'avec l'aide de Dieu, nous pouvons résister en face aux exigences excessives ‑  meurtrières même - de ce matamore, qui se profile désormais comme l'un des pires ennemis politiques d'Israël. Et au lieu de dire : On ne peut tenir tête au Président des Etats-Unis, ôtons-lui de la bouche son slogan racoleur et reprenons-le à notre compte avec toute notre foi :


YES, WE CAN !

 

Hag Pesah sameah !


© Menahem Macina


Mis en ligne le 29 mars 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org