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Éditorialistes

Tous les fils d'Israël ne s'égarent pas dans 'l'air du temps', François Célier
23/04/2010

 
Menahem Begin, à Camp David en 1978

Texte publié dans le Jerusalem Post en français, du 19 au 26 avril 2010-04-23


Par l'intermédiaire de l'article d'un ami (*), j'ai pris connaissance d'un entretien exclusif du Yediot Aha­ronot, sur six pages d'un de ses magazines, concernant Avindov Begin, le petit-fils de Menahem Begin. Ma première réaction je l'avoue, fut d'être profondément navré par les paroles icono­clastes de ce jeune homme.

Voici quelques-unes de ses paroles qui m'af­fligent. Sic :

« Je ne suis pas juif... Je ne suis pas sioniste... Je ne me lève pas pour l'hymne national. Cela n'a aucune valeur à mes yeux... J'ai voulu appeler mon fils Wouagi, du nom de mon ami palestinien, dont le fils a été blessé par une balle de Tsahal... J'aurais souhaité qu'ils démantèlent la barrière de sépa­ration et que Wouagi puisse enfin travailler sa terre. En conséquence je manifeste à Billin [1]... Mon grand-père n'a rien changé aux rapports entre Israël et l'Egypte. Il n'y a pas de paix, c'est une illusion... Il y a entre moi et mon père un désaccord complet... Il m'indiffère que mon fils intègre Tsahal. Pour moi, il peut tout aussi bien intégrer l'armée du Costa-Rica. »

 

M'est alors revenu à l'esprit un article que j'avais écrit il y a trois ans de cela, au sujet de son grand-père, qui, à mes yeux de non-Juif, est un héros d'Israël. Cet article est toujours présent dans ma pensée. Puisse ce témoignage aider monsieur Avindov Bégin à revoir son jugement hâtif, et à ne pas épouser les nuisances méphitiques [2] de "l'air du temps".

 

Pourquoi « Begin m'a rendu politiquement sioniste » ?

J'étais déjà politiquement sioniste par l'esprit de la Bible, mais c'est Menahem Begin, homme hors du commun, qui m'a fait voir l'image de ce que pouvait être un Premier ministre israélien sioniste, habité par une conscience vouée à la vocation d'Israël. J'ai bien connu Itzhak Shamir, rencontré Ariel Sharon, Itzhak Rabin, Shimon Pérès, puis Ehoud Olmert, et mon désenchantement n'a fait que croître jusqu'à l'indignation.

Depuis l'avènement de Binyamin Neta­nyahou, l'espoir a refait surface dans mon esprit. Je l'exprime tout net car, bien que non-Juif, je suis un ami d'Israël depuis trente ans, prenant parfois des risques pour ma vie, ou confronté à des problèmes religieux ou relationnels, en raison de mes prises de positions).

Je voudrais rappeler le commentaire de Yehouda Avner (ex-conseiller de quatre Premiers ministres, dont Menahem Begin) qui exposa l'attitude sioniste de ce dernier face à l'hostilité crispée du président J. Carter, alors maître de la première puis­sance mondiale.

Petit homme à lunettes et vibrant de conviction, Menahem Begin déclara alors qu'Israël ne renoncerait ni à la Judée, ni à la Samarie, ni à la bande de Gaza...

Irrité, le président Carter rétorqua :

« Monsieur le Premier Ministre, votre insis­tance sur vos droits sur les Territoires et Gaza peut être interprétée comme un signe de mauvaise foi. Elle fera comprendre votre intention de rendre permanente l'occupa­tion militaire de ces zones. Cela mettra un terme à tous les espoirs de négociation. Il ne peut y avoir d'occupation militaire permanente de ces territoires conquis par la force. »

Le Premier ministre lui répondit avec gravité et grandeur d'âme :

« Monsieur le Président, je vais vous confier quelque chose de personnel - non à mon sujet, mais au sujet de ma génération. Ce que vous avez entendu concernant les droits, qui sont ceux du peuple juif, sur la terre d'Israël, peut vous sembler académique, théorique, voire discutable. Mais pas à ma génération. Pour ma génération de Juifs, ces liens éternels sont des vérités irréfu­tables et incontournables, aussi anciens que le temps qui s'est écoulé. Elles touchent au cœur même de notre identité nationale. Car nous sommes une nation ancienne qui revient chez elle. Nous sommes comme une génération biblique de souffrance et de courage. Nous sommes la génération de la Destruction. »

 

François Célier


Pasteur sioniste. Ecrivain

 

(*) "Bon sang ne saurait mentir", par Victor Perez.

 

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Notes de France-Israël

[1] Localité palestinienne proche de Jérusalem, don't la population manifeste, parfois avec violence, chaque semaine, contre la Barrière de sécurité.

[2] Méphitique signifie "empuanti".

[3] J'ai traduit en son temps le récit intégral de . Voir: "«Qui tient la Judée et la Samarie tient la veine jugulaire d'Israël», Menahem Begin (en 2003)".

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© Jerusalem Post en français

 

Mis en ligne le 23 avril 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org

 

 

Texte aimablement transmis en document pdf, par Ch. Dalger