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Bibliographie

Un livre qui démasque l'hypocrisie, l'inversion, la falsification, par Isi Leibler

 

The Jerusalem Post, 22 avril 2010, http://www.jpost.com/Home/Article.aspx?id=173625  

 

Traduction française : Menahem Macina pour France-Israël

Les lecteurs sont abasourdis par l'exposé féroce que fait le nouveau livre de Melanie Phillips des tendances à la folie du "politiquement correct".

 

La chroniqueuse Melanie Phillips, récipiendaire du prix Orwell de journalisme 1996 et auteure du fameux Londonistan, a écrit un nouveau livre explosif qui révèle systématiquement et point par point l'hypocrisie, l'inversion et les falsifications flagrantes qui dominent actuellement une grande partie de la pensée occidentale contemporaine. The World Turned Upside Down: The Global Battle Over God, Truth and Power [Le monde à l'envers : la bataille mondiale contre Dieu, la vérité et le pouvoir], coupera le souffle aux lecteurs à mesure qu'ils avanceront dans son exposé lucide et féroce des tendances à la folie, inhérentes aux attitudes "correctes" aujourd'hui prisées par des politiciens, des soi-disant universitaires et une grande partie des médias occidentaux.

Ce livre contient un éventail extraordinairement large des perceptions publiques qui prévalent, et dont Phillips démontre méthodiquement qu'elles ne sont pas seulement totalement fausses, mais souvent délibérément fabriquées comme un moyen de favoriser des projets extravagants. Outre les louables qualités d'écriture de l'auteure, ce qui rend ce livre particulièrement impressionnant est sa maîtrise intellectuelle presque encyclopédique d'une multitude de questions complexes, alliée à une remarquable aptitude à les exposer sous une forme que la plupart des lecteurs peuvent comprendre.

En outre, elle étaye ses affirmations par une recherche basée sur une documentation méticuleuse.

Phillips repousse avec force le point de vue couramment admis, selon lequel la foi et la raison seraient incompatibles, en démontrant de manière persuasive que, dans de nombreux cas, c'est l'inverse qui est vrai. Sa thèse centrale est que la banalisation de la croyance religieuse, le rejet de l'héritage judéo-chrétien et le post-modernisme, se sont conjugués pour saper les bases sur lesquelles repose notre civilisation. Ce qui a eu pour conséquence de créer un vide qui a ouvert les vannes à un flot de cultes irrationnels et de théories du complot, étranges et même pathologiques.

Quelques-uns des exemples bizarres cités par Phillips incluent :

  • la croyance folle, selon laquelle la princesse Diana a été assassinée pour l'empêcher d'épouser un musulman ;
  • la foi de l'épouse de Tony Blair dans les propriétés transcendantes de pierres et l'utilisation de ses propres cheveux et ongles de pied, et de ceux de son mari pour détecter des signes de « poisons et de blocage » dans leur corps ;
  • l'allégation selon laquelle le virus du SIDA a été fabriqué dans un laboratoire de la CIA.
  • les pratiques païennes des disciples de la "Kabbala" de Madonna, l'icône de la modernité occidentale, qui portent des fils rouges aux poignets pour repousser l'esprit mauvais, et méditent sur des cellules-souches pour parvenir à l'immortalité du corps ;
  • les allégations selon lesquelles les attentats du 11-Septembre ont été ourdis par le Mossad, ou étaient l'œuvre de l'administration Bush ;
  • et la « mythologie post-religieuse » inhérente à l'hubris [= démesure] et au narcissisme, à laquelle a eu recours Obama dans sa campagne électorale.

Les implications pratiques les plus significatives de ces tendances sont passées en revue dans des sections spécifiques du livre. Le chapitre initial, intitulé « Le mythe d'un Armageddon environnemental », traite de la théorie du réchauffement global, qui a déferlé sur la planète. Phillips dissèque impitoyablement les mensonges et les déformations utilisées pour favoriser ce qu'elle considère comme l'une des plus grandes escroqueries scientifiques de l'âge moderne, qui, dit-elle, « rappelle la chasse moyenâgeuse aux sorcières », et vaut aux scientifiques tenants d'une opinion divergente d'être menacés de perdre leur poste par l'équivalent laïque d'une inquisition.

Concernant la guerre en Iraq, elle affirme que, indépendamment de la question de savoir si l'on a eu raison ou tort de débarrasser le monde de Saddam Hussein, les "intellos" ont inventé de fausses théories du complot dans lesquelles des divergences d'opinion légitimes à propos d'une guerre qui divise ont été transformées en accusations de complot ourdi par des néo-conservateurs pour favoriser les intérêts d'Israël. Elle affirme que l'ONU et son Conseil des droits de l'homme - que la plupart des progressistes occidentaux considèrent comme l'arbitre de ce qu'est un comportement acceptable - illustrent l'inversion de la raison « en chargeant les renards de surveiller le poulailler ».

Elle explique pourquoi le Royaume-Uni s'est avéré être en tête des pays qui ont répudié la rationalité et la raison.

Un certain nombre de chapitres sont consacrés à l'exemple le plus extrême du déni de la réalité – le deux poids deux mesures et les partis pris sans scrupule qui se traduisent par des tentatives de diaboliser et de délégitimer l'Etat juif assiégé. Dans le chapitre intitulé « Le Jihad contre la liberté occidentale », Phillips met en relief le double langage et le refus de prendre en compte la réalité au Moyen-Orient. Elle conclut que c'est un sous-produit du manque de détermination à résister aux nouvelles formes de « totalitarisme en douceur », de la part d'un Occident qui compose avec l'avancée de l'agression islamique, tandis que les Etats-Unis se voient marginalisés et que la guerre contre la terreur est dénigrée.

Phillips montre du doigt les relations et les alliances étranges forgées entre ces éléments irrationnels aux projets contradictoires, où se retrouvent pêle-mêle des anciens combattants gauchistes, de prétendus militants des droits de l'homme, des néo-fascistes et des islamistes, qui ont fusionné pour former « l'axe islamique rouge-noir-vert ».

Le monde à l'envers est un exposé courageux de plusieurs mythes et erreurs qu'on nous impose et que notre société a assimilés.

On n'est pas obligé d'approuver chacune des extraordinaires études de cas, choisies par l'auteur, pour reconnaître que Phillips défend un point de vue hautement convainquant qui justifie sa vaste thèse sur la corruption de la rationalité qui règne aujourd'hui sur une grande partie de la société libérale. Elle émet un appel vibrant et efficace à repousser le raz-de-marée qui menace de submerger la civilisation occidentale par un effondrement de la modernité et de la rationalité, au cours duquel, comme on peut le vérifier, de fausses affirmations sont sans cesse réitérées, tandis que la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la victime et l'agresseur sont inversés. Phillips avertit que ce lavage de cerveau risque de nous mener à une nouvelle époque obscurantiste et anti-rationnelle.

Dans un chapitre final où elle récapitule ses résultats, Phillips observe qu'aujourd'hui comme au Moyen-Âge, si l'universalisme est devenu le dogme accepté, les Juifs (remplacés par les sionistes et les Israéliens) sont redevenus les hérétiques contemporains à brûler.

« Ce sont les juifs qui ont donné au monde les idées d'un univers ordonné, de la raison et du progrès, qui constituent les clefs de la science et de notre époque moderne. En rejetant l'enseignement juif et ses codes moraux, l'Occident s'est retourné contre le monde moderne lui-même. Le pouvoir de la raison n'offre aucune protection contre le fanatisme [...] Aujourd'hui c'est à nouveau parmi les gens les plus progressistes et les plus éclairés [...] - les laïques rationalistes et les chrétiens les plus libéraux, qui marchent derrière les bannières des droits de l'homme et de la conscience des esprits nobles -, que l'on trouve la haine la plus virulente d'Israël et les préjugés moyenâgeux contre les Juifs [...] En tournant sa colère contre l'Etat d'Israël – qui constitue la ligne de front de la défense du monde libre contre l'islamisme qui assaille la modernité –, l'Occident sape sa défense contre les ennemis de la modernité et de la civilisation occidentale qui l'ont créée. La grande question est de savoir si elle veut vraiment défendre encore la raison et la modération, ou si la civilisation occidentale a désormais atteint un point où elle a cessé d'essayer de survivre. »

Ce livre est un cri du coeur bouleversant et stimulant pour l'esprit, qui devrait être lu par tous ceux qui cherchent à comprendre les sources du malaise de cette génération dans la société occidentale.


Isi Leibler

 

© Jerusalem Post

 

Mis en ligne le 30 avril 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org