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Interview du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avec George Stephanopoulos sur 'Good Morning America'

 

Traduction française reprise du site The Israel Project (TIP), 27 avril 2010

Transcription avec l'amabilité d'ABC News, le 19 avril 2010 ; Certaines parties ont été mises en gras par The Israel Project pour accentuation.

GEORGE STEPHANOPOULOS: Monsieur le Premier ministre, merci beaucoup de nous accorder cette interview.

BENJAMIN NETANYAHU: Merci à vous. Ravi d'être avec vous, George.

STEPHANOPOULOS: C'est assez clair que les relations entre les Etats-Unis et Israël ont … subi quelques coups durs ces dernières semaines. A qui la faute ?

NETANYAHU: Oh mon dieu. Je pense que dans chaque famille, dans chaque relation, les relations entre alliés, même des parents, vous avez des hauts et des bas. Vous avez des désaccords. Mais je pense que cette relation entre les États-Unis et le peuple d'Israël est solide comme le roc. Nous… avons une importante… je dirais une importante conformité d'intérêts et de valeurs qui nous… aideront à traverser cette épreuve. Et nous essaierons de régler nos désaccords dans cet esprit.

STEPHANOPOULOS: Parlons de certains de ces désaccords. Le président – vous avez rencontré le président le 23 mars. C'était une visite extraordinaire – à la Maison Blanche et sans photos publiques. Le président vous a apparemment fait attendre – alors qu'il allait dîner, il vous a laissé attendre dans la Chambre Roosevelt.

Et il a été rapporté que le président a fait plusieurs demandes. Qu'Israël gèle toutes les colonies à Jérusalem-Est et qu'Israël se prépare à des négociations de paix indirectes pour commencer à parler de l'essentiel sur … les frontières. Sur Jérusalem. Sur les réfugiés. Avez-vous dit au président que … vous étiez disposé à répondre aux demandes qu'il a fixé ? 

NETANYAHU: Vous savez cette question contient tellement de suppositions, alors laissez-moi les analyser. Premièrement, je ne sais pas comment la réunion a été perçue mais je ne pense pas qu'il y avait une telle intention de la part du président. Je pense que nous avons certains problèmes en suspens. Nous essayons de les résoudre par les voies diplomatiques du mieux que nous pouvons.

Deuxièmement, sur la question de Jérusalem-Est, nous avons eu – pas ma politique personnelle mais la politique de … tous les gouvernements y compris celle d'Yitzhak Rabin, de Golda Meir, de Shimon Pérès pendant les 42 dernières années. Maintenant, la demande palestinienne – et je ne … je ne dis pas quelle est la position américaine. Mais la demande palestinienne est que nous empêchions les Juifs de construire dans les quartiers juifs à Jérusalem. C'est, vous le savez, c'est une demande inacceptable. Si nous la faisions à Londres ou à New-York ou à Paris, les gens crieraient à l'injustice. 

La question de Jérusalem est abordée et sera abordée dans l'accord définitif et les négociations. Mais pour la présenter, ces quartiers font partie et sont une parcelle de … Jérusalem, ils ne sont pas isolés dans les collines de Cisjordanie. Ils sont situés à environ quatre minutes en voiture d'ici. Près de 200 000 Israéliens y vivent.

(Prononciation pas claire) Le quartier qui était, dans les actualités, a été peuplé par Yizhak Rabin. Il n'était pas contre la paix. Idem pour tous les autres Premiers ministres, y compris, jusqu'à il y a un an, qui construisaient dans ces quartiers, ces quartiers juifs de Jérusalem. Et les Palestiniens négociaient la paix avec eux. Cette demande qu'ils viennent de présenter, les Palestiniens, de cesser toute construction, les constructions juives dans des quartiers juifs, est totalement, totalement vouée à l'échec. 

Ceci ne fait que empêcher la paix. Supposez que je dise au chef de l'Autorité palestinienne, " Vous savez que dans les négociations des accords de paix définitifs, le droit de retour, noyer Israël de réfugiés, ne se… n'auront pas lieu."
Supposez que je lui ai dit, "Je veux un signe maintenant, avant de commencer les négociations indirectes, que vous démanteliez certains de ces camps de réfugiés. Démantelez quatre maisons de réfugiés pour montrer votre engagement. " Vous diriez, à juste titre, " Ah, Israël essaie maintenant de mettre le paquet. De piper les dés en sa faveur. Il essaie de ne pas prendre part aux négociations. " 

Et en effet, c'est exactement ce que font les Palestiniens – ce qu'ils nous font. Je veux la paix. Je veux négocier la paix. Je dis, supprimons toutes les conditions préalables, y compris celles sur Jérusalem. Entrons dans la salle et négocions la paix sans conditions préalables. C'est le moyen le plus simple pour obtenir la paix. 

STEPHANOPOULOS: Monsieur, il semble alors que vous et le président Barack Obama soyez encore en conflit sur la possibilité d'un gel immédiat des colonies. Si tel est le cas, comment ces négociations peuvent-elles reprendre ?

NETANYAHU: Non, en réalité … c'est moi qui ai été l'instigateur --- c'est sans précédent. Un gel des colonies – dans les territoires. Je rappelle, à Jérusalem, il s'agit de quartiers, pas de colonies, et de leurs régions urbaines, situés juste à côté de ce bureau au cœur de Jérusalem.

Mais, regardez, j'ai fait trois choses lorsque j'ai pris mes fonctions et je pense que les gens doivent comprendre à quel point nous avons pris des mesures pour la paix. La première chose que j'ai dite, et je pense … en tant que chef de file de (prononciation peu claire), ce n'était pas facile pour moi de le faire. J'ai dit que nous étions disposés à avoir une solution de paix avec deux États pour deux peuples.

Puis, j'ai supprimé des centaines de barrages routiers et de points de contrôle, ce qui a fait prospérer l'économie en Cisjordanie. Je veux dire … Ils ont des cafés. Ils ont des centres commerciaux. Ils ont des restaurants. Ils ont des affaires en ligne. Tout ce que vous voulez. C'est formidable. Mais ça n'a jamais été fait auparavant. Nous avons contribué à cette réalité en raison du changement de politique.

Troisièmement, j'ai en effet gelé la nouvelle construction dans les … colonies pour une période de 10 mois, ce qui n'a jamais été fait auparavant et dont la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a dit que c'était sans précédent. C'est ce que nous avons fait pour la paix parce que nous voulons la paix.
Et malheureusement, à ce jour, les Palestiniens n'ont pas répondu de la même façon parce que ce qu'ils ont fait c'est nommer des places en l'honneur de places publiques, qui en effet, font honneur aux terroristes qui ont tué des centaines d'Israéliens innocents, y compris des Américains innocents.

Et ils chargent le paquet avec tout type de demandes et d'exigences pour des conditions préalables qui rendent le début des négociations impossible. J'espère qu'ils changeront d'avis. J'espère qu'ils participeront aux négociations. Et … je ne pense pas que ce soit si difficile à faire, une fois que vous avez supprimé toutes ces conditions préalables que nous n'avions jamais mises auparavant. Je dis, reprenons les négociations directement et sans conditions préalables. Ou indirectement. Mais sans conditions préalables. C'est le moyen d'obtenir la paix.

STEPHANOPOULOS: Bien. Comme…vous le savez, Monsieur, nombre de ces quartiers à Jérusalem-Est étaient des terres vides, pas plus tard qu'en 1993 lorsque Yitzhak Rabin a rencontré Yasser Arafat sur … la pelouse de la Maison Blanche. Ils sont situés à proximité des quartiers palestiniens. Ils ne sont pas adjacents à d'autres colonies, une des raisons pour laquelle le président Barack Obama a…demandé un gel. Il semble que votre position aujourd'hui soit tout à fait claire à ce sujet. Je dirais simplement, quelle serait alors votre réaction si le président décidait, comme certains le lui ont conseillé, de mettre un plan de paix des États-Unis sur la table ? 

NETANYAHU: Bien, tout d'abord, dans ces quartiers qui font partie intégrante et qui sont des parcelles de Jérusalem où personne et aucun palestinien n'a été déplacé. Les Palestiniens habitent dans leur … dans les quartiers palestiniens à Jérusalem. Les Juifs habitent dans des quartiers de Jérusalem.

Et chacun, chaque plan de paix que je connais, sans exception – y compris dans le sommet de Camp David de … 2000 et y compris dans d'autres programmes qui ont été proposés, dans chaque plan de paix, ces quartiers, des quartiers juifs, continueront à faire partie de Jérusalem et partie d'Israël. Et alors, la vraie question est pourquoi sommes-nous en train de discuter de quelque chose qui n'est pas un véritable argument ? Je pense que ça n'a aucun sens. .

Quant à l'idée d'un accord imposé, je … pense que personne ne pensera sérieusement que vous pouvez imposer la paix. La paix doit venir des parties qui s'assoient ensemble, pour résoudre leurs différents. Et c'est ce que nous cherchons à obtenir. C'est ce que je cherche à obtenir.

Et j'ai pris des mesures tant dans les paroles que dans les actes l'année dernière pour le faire. Et je … pense que les Palestiniens doivent montrer qu'ils sont engagés. Le moyen le plus rapide pour le prouver est de supprimer les conditions préalables, entrer dans la pièce et commencer à négocier.
Vous ne pouvez pas mettre fin aux négociations de paix sans les avoir commencées. Je suis pour les commencer immédiatement. Et vous savez quoi, George, j'utilise vos bons auspices pour m'adresser, de nouveau, aux Palestiniens. Nous résoudrons les différends par des négociations. Venez négocier s'il vous plaît. Nous … 

(Interférence)

STEPHANOPOULOS: Laissez-moi reprendre. Le président Barack Obama a dit il est évident qu'il pense que faire avancer cette paix et ces négociations est d'un intérêt capital pour la sécurité nationale des États-Unis.
Est-ce que c'est d'un intérêt capital pour la sécurité nationale d'Israël ? Et à quel point êtes-vous préoccupé de la perspective d'une guerre soulevée par le Roi Abdullah de Jordanie ? Il a dit que si aucun progrès n'était fait avant cet été, une guerre pourrait éclater ?

NETANYAHU: Je … pense que personne ne veut la guerre. Et surtout, Israël ne veut pas la guerre. Israël veut la paix. Nous … aspirons à la paix. C'est d'un intérêt capital pour nous. Vous savez, nous connaissons les chagrins de la guerre. Je … la nuit dernière, je suis allé au cimetière sur la tombe de mon frère qui est mort au combat alors qu'il libérait les otages d'Entebbe.

J'ai été moi-même blessé au cours d'une bataille pour secourir un avion de Sabina qui avait été détourné. J'ai perdu des amis et des parents dans les guerres d'Israël. Je ne veux pas que mes enfants ou les enfants palestiniens ou tout autre enfant souffrent par une guerre. Alors nous ne devons pas être entraînés dans la paix. Nous voulons la paix. Le peuple d'Israël veut la paix, prie pour la paix, aspire à la paix. Et je veux la paix. C'est dans notre intérêt.

Et je pense que le plus important c'est que ce sera une paix réelle. Une paix que nous pouvons défendre. Dans notre région – c'est une région très difficile, la seule paix qui dure est une paix que vous pouvez défendre. Une paix avec la sécurité. C'est quelque chose que nous pouvons seulement négocier avec nos voisins palestiniens ou avec un de nos autres voisions qui souhaitent la paix. Vous ne pouvez faire la paix qu'avec vos voisins qui souhaitent la paix. Nous sommes prêts pour la paix. J'ai encouragé la paix. Et j'espère que nous avancerons vers la voie de la paix dès que possible.

STEPHANOPOULOS: Et vous n'êtes pas préoccupés par ce qui pourrait éclater cet été ? 

NETANYAHU: Si cela dépend de nous, il n'y aura aucune guerre. J'ai entendu ces tentatives de déstabiliser la région et … ce n'est pas un secret que l'Iran cherche à y parvenir par l'intermédiaire du Hezbollah, ils essaient de créer des tensions, probablement pour détourner l'attention du monde du progrès de l'Iran et de son programme de développement d'armes nucléaires. Il essaie de distraire l'ordre du jour avec des accusations fausses contre Israël.

(Une courte pause, puis l'interview reprend.)

STEPHANOPOULOS: Monsieur le Premier ministre, merci de nous retrouver. Parlons de l'Iran. La première page du New York Times aujourd'hui … sur un mémo auquel le secrétaire à la Défense américain Robert Gates a répondu en janvier. Un mémorandum secret où il soulignait sa crainte que les États-Unis n'avaient pas une politique efficace à long terme pour gérer le programme nucléaire iranien. Partagez-vous cette crainte ?

NETANYAHU: Regardez, nous sommes tous préoccupés par l'Iran. Je ne rentre pas dans les calculs internes des États-Unis, mais … vous savez, j'ai parlé avec le président Barack Obama lorsqu'il était sénateur Obama. Il était venu en Israël. Et j'étais le chef de l'opposition à … cette époque. Et j'ai dit … j'ai dit alors au sénateur Obama, s'il était élu président, tous les problèmes qui inonderont son bureau seront un jour mis de côté par un problème prépondérant.

Et c'est-à-dire si l'Iran essaie de développer des bombes atomiques. Parce qu'ils pourraient très bien soit les utiliser, soit menacer de les utiliser ou menacer de les donner à des terroristes ou même leur donner un dispositif rudimentaire avec un matériau fissible qui peut être mis dans un porte-conteneurs. Et ceci pourrait arriver à Manhattan ou dans tout autre port aux États-Unis ou en Europe ou, du reste, en Israël.

C'est un danger extrême. C'est le plus grave problème de notre temps. Et je pense que … le président a exprimé sa compréhension sur la mesure du défi qu'il représente. Et nous devons tous travailler ensemble en tant que chefs d'états pour nous assurer d'être à la hauteur de ce défi. Que l'Iran n'acquiert pas les armes nucléaires.

STEPHANOPOULOS: Mais si les efforts actuels destinés à obtenir une résolution de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, est-ce-que c'est efficace ?

NETANYAHU: La résolution de l'ONU affectera-t-elle l'Iran ou l'échec à faire adopter la résolution de l'ONU le concernant ?

STEPHANOPOULOS: … Nous avons eu trois résolutions de l'ONU jusqu'à présent et …les Iraniens ont continué à développer leur programme nucléaire. Pensez-vous que la prochaine série de sanctions qui est en cours de discussion au Conseil de sécurité de l'ONU, puisse être efficace ?

NETANYAHU: Je ne sais pas ce qu'il en est du Conseil de sécurité. Je l'espère. Et certainement la communauté internationale peut … livrer des sanctions paralysantes. Laissez-moi vous dire de quoi il s'agit. Si vous empêchez … l'Iran d'importer de l'huile raffinée, un mot sophistiqué pour essence, alors l'Iran n'a simplement pas de capacité de raffinement et ce régime arrive à une fin. Je pense que ce sont des sanctions paralysantes. Maintenant, si le Conseil de sécurité de l'ONU ne l'adopte pas parce qu'il dilue la résolution pour obtenir le consentement de ses membres, alors certainement les États-Unis et d'autres partenaires disposés dans la communauté internationale peuvent le faire à l'extérieur. Ils peuvent imposer ces sanctions à l'extérieur du Conseil de sécurité. S'il y a un moyen de mettre en place ces sanctions paralysantes. Il faudrait le faire maintenant.

STEPHANOPOULOS: Mais...

NETANYAHU: Quoi qu'il en soit, le message devrait être clair pour l'Iran, qu'il ne sera pas autorisé à développer des armes nucléaires.

STEPHANOPOULOS: Mais, Monsieur le Premier ministre, vous savez que la Chine n'est pas disposée à accepter ces sanctions paralysantes. La semaine dernière j'ai parlé avec le président russe Dmitry Medvedev. Il a clarifié qu'il n'était pas disposé à accepter ces sanctions paralysantes. Alors qu'est ce qu'il vous reste ? 

NETANYAHU: Il nous reste à le faire à l'extérieur du Conseil de sécurité. Il y a une coalition de bonne volonté et vous pouvez avoir des sanctions très sévères. Je pense que c'est une condition minimale aujourd'hui pour, ne pas vraiment envoyer des messages, mais, en réalité, pousser ce régime à commencer à faire des choix.

Parce qu'aujourd'hui ils sentent qu'ils n'ont pas à choisir. Ils… comprennent que le projecteur est sur eux mais ils ne font rien. Et la chose cruciale est, je pense qu'il faut qu'il y ait un accord à … Washington, certainement … à Jérusalem et … dans quelques autres capitales dans le monde, qu'une mesure très énergique doit être prise pour stopper l'Iran. Je pense que l'avenir … de la paix dans le monde et de la stabilité et de la sécurité en dépendent. .

STEPHANOPOULOS: Vous avez raison qu'il y a … des majorités qui pensent dans les deux chambres du Congrès américain, et qui ont exprimé leur volonté d'accepter ces sanctions. Mais, jusqu'à présent, le président Barack Obama ne s'est pas joint à elles. Vous a-t-il donné l'assurance qu'il était disposé à … mettre en place de telles sanctions ?

(Conversation hors micro)

STEPHANOPOULOS: Une majorité dans les deux chambres du Congrès a exprimé sa volonté d'accepter le type de sanctions sur le pétrole que vous avez souligné, mais à ce jour le président Barack Obama a refusé de le déclarer publiquement. Vous a-t-il donné l'assurance qu'il était disposé à entreprendre des sanctions paralysantes ?

NETANYAHU: Et bien, ce qu'ont dit les États-Unis c'est qu'ils étaient déterminés à empêcher l'Iran de développer des armes nucléaires. Et je … pense que c'est une déclaration importante. J'ai … Regardez, je parle de ça depuis 14 ans. Lorsque j'ai été élu pour la première fois Premier ministre -- la première fois -- il y a 14 ans, l'opportunité m'a été donnée de m'adresser aux deux sessions du Congrès.

Et, j'ai dit à l'époque que la plus grande menace sur l'humanité est la tentative de l'Iran de développer des armes nucléaires. Et de nombreux sourcils se sont levés il y a 14 ans. Aujourd'hui, ils ne le sont plus. Et…je pense que le président des Etats-Unis, le gouvernement des États-Unis a saisi la situation. Il y a plusieurs moyens pour bloquer cette situation. Des sanctions paralysantes sur les importations de pétrole. Et nous trouvons que les importations de pétrole en font partie. Il y a aussi d'autres moyens.

STEPHANOPOULOS: Combien de temps nous reste-il ? Je veux dire… des officiels de l'armée américaine se sont présentés devant le Congrès cette semaine et ont dit qu'ils s'attendaient à ce que l'Iran obtienne les matériaux pour développer des armes nucléaires dans un an environ. Et probablement, en réalité, il sera capable de développer les armes en question dans deux à cinq ans. Est-ce également votre estimation ?

BENJAMIN NETANYAHU: Je vais me lancer dans des estimations concrètes. Je dirai que – nous avons beaucoup moins de temps avec chaque jour qui passe. Et l'essentiel est d'utiliser le temps disponible pour une action internationale puissante menée par les États-Unis. Si vous pouvez le faire par l'intermédiaire du Conseil de sécurité. Le cas échéant, à l'extérieur du Conseil de sécurité.

Mais il y a plusieurs moyens de … mettre fin à cela. Et si la communauté internationale dirigée par les États-Unis ou une communauté de nations, dirigée par les États-Unis, est sérieusement déterminée à y mettre fin, il est possible d'y mettre fin.

STEPHANOPOULOS: Je sais que c'est la politique d'Israël d'empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire, mais quelle est la ligne spécifique qu'ils ne peuvent pas franchir ? S'ils se rapprochent de la ligne de … fabriquer une arme, ils ont le matériel de l'arme mais ne la construisent pas, ne l'assemblent pas, est-ce que c'est une chose avec laquelle Israël peut vivre ?

NETANYAHU: Et bien, je ne vais pas rentrer dans ces détails. Je pense que chacun sait ce qu'est un programme nucléaire quand il le voit. Nous le voyons en préparation. Chacun comprend que si l'Iran n'est pas stoppé, et continue à fabriquer des bombes nucléaires avec le --- ce qui deviendra un régime terroriste.

Vous savez, cela nous met réellement face au plus grand danger. Que les régimes les plus dangereux du monde – avec les plus dangereux mandataires terroristes au monde – puissent acquérir les armes les plus dangereuses au monde. C'est une situation à laquelle il faut mettre fin. Nous ne devrions pas l'analyser et commencer, vous savez, à couper les cheveux en quatre. Nous savons ce qu'ils font. Ils savent que nous savons ce qu'ils font. Et il revient aux principales nations du monde, évidemment avec la direction des États-Unis, d'y mettre fin.

STEPHANOPOULOS: Mais il est juste de dire qu'Israël empêchera, à votre avis … alors que vous êtes en poste, l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire ? 

NETANYAHU: Nous préférons que la communauté internationale, dirigée par les États-Unis – mette fin à ce programme d'armes nucléaires. Ceci étant dit, je … dirais que, vous savez, nous sommes à la veille du jour de l'indépendance d'Israël. Et le sort du peuple juif était tel que nous ne pouvions jamais nous défendre jusqu'à ce que nous ayons établi le nouvel État juif. Nous avons payé un terrible prix pendant et avant l'Holocauste. Et bien entendu, les changements qui en découlent –il y a un état juif aujourd'hui et qui se réserve toujours le droit de défendre la nation juive.

STEPHANOPOULOS: Le président Mahmoud Ahmadinejad, comme vous le savez, a convoqué (?) sa propre conférence nucléaire en Iran ce week-end. Au cours de la conférence, il a traité Israël de microbe sur le point de s'effondrer. Je pense que c'est une traduction de ses paroles. Et un de ses arguments est qu'Israël est hypocrite. Ils ont développé leur propre programme nucléaire. Il a dit, a plusieurs reprises, qu'il pense qu'Israël a des armes nucléaires. Pourquoi ne pas le prendre au mot et signer le traité de non prolifération nucléaire et respecter le traité de non prolifération ?

NETANYAHU: Et bien, nous avons une politique de longue date et nous ne sommes pas sur le point de la changer. Mais laissez-moi vous dire cela. Des individus signent le traité de non prolifération nucléaire, le TNP. Cela ne garantit rien. Vous savez qui l'a signé ? L'Irak sous Saddam Hussein alors qu'ils construisaient le réacteur nucléaire d'Osirack. Ils l'ont enfreint … Même en étant signataires.

La Lybie avait un programme nucléaire secret. Ils étaient signataires du TNP. Mais, ils – bien qu'ils l'aient enfreint. En réalité, la Syrie qui construisait dernièrement un réacteur, un réacteur secret en violation du TNP, était signataire du TNP.

Et même l'Iran, qui enfreint sans arrêt le TNP… qui fait même des visites guidées des trous de centrifugeuse, il est signataire du TNP. Alors cela n'est pas très utile. Vous savez, si le monde change, si, le Proche-Orient avance un jour vers une ère messianique où le lion se couche avec les agneaux, alors vous pourrez me reposer cette question, George.

STEPHANOPOULOS: Mais vous … alors ce n'est pas demain qu'Israël signera le TNP ?

NETANYAHU: Non, nous ne changerons pas nos politiques. Je souhaite être clair. Ces gens là – ces États qui ont signé le TNP l'ont violé sans arrêt. Et le Proche-Orient – le problème au Proche-Orient n'est pas ceci ou ce traité ou ces signataires.

Le problème est… ces régimes qui appellent directement à la destruction d'Israël, qui développent des armes atomiques, des armes de mort massive pour réaliser cette destruction. Et alors, la question n'est pas si nous signons, s'ils signent et en sont signataires. C'est comment nous pouvons empêcher ces individus, ces États, ces régimes, ces dirigeants comme Mahmoud Ahmadinejad, d'acquérir des armes nucléaires. C'est le principal objectif de la communauté internationale. Et c'est certainement --- devrait être--- l'objectif de toute personne concernée par la paix et la sécurité.

STEPHANOPOULOS: Dernière question, Monsieur. Vous avez comparé les relations israélo- américaines, au début, à une famille. A une famille qui traverse des hauts et des bas. Que faudra-t-il pour que les États-Unis et Israël redeviennent une grande et heureuse famille ? Et quand espérez-vous que les négociations de paix commencent avec les Palestiniens ? 

NETANYAHU: J'espère le plus tôt possible.J'ai demandé des négociations de paix depuis le début. J'ai tendu la main aux Palestiniens. J'ai fait toutes ces choses … dont je vous ai parlé. Des gestes pour la paix. Supprimer les barrages routiers. Encourager une solution à deux États, j'attends avec impatience qu'ils reviennent.

Si on ne leur demande pas de mettre de côté toutes les conditions préalables et de négocier, ils ne le feront pas. Et je – nous avons parlé aux États-Unis. Nous avons parlé – j'ai parlé au président. Nous avons parlé à travers les voies diplomatiques. J'espère que nous pouvons y arriver ensemble.

Mais il est clair qu'il existe un lien entre nous qui dépasse ces questions. Et je pense que le plus important est d'utiliser ce lien pour que tous les ennemis de la paix et tous les ennemis des États-Unis et d'Israël se retirent.
En effet, il y a un grand concours dans la région, ce n'est pas seulement ici avec les Palestiniens. Je pense que c'est une part mineure. Et je pense qu'avec de bonnes intentions, que nous avons – avec l'aide des États-Unis, nous pouvons obtenir la paix. Mais il y a une force plus importante de l'Islam radical qui souhaite détruire la paix. Qui souhaite détruire Israël. Qui souhaite détruire toute présence américaine au Proche-Orient.

Ils détestent les États-Unis pour ce qu'ils représentent. Ils stopperont les États-Unis --- ils cesseront de détester les États-Unis lorsque États-Unis cesseront d'être les États-Unis. Lorsqu'ils cesseront d'être une société libre, pluraliste et ouverte au débat. C'est ce qu'ils méprisent. Et, en réalité, ils ne détestent pas les États-Unis à cause … d'Israël. Ils détestent Israël à cause des États-Unis. Parce qu'ils nous voient comme un avant-poste de cette civilisation libre et ouverte que vous représentez. Et vous savez quoi ? Ils ont raison.

Et dans la mesure où les relations entre les États-Unis et Israël sont étroites, dans cette mesure l'Islam activiste recule. Dans cette mesure, tous ceux qui observent de loin savent que notre partenariat, et les états arabes modérés, gagneront.

Dans la mesure où il y a des risques – ils pensent autrement. Il est possible qu'ils pensent autrement aujourd'hui mais ils ont tort. Ce partenariat est solide. Notre poursuite de la paix est solide. Et nous ferons face à ces extrémistes et, finalement, nous les vaincrons.

STEPHANOPOULOS: Monsieur le Premier ministre, je vous remercie de nous avoir accordé votre temps.

NETANYAHU: Merci à vous.

© ABC News


Mis en ligne le 27 avril 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org