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Antisémitisme
Antisémitisme arabo-musulman

Face aux blasphèmes antisémites, pourquoi ce silence ? Menahem Macina
09/06/2010

Reçu d'un internaute ami, sans commentaire, pour mise au pilori, ce passage particulièrement révulsant du livre d'un professeur d'histoire-géographie, qui raconte le quotidien d'un lycée de la Seine-Saint-Denis (Mara Goyet, Collèges de France, éditions Fayard, 2003, 204 p., 16 €).

Morceau choisi :

Aller au théâtre

Deux classes travaillent sur le concours de la Résistance. D'anciens résistants viennent au collège leur parler. Ils les trouvent sympathiques et décident d'inviter tous les troisièmes de l'établissement à une pièce de théâtre relatant l'histoire d'une famille juive pendant la guerre. Tout cela se fait au dernier moment, s'improvise : et hop ! tous au théâtre.

Les lumières s'éteignent et le chaos commence. Pendant une heure et demie les élèves hurlent, s'esclaffent, insultent les acteurs. A une femme en tenue de déportée : « A poil, sa-lope ! » A un père qui dit adieu à son enfant : « Pédophile ! » D'autres crient : « A la douche, à la douche ! » [1] Une heure trente abominable. Les lumières se rallument. L'un des acteurs vient annoncer que la troupe refuse de saluer. Quelques profs sont en larmes. Les résistants qui avaient invité tout le monde partent, certains pleurent. Le malaise est général. Un élève monte sur la scène et crie à ses camarades : « Frères musulmans, mes frères, ce que nous avons fait est mal, nous n'avons pas respecté le travail de ces acteurs... »

Les jours suivants, le collège est en émoi, des discours sont tenus aux élèves. Ces derniers décident de se rattraper. Ils bricolent une invitation qu'ils distribuent aux anciens résistants et déportés de la commune ainsi qu'aux acteurs et au metteur en scène, les conviant à une rencontre dont le contenu reste secret. Au passage, la jeune fille qui distribue le tract traite de sa-lope une prof qui, selon elle, aurait « mal pris le papier ». Par la suite, cette même charmante jeune fille, après une vraie minute de silence à la mémoire des morts (ce qui est un exploit), lit une lettre d'excuse et remet des fleurs aux résistants, aux acteurs et aux profs. Beaucoup pleurent. Les élèves vont ensuite au cimetière déposer des fleurs sur le monument consacré aux morts en déportation.

Je ne sais s'il faut hurler de rire ou vomir devant ce repentir hollywoodien : peut-être les deux (mais dans quel ordre ?).


[1] Pour ceux qui l'ignoreraient ou auraient oublié le symbole, la 'douche' ici évoquée était l'antichambre du crématoire, et ce qu'elle déversait, ce n'était pas de l'eau mais du gaz mortel. NDLR d'upjf.org.

 

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J'ai lu cela, et des larmes de rage et de dégoût me sont venues aux yeux.

Objet de la profanation de ces nouveaux barbares, jeunes lycéens musulmans :

une pièce de théâtre relatant l'histoire d'une famille juive pendant la guerre, à laquelle leur classe de troisième assistait.

Catalogue des insultes :

  • A une femme en tenue de déportée : « A poil, sa-lope! »
  • A un père qui dit adieu à son enfant : « Pédophile ! »
  • A tous les acteurs : « A la douche, à la douche ! ».


« Des professeurs sont en larmes. Les résistants qui avaient invité les élèves partent, certains pleurent », relate la narratrice…

Mais, poursuit-elle, « un élève monte sur la scène ».

Soulagement.

Bien sûr, il va émettre des regrets pour cette profanation crapuleuse de la mémoire des Juifs exterminés.

Rien de tel. Il crie à ses camarades : « Frères musulmans, mes frères, ce que nous avons fait est mal, nous n'avons pas respecté le travail de ces acteurs... »

Ce brave cœur regrette d'avoir attenté au respect de la tâche accomplie par ces artistes.

  • Mais pas d'avoir insulté la déportée incarnée par une actrice («sa-lope !»).
  • Pas d'avoir souhaité qu'on expose de force sa nudité («A poil !»).
  • Pas d'avoir horriblement profané la représentation du dernier entretien entre un fils et son père («Pédophile !»)
  • Pas d'avoir demandé bruyamment qu'on les gaze («A la douche !»)…

Après avoir sifflé la Marseillaise dans un stade français, qu'est-il arrivé à ces musulmans qui déshonorent leurs origines et leur foi ? Les a-t-on punis, ou au moins stigmatisés ? Non ! Au moins leur a-t-on adressé quelques reproches ? Que leur a-t-on dit, en somme ?

Rien. On a minimisé, ou relativisé les faits. Révolte d'opprimés, de paumés sociaux, manque de discernement… a-t-on doctement expliqué…

Pour vite effacer l'horreur, comme on lave, à grande eau et en toute hâte, le sang d'un assassiné.

Pour nous faire oublier notre dégoût.

Et – pourquoi ne pas l'avouer ? – pour exorciser notre peur… Car ces jeunes fauves nous tétanisent...

Alors, aujourd'hui, certains d'entre eux récidivent, un ou deux crans plus haut. Pas grave : il ne s'agit que des Juifs, après tout - cette race maudite jusqu'au jour du jugement, à en croire le Coran ; ces descendants de porcs et de singes, selon la tradition musulmane…

Et puis, Hitler, l'extermination des Juifs, chacun sait que tout cela participe d'une exagération juive monumentale, d'une exploitation éhontée de la "Shoah-business" (même le juif américain Finkelstein le dit !)…

D'où les injures pestilentielles et blasphématoires évoquées ci-dessus.

……………………………………………………..


Il est une heure trente du matin et je ne parviens pas à dormir.

Je passe ma rage et ma honte sur mon clavier.

Je suis touché à mort.

Non pas tellement par ces horreurs – je sais d'où et de qui elles viennent…

MAIS PAR LE SILENCE DES TEMOINS.

L'Eglise et certains corps d'Etat ont fait repentance de leur silence, de leur complicité, plus ou moins active, dans le processus de déportation des Juifs. C'était il y a peu d'années…

Et aujourd'hui, que se passe-t-il ? Pourquoi ce silence ?

Jusqu'où laissera-t-on aller ces barbares arrogants qui ne respectent rien ?

Faudra-t-il qu'ils nous égorgent pour que nos concitoyens versent des larmes de crocodile sur nos cadavres ?

Dans les années 1940, à en croire certains auto-justificateurs, ceux qui nous ont abandonnés à notre sinistre sort avaient l'excuse de l'ignorance des plans de mort hitlériens. Ils ne soupçonnaient pas l'ampleur du dessein machiavélique du nazisme. Ils n'avaient pas pris au sérieux ses menaces – pourtant claires – proférées du haut de la tribune du Reichtag par Hitler lui-même. « C'était trop incroyable ». Telles sont, brièvement résumées, les 'justifications' des apologistes.

Mais ce qui est arrivé, les Français, entre autres, y ont cru ENSUITE, n'est-ce pas ?

Alors pourquoi, aujourd'hui, la quasi-totalité d'entre eux, y compris leurs dirigeants politiques et religieux, leurs élites intellectuelles et l'ensemble de leur presse, font-ils mine de ne pas entendre, de ne pas comprendre, de ne pas savoir ce qui se passe sous leurs yeux ?

Pourquoi affectent-ils de ne pas croire ce dont l'islamisme intégriste - qui gagne inexorablement les masses arabes, même non fanatiques – menace le peuple juif, en pratiquant largement l'amalgame avec le conflit palestino-israélien ?

Ce que relate cette écrivaine courageuse et lucide, en particulier dans le récit de cet incident odieux, corrobore les témoignages accablants d'autres enseignants. (Voir, par exemple, Les territoires perdus de la république).

Et qui osera remettre en cause leur constat de faillite? Ne sont-ils pas aux premières loges pour voir lever les moissons de haine dans les coeurs de tant de ces enfants et adolescents qui, demain, seront nos concitoyens, nos collègues de travail, nos voisins, nos hommes et femmes politiques peut-être, voire nos gouvernants ?

Ces enseignants nous ont avertis, mais on les a aussitôt rabroués comme fauteurs de sinistrose et de haine intercommunautaire. Leurs voix ont été vite étouffées sous les discours lénifiants des "belles âmes", toujours prêtes à justifier les agresseurs et à oublier, voire à incriminer les victimes.

Ne va-t-on pas jusqu'à banaliser les viols collectifs – cet horrible crime contre l'humanité et la dignité féminines ! –, ces abominations que l'on ose appeler «tournantes», comme pour exorciser notre peur... Car les terroristes font peur. Et cet acte barbare, c'est du terrorisme machiste…

Et moi, l'obscur, le sans grade, le Juif méprisé, je dis, par la bouche d'un prophète d'Israël, à celles et ceux qui se taisent, qui, lâchement, banalisent et nient le mal, ou ne lui résistent pas en face,

"Vous croyez reculer le jour du malheur, mais vous hâtez le règne de la violence!" (Amos 6, 3)

Quant à cette profanation - la plus ignoble jamais perpétrée en temps de paix, semble-t-il -, de la pire tragédie qu'ait eu à subir le peuple juif, je remets ses auteurs au jugement de l'Ecriture :

"Jamais cette faute ne sera pardonnée, jusqu'à votre mort." (Isaïe 22, 14)

"…Toi, Tu connais mon insulte, ma honte et mon affront.
Devant Toi tous mes oppresseurs.
L'insulte m'a brisé le coeur, jusqu'à défaillir…
Ils s'acharnent sur celui que Tu frappes, ils rajoutent aux blessures de Ta victime…
Charge-les, tort sur tort, qu'ils n'aient plus d'accès à Ta justice;
qu'ils soient rayés du livre de vie, retranchés du compte des justes.
Et moi, courbé, blessé, que Ton salut, Dieu, me redresse!"
(Psaumes 69, 20-30)



Menahem Macina


Mis en ligne par Menahem Macina, sur le site (aujourd'hui défunt) reinfo-israel, le 24 juillet 2003.

Remis en ligne sur rivtsion, le 9 juin 2010