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Obama, Israël et les Juifs américains : le défi, par Daniel Pipes
19/06/2010

Commentary, juin 2010


Version originale anglaise:
Obama, Israel & American Jews: The Challenge

Adaptation française: Johan Bourlard

Sous le titre « Obama, Israel & American Jews : The Challenge – A Symposium » (Obama, Israël et les Juifs américains : le défi – Symposium), la rédaction du Commentary Magazine a posé les questions suivantes :

Le conflit ouvert entre l'administration Obama et le gouvernement de Benjamin Netanyahou a créé entre les États-Unis et Israël des tensions inédites depuis l'époque du premier président Bush. Ces tensions sont en train de mettre une pression exceptionnelle sur les Juifs américains dont pratiquement quatre sur cinq ont voté pour Barack Obama en 2008 après avoir été assurés par Obama lui-même et par ses supporters au sein de la communauté juive qu'il était un ami et un allié de l'État d'Israël malgré son entente de longue date avec, entre autres, le Révérend insolemment anti-israélien et antisémite Jeremiah Wright.

Nous estimons que les Juifs américains sont actuellement confrontés à un défi politique sans précédent, à un moment crucial où il est nécessaire de se préoccuper de la menace existentielle que constituerait pour Israël – et par extension pour l'avenir du peuple juif dans son ensemble – un Iran doté de l'arme nucléaire. Comment les Juifs américains vont-ils réagir face à ce défi ? Les supporters juifs d'Obama peuvent-ils agir de façon à changer l'orientation évidente donnée à la politique américaine actuelle par la Maison Blanche ? Les Juifs américains vont-ils accepter la position d'Obama selon laquelle l'État d'Israël porte une certaine responsabilité dans les pertes matérielles et humaines de l'Amérique au Moyen-Orient ? Vont-ils continuer à soutenir l'administration Obama et le parti politique de celui-ci ? Ma réponse est reproduite ci-dessous. Pour lire les trente autres réactions, cliquez ici.

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Le gouvernement américain n'a pas été tendre envers Netanyahou, il a deux fois provoqué et perdu le même conflit injustifié avec le gouvernement Netanyahou. Malheureusement, ces défaites ne les empêchent pas de persister dans l'erreur quant à leurs objectifs.

Le premier conflit a débuté en mai 2009, quand la Secrétaire d'État, Hillary Clinton, a demandé à Israël la fin des constructions en Cisjordanie et à Jérusalem. Quatre mois plus tard, après avoir compris que cette politique entravait la diplomatie israélo-palestinienne qu'ils désiraient tant, les génies ont fait marche arrière et en sont revenus à la politique habituelle du Parti démocrate, à savoir le maintien de bonnes relations avec Jérusalem. En mars 2010, le vice-président Joe Biden, Clinton et Obama ont, une nouvelle fois, déterré la même hache de guerre avec Israël, plus particulièrement à propos de Jérusalem. Cette fois, le gouvernement n'a eu besoin que de six semaines pour reculer face à sa bêtise, comme il a été signalé dans le discours de James Jones au Washington Institute et lors du lunch d'Elie Wiesel à la Maison Blanche. Malgré ces retraits tactiques, la politique de « linkage », croyance selon laquelle le bien-être du Moyen-Orient dépend d'abord d'un accord israélo-palestinien, reste très ancrée et va envenimer les relations israélo-américaines au moins durant les deux ans et demi restants de la présidence Obama.

En ces temps difficiles, trois faits me consolent. Premièrement, les Israéliens prennent plus de « risques pour la paix » et offrent davantage de « concessions douloureuses » – c'est-à-dire qu'ils font davantage d'erreurs irréversibles – quand les liens entre Israël et les États-Unis sont au beau fixe. Par contraste, les relations tendues entre les deux pays rendent d'aussi mauvaises décisions plus improbables. C'est l'un des côtés positifs des faux pas d'Obama.

Un autre côté positif consiste dans le tort apparemment permanent que ces conflits ont infligé à Obama. Aux yeux de nombreux sionistes américains, le soutien de celui-ci à Israël est perçu comme insuffisant.

Troisièmement, les conflits d'Obama avec Israël se produisent à un moment où le soutien américain à Israël est particulièrement fort. À titre d'exemple, un sondage récent montre que sur dix personnes [...], une seule préfère les Palestiniens. À cela s'ajoutent les nombreux liens tissés entre les États-Unis et Israël sur les plans religieux, familial, commercial et culturel – l'accord bilatéral « ciel ouvert » qui vient d'être signé en est un symbole – et il apparaît qu'un président, particulièrement celui qui, ayant chuté dans les sondages, doit être très préoccupé par les élections de mi-mandat qui approchent, ne peut se mettre à dos le groupe très important d'électeurs pro-israéliens.

Donc je suis inquiet mais pas trop.

Le titre et les questions de ce symposium sont axés sur les Juifs américains. Mais la question israélo-arabe aux États-Unis a tellement changé que « les Juifs » ne définissent plus précisément le camp activement pro-israélien. Tout comme les diffamateurs juifs d'Israël prennent de l'ampleur et s'organisent (pensons à J Street), des non-Juifs pro-israéliens agissent avec autant d'ardeur (pensons à Christians United for Israel). Dès lors, je suggère de renommer la discussion en remplaçant les « Juifs » par les « sionistes ».


© Daniel Pipes 

 

Mis en ligne le 6 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org