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Post-sionisme

J Street ne soutient pas J Call !
21/06/2010

 

Sur le Blog La Belgique francophone, Israël et les Juifs, 16 mai 2010.


Contexte:


-
JCALL, un parchemin élaboré au CCLJ à Bruxelles

- J Call, un appel pour rien

- JCALL n'a pas invité les European Friends of Israel du Parlement européen


Claude Kandiyoti
, tout en pointant les lacunes du texte, explique dans Contact J, la revue du Cercle Ben Gourion [Belgique], les raisons qui l'ont amené à signer la pétition Appel à la Raison (alias J Call) publiée en exclusivité mondiale dans Le Soir (20/04/2010), quotidien réputé pour ses prises de position anti-israéliennes. 

J Call ambitionnait de devenir le pendant européen du mouvement J Street, né aux États-Unis en 2009.  Les [créateurs] européens [de J Call ] ont cru, un peu hâtivement, pouvoir compter sur le soutien de J Street.  D'ailleurs, la présence d'une délégation du groupe américain était annoncée pour le lancement de J Call au Parlement européen.  Mais on ne les a pas vus. Les dirigeants de J Street n'ont pas signé l'Appel à la Raison [lancé par J Call].  On ne trouve aucune mention de J Call sur le site de J Street.

J Street a tout simplement désavoué l'initiative européenne, comme l'écrit Claude Kandiyoti :

« La réalité européenne est très différente de la réalité américaine où il y avait un réel besoin d'un mouvement pro-Israël, alternatif à l'AIPAC.  Par ailleurs, J Street n'appuie pas cette initiative et l'a d'ailleurs communiqué officiellement. »


Il y a déjà pléthore de J Callistes en Europe

En effet, il y a en Europe de nombreux J Callistes et, de ce fait, la création médiatisée d'un collectif européen critique d'Israël et qui demande non seulement à l'Europe de faire pression sur Israël, mais adresse cet appel également aux États-Unis, ne se justifiait pas.  J Street, qui ne donne pas de leçons à l'Europe mais limite son champ d'action aux seuls États-Unis, a tout à fait raison d'avoir signifié officiellement, mais dans la discrétion et sans tapage - tout le contraire de J Call - sa désapprobation.

Evelyn Gordon explique magistralement dans Commentary (J Call and the Distress of European Jewry) [traduction française par Philosémitisme "J CALL et la détresse des Juifs européens vus d'Amérique, par Evelyn Gordon"] ce qu'en réalité représente J Call :

« J Call, groupe de pression qui vient d'être créé en Europe, soulève une question troublante: comment se fait-il que des intellectuels pro-israéliens, comme Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy, soutiennent une initiative qui est à la fois anti-Israël et intellectuellement incohérente?

J Call a présenté cette semaine une pétition [3 mai] au Parlement européen qui stipule que l'avenir d'Israël "dépend de" la paix avec les Palestiniens et que par conséquent l'Union européenne doit "faire pression sur les deux parties". En prenant congé de toute prétention d'impartialité les rédacteurs ajoutent que "L'alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l'encontre des intérêts véritables de l'État d'Israël". Aucun avertissement comparable n'est émis à l'égard de la politique de l'Autorité palestinienne, dont certains aspects mettent clairement Israël en danger.

Invité à commenter cette disparité, le membre fondateur David Chemla [en fait ce texte a été initié en Belgique par Élie Barnavi et David Susskind]
a confié au Jerusalem Post: "En tant que Juifs attachés à Israël, nous parlons aux Israéliens. Il s'agit donc d'un appel aux Israéliens."

Cela n'a évidemment aucun sens: si J Call voulait vraiment s'adresser aux Israéliens, la pétition aurait dû être adressée à la Knesset - et non au Parlement européen qui est virulemment anti-israélien et qui a, il y a deux mois, entériné les allégations du rapport Goldstone sur les "crimes de guerre" israéliens à Gaza. A l'inverse, le Congrès des États-Unis a dénoncé le rapport comme étant irrémédiablement biaisé.

Et ce contraste met en évidence une incohérence intellectuelle encore plus grave dans la position de J Call. J Call, comme J Street, sur lequel il prend consciemment modèle, s'oppose à "la délégitimation et au boycott d'Israël", d'après ce qu'a déclaré David Chemla à Haaretz. Or la réalité est que l'Amérique pourrait diminuer son soutien à Israël à bien des égards sans avoir recours au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (boycott/divestment/sanctions). Ce n'est pas le cas de l'Europe.

Car, contrairement aux Etats-Unis, l'Union européenne ne vote pas contre les résolutions anti-israéliennes à l'ONU, ne fournit pas d'aide financière à Israël, n'est pas un des principaux fournisseurs d'armes d'Israël, et ne défend pas publiquement (ou tout au moins ne s'abstient pas de condamner) les mesures israéliennes de contre-terrorisme. En effet, la seule contribution majeure de l'Union européenne au bien-être d'Israël est économique: elle est le plus important partenaire commercial d'Israël.

Par conséquent lorsqu'on exhorte l'Europe à faire "pression" sur Israël, on prône effectivement le boycott, le désinvestissement et les sanctions. C'est le seul mécanisme dont dispose l'Union européenne pour faire pression sur Israël.

David Chemla a toutefois insisté [sur le fait] que l'appel de J Call va "effectivement aider à améliorer l'image d'Israël en Europe", en montrant que la communauté juive "n'est pas monolithique". Comment l'image qu'ont les Européens d'Israël peut s'améliorer lorsque des Juifs de premier rang font savoir qu'Israël est le principal coupable du conflit demeure un mystère !

Ce qui n'est pas un mystère c'est [la manière dont] cette initiative pourrait améliorer l'image des Juifs européens. Dans un continent où les sondages d'opinion montrent, les uns après les autres, qu'Israël est largement détesté, le simple fait de suggérer qu'Israël n'est pas le seul responsable vous rend suspect. Mais si vous exhortez l'UE à suspendre son soutien au gouvernement d'Israël, mais pas à l'Autorité palestinienne - et si de surcroît vous déclarez qu'une telle mesure sert "les vrais intérêts" d'Israël, de manière à ce que les Européens n'aient aucun problème de conscience, alors vous rejoignez vous-même le consensus à l'européenne. Vous aurez montré, comme le déclare la pétition de J Call, que vous aussi vous avez entendu "la voix de la raison" - tout au moins telle que l'Europe la définit de nos jours.

Aujourd'hui il est dur d'être un Juif en Europe. Il est donc compréhensible que certains s'accrochent à n'importe quoi, même si leur choix est irrationnel, pourvu que leur démarche soit étiquetée "pro-Israël" tout en ne violant pas le consensus européen. Mais leurs frères israéliens et américains doivent leur rappeler la vérité : être "pro-israélien" dans l'Europe d'aujourd'hui exige de rappeler la culpabilité des Palestiniens, que les Européens ignorent régulièrement, plutôt que de renforcer le réflexe d'"accuser Israël". Et il faut se battre contre des "pressions" qui ne peuvent que se traduire par les BDS (le boycott, le désinvestissement et les sanctions). »

 

De nombreuses voix se sont également élevées en Europe pour dénoncer cette initiative.  Une des plus notables est "Raison Garder", qui connaît un franc succès http://www.dialexis.org/php/index.php.


© La Belgique francophone, Israël et les Juifs

 

Mis en ligne le 17 mai 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org