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Antisémitisme

« Une affaire de poisons – enquête sur une mystification anti-israélienne », de Paul Giniewski, Extraits
21/06/2010

Une affaire de poisons – enquête sur une mystification anti-israélienne, éditions l'Apart de l'esprit – Cheminements, avril 2010.

Pour commander via la Librairie La Procure, Paris.

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QUELQUES CAS DE MYSTIFICATIONS ET FALSIFICATIONS ANTI-ISRAÉLIENNES

 

Avant l'affaire des poisons de 1983 et depuis, c'est-à-dire pendant toute la durée du conflit israélo-arabe, Israël a été l'objet du même type de mystifications.

Parmi les innombrables cas similaires, nous en citons une vingtaine.

On en trouve l'équivalent, partout et quotidiennement, dans les médias écrits, radiodiffusés et télévisés.

 

Une « usine à faux » en pleine production

 

Pendant la « première Intifada » – 1988-1991 – la presse a relevé de nombreux exemples de mise en scène et de trucages.

La destruction des arbres du maire de Gaza – Le 30 mai 1988, la presse rapporta la destruction, par les forces de sécurité, de deux rangées d'arbres dans le verger de l'ancien maire de Gaza, Rashad A. Shawa, en représailles contre l'explosion d'une bombe sur une terre lui appartenant. On s'indigna beaucoup. En fait, les forces de sécurité avaient menacé Shawa de représailles, mais en avaient été dissuadées par le commandant militaire de la ville. L'incident décrit par la presse n'avait pas eu lieu.

Les tués imaginaires – Les Arabes morts d'accidents et de maladies, donnés pour tués par les Juifs, ont été légion.

Des sources palestiniennes arabes annonçaient en février 1988 la mort d'un résident de Jabalya, Muhamad Baran, blessé le 9 décembre par les forces de l'ordre. L'enquête révéla que Baran était mort d'une tumeur au cerveau. Il avait été traité à l'hôpital de Shifa pour cette maladie et mourut chez lui.

L'agence UPI rapporta, selon des sources arabes, la mort d'un Arabe de 33 ans, Ataf Sa'id, blessé au cours des émeutes près de la mosquée de Khan Yunis et dont le corps avait été restitué à la famille par l'armée. Tout avait été inventé. Le mort avait été amené à l'hôpital par sa famille déclarant qu'il s'était électrocuté. Il était mort dans l'explosion d'une charge qu'il était en train de préparer.

Toute la presse a rapporté la mort, le 6 février 1988, d'un adolescent de Gaza, imputée par sa famille à un passage à tabac. Le Monde du 10 février nous apprenait qu'elle était « en fait due à une maladie dont le jeune homme souffrait depuis plus d'un an ».

Le 25 février 1988, un iman de la région de Ramallah lançait des appels au meurtre, sous prétexte qu'un Palestinien arabe avait été assassiné par les Juifs. France-Soir nous apprend le 26 qu'Anoual M. était un alcoolique ramassé dans le caniveau, ivre-mort et achevé par le froid.

Cette exploitation des morts naturelles, qui bénéficiait de la complaisance – ne devrait-on pas dire complicité ? – de nombreux journalistes, rappelle la méthode de l'OLP revendiquant en tant qu'attentats des incendies, des explosions et même des cataclysmes naturels qui se produisaient en Israël. Quand le général Dayan faillit se tuer au cours de fouilles archéologiques, l'OLP félicita le commando de fedayin qui l'avait « attaqué ».

Le 27 mai 1988, une petite fille de 3 ans, Danya Munir Wassiri, mourut également des « suites d'inhalation de gaz lacrymogène » à Zeitun, dans la zone de Gaza, selon les dires de sa famille. L'enquête établit qu'aucun gaz lacrymogène n'avait été utilisé dans ces parages. Le corps avait été prestement enlevé de l'hôpital Ahli avant que la cause de la mort pût être établie.

Un rôle important et néfaste fut joué par le Bureau d'informations palestinien de Jérusalem. Le Figaro donne quelques exemples de la « campagne de désinformation » (ce sont les termes du quotidien français) conduite par cette usine à faux : « On arrive ainsi à des reportages absurdes comme ceux de certains journaux grecs qui ont annoncé qu'à Gaza on projetait de construire des chambres à gaz pour les Palestiniens ; un journal de gauche italien a décrit comment «les soldats israéliens jouent au football avec les cadavres des petits enfants palestiniens». Des journaux qualifiés de «responsables» avaient accepté l'information selon laquelle « la police avait essayé d'asphyxier les fidèles qui priaient dans les mosquées d'Omar et de Al Aksa avec des gaz lacrymogènes (1) ».

 

Le « Palestinien » ensanglanté

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Le 30 septembre 2000, l'Associated Press diffusait la photo d'un soldat [en fait, un policier], le visage convulsé de rage, brandissant une matraque et, à ses pieds, un homme jeune aux cheveux et au visage couverts de sang. En légende : « Vendredi, sur l'esplanade des Mosquées, un soldat israélien et un manifestant palestinien blessé ». La photo était reproduite par plusieurs journaux, dont Libération en France qui en fit sa « une » le 30 et par le New York Times. En réalité, il ne s'agissait nullement d'un Palestinien blessé ni de l'esplanade des Mosquées. Le 2 octobre, un Juif de Chicago, Aaron Grossman, reconnut son fils Tuvia dans le « Palestinien », écrivit au New York Times qui alerta à son tour l'Associated Press, qui publiait le 5 octobre la vérité. Le 29 septembre, le jeune Tuvia et deux de ses camarades s'étaient rendus en taxi à Jérusalem au Mur occidental, pour y prier. En chemin, leur voiture fut assaillie par une foule d'Arabes à coups de pierres. Les vitres furent brisées, les trois jeunes gens extraits de force du taxi et battus sauvagement. Tuvia se souvient qu'un « manifestant » lui tenait la tête tandis qu'un autre le frappait avec une pierre. Finalement, les trois jeunes Juifs réussirent à se dégager et restèrent en vie grâce à l'intervention d'un groupe de policiers israéliens. C'est l'un d'entre eux, tenant en respect les assaillants et protégeant Tuvia assis par terre, la tête en sang, qui avait été photographié. Le « Palestinien blessé » et menacé par un Israélien était donc un Juif qui avait failli être lynché.

Libération publia un rectificatif le 6 octobre en page 13 : « …nous avions légendé de façon erronée (…) le policier crie pour éloigner la foule. La scène (ne) s'est pas passée sur l'esplanade des Mosquées » [1]. Et les 7 et 8 octobre, en page 8 : « …le jeune homme au premier plan n'est pas palestinien, contrairement à ce que nous avions indiqué, mais un étudiant américain (…) blessé par des manifestants palestiniens ». Le New York Times rectifia aussi. Mais l'affaire posait des questions restées sans réponses à ce jour. S'agissait-il d'une confusion, ou quelqu'un avait-il désinformé volontairement, surprenant la bonne foi des rédacteurs de Libération ? Le quotidien français avait fait son devoir. Mais que pouvaient quelques lignes de démenti contre la vague de réprobation d'Israël déferlant sur le monde, déclenchée par d'innombrables reportages et images, et de longues séquences de télévision transformant les tueurs palestiniens en civils désarmés et les Israéliens qui se défendaient, en tueurs d'enfants ?

Si la photo d'agence avait précisé qu'il s'agissait d'un Juif protégé contre ses assaillants palestiniens, un journal en aurait-il fait sa « une » ? Si le photographe de l'Associated Press avait réalisé que la victime était juive, l'aurait-il photographiée ? Peut-être personne n'avait-il voulu truquer sciemment et avait-on spontanément transformé un Juif ensanglanté en « Palestinien », parce que la scène non imaginaire mais imaginée était politiquement correcte, conforme au jeu de rôles attribués une fois pour toutes. Ce qui s'est produit a été pire que la perpétration d'un faux : un homme saignait, il ne pouvait être qu'un Palestinien ; il allait de soi que des Israéliens le matraquaient.

Comment, pourquoi de tels préjugés ont-ils cours ? « Si les plus grands médias du monde entier ont reproduit, sans se poser la moindre question, cette légende erronée, écrit Claude Meyer dans Actualité juive, c'est parce qu'elle correspondait à l'image qu'ils se font de la réalité israélo-palestinienne : le méchant Israélien brandissant un gourdin contre un pauvre Palestinien désarmé et ensanglanté (2) ». « Pour des millions de lecteurs de la presse », ajoute le professeur Maurice Konopnicki, un observateur belge, « cette photo restera, malgré le démenti, un des symboles de l'agressivité israélienne face aux victimes palestiniennes désarmées » [2]. Elle le restera, parce que les médias, au lieu de démentis discrets et rares, n'ont pas disculpé longuement Israël des fausses accusations, ni lutté contre les stéréotypes invétérés qui font d'Israël un éternel coupable et de ses ennemis, des innocents a priori.

L'affaire connut un épilogue judiciaire. La Ligue contre la désinformation a diligenté une procédure contre Libération et Associated Press. Le 3 avril 2002, la 17e chambre du tribunal d'instance de Paris condamnait ces deux organes de presse à verser des dommages et intérêts à Tuvia Grossman. Le tribunal reconnaissait l'atteinte à son image, mais aussi « l'erreur flagrante » d'Associated Press d'avoir « fourni la photographie à ses correspondants en présentant à tort le jeune homme comme appartenant à la communauté palestinienne », et celle de Libération d'avoir « publié le cliché litigieux en le légendant de la même manière erronée et en lui attribuant ainsi une signification et une portée qu'il ne pouvait avoir ». Me William Goldnadel, l'avocat de Grossman, s'est félicité d'une décision de justice qui mettait en lumière et sanctionnait « ce détournement de l'image, et donc de la réalité (4) ».

 

Le Palestinien « abattu froidement »

 

Un faux a paru le 24 octobre 2000 dans Jeune Afrique / L'Intelligent, sous le titre : « Octobre noir à Hébron », quatre photos nous montrant un Palestinien tabassé par des soldats israéliens qui finalement l'abattent. La scène est ainsi décrite en légende : « Le 8 octobre, des soldats israéliens tentent de contrôler l'identité d'un Palestinien dans le quartier arabe de la ville d'Hébron, en Cisjordanie. L'homme refuse d'obtempérer et sort un couteau (photo n° 1). Il est finalement maîtrisé par les militaires, qui le passent à tabac (photo n° 2) avant de le laisser partir (photo n° 3). À peine a-t-il le dos tourné que l'un des soldats, nullement gêné par la présence des photographes et des cameramen, l'abat froidement presque à bout portant (photo n° 4). Tsahal pourra toujours prétendre qu'il s'agit de légitime défense et qu'un couteau est aussi dangereux que deux fusils mitrailleurs… Ainsi va la vie quotidienne dans les Territoires, en ce mois d'Intifada… (5) »

Pouvait-on imaginer témoignage plus accablant, puisqu'une image dit irréfutablement vrai ?

La vérité, pourtant, était toute différente et mérite d'être relatée telle qu'elle parut en « mise au point » dans le numéro suivant de Jeune Afrique : « Nous avons pu nous procurer la vidéo de cet incident », écrit l'ambassade d'Israël en France à l'hebdomadaire, « et avons été particulièrement soulagés de noter que plusieurs détails semblent avoir échappé à l'oeil pourtant vigilant, de votre journaliste : tout d'abord, la quatrième et dernière image que vous publiez laisse penser qu'un militaire “abat froidement” une personne. Un corps à terre avec, non loin de lui, un homme armé. L'illusion est parfaite. Illusion, en effet, puisque l'homme à terre n'est pas le fait d'un coup asséné par le militaire, mais d'une pierre lancée de la direction opposée aux incidents (destinée sans aucun doute à toucher le militaire) et qui frappe au ventre le Palestinien qui, sous la violence du choc, s'écroule. Pour que votre “reportage” soit complet, vous auriez dû publier une cinquième image : celle montrant comment le “Palestinien mort” se relève et s'éloigne pour disparaître au coin d'une rue, loin de l'objectif des reporters ». Le Palestinien s'était donc écroulé touché par une pierre destinée aux soldats ! Le soldat israélien représenté sur la photo, le fusil pointé sur l'homme à terre, ne l'avait pas abattu !

Jeune Afrique remercie l'ambassade d'Israël « de sa vigilance : elle nous permet de corriger une information fausse dont nous regrettons qu'elle ait pu paraître dans notre journal. La formule “l'abat froidement” signifie effectivement que le Palestinien est mort, tué par un soldat israélien, après avoir été passé à tabac. Ce qui vérification faite, est inexact et même tendancieux. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour cette mauvaise interprétation des photos qui nous ont été transmises (6) ».

Mais que de problèmes soulèvent cette publication et ce démenti ! Combien de photos, volontairement ou involontairement tendancieuses, n'ont été suivies ni de rectificatifs, ni de regrets ? Que se serait-il passé si les Israéliens n'avaient pu se procurer la vidéo de la scène ? Quelle place aurait-on donné à un éventuel témoignage verbal du soldat-assassin-qui-n'avait-assassiné-personne ? L'aurait-on seulement pris en compte, alors que tant de vérités israéliennes ne sont ni imprimées ni photographiées ? Et quels démentis les plus convaincants pourraient endiguer la marée noire de désinformation et d'affabulations des ennemis d'Israël qui trompent et abusent ? Et surtout, dans ce cas d'espèce : où et par qui la vidéo a-t-elle été tronquée ? Les quatre photos publiées étaient signées « H. Abu Alan/AFP » pour les numéros 1, 3, et 4, « L. Abu Haykel / Reuters /Max PPP » pour le numéro 2. Comment le reportage tronqué-truqué, les éléments du récit mensonger sont-ils parvenus à Jeune Afrique ?

L'affaire d'« Octobre noir à Hébron » ressemble à I'extraordinaire tabassage du Palestinien-massacré-sous-l'oeil-des-caméras en 1988 et qui, lui aussi, s'était relevé indemne. Elle ressemble à l'affaire du cadavre de la fillette de Beyrouth, en 1982, morte sous les bombes israéliennes, qu'un père éploré transportait dans ses bras. Hors champ de la caméra, elle en était descendue, s'en allant, main dans la main de son père, tandis que l'univers était pris à témoin de la turpitude et de la sauvagerie des Israéliens.

 

Un Palestinien torturé à mort

 

L'Arche publie une enquête sur une « atrocité » israélienne, caractéristique de la désinformation pratiquée par les ennemis d'Israël.

Le 9 octobre 2000, un Palestinien, Djoudeh Hamad, était découvert mort près de Ramallah. Il gisait à côté de sa voiture accidentée. Pour les autorités palestiniennes, il avait été enlevé par des colons et « torturé de façon barbare ». Selon la police israélienne, c'était un accident de la route dans lequel aucun Israélien n'était impliqué.

Diverses organisations palestiniennes (pour les Droits de l'homme, les droits de la minorité arabe, des comités médicaux) orchestrèrent une vaste campagne. Au cours d'une conférence de presse, elles présentèrent une vidéocassette, alléguèrent que Hamad « portait clairement des marques de torture », qu'il « avait été électrocuté, brûlé au fer rouge, torturé à mort ». Dans un article largement reproduit à l'étranger, Hanan Ashrawi réitérait l'accusation d'enlèvement et de torture à mort « de la manière la plus abominable ». Un envoyé spécial de Témoignage chrétien jugea « la photo qui barre la une du quotidien palestinien, Al Hayat al Jadida, insoutenable (…). Elle montre le visage mutilé de Joudeh (…) kidnappé et assassiné par des colons juifs : ses yeux ont été crevés, ses oreilles coupées et sa tête fracassée ». Curieusement, les associations palestiniennes n'avaient jamais parlé d'yeux crevés ni d'oreilles coupées.

Mais la vérité ne paraissait pas celle qu'on alléguait. Les organisations palestiniennes chargèrent un groupement américain, Physicians for Human Rights, jouissant d'un grand prestige dans les milieux humanitaires et détenteur du Prix Nobel de la Paix en 1997, d'effectuer son enquête. On dépêcha sur place deux médecins légistes spécialistes des cas de torture, qui formulèrent leurs conclusions dans le cadre d'une investigation plus générale sur les affrontements, pourtant très critique envers Israël. Les blessures et les brûlures du visage et du corps de Djoudeh Hamad ne correspondaient nullement à des traces de torture. Djoudeh avait probablement été éjecté hors de la voiture lors de l'accident. Dans sa conclusion, le directeur général de l'organisme américain constata que « des informations inexactes sur les blessures et les morts risquent d'inciter à de nouvelles violences ». L'Arche conclut pour sa part : « D'autres médias, non palestiniens, devraient, eux aussi, se poser des questions à ce sujet (7) ».

 

Ambulances ou transports de troupes ?

 

À plusieurs reprises, des Palestiniens ont abusé de l'emblème du Croissant-Rouge pour couvrir des activités criminelles. Le 30 avril 2002, un terroriste a tenté de fuir d'une maison à Hébron déguisé en médecin. Un ambulancier s'est transformé en homme-bombe à Jérusalem. Des ambulances ont été utilisées pour exfiltrer des terroristes de lieux assiégés par l'armée. Des « ambulances » se sont postées à proximité de chars pour gêner leur mouvement. Des « ambulances » ont servi de barricades. Des « ambulances » ont été utilisées pour transporter des explosifs et des terroristes armés, pour les acheminer sur les lieux d'affrontements, comme en témoigne un correspondant d'un quotidien américain : « Les ambulances palestiniennes foncent à toute allure le long des lignes d'affrontement. Les sirènes se font entendre, les gyrophares tournent. Elles viennent récupérer les blessés. Mais avant (…) une ambulance s'arrête. Un ambulancier dépose au sol trois caisses. À l'intérieur, on trouve une multitude de pierres et de cocktails Molotov. Quelques secondes après, une autre ambulance arrive à vive allure en un autre endroit. Pourtant, il n'y a pas de blessés à récupérer. Le conducteur sort de l'ambulance, dégage une arme, la pointe en direction d'un char israélien stationné non loin de là et tire. Il essaye de blesser ou de tuer les soldats, puis se dépêche de grimper dans l'ambulance et repart au plus vite. Au même moment, un officier israélien ordonne à ses hommes de ne pas répliquer : “Ne tirez pas ! Il y a peut-être un blessé à l'intérieur de l'ambulance !”. Il n'est pas rare que les chauffeurs des ambulances soient utilisés pour livrer des armes ou participer à l'Intifada (8) ».

Sauf erreur, on n'a pas trouvé l'équivalent dans la presse française. On aurait aimé le trouver. En vertu du droit international, les combattants qui abusent des insignes assurant l'immunité aux personnels sanitaires sont des criminels de guerre.

D'autres cas de la même veine sont signalés. Le Dr David Zangen, pédiatre à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, rapporte le cas d'un médecin israélien contrôlant une ambulance transportant, selon le médecin palestinien, « une personne gravement malade ». On vérifie. « L'homme n'avait pas la moindre marque sur lui, juste une intraveineuse collée à sa chemise par une bande adhésive, même pas introduite dans sa veine. C'était l'un des principaux terroristes que l'armée recherchait (9) ».

Le 27 mars 2002, le hasard administre la preuve manifeste d'un abus des emblèmes humanitaires par des Palestiniens. Une ambulance du Croissant-Rouge est interceptée à l'entrée de Ramallah, transportant un nourrisson et sa mère, mais aussi, sous le matelas de l'enfant malade, une ceinture d'explosifs de 7 kilos cousue à l'intérieur d'un manteau. Un robot de police emporte la charge, la presse est conviée et l'explosif est détruit sous l'oeil d'au moins une caméra, puisque l'explosion a été montrée sur une télévision française. Un communiqué de l'armée précise que « ce n'est pas la première fois qu'une ambulance est utilisée pour transporter des terroristes et des armes ». Un officier supérieur ajoute que « c'est le premier cas que nous arrivons à prouver ». Un quotidien parisien rapporte ces faits, admet qu'ils « étayent les accusations israéliennes », mais donne néanmoins la parole à un représentant du Croissant-Rouge palestinien qui parle de « coup monté » et à un Dr Ghassan qui « pense que les Israéliens ont payé quelqu'un pour dissimuler des explosifs dans le véhicule (10) ».

 

Un accouchement truqué

 

Un film documentaire de Pierre Rehov sur les combats de Jenine, présente le cas révélateur d'une femme qui, selon les Palestiniens, aurait été obligée d'accoucher dans la voiture de son mari, les Israéliens ayant empêché son transport vers l'hôpital. Pierre Rehov montre cette Palestinienne accouchant à l'hôpital et un médecin lui suggérant la version destinée aux télévisions étrangères [3]. Un réalisateur palestinien, qui a produit un documentaire sur Jenine, truffé de mensonges selon la presse israélienne, a tenté, devant la Cour suprême d'Israël, d'empêcher la diffusion du film de Pierre Rehov. Il a échoué. La télévision israélienne l'a diffusé le 14 avril 2003. Il n'a pas été montré en Europe.

 

Les Israéliens commettent les crimes dont ils accusent les Palestiniens

 

Assassiné par sa femme

En octobre 1985, le navire italien Achille Lauro fut détourné par un commando de terroristes qui y assassinèrent un vieil infirme juif américain, Léon Klinghoffer, et le poussèrent à la mer, cloué sur son fauteuil roulant. Farouk Kaddoumi, le « ministre des Affaires étrangères » de l'OLP, déclara début décembre que « personne n'a la preuve que l'otage américain ait été tué. Sa femme l'a peut-être poussé à la mer pour toucher l'argent des assurances ».

Des journalistes avaient été invités pour entendre ces propos. Le Monde du 6 décembre les rapporta sans commentaire. Le Matin notait que « Kaddoumi n'est pas de ceux qui croient aux témoignages quand ils le dérangent. (…) passait jusqu'à maintenant pour un homme responsable et modéré. Jusqu'à maintenant… ». Le Quotidien de Paris a été plus direct : Kaddoumi a eu « un instant d'inattention. Juste quelques secondes. Mais (qui) ont suffi à nous faire entrevoir un gouffre effrayant ».

 

Assassinée par sa mère

Le 26 mars 2001, un tireur d'élite palestinien abattait le « bébé-colon » Shalhevet Pass à Hébron. L'événement a profondément traumatisé Israël et beaucoup moins le monde. Or, le 3 avril, un éditorialiste de Radio-Palestine qui émet de Gaza avec du matériel fourni par la communauté internationale et avec du courant électrique d'Israël, a ainsi commenté l'assassinat du bébé : « Parce qu'elle était malade mentale depuis sa naissance, la petite fille de la famille de colons Pass était devenue un véritable “poids” de plus en plus difficile à supporter pour ses parents et surtout pour sa mère, qui a donc décidé de s'en débarrasser en la tuant elle-même ». Nissim Alter rapporte, dans Actualité juive, qu'une partie de la classe journalistique d'Israël, indignée, a « demandé à Radio-Palestine de s'expliquer publiquement pour avoir diffusé cette énormité ». Ce qu'elle a refusé de faire (11).

 

Assassinés par des fanatiques juifs

Le 1er juin 2001, vingt adolescents israéliens étaient tués dans l'attentat de la discothèque Dolphinarium et une centaine, mutilés. Les sites Internet du Hamas avaient diffusé, avec force détails techniques, la revendication de l'atrocité. Après quelques jours, la revendication disparut. Elle fut remplacée par une nouvelle affirmation : la tuerie avait été commise par des « extrémistes et fanatiques juifs (12) ».

 

Assassinés par le Mossad

Après la catastrophe du World Trade Center, on colporta à travers les territoires palestiniens comme dans le monde arabe – et le monde tout court – le même type de rumeur : le Mossad avait commis la tuerie. La preuve : les 4 000 employés juifs ou israéliens ne s'étaient pas présentés à leur bureau le 11 septembre 2001. Des chaînes de télévision, des journaux démultipliaient l'accusation et la « preuve ». Une enquête de L'Arche signale qu'en Algérie, la rumeur « fait florès », il s'agit « d'une opération des services secrets israéliens pour avoir les mains libres en Palestine » et permettre un règlement favorable à Israël. Des médias algériens démultiplient l'accusation « auprès d'une population prête à être convaincue ». Le ministre syrien de la Défense explique que le Mossad avait prévenu les Juifs du World Trade Center. En Belgique, des jeunes ont apostrophé leurs enseignants : « Pourquoi ne parle-t-on pas des 4 000 Juifs qui sont restés chez eux ? ». En France également, des sites Internet colportaient l'accusation (13).

 

La mise en scène d'affrontements

Gérard Huber, correspondant à Paris de l'agence israélienne MENA, cite le témoignage d'un enquêteur de l'armée, Nahum Shahav [lire : Shahaf], spécialiste de technologies de prise de vues [en fait, d'analyse balistique]. Il raconte comment des metteurs en scène, des cameramen et des acteurs volontaires palestiniens ont tourné des scènes de faux combats dans la zone de Netzarim, fin septembre 2000 : « Nous avons retrouvé ces films et on y voit le tournage de petits scénarios d'horreur. Souvent le metteur en scène s'irrite à l'encontre des acteurs qui tiennent mal leur rôle. Les blessés se relèvent et se remettent en place pour une nouvelle prise, alors que les Palestiniens qui assistent au tournage applaudissent (14) ».

Ce témoignage est corroboré par deux journalistes français, Denis Jeambar, de L'Express et Daniel Leconte, producteur et réalisateur de films, dans un article du Figaro intitulé « Guet-apens dans la guerre des images ». Ils relatent que, le 30 septembre 2000, « dans les minutes qui précèdent la fusillade » (entre Israéliens et terroristes, où un enfant de douze ans, Mohammed Al-Dura est censé avoir été tué) « les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène. Ils “jouent” à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires (15) » [4].

 

Les enterrements de morts-vivants

Le 2 mai 2002, le porte-parole de Tsahal présenta à la presse un film vidéo pris à Jenine le 29 avril, diffusé également par la télévision israélienne et par nombre de chaînes à l'étranger, montrant une scène familière aux téléspectateurs : l'enterrement d'une victime palestinienne. Soudain, un porteur du brancard trébuche, le brancard chavire, le cadavre tombe au sol. Et, au grand désarroi de tous, le « mort » se relève, reprend sa place sur le brancard et on le recouvre à nouveau de son linceul. Le cortège reprend sa marche mais peu après, la civière tombe une nouvelle fois. Visiblement, les croque-morts n'étaient pas très performants. Sur quoi, la foule se disperse en catastrophe tandis que le « mort » s'enfuit. L'« enterrement » était une mise en scène ! L'armée nous apprend que d'autres enterrements fictifs se sont produits ailleurs mais que celui-ci est le premier à avoir été filmé.

 

Comment les Israéliens ont affamé Yasser Arafat

 

En avril-mai 2002, les Israéliens ont fait le siège de la Mouquata (le Quartier général de Yasser Arafat) à Ramallah.

Des « humanitaires » s'y étaient infiltrés pour dénoncer l'armée d'Israël et abreuver d'informations la presse.

On est à la fois indigné, pris de malaise et d'une envie de pouffer de rire. Les toilettes ne fonctionnaient plus. Le « Président » (comme l'appellent ses fidèles) et son entourage, ne s'étaient pas lavés depuis deux semaines. Ils ont même eu faim. Le régime était spartiate. Le 3 avril, ils n'avaient plus qu'une pomme de terre par jour et par personne. Yasser Arafat aussi n'a mangé qu'une pomme de terre, un autre jour, un quart de pomme pour petit-déjeuner. En tout cas, un seul repas quotidien : conserves et pain, ou riz et haricots et, « après des jours », un peu de légumes et des fruits. Il est vrai qu'en une autre occasion, « nous avons mangé une salade de fruits », à d'autres moments, on en était réduit « à une boîte de haricots pour quatre avec un verre d'eau pour la journée ». Quand Colin Powell a rencontré Yasser Arafat à Ramallah, on ne lui a servi que de l'eau dans des gobelets de papier.

Un jour, l'armée a rétabli l'eau et tout le monde a pu prendre une douche. Mais après quelques heures, un bulldozer a coupé l'eau. Par accident, a-t-on dit aux malheureux emprisonnés.

Ou encore : « Nous arrivons à court de vivres. Les gardes n'ont pas mangé depuis mercredi, où ils ont eu droit à une maigre soupe qui était leur premier repas depuis 24 heures. Quant à nous, nous venons de faire une soupe au riz. Mais à partir de vendredi, il n'y aura plus rien à manger, pour personne (16) ». Etc., etc.

Toutes les télévisions du monde ont aussi montré comment Yasser Arafat, privé d'électricité, était réduit à s'éclairer à la bougie. Des centaines de millions de téléspectateurs l'ont vu assis à son bureau, dans la pénombre adoucie par une seule petite flamme (on devinait les floodlights et les spots des cameramen alentour…) une belle scène théâtrale évoquant les clairs-obscurs savants des tableaux de La Tour. C'était grotesque. Mais terrifiant, quand on réalise à quelles inepties s'alimente la haine qui motivera les assassins frappant à Netanya et leurs lamentables et dangereux imitateurs qui incendient des synagogues à Lyon et des magasins juifs à Créteil ; comment on suscite et entretient l'apitoiement des bonnes âmes dans les « chaumières », c'est-à-dire les salons lambrissés de Paris. Au début de l'opération « Rempart », le général Guiora Eïland a évoqué un attentat qui venait de faire plusieurs morts à Jérusalem, dont un jeune couple laissant deux orphelins : « Je pense à toutes les questions posées par les médias sur l'état de Yasser Arafat. Est-ce qu'il mange à sa faim ? Dort-il tout son content ? A-t-il suffisamment à boire ? Personne ne nous interroge sur l'état des deux orphelines et sur les centaines d'Israéliens qui ont été victimes d'attentats (17) ».

Or, la disette d'Arafat et des siens n'était pas même un fait, mais un autre leurre. Arafat s'était plaint à des ambassadeurs de pays d'Europe qu'on eût laissé ses hôtes étrangers littéralement privés de tout ; que l'armée eût empêché tout ravitaillement de lui parvenir. La presse avait relayé cette « information ». Mais la vérité, connue de tous en Israël, a été passée totalement sous silence par la grande presse en France. L'armée a fourni à la Commission des affaires étrangères de la Knesset la liste des grandes quantités de ravitaillement dont elle avait autorisé l'entrée entre le 30 mars et le 25 avril, durée du siège. Elle comprenait 70 articles divers, dont 13 200 "pitot" (les pains arabes), 420 boîtes de houmous (la purée de pois chiches), 423 boîtes de thon, 100 kilos de pommes de terre, 720 bouteilles de coca-cola, 30 boîtes de café, 155 paquets de thé, 360 kilos de sucre, du riz, des soupes en poudre, des épices, du fromage, 100 laitues, 65 kilos de citrons, 24 pastèques, 40 kilos de raisin, 60 kilos d'oranges, de poires et de tanganines [?], etc, sans compter 120 cartouches de cigarettes et 270 paquets de papier hygiénique. On n'a recensé qu'une unique boîte de cornflakes… (18).

Cette énumération, qui ferait un beau poème à la Prévert, intitulé « Famine à Ramallah », démentait les allégations des propagandistes. Elle a été publiée par la presse israélienne. Elle était donc connue des correspondants de la presse étrangère en Israël. Elle aurait dû être diffusée largement par les médias qui avaient accueilli les allégations de la propagande. Celles-ci sont reçues sans preuves et sont diffusées. Les preuves israéliennes sont récusées ou passées sous silence.

Les mêmes accusations d'affamer à dessein ont été mises en oeuvre et relayées par les médias lors du siège de la Nativité à Bethléem. Cent fois on a lu que les terroristes qui avaient envahi les lieux saints – les « civils désarmés » qui s'y étaient réfugiés – et les religieux, souffraient de faim. Des images télévisées nous ont montré des « humanitaires » échappant aux soldats au pas de course et réussissant à passer quelques victuailles aux « assiégés ». Or, la « mèche a été éventée [lire : vendue] » par la courte remarque d'un envoyé spécial du Figaro : Après un mois de siège, les assiégés annonçaient la fin de leurs réserves de nourriture « alors qu'ils donnaient déjà les vivres comme épuisés dès les premiers jours du siège (19) ». En réalité, Israël avait toujours permis leur approvisionnement.

Un envoyé spécial du Corriere della Sera a relaté, de son côté, dans un quotidien israélien, ce qu'il a vu lorsque les terroristes ont évacué l'église : « En entrant, nous avons trouvé une prodigieuse quantité de nourriture entassée là. Il y en avait tant, que les assiégés en ont laissé pourrir une partie. Près du maître-autel, des sacs de riz, de lentilles, de farine et de pâtes, du sel, du sucre, des artichauts en boîte, du fromage conservé dans l'huile, du maïs ». Un moine franciscain explique : « nous n'avions pas faim, mais nous craignions l'éventualité, dans l'avenir, de n'avoir plus de nourriture… (20) ».

 

Comment on suscite [lire : met en scène] ou supprime les images

 

Les Palestiniens ont tenté – et souvent réussi – à empêcher la prise de vues et la diffusion de témoignages accablants pour eux, en intimidant, voire en agressant des journalistes. Certains ont dénoncé ces pratiques. « Le harcèlement des journalistes palestiniens critiques à l'égard de Yasser Arafat est bien documenté par les associations des Droits de l'homme israéliennes et palestiniennes », écrit Judy Lash Balint dans un article intitulé : « Les médias s'autocensurent sous le coup de la peur » [5]. « Les principaux journaux évitent par routine de couvrir des sujets tels que le haut niveau de corruption et la mauvaise gestion de l'Autorité palestinienne, les violations des Droits de l'homme par ses forces de sécurité, et ils s'abstiennent de faire des reportages qui pourraient présenter Arafat sous un jour négatif ». Des journalistes étrangers sont surveillés, soumis aux pressions physiques. Ceux « qui ont été physiquement attaqués par des Arabes ont de toute évidence un sens beaucoup plus aigu des lieux où ils peuvent se rendre et de ce qu'on peut dire ». Un journaliste du Chicago Tribune « a subi un violent passage à tabac dans la Vieille Ville de Jérusalem ». Deux journalistes du Toronto Star « “réfléchissent” à deux fois avant de se rendre quelque part (21) ».

Le 5 octobre 2000, la télévision belge a apporté le témoignage d'un reporter qui a couvert un affrontement entre Palestiniens et Israéliens : « Nous filmons le début de la manifestation. Soudain, une camionnette débarque à vive allure. A l'intérieur, des militants du Fatah. Ils donnent leurs ordres et surtout distribuent des cocktails Molotov. Nous filmons. Mais ces images, vous ne les verrez jamais. En quelques secondes, tous ces jeunes ont entouré l'équipe. Ils nous ont menacés et nous avons été embarqués sans ménagement vers le poste de police. Là, nous nous sommes expliqués, mais nous avons dû effacer les images litigieuses. La police palestinienne a calmé la situation mais en censurant nos images. Nous avons désormais la preuve que ces affrontements n'ont rien de spontané. Tous les ordres viennent de la hiérarchie palestinienne (22) ».

Une journaliste américaine, Stéphanie Gutman, spécialiste des questions de défense, apporte quelques précisions sur la mésaventure du journaliste belge, Jean-Pierre Martin. D'autres équipes de télévision étaient sur place, mais ne remarquèrent pas le manège de la camionnette « ou ne jugèrent pas qu'il méritait d'être pris en compte ». La foule s'était emparée de la caméra et « un jeune homme saisit Martin à la gorge et commença à l'étrangler ». Deux semaines plus tard, lorsque Martin revint tourner en territoire palestinien, les policiers « n'attendirent pas qu'il ait commencé à filmer. Ils fouillèrent sa voiture, effacèrent à nouveau ses films et détruisirent l'un des appareils photo appartenant à l'équipe. Au moment où Martin et ses hommes revenaient au poste de garde israélien, une balle tirée à partir du côté palestinien siffla à leurs oreilles ». Stéphanie Gutman soutient que la presse internationale rend compte de la guerre « d'une manière biaisée, en raison du chantage permanent que les Palestiniens font subir aux journalistes ». Si l'on prend les photos qu'ils désirent « tout va généralement bien pour vous, vous êtes même aimablement introduit là où il faut ». Mais si vous montrez « les Palestiniens dans un autre rôle que celui de victimes, la situation peut très vite devenir pénible pour vous (23) ».

Un journaliste britannique, Mark Saeger, apporte un témoignage concordant. Il a assisté le 12 octobre 2000 au lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah. Le Sunday Telegraph a publié son reportage le 15. Arrivant dans la ville, il tombe sur une foule déchaînée. « J'ai vu qu'ils traînaient quelque chose par les pieds : le corps d'un homme. Mort, ils continuaient à le frapper. Ils étaient comme des bêtes. Instinctivement, j'ai cherché mon appareil photo. Je composais la photo quand un Palestinien m'a frappé en pleine figure. Un autre Palestinien me désignait en criant : “Pas de photos, pas de photos !” tandis qu'un autre me frappait le visage en disant : “Donne-moi ton film !” J'ai essayé d'extraire le film mais ils me saisissaient tous et un type m'a arraché l'appareil des mains et l'a écrasé sur le sol. Je savais que j'avais perdu l'occasion de faire la photo qui m'aurait rendu célèbre. J'avais peur pour ma vie (24) ».

Les images de l'atrocité de Ramallah qu'on a vues en Europe et que les Palestiniens avaient empêché Mark Saeger de photographier, avaient été filmées par une équipe de télévision italienne indépendante, l'une des très rares séquences montrant ce qui se passe réellement du côté palestinien. L'envoyé spécial du Monde rapporte le témoignage d'Etty Wieseltier, productrice indépendante, qui accompagnait le cameraman de la chaîne italienne, RTI : « Une foule déjà nombreuse était rassemblée devant le commissariat (…). Mon cameraman a mis son appareil sur l'épaule et s'est mis à filmer. Des gens ont crié : “Ne filmez pas, ne filmez pas”, mais il a continué (…) il a tout filmé. » Quelques heures plus tard, les images de la mort des deux soldats faisaient le tour de la terre (25). L'affaire suscita un vif mécontentement de l'Autorité palestinienne, incitant le représentant de la RAI, la chaîne de télévision officielle italienne, à publier, le 16 octobre 2000, dans Al Hayat Al Djadida, l'organe de cette Autorité, un placard publicitaire pour faire savoir que la RAI n'y était pour rien [6].

Il faut méditer le vocabulaire de ce texte, paraissant quatre jours après le lynchage, adressant « À mes chers amis en Palestine (…) nos meilleurs voeux ». Le représentant de la RAI tient à souligner qu'« une chaîne en concurrence avec nous a filmé les événements (…). Par la suite, la télévision israélienne a rediffusé les images (…). C'est pourquoi le public a eu l'impression que nous (RAI) avons pris ce film. Nous tenons à souligner que les choses ne se sont pas passées ainsi. Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques en vigueur avec l'Autorité palestinienne concernant le travail des journalistes en Palestine (…). Nous vous remercions pour votre confiance et vous pouvez être certains que ce n'est pas ainsi que nous agissons. Nous ne ferions pas de telles choses (26) ».

Il est aisé de déduire de ces excuses quelles sont les « procédures journalistiques » en vigueur. Elles consistent à ne diffuser que les images acceptables par l'Autorité palestinienne. Celles des scènes de liesse populaire des foules palestiniennes, se réjouissant du massacre des Américains au World Trade Center ne l'étaient évidemment pas, et les Palestiniens ont tenté d'empêcher les équipes de télévision étrangères d'opérer. Aussi, quelques images seulement des foules tirant en l'air, chantant des slogans à la gloire de Ben-Laden, ont passé sur les écrans. L'Association de la presse étrangère en Israël s'en est dite « profondément préoccupée ». Elle a dénoncé « le harcèlement de journalistes par l'Autorité palestinienne. Les forces de police et des hommes armés ont essayé d'interdire une couverture photo et vidéo d'une manifestation au cours de laquelle des centaines de Palestiniens ont célébré les attaques terroristes à New York et à Washington. Nous appelons l'Autorité palestinienne à assurer la liberté de la presse et à empêcher de l'entraver et d'imposer une censure ». L'Association ajoutait qu'elle tiendrait l'Autorité palestinienne « entièrement responsable de la sécurité des journalistes travaillant dans les zones qu'elle contrôle et particulièrement ceux qui ont filmé les manifestations (27) ».

François Siegel, directeur de la rédaction du Monde 2, a évoqué lui aussi les conditions de travail des journalistes dans les zones contrôlées par les Palestiniens. S'ils filment des scènes – tel le lynchage des soldats à Ramallah – non conformes à l'imagerie d'Epinal que les Palestiniens accréditent à travers le monde, on leur arrache leurs films, on casse leurs caméras. Certains journalistes ont été physiquement menacés, agressés. Ils ont peur. Ils savent leur vie en danger (28).

 

La grippe aviaire, un crime israélien

 

Le journal gouvernemental syrien, Al-Thawra, du 6 janvier 2006, nous apprend qu'Israël, il y a quelques années, avait tenté de créer par ingénierie génétique  « des virus et bactéries dangereux » qui s'attaqueraient aux seuls Arabes et que « a question qui se pose aujourd'hui est de savoir si le virus choisi par les sionistes pour leur “bombe raciale” israélienne est le virus de la grippe aviaire » [7]. Le soupçon serait renforcé « par une information en provenance de l'Autorité palestinienne, selon laquelle 85 000 poulets ont été enterrés dans des champs de Cisjordanie » sans que cette Autorité ait pu prélever des échantillons pour les tester (29).

Ceux qui, vivant dans les pays civilisés, haussent les épaules devant ces affabulations débiles et pensent que leur ridicule ridiculise leurs auteurs, ont tort. Ils les ridiculisent certes, mais à nos seuls yeux. Parmi ceux qui les écoutent, il y a des femmes et des hommes vivant à « l'état zéro de la raison » selon le mot récent d'un Procureur de la République de Paris, à propos de l'affaire du « cerveau des barbares ». Ces affabulations motivent. La haine antisémite, la haine anti-israélienne, aux degrés zéro de l'intelligence, de la connaissance historique, de la moralité, tue aussi sûrement que les balles des kalachnikovs et les hommes-bombes. Les disséminateurs des calomnies atroces ne sont pas de simples diffamateurs. Ce sont des tueurs. Ils savent ce qu'ils font.

Vouloir l'ignorer, le masquer, le bagatelliser [sic] sous couleur et prétexte de faire des pas de géant en direction de l'ennemi n'est pas sage mais dangereusement naïf. Il est écrit dans le Talmud : « Est appelé grand celui qui fait d'un ennemi un ami ». Il est également écrit : « Si ton ennemi s'avance pour te tuer, tue-le avant qu'il ne te tue » [8].

 

 

 

Notes


1 – Le Figaro, 18 janvier 1988.

2 – Actualité juive, 12 octobre 2000.

3 – M. Konopnicki, « Comment comprendre la presse » Contact-J, novembre 2000, p. 14-15.

4 – « Libération et Associated Press condamnés », Contact-J, mai 2002, p. 7. « Épilogue d'une photo détournée », Actualité juive, 18 avril 2002, p 41.

5 – « Octobre noir à Hébron », JeuneAfrique / L'Intelligent, 24 octobre-6 novembre 2000, p. 59.

6 – « Mise au point de l'Ambassade d'Israël à Paris », Jeune Afrique /L'Intelligent, 7-13 novembre 2000, p. 59.

7 – The Jerusalem Post Friday, « L'affaire Issam Djoudeh : histoire d'une “atrocité” israélienne », 22 juin 2001, p. AI. L'Arche, N° 515, janvier 2001, p. 52–54.

8 – USA Today, 23 octobre 2000, cité par Le Lien, 3 novembre 2000.

9 – « La colère d'un médecin », L'Arche, mai-juin 2002, p. 67.

10 – Adrien Jaulmes, « Ariel Sharon prépare la riposte au carnage de Netanya », Le Figaro, 29 mars 2002, p. 2.

11 – Nissim Alter, « Les délires de Radio-Palestine », Actualité juive, 5 avril 2001, p. 8.

12 – N.A., « Les mensonges des Palestiniens n'ont plus de bornes », Actualité juive, 21 juin 2001, p. 16.

13 – H.P., « Le Juif comme figure de l'ennemi », L'Arche, octobre-novembre 2001, p. 37-38.

14 – Gérard Huber, Contre-expertise d'une mise en scène, Ed. Raphaël, 2003, p. 149-150.

15 – Denis Jeambar et Daniel Leconte, « Guet-apens dans la guerre des images », Le Figaro, 25 Janvier 2005, p 13.

16 – Pierre Prier, « Arafat assiégé fait juger des Palestiniens », Le Figaro, 26 avril 2002, p. 2.

17 – « Questions », L'Arche, mai-juin 2002, p. 122.

18 – Nina Gilbert, « IDF : Arafat well fed during siege », The Jerusalem Post, 30 avril 2002, p. 1.

19 – Adrien Jaulmes, « Les négociations sur la levée du siège de la Nativité piétinent », Le Figaro, 7 mai 2002, p. 14.

20 – Lorenzo Cremonesi, Haaretz, 24 mai 2002, cité par L'Arche, mai-juin 2002, p 76.

21 – Judy Lash Balint, « Les médias s'autocensurent sous le coup de la peur », Contact-J, mai 2001, p. 25.

22 – Diaspora-Le Lien, 3 novembre 2000. « Les images que vous ne verrez pas, et pourquoi », L'Arche, novembre 2000, p. 33.

23 – Stephanie Gutman, « Lights, camera, intifada », The Weekly Standard, 1-8 janvier 2001. Cité par L'Arche, février 2001, p. 40-41, « Les journalistes et l'Autorité palestinienne : nouveau “syndrome de Stockholm ?” ».

24 – Mark Saeger, « J'aurai des cauchemars pour le restant de mes jours », Sunday Telegraph, 15 octobre 2000, reproduit par France-Israël Information, octobre-novembre-décembre 2000, p. 21. Diaspora-Le Lien, 3 novembre 2000, p. 2. « Les images que vous ne verrez pas, et pourquoi », L'Arche, novembre 2000, p. 33.

25 – G.M., « Scénario d'un lynchage en direct à Ramallah », Le Monde, 15-16 octobre 2000, p. 3.

26 – « Indignité de la Télévision nationale italienne », France-Israël Information, octobre-novembre-décembre 2000, p. 21. « Les “procédures journalistiques” selon M. Cristiano », L'Arche. novembre 2001, p. 44.

27 – « La presse dénonce la censure d'Arafat », Le Lien, N° 169, 15 septembre 2001, p. III.

28 – Radio Shalom, 9 novembre 2000.

29 – Traduit par l'institut MEMRI. L'Arche, mars 2006, p. 80-81.

 

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Notes de Menahem Macina

 

[1] En son temps, j'ai traduit l'article de la victime, quelques jours après sa parution ("Les images disent-elles toujours la vérité ? Récit de Tuvia Grossman") ; j'assortissais ma traduction d'un commentaire dans lequel je faisais remarquer sarcastiquement : « Aucune connaissance de la langue hébraïque n'est nécessaire pour reconnaître un panneau de signalisation routière (voir la photo, où l'on distingue même le bas du chiffre de la limitation de vitesse, qui devait être parfaitement lisible sur le cliché original ; lequel a été soigneusement cadré - mais pas assez cependant - pour faire disparaître complètement cette preuve flagrante de la désinformation inhérente à toute l'opération).  Se peut-il qu'un journaliste ignore que l'Esplanade du Temple (euh, pardon, des Mosquées...) - l'un des endroits les plus photographiés du monde –, n'est ni une route, ni un carrefour de circulation, et ne peut par conséquent s'orner d'un panneau de signalisation routière? ».  

[2] La propagande palestinienne a continué à perpétuer l'imposture jusqu'en 2002 ; cf. "Le faux grossier du matraquage d'un palestinien refait surface".

[3] « La troisième partie du film [de Rehov] est sans aucun doute la plus captivante. Rehov, qui s'est rendu à Jénine avec une équipe palestinienne, arrive à piéger certains de ses interlocuteurs. Ainsi, par exemple, voit-on le journaliste palestinien mettre en scène l'histoire d'un accouchement d'une femme palestinienne à un check-point de Tsahal : les soldats, doit-elle raconter devant la caméra, voulaient l'empêcher d'accoucher normalement et elle a été forcée d'enfanter dans la voiture qui la conduisait à l'hôpital. Le médecin, qui l'a bien accouchée à l'hôpital, s'est prêté sans le moindre remords à la mise en scène. Si les Palestiniens interviewés sont pris en flagrant délit de mensonge - et c'est un des éléments de la réussite du film - c'est parce qu'ils pensaient répondre à une TV française pro-palestinienne. » (Extrait de "C'est parce qu'ils pensaient répondre à une TV française", 19 sept. 2005.)

[4] Le texte de cet article est consultable en ligne sur le site debriefing.org

[5] J'ai fait traduire et mis en ligne sur mon site, dès sa parution en 2001, cet excellent article. Je l'ai remis en course en 2005 sur le site de l'Upjf.

[6] On peut en lire un fac-similé et une traduction française que j'ai mis en ligne sur le site de l'UPJF, le 3 mars 2008) sous le titre "Excuses de R. Cristiano à l'AP pour son reportage sur le lynchage de deux réservistes israéliens". Voir aussi et surtout, sur debriefing.org, l'article intitulé "Quand la chaîne nationale de télévision italienne faisait allégeance à l'Autorité Palestinienne" (8 sept. 2004 et 11 sept. 2005 pour la mise au point de la chaîne italienne).

[7] "Un quotidien gouvernemental syrien suggère qu'Israël a créé et propagé la grippe aviaire", MEMRI, Dépêches spéciales n° 1094, 19 février 2006.

[8] Citation du Talmud de Babylone, Traité Sanhédrin, 72a.

 

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© France-Israël

 

Mis en ligne le 18 mai 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org