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Europe et Israël

Jusqu'où est allée la déraison des Européens ? Réflexions sur la folie de la Flottille, Richard Landes
22/06/2010


Sur le site de Richard Landes, Augean Stables, 16 juin 2010

Texte original anglais : "Just How Crazy Have Europeans Become? Insights into the Flotilla Madness",16 juin 2010.


Traduction française : Menahem Macina, pour France-israel.org


L'un des avantages de la Folie de la Flottille – dans laquelle un Etat moralement très compromis (la Turquie, pour son génocide des Arméniens, jadis, et pour la situation qu'elle fait aux Kurdes aujourd'hui) a obtenu que l'extrême indignation morale devienne la priorité internationale –, sera, il faut l'espérer, le nombre de gens qui veulent enfin savoir si les nouveaux habits de l'Empereur sont réels ou non.

Dans toute crise épistémologique, quand les anomalies deviennent à la fois abondantes et douloureuses pour ceux qui doivent s'accrocher à leur paradigme de la réalité, se produisent quelques moments comiques, des moments où l'absurdité de ce genre de danse du déni devient ridicule.

C'est arrivé récemment en Europe francophone – plus précisément au Luxembourg. Depuis quinze ans, le philosophe français Robert Redeker y publiait une critique littéraire hebdomadaire, même après avoir encouru la colère des musulmans radicaux, qui menaçaient sa vie et celle de sa famille et l'obligent à vivre dans la clandestinité. Or, pas plus tard que la semaine passée, sans aucune mise en garde, il a été congédié.

Cela s'est produit, non en raison de remarques "islamophobes" de sa part, mais parce qu'il a choisi de présenter un livre, et de le présenter favorablement. Quel livre ? La plus récente étude de la chute européenne dans la folie antisémite du 21ème siècle, intitulée La nouvelle propagande antijuive, rédigée par Pierre-André Taguieff. Le journal ne s'est pas contenté de refuser la critique favorable du livre : il a mis fin à toute collaboration avec Redeker.

Mais l'aspect peut-être le plus étonnant de l'histoire, est la raison que l'éditeur a donnée pour rejeter cette critique littéraire :

Les lecteurs ne comprendraient pas que quelqu'un pût être favorable à Israël.

Ironie de circonstance, que seuls les gens sains d'esprit peuvent apprécier, Taguieff avait précisément écrit sur la mentalité qui préside à ce qu'écrit l'éditeur.

La diabolisation à mots couverts est le pain quotidien des médias. Qu'Israël soit Le Mal semble aller de soi. Et pourtant, ces opinions qui se muent en passions sont des constructions idéologiques diffusées par un intelligent travail de propagande que Taguieff examine de manière exhaustive. Elles recyclent l'ancien – les stéréotypes antijuifs – sous de nouvelles formes.

Apparemment, en lisant ces lignes, l'éditrice n'y a pas vu une description de sa mentalité personnelle, mais une assertion si absurde qu'elle ne pouvait permettre qu'elle fût publiée. (Autre possibilité : ce n'était qu'un prétexte pour ne pas reconnaître la véritable source de son anxiété, à savoir, qu'une recension favorable d'un livre qui démasque la célébration de la haine djihado-gauchiste, puisse aliéner les mauvaises personnes.)

Comme l'a dit Kofi Anan en 2002, à propos de Jénine, faisant écho à ce que Ahad Haam avait dit à propos des pogromes : « Est-il possible que le monde entier ait tort et que les Juifs/Israéliens aient raison ? » Ne soyez pas ridicule.

 

Robert Redeker, interdit d'écrire en faveur d'un livre

Lundi 14 juin 2010, par Emmanuel Lemieux

Le supplément littéraire du quotidien luxembourgeois Tageblatt a refusé la critique favorable du livre de Pierre-André Taguieff, La nouvelle Propagande antijuive (PUF), mettant également un terme à une collaboration de 15 ans avec l'auteur de l'article, l'écrivain Robert Redeker, menacé de mort par des islamistes.

Robert Redeker, agrégé de philosophie, écrivain et ancien chroniqueur du supplément littéraire du Tageblatt.

" J'avais ma page dans le supplément littéraire du Tageblatt depuis 15 ans, je n'ai manqué aucun numéro. C'était l'analyse d'un livre, généralement de philosophie. Pour le numéro de juin, j'avais choisi d'écrire sur le dernier livre de Taguieff. J'ai écrit un texte favorable à ce livre. C'est ce texte qui m'a valu d'être censuré. La directrice de ce supplément m'a écrit : « notre collaboration s'arrête là »."

Sec ! Viré ! confie Robert Redeker. D'après la rédaction en chef, les lecteurs ne comprendraient pas qu'on fût favorable à Israël !

Extrait significatif de l'article de 5 000 signes traitant du nouveau livre du philosophe Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive (PUF) :

La diabolisation sans nuances d'Israël est le pain quotidien des médias. Qu'Israël soit le Mal semble aller de soi. Pourtant, ces opinions qui se muent aussi en passions, sont des constructions idéologiques répandues par un habile travail de propagande que Taguieff démonte exhaustivement. Elles recyclent du vieux – les stéréotypes antijuifs traditionnels – dans du neuf.

Tageblatt suit la doxa journalistique selon P.-A. Taguieff

Contactée par L'Annuel des idées, la responsable du supplément Livres n'a pas, pour l'instant, souhaité répondre à nos questions. C'est, en revanche, la directrice du Tageblatt qui nous a répondu :

« Notre rédaction n'était pas au courant de ce qui semble être "une affaire" chez vous. Vous comprendrez que nous ne souhaitons en rien être pris à partie. Ce d'autant que notre groupe de presse n'a jamais eu, au cours de sa longue histoire, de reproches à se faire. »

Le quotidien luxembourgeois, sans confirmer l'information, tient essentiellement à se démarquer des choix éditoriaux de son supplément.


Ceci illustre un trait particulièrement important, caractéristique de notre époque : l'attitude du spectateur passif. Une mienne étudiante a réagi à la présentation du dossier al-Dura en faisant remarquer que, bien que tout semble très convaincant, elle se sentait mal à l'aise d'acquiescer parce que cela signifiait prendre parti, et, disait-elle, « je ne veux pas prendre parti ». Si l'antisémitisme triomphe, ce sera parce que des gens, des gens bien, se seront tenus à l'écart en refusant de prendre le parti des Juifs, première cible des haines djihadiques (et européennes).

Pierre-André Taguieff

De son côté, Pierre-André Taguieff fulmine :

« La mise en accusation quasi-planétaire d'Israël est moins le résultat de la propagande palestino-islamiste qu'un effet du fonctionnement du système médiatique. Les professionnels des médias réagissent dans l'urgence, sans prendre la peine de faire un véritable travail d'investigation, en se contentant de s'inspirer des dépêches d'agence, recopiées sans esprit critique. À cela, il faut ajouter une sélection des informations selon un critère idéologico-politique dominant : les médias choisissent de privilégier les récits allant dans le sens des présupposés de la culture politique de gauche, qui est largement majoritaire dans le monde professionnel des journalistes. Or, l'anti-israélisme et le propalestinisme, depuis les années 1990, se sont inscrits dans la doxa journalistique, reflétant le parti pris "antisioniste", partagé, avec plus ou moins de virulence, par toutes les gauches. »

 

Comme Bill Maher le dit succinctement :

Je pense que la plupart d'entre ceux [prennent le parti des Palestiniens] parce que je crois que les médias, pour prendre votre point de vue, dans l'ensemble sont un moyen trop stupide pour comprendre les problèmes. C'est pourquoi ce qu'ils font c'est de dire : « Oh ! Qui est victime ? »

bill_maher.jpg

Bill Maher Cliquer sur l'image pour visionner le document

Sauf qu'en Europe, les médias sont à la fois plus malins et plus dangereux. Jim Clancy [journaliste de CNN] est un vulgaire péquenaud comparé à Jeremy Bowen [journaliste de la BBC spécialisé dans le Moyen-Orient].

 

Toujours sous protection policière

Professeur de philosophie, Robert Redeker, 56 ans, a dû cesser d'enseigner après sa tribune intitulée “Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?” et publiée dans Le Figaro. Le quotidien avait été interdit de vente en Egypte et en Tunisie. Sous la pression, le journal avait présenté ses excuses via la chaîne Al-Jazeera, tandis que l'association Reporters sans frontières soutenait Robert Redeker menacé de mort par des islamistes et placé sous la protection de la gendarmerie.

Depuis 2006, “je vis toujours dans une semi-clandestinité. Je continue d'être sous protection policière. Tous mes déplacements officiels sont encadrés par le SPHP-SPPM.” indique Robert Redeker à L'Annuel des idées. L'article du philosophe sera publié dans le numéro de L'Arche, une revue tout acquise à ses analyses, et donc, sans surprise. Le non-débat continue.


Comme c'est pathétique. J'avais critiqué le fait que les médias américains ne venaient pas à la rescousse des médias européens, dans l'affaire des dessins danois. Mais là, c'est le pompon. En tout cas, jusqu'ici.


Richard Landes

 

© Augean Stables

 

Mis en ligne le 17 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org