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Otages franco-colombiens, -palestiniens, -patagons, etc., la France est avec vous ! Franco-Israéliens, il n'y a pas d'abonné au numéro que vous avez demandé, M. Macina
26/06/2010

 

Il aura fallu quatre ans de déni de justice international, quatre ans de silence médiatique, tout ce temps de souffrance atroce d'un jeune conscrit israélien, pour qu'enfin, à l'occasion du quatrième anniversaire de son enlèvement et de sa captivité, timidement, la presse française évoque le "sujet".

Que s'est-il donc passé pour que se produise ce "séisme médiatique" de quelques lignes par ci, quelques aveux par là ? Tout simplement deux ou trois phrases du Président de la République française, dans une lettre adressée aux parents de Guilad Shalit, et dont l'AFP nous distille la bonne nouvelle dans son style bien connu, distancié et "non partisan", comme s'il s'agissait d'une grève syndicale contre un allongement de la durée de cotisation pour la retraite :

"Nicolas Sarkozy dénonce le traitement « qui manque totalement d'humanité » de Gilad Shalit, le soldat israélien, qui est également Français, enlevé il y a quatre ans jour pour jour par un commando du Hamas dans le sud d'Israël, dans une lettre à ses parents.

Cette lettre, dont une copie a été remise à l'AFP vendredi, est adressée à Noam et Aviva Shalit, les parents du jeune homme aujourd'hui âgé de 23 ans. La lettre est dactylographiée mais le président à écrit à la main « chère Aviva, cher Noam ».

C'est « un bien triste anniversaire, celui de la quatrième année de captivité de votre fils Gilad » et, « comme tous les Français, je suis indigné qu'un homme puisse être ainsi privé de liberté mais aussi – sauf à de trop rares exceptions – de tout contact avec sa famille et ses amis », écrit M. Sarkozy. Selon lui, « un tel traitement, qui manque totalement d'humanité, ignore les principes universellement reconnus s'agissant des prisonniers, en premier chef, le droit de visite du Comité international de la Croix-Rouge »."

Après avoir entendu la "voix de son maître", Il était difficile à France-Télévision de perséver dans son silence assourdissant. Aussi France 2 s'est-elle fendue d'une évocation-éclair de deux manifestations en faveur de l'otage israélien, vers la fin de son JT de 20h du 25 juin  :

"A l'étranger, plusieurs rassemblements symboliques ont eu lieu à Jérusalem ou encore à Rome. Cela fait désormais quatre ans que le soldat franco-israélien, Guilad Shalit est retenu en otage par le Hamas dans la bande de Gaza. Nicolas Sarkozy a aujourd'hui adressé une lettre dénonçant cet enlèvement aux parents du soldat détenu qui a aujourd'hui 23 ans."

Cette "brève" (à peine plus d'une minute), même assortie de très courtes séquences vidéo de la manifestation devant le Colisée de Rome, ne mérite pas le nom de "couverture médiatique". Elle ne comporte aucune illustration de la manifestation de Jérusalem, hormis deux prises de vue, à la limite du subliminal, de la Tour de David et d'une partie des murailles de la Vieille Ville, prises de loin et de l'extérieur. A l'évidence, cet aveu médiatique du bout des lèvres, ressemble à un devoir accompli de mauvais grâce. Il ne dit pas un mot de la manifestation ­– française, celle-là, et parisienne, de surcroît –, qui a eu lieu au Trocadéro, et que la grande presse a généralement passée sous silence.

C'est très peu pour une captivité qui dure depuis 1461 jours, surtout quand on compare avec l'agitation fébrile dont fait preuve France 3 autour des quelque 180 jours de captivité de trois de ses journalistes, enlevés le 30 décembre 2009 en Afghanistan, alors qu'ils réalisaient un reportage pour le magazine "Pièces à conviction" de France 3. Dans une dépêche de l'AFP, mise en ligne le 25 juin sur le site de la chaîne ("Journalistes de France 3 otages en Afghanistan: RSF organise une action mardi"), on peut lire :

"Reporters sans frontières (RSF) va déployer le 29 juin une bâche géante sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris, sur laquelle il sera possible d'écrire un message de soutien aux deux journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan il y a six mois. Le même jour, mardi, plusieurs quotidiens publieront un message alertant sur le fait qu'au cours de la dernière décennie, cette prise d'otages est plus longue que celle de Florence Aubenas (captive cinq mois en Irak en 2005), ou de Georges Malbrunot et Christian Chesnot (124 jours en Irak en 2004)."

 

Qu'on me permette de conclure par ce pastiche ironique d'un passage d'une célèbre chanson de Ferrat :

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Fait-elle envie ou bien pitié [cette dépêche] ? Je n'ai pas le cœur à le dire, on ne voit pas le temps passer.   

 

© Menahem Macina 


France-Israël

 

florence_aubenas.jpg

D'immenses affiches représentant les photos de la Française, Florence Aubenas, et de l'Irakien, Hussein Hanoun Al­ Saadi, et celle de la Franco-Colombienne, Ingrid Betancourt, furent déployée, leur captivité durant, au fronton de l'Hôtel de Ville de Paris. Pour le Franco-Israélien Guilad Shalit, rien !

 

Mis en ligne le 26 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org