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Pour Gilad et pour Israël ! Grand succès du rassemblement au Trocadéro (CRIF)
26/06/2010

 

 

Organisé sous l'égide du CRIF avec le concours des organisations juives, le grand rassemblement de soutien à Gilad Shalit et à Israël, qui a eu lieu le 22 juin 2010 en fin de journée, mais en plein soleil, au Trocadéro, a connu un remarquable succès. Face au Parvis des Droits de l'Homme, entourant la statue du maréchal Foch, quelque 15 000 personnes étaient venues montrer, si besoin était, que l'otage franco-israélien, Gilad Shalit, n'est pas seul, qu'Israël, victime d'une campagne de délégitimation sans précédent, n'est pas seul.

 

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Vers 19h 30, tandis que sur la tribune, Gil Taïeb, grand ordonnateur de la soirée, Meyer Habib, Ariel Goldmann, Arié Bensemhoun, Francis Kalifat et Jean-Pierre Magnier s'affairent à régler les derniers détails, la foule commence à s'amasser, devenant rapidement compacte. Les drapeaux israéliens et français sont agités, des pancartes fustigent le Hamas ou l'Iran. Un slogan est lancé : « Libérez Gilad Shalit. Hamas, terroriste, Iran complice ». Il sera repris tout au long de la soirée.

 

Au pied de la tribune, ceints de leur écharpe tricolore, des élus parisiens et des dirigeants politiques, parmi lesquels Serge Blisko, Pierre Shapira, Lynda Asmani, Karen Taïeb, Jean-Jacques Curiel forment une chaîne. Ils sont rapidement rejoints par Anne Hidalgo et Nicole Guedj. Face à eux, les jeunes des E.E.I.F. et de l'Habonim Dror, en tenue, s'installent accroupis à même le sol. On croirait le début d'une soirée « Feu de camp ». Une ovation salue la présence de cette belle jeunesse. « On est fier de vous ! » leur lance Gil Taïeb.

 

Vers 20h 30, Gil Taïeb donne le coup d'envoi. Sa voix est ferme, grave : «  Voilà quatre ans que Gilad a été enlevé sur le territoire même de l'État d'Israël. Depuis 1460 jours, il est abandonné. Où sont les ONG ? Où sont les articles de presse exigeant sa libération ? Quand il s'agit d'Israël, on est toujours prêt à condamner et à boycotter. Alors qu'avec le Hamas, on se montre compréhensif et c'est le laisser-faire ! » La foule hurle « Hou, hou, hou ! ». Et Gil Taïeb de poursuivre : « Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient, nous devons lui affirmer ici notre soutien et adresser un grand message à l'humanité en disant à tous : Réveillez-vous ! ». L'orateur conclut son propos en fustigeant notamment Roland Dumas pour ses récents propos.

 

Contre toute attente, ce n'est pas un tribun qui lui succède, mais la troupe Adama qui lance un « Hava Naguilah » endiablé, suivi d'un pot pourri de grands tubes israéliens. La foule reprend en chœur. Les élus parisiens entament un pas de danse, un début de hora. Lynda Asmani lance « Ani medaberet ivrit » et reprend avec fougue les refrains. On croit voir une femme voilée dans la foule. En réalité, c'est une manifestante qui a recouvert sa tête d'un drapeau israélien.

 

Sur la tribune, tandis que prennent place quatre porte-drapeaux, deux Israéliens et deux Français, des représentants des amis chrétiens d'Israël, blancs et noirs côte à côte, font résonner, en forme de délivrance, le son du chofar. C'est impressionnant. Puis, le président du CRIF, Richard Prasquier, premier orateur institutionnel de la soirée, prend place. Il est visiblement très ému. « Gilad Shalit a passé quatre ans de sa vie en captivité. Un sixième de sa vie ! Nous ne savons rien, c'est pourquoi nous redoutons tout… L'idéologie des ravisseurs est, hélas, inscrite dans leur charte : tous les Juifs sont des ennemis qu'il faut tuer ». Richard Prasquier rend hommage à Siona pour son action constante en faveur de Gilad Shalit et au président de la République, Nicolas Sarkozy. Pour le président du CRIF, renvoyer dos à dos Israël et le Hamas est une ignominie. Fustigeant la terreur islamiste et la tendance de certains à faire croire que le Hamas appartient au camp des héros de la liberté, le président du CRIF revient sur l'affaire de la flottille, sur le déshonneur des supposées organisations humanitaires présentes à bord, et sur la catastrophe alimentaire imaginaire à Gaza. « Dans la flottille, il y avait aussi de véritables terroristes islamistes décidés à tuer et à se faire tuer ». Et Richard Prasquier de conclure : « Trop, c'est trop ! Car ce qui est en cause, ce n'est pas seulement le boycott, mais la délégitimation d'Israël. Nous ne laisserons pas faire ! ».

 

Sur l'écran géant installé près du podium, des chansons écrites par des chanteurs israéliens en l'honneur de Gilad Shalit sont proposées. Puis c'est au tour du courageux maire du 16ème arrondissement de Paris, Claude Goasguen, ami fidèle d'Israël, de prendre la parole. « En Israël, il n'y a pas d'otages, il y a des prisonniers… Le Hamas, c'est une bande de terroristes… N'ayons pas peur du combat que nous menons, il est juste ». Et Claude Goasguen de fustiger tout à la fois le Premier ministre turc, le président fasciste de l'Iran et le Hezbollah, avant de lancer : « Je suis fier d'être ici, d'être un allié indéfectible d'Israël ».

 

Après la projection d'une vidéo montrant successivement Gilad Shalit et son père, Noam, et après un court message de Bertrand Delanoë, maire de Paris, en déplacement à l'étranger, c'est Anne Hidalgo, première adjointe, qui monte à la tribune. « Nous sommes victimes d'une grande désinformation… La liberté de Gilad, c'est aussi notre liberté… Nous faisons Gilad Shalit citoyen d'honneur de la ville de Paris ». Après un message, sur grand écran, de Patrick Bruel, c'est au tour de Julien Dray, député PS de l'Essonne, de monter à la tribune : « Nous ne devons avoir aucune hésitation, aucun doute dans ce combat. Les adversaires d'Israël n'ont d'autre but que de le détruire… L'antisémitisme moderne c'est l'antisionisme. C'est inacceptable ! ». Les vidéos succèdent aux orateurs dans un véritable show bien construit. Voici à présent un film qui montre le véritable visage de la flottille et de ses « humanitaires » haineux.

 

Pour Claude Lanzman, c'est le Hamas qui appelle à l'éradication de l'État juif qui est le premier responsable du blocus de Gaza. Dans son propos, le cinéaste attaquera le rapport Goldstone et citera Jean-Paul Sartre pour étayer ses arguments. « Gaza n'est pas affamée ! Détracteurs d'Israël, vous mentez ! Les soldats de Tsahal ont le droit de tirer si leur vie est en danger… Les aboyeurs ont d'ailleurs compris et mettent une sourdine à leurs prétentions… Honte à la déprogrammation d'un film israélien par le circuit de distribution Utopia ». Et Claude Lanzman de conclure : « Nous ne permettront pas ces attaques d'Israël ».

 

Lui succédant, Bernard-Henri Lévy est très applaudi. Il met en avant dans un discours prononcé d'une voix forte et ferme, l'imposture de la flottille, l'exemplarité de la démocratie israélienne, les conventions internationales bafouées. Il montre du doigt les « idiots utiles » qui ont refusé de faire passer un message de la famille de Gilad Shalit. Et puis, pourquoi, comme on le fit pour Ingrid Bétancourt, ne place-t-on pas le portrait de l'otage franco-israélien sur le fronton de l'Hôtel de Ville de Paris ? Et BHL de se gausser des « petits dialecticiens de comptoir que nous entendons gloser ».

 

Voici à présent Marek Halter, avec sa belle barbe de patriarche et de sage. « Nous aimons Israël car c'est un peuple qui a combattu pour sa liberté. Il n'a pas reçu son État sur un plateau d'argent ! ». Et Marek Halter, qui rappelle qu'il a tenu, en son temps, compagnie à la famille Shalit sous la tente qu'elle avait dressée en Israël,  de reprocher aux Palestiniens leurs marchandages : « Vous n'avez pas honte ! Une vie est une vie, c'est dans le Coran. Et vous demandez mille vies en échange d'une seule ! À croire que vous n'avez pas une haute opinion de la valeur de la vie de vos concitoyens ! ».

 

Et voici Enrico Macias qui, dit-il, sait mieux chanter que discourir mais qui tient à affirmer : « Les droits de l'homme doivent être les mêmes pour tous ! ». Le philosophe Alain Finkielkraut, qui sera un peu sifflé pour certains passages de son discours, notamment lorsqu'il critique les implantations, reste sur les positions qui sont les siennes avec la crainte qu'à terme, on soit conduit à un État binational.

 

Pour lui, les Israéliens sont tombés naïvement dans un piège. « La haine planétaire d'Israël est le nouveau visage de l'antisémitisme. Comment ne pas réagir face au boycott et à des propos comme : « Israël, casse-toi, la Palestine n'est pas à toi » ». Pour le philosophe, il faut dire : « Nous sommes tous des sionistes ! »

 

Le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, absent de Paris, a exprimé sa solidarité par le biais d'un petit film vidéo. Le Grand rabbin de Paris, David Messas est, lui, à la tribune et lance : « Je suis très fier de la communauté juive de Paris, de son militantisme et de son cœur si attaché à Israël ». Il fait chanter « Kol ha‘olam koulo » et « Osseh shalom », concluant par : « N'ayons pas peur ! ».

 

Pour rester dans le domaine des représentants religieux, c'est au tour de Monseigneur Beau, du Clos des Bernardins, de se dire scandalisé par « le pêché contre Dieu qui est commis par les ennemis d'Israël » et d'appeler à la paix sur Jérusalem.

 

Pour sa part, Pierre Besnaïnou, président du FSJU, de l'Appel Unifié et de la Fondation du Judaïsme Français, fustige fermement Roland Dumas et les hommes politiques français qui critiquent Israël. Il s'en prend également aux médias. « La protection d'Israël, c'est la protection des Juifs du monde entier ». Il suggère la constitution d'une flottille israélienne à la rencontre de Gilad Shalit et conclut par un vibrant « Vive Israël ! Vive Jérusalem ».

 

Tandis que, devant la tribune, les éclaireurs installent 1 460 bougies qui écrivent en français et en hébreu le nom de Gilad Shalit, et que, la nuit tombant peu à peu, le public, de son côté, a allumé des lampions qu'il brandit comme lors des concerts des grandes stars, le président du Consistoire Central, Joël Mergui prend la parole. Il fait référence, lui aussi, à Ingrid Bétancourt et lance : « Je vous demande d'être mobilisés en permanence ». C'est au tour de l'ambassadeur d'Israël en France, Dany Shek – qui achève sa mission en septembre prochain –, de prendre la parole. Il fustige le rôle de la Croix-Rouge et, s'adressant aux détracteurs d'Israël, leur lance : « Vous perdez votre temps ! Nous ne lâcherons pas ! Votre approche est archaïque ! ».

 

Il revient au président Prasquier de conclure. Il rend hommage à Haïm Musicant, directeur général du CRIF et au staff du CRIF, à l'ABSI et à Gil Taïeb, à Jean-Pierre Magnier et Jean-Luc Darmon, aux volontaires du SPCJ, aux forces de police et aux mouvements de jeunesse. La tribune et la foule se mettent ensuite au garde-à-vous lorsque le baryton, David Séréro, entonne une « Marseillaise » somptueuse, reprise en chœur avec fougue. Et c'est à Rika Zaraï qu'il revient de lancer la « Hatikvah », chant d'espérance du peuple juif, qui conclut cette très belle, très émouvante et très rassurante manifestation.

 

Il est, bien entendu, difficile de citer les très nombreuses personnalités présentes à ce magnifique rassemblement. Citons en vrac et en nous excusant des oublis involontaires : la plupart des membres du Bureau Exécutif et du Comité Directeur du CRIF, Roger Cukierman, ancien président,  Élie Chouraqui, Samy Ravel, Anne-Marie Revcolevski, Alexis Govcyian et une forte délégation des Arméniens de France, Guy Konopnicki, Paul-Loup Sulitzer, Philippe Karsenty, Arielle Schwab, le général israélien Yossi Ben Hanan, héros des guerres d'Israël, ou encore Éric Raoult, qui fera aussi une brève apparition à la tribune. Le rassemblement a pris fin vers 23 heures.

Un grand bravo aux organisateurs.

 

Photo : D.R.

 

(Compte-rendu rédigé par Jean-Pierre Allali)


Photo : © 2010 Erez Lichtfeld

 


© CRIF

 

[Texte aimablement signalé par le Dr Giora Hod, Israël.]

 

Mis en ligne le 23 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org