Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

La Turquie suspend tous ses accords avec Israel. Sur fond de crise profonde, rumeurs de hacking des drones israéliens par des pirates informatiques du PKK
27/06/2010

 

Sur le site de NanoJV, 17 juin 2010

L'agence d'information en ligne Today's Zaman annonce aujourd'hui la suspension par Ankara de tous les accords gouvernementaux entre Israël et la Turquie. Une décision prise par le Comité exécutif de l'industrie de la défense (SSIK) sous la présidence du Premier ministre turc. Tous les projets bilatéraux dans le secteur militaire sont donc gelés. L'ensemble porte sur un montant de plusieurs milliards de dollars.

Les programmes de modernisation conjointe d'avions (Phantom, F5) et de tanks ; l'acquisition par la Turquie de nouveaux systèmes de missiles Arrows ; de chars Merkava ;  d'avions AWACS : tout est suspendu ou annulé. Finie la coopération : les pilotes turcs de F16 n'iront plus s'entraîner en Israël et l'espace aérien turc sera fermé aux avions de chasse israéliens. Les accords sur l'échange d'informations relatives à la  lutte anti-terroriste  sont également rendus caducs par la Turquie.  Today's Zaman précise cependant que le sort des contrats privés, civils et militaires, reste à la discrétion des sociétés concernéees comme ASELSAN, HAVELSAN, ROKETSAN ou encore MKE. Selon l'agence de presse Today's Zaman, le SSIK prône cependant leur annulation. Elle indique, en conclusion, que la Turquie va désormais chercher à isoler Israël au sein de toutes les organisations internationales et à influencer l'Europe sur cette question.

Dans la même édition de Today's Zaman, un analyste en matière de défense souligne, en contrepoint, les délais mis par les Etats-Unis à transmettre les images du renseignement aérien à la Turquie.  45 minutes s'écoulent généralement entre la capture d'images de terrain par les Etats-Unis dans le nord de l'Irak et leur transmission à l'état-major turc. Un temps trop long pour permettre l'acquisition de cibles mouvantes.

La zone visée concerne les bases du PKK, la rébellion kurde qui aspire à un Etat indépendant dans le sud-Est de la Turquie (le PKK est classé organisation terroriste par l'Europe et les Etats-Unis).  Par ailleurs, un haut responsable de l'armée de l'air turc déplore que les images transmises par les Américains ne soient pas brutes mais filtrées.  C'est donc, à l'origine, pour résoudre ces problèmes, que l'état-major turc a décidé d'acquérir ses propres moyens de renseignements et commandé les fameux drones Héron à Israël. Selon l'agence de presse, lors de survols d'essais dans le nord de l'Irak, les militaires turcs auraient détecté, par contraste, des faiblesses dans les renseignements transmis par les Américains. 

Today's Zaman conclut en relayant une rumeur empoisonnée. Des hackers affiliés au PKK auraient détourné les logiciels de commande des avions sans pilote. 13 hackers auraient été arrêtés pour avoir travaillé à la mise au point de logiciels provoquant le crash des drones. Today's Zaman fait état de rumeurs infondées – de son propre aveu –  selon lesquelles les hackers auraient été formés en Grèce et en Israël. Mais ceci reste à confirmer précise l'agence. Ces événements auraient, en tout état de cause, altéré la confiance des militaires turcs qui craindraient désormais le crash des drones.

Dominique Bourra, CEO NanoJV.

Copyrights Nanojv: http://nanojv.com