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Islam
Expansion/exigences islamistes

Muqtedar Khan veut que les musulmans et les chrétiens s'unissent contre Israël, Jared Sorhaindo
29/06/2010

 

Campus Watch.com

 

Texte anglais: "Muqtedar Khan Wants Muslims and Christians to Unite-Against Israel"

 

Originellement paru sur FrontPage Magazine, sous le titre, "Voice of hate" (Une voix de haine), 28 juin 2010.

 

Traduction française : Menahem Macina

 

Le 17 juin 2010, l'Université de Georgetown a organisé la convention « Evangéliques et musulmans : Perspectives de mission et de partenariat », dans son Centre "Prince Alwaleed Bin Talal" pour la compréhension islamo-chrétienne. Le dernier de ses quatre panels de discussion s'est attaqué à la question suivante : "Des musulmans et des chrétiens peuvent-ils être des partenaires pour la réconciliation et la transformation des conflits ?"

L'assistance, qui comptait au moins cent personnes, était constituée majoritairement – si ce n'est exclusivement – de professeurs et d'étudiants. Les panélistes étaient Muqtedar Khan, professeur de relations internationales à l'Université du Delaware et directeur de son programme d'Etudes islamiques ; Louay Safi, de l'Université d'Indiana et de Purdue ; Chris Seiple, président de l'Institut de l'Engagement mondial ; et David Shank, conseiller aux Missions Orientales Mennonites.

Khan a pris la parole en premier. [Rappelons que], tout en continuant d'afficher un vernis de modération, il avait refusé de figurer dans un panel académique aux côtés d'un ancien militaire de Tsahal qui avait servi en Cisjordanie. Conférencier très charismatique, il se distingua rapidement en mettant sur le même plan moral Pat Robertson et Osama Bin Laden. « Nous devons condamner les extrémistes qui sont parmi nous », affirme-t-il, se donnant le beau rôle par sa dénonciation de Ben Laden. Certes, Robertson a indéniablement émis des affirmations sujettes à controverses, mais le comparer à Ben Laden, dont l'organisation terroriste a assassiné des milliers de gens aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, est choquant et absurde.

Khan s'est efforcé de prouver sa bonne foi œcuménique en affirmant que les évangéliques et les musulmans sont les deux groupes les plus marginalisés des Etats-Unis. Si l'on en veut une preuve, a-t-il fait remarquer assez bizarrement, il n'est que de regarder la composition de la Cour Suprême des Etats-Unis, dont les membres ne représentent ni l'un ni l'autre groupes. Khan n'a pas pris garde à l'erreur démographique criante de son analogie : des études indiquent que les évangéliques constituent au moins un quart de la population du pays (soit plus de 70 millions de personnes), tandis que des chiffres fiables estiment la population musulmane à environ 1, 4 million de personnes, en 2008. Le public opine de la tête et salue, d'un murmure d'approbation, ce tour de passe-passe statistique.

Et, bien entendu, que serait un panel de discussion en matière religieuse sans l'insertion gratuite du conflit israélo-palestinien ? Selon les propres termes de Khan, « les musulmans et les chrétiens constituent les deux tiers de la population mondiale. Et quelle chose importante, si ce n'est la plus importante, ont-ils en commun ? » – MAIS leur « partenariat dans la souffrance » sous l'occupation israélienne ! Et Khan d'ajouter, les chrétiens évangéliques doivent rejeter la majorité pro-israélienne de leurs frères qui, par leur soutien d'Israël, contribuent à infliger la « plus grande oppression subie par des musulmans ». Aucune mention de la souffrance infligée aux Chrétiens palestiniens par leurs frères musulmans, ni de celle de musulmans par leurs coreligionnaires.

Les autres participants ont passé tellement de temps à parler de banalités générales et à citer la Bible et le Coran à propos de fraternité, de justice, de paix et d'amour, qu'ils ont davantage donné l'impression d'être des imams ou des prêtres prononçant des sermons, que des universitaires. La discussion est devenue agaçante quand les fondamentalistes musulmans et évangéliques ont été mis sur le même plan moral. Par exemple, selon Seiple, les musulmans d'aujourd'hui sont les « Samaritains de la Bible, pour la majorité des Evangéliques, et nous ne les avons pas traités avec amour et respect. » Cette rhétorique est usée depuis longtemps.

Khan laissa tomber son masque de modération de manière plus explicite encore durant la séance de questions et réponses. Il commença par affirmer qu'il faut « se soumettre » et être humble pour que la justice prévale. De plus, la justice est quelque chose que Dieu seul peut assurer ; nous, les humains, sommes impuissants. Pourtant, il ne fallut pas longtemps pour qu'il se contredise lui-même de manière flagrante : « Comment peut-on demander [aux Palestiniens] de pardonner aux Juifs pour ce qu'ils ont fait. On ne le peut pas. Il faut d'abord la justice ». Et Khan d'affirmer vigoureusement que le traitement des Palestiniens par Israël avait eu « un impact profond sur la psychologie musulmane » et que tous les musulmans, particulièrement en Palestine, sont impuissants. Cette allégation donna lieu à cette apologie de la violence : « La capacité de compatir se manifeste quand on est confronté à une puissance » - en d'autres termes (bien sûr, il ne le dirait pas carrément), du fait que l'islam est réputé impuissant, la violence en son nom est, en quelque sorte, compréhensible.

Khan conclut sur une note mélodramatique en promettant qu'il « n'écrira plus sur Israël », après ce qui est arrivé à la journaliste Helen Thomas, de peur de perdre son travail. A nouveau, il y eut des murmures d'approbation dans le public. Inutile d'insister sur le fait qu'Helen Thomas n'a pas critiqué le gouvernement israélien ni sa politique. Elle a dit, sans détour, que les Juifs n'ont qu'à « foutre le camp de la Palestine » et « rentrer chez eux » en Pologne et en Allemagne [1].

Dans la première moitié du siècle passé, les antisémites de ces pays disaient justement aux Juifs de « foutre le camp » d'Europe et d'aller en Palestine [2]. Est-ce le genre de personne que Khan considère comme une compagne de lutte ? Si c'est le cas, espérons qu'il tiendra sa promesse [et qu'il n'écrira plus sur Israël].

 

Jared Sorhaindo *

 

© Campus Watch

 


* Jared Sorhaindo est candidate à la maîtrise de l'Ecole des Hautes Etudes Internationales, de l'Université John Hopkins, qui met l'accent sur les Etudes concernant le Moyen-Orient et l'économie internationale, et stagiaire au Middle East Forum. Elle a rédigé cet article pour Campus Watch, un projet du Middle East Forum.

 

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Note du traducteur :

 

[1] Voir l'article de N. Mozgovaya, "Selon une journaliste de premier plan de l'administration Obama, les Juifs doivent quitter la Palestine et retourner en Europe", Haaretz, 5 juin 2010.

 

[2] Dans un article publié le 9 janvier 2009 ("De Gaza à la Floride, la plus vieille haine du monde est toujours vivante"), l'éditorialiste Mark Steyn, résumait en ces termes la problématique, avec son talent et sa causticité bien connus : « Comme je ne cesse de le dire, la plus vieille haine du monde ne serait pas ce qu'elle est si elle n'avait pas su s'adapter. Avant, dans la vieille Europe, on haïssait les Juifs parce qu'on les considérait comme un peuple cosmopolite et apatride, sans loyalisme national. Ils sont ensuite devenus un Etat-nation comme les autres, et maintenant, c'est pour cette raison-là qu'on les hait. Si le Hamas parvient à ses fins et détruit l'Etat juif, les quelques survivants se feront haïr pour de nouvelles raisons encore inédites. C'est ainsi que vont les choses. » Et un blog – que l'on qualifiera sans doute d'extrême droite, voire de raciste, pour cela –, illustrait l'article de Steyn, en en reprenant le passage cité ci-dessus, sous le titre lapidaire suivant : "1938 Jews go to Palestine! / 2008 Jews out of Palestine", et en l'illustrant du cliché ci-dessous :   


jews_to_palestine.jpg

Titre : « L'Avenir » – Juste en dessous, le panneau de signalisation porte « Vers la Palestine ». Carte postale de l'époque de l'Allemagne impériale, représentant des Juifs déportés vers la Palestine, ou à qui l'on montre le chemin vers ce pays. Le contexte est celui de la campagne antisémite du début des années 1890.

 


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Mis en ligne le 29 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org