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Christianisme

Le cardinal Kasper, qui fut en charge, entre autres, des relations de l'Eglise avec le judaîsme, prend sa retraite
01/07/2010

Article repris du site LaCroix.com, du 30 juin 2010.

Le cardinal Walter Kasper et le cardinal Giovanni Battista Re, arrivés à l'âge de la retraite, ont joué un rôle extrêmement important dans l'Église universelle de ces dernières années



Dernière minute (Nouvel-Observateur), 2 juillet 2010:

CITE DU VATICAN (AP) — Le pape Benoît XVI a nommé jeudi l'évêque suisse de Bâle à la tête du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, qui supervise aussi les relations avec le Judaïsme.

Kurt Koch, 60 ans, va remplacer le cardinal Walter Kasper qui prend sa retraite, à 77 ans, et qui était à la tête de ce dicastère depuis 2001.

Le nouveau président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens est évêque de Bâle depuis près de 15 ans. Il est membre de ce conseil depuis 2002. AP

 

Le cardinal Walter Kasper, Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, lors de la Commémoration du 20ème anniversaire de la rencontre pour la paix à Assise en 2006(Colarieti/Ciric).

Voilà onze années que le cardinal Walter Kasper faisait entendre son accent allemand rocailleux et surtout sa grande indépendance d'esprit dans les couloirs de la Curie romaine. Ce théologien, qui, sans être un proche de Benoît XVI – ils ont eu de profonds différends théologiques –, était sans doute l'un des rares à Rome à le tutoyer, a pour ainsi dire consacré toute sa force de travail aux relations avec les autres confessions chrétiennes, protestantes comme orthodoxe.

Tout récemment encore, faisant ses adieux à la presse, il répétait : « L'œcuménisme n'est pas optionnel, il est constitutif de la mission de l'Église. Il s'agit d'un service à l'Église, par l'Église et pour l'Église. » Le professeur intellectuel y avait pris goût : « Ce qui compte, ce sont les rapports personnels, l'estime, la confiance, le respect. L'œcuménisme ne se construit pas en écrivant des textes, mais en dialoguant, en tissant inlassablement un réseau, au cœur du “monastère invisible” qui unit tous ceux qui souffrent de notre manque d'unité. »

En quittant ce dicastère, le cardinal Kasper peut se targuer d'un bilan élogieux. Pourtant, tout ne fut pas toujours aisé. Ainsi, avec les Églises orthodoxes occidentales, il a fallu, se souvient-il, « une patience infinie » pour établir des relations de confiance, finalement manifestées lors des obsèques de Jean-Paul II, puis de l'intronisation de Benoît XVI. « Ce fut un véritable miracle », affirme-t-il. Grâce à cette inlassable patience, la rencontre attendue entre Benoît XVI et le patriarche Alexis de Moscou est devenue de l'ordre du possible, même si, rappelle-t-il, elle « n'est pas encore à l'ordre du jour ».

Avec les Églises issues de la Réforme, il a fait preuve de diplomatie pour passer outre aux susceptibilités créées par le document Dominus Iesus, en 2000, signé du cardinal Ratzinger. Aujourd'hui, il explique que « notre problème majeur est la diffusion du pentecôtisme néocharismatique, sur tous les continents. Ces groupes, sans structures internationales, ni doctrine consolidée, ne veulent pas du dialogue. » De même, avec le judaïsme, le cardinal Kasper a dû monter au créneau après certaines décisions de Benoît XVI mal comprises (prière du Vendredi saint, dossier de la béatification de Pie XII). Nul doute, donc, que le cardinal, qui goûte déjà de pouvoir se replonger dans ses chères études, va rester un observateur attentif de l'Église universelle, comme de ce pontificat.

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© La Croix 


[Article aimablement signalé par O. Peel.]

 

Mis en ligne le 1er juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site rivtsion.org