Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Un spectacle humanitaire, Ben-Dror Yemini
03/07/2010

 

Article du Blog de l'auteur sur le site de Maariv, 2 juillet 2010

 

Texte original en hébreu : "Hatsagah homanitarit".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

ben_dror_yemin_bandeau_blog.jpg

 

D'autres flottilles d'aide humanitaire, en provenance du Liban, d'Iran et d'Occident, font route vers la bande de Gaza. Pourtant, la situation des Turcs, des Iraniens et des Palestiniens au Liban est plus mauvaise. Stockholm et Glasgow font aussi partie de la fête. Ci-après, les faits.

 

Avant de commencer l'article, permettez-moi ce bref avant-propos.

Dis, tu n'es pas découragé - me demandent parfois tant des lecteurs, que des supporters ou des contradicteurs - de ressasser encore et encore que ce n'est pas Israël qui est coupable de tous les maux du monde, d'exposer encore et encore des faits ; de réfuter encore et encore des affirmations ? La réponse est : Non. Je n'envisage nullement de céder au découragement. Et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que j'aspire au jour où les barons de l'industrie du mensonge cesseront de répandre leurs mensonges. Deuxièmement, parce que beaucoup ignorent les faits, et qu'ils sont exposés à une propagande hostile, aux mensonges, parfois même en Israël. Troisièmement, parce que beaucoup, même partisans d'Israël, ont besoin de "munitions". Quand un mensonge est répété des milliers de fois, il risque d'être admis. Aussi est-il nécessaire de réaffirmer la vérité des milliers de fois. Peut-être l'emportera-t-elle sur le mensonge. Et quatrièmement, parce que je ne crois pas que tous ces gens, là-bas, soient des antisémites. Simplement, beaucoup d'entre eux ne savent pas. J'ai donné suffisamment de conférences sur des campus dans le monde, pour savoir  qu'il y a toujours les groupes tapageurs et bruyants, dont font partie des Juifs, qui sont dévorés par la haine d'Israël. C'est une affaire d'endoctrinement. Mais de nombreux autres ont besoin, comme d'air pour respirer, d'une information solide, factuelle. Alors j'apporte ma modeste contribution.

Mais, m'objecte-t-on ici, tu ne convaincs que les convaincus. Non. Absolument pas. D'abord, beaucoup d'entre nous ne savent pas. De fait, ici aussi il y a de la propagande anti-israélienne. Et il y a ici, des jeunes et d'autres qui ne savent pas. Tout simplement, ils ne savent pas. Alors il faut le leur dire. De plus, et ce n'est pas le moins important, une grande partie de ce que j'écris est publié dans le monde, sur beaucoup de sites Internet, dans de nombreuses langues et même dans des journaux de premier plan, surtout en Europe. De ce fait, ce matériau tombe sous les yeux de beaucoup de gens. Et même si, je le répète, ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer, il n'est pas question de renoncer à cette goutte-là. Et même si j'ai mon mérite, il y a beaucoup d'autres gouttes que la mienne. Il est vrai que les journaux comme le Guardian et l'Independent sont hostiles à Israël de manière quasiment maladive. Mais il y a aussi le Times de Londres, dans lequel paraissent des articles qui éveillent l'espoir, tel celui de l'ancien Premier ministre d'Espagne [1].

La raison de ce mien article est double. Première raison : Il y a deux semaines j'ai été invité comme modeste référent dans le programme « On fait de l'ordre ». Le présentateur n'était pas l'habituelle Karen Neubach, mais un invité. J'ai affirmé, dans ce cadre, que la situation humanitaire à Gaza différait totalement du lavage de cerveau qui sévit dans les médias. Le présentateur réagit sur un ton quelque peu sceptique. Il n'appartenait pas au Guardian, mais à une chaîne nationale israélienne. Deuxième raison : des médecins palestiniens ont publié dans une revue médicale une recherche, dans laquelle ils déplorent les dégâts infligés à la santé des habitants de Gaza. Il y a des dégâts identiques à ceux de Gaza, à Sdérot et à Ashkelon. Quiconque se trouve dans une zone de conflit subit des dégâts. Ce n'est évidemment pas réjouissant, sauf que tant le présentateur de Qol Israel que la recherche tendancieuse évoquée reflètent la croyance répandue à propos de la bande de Gaza. Non qu'il n'y ait pas de détresse là-bas, qu'il n'y ait pas de problème. Non que le blocus – bien qu'il n'y ait jamais eu un véritable blocus – ne cause pas de problèmes. Mais la situation mérite un regard plus sérieux et plus comparatif. La situation humanitaire à Gaza est-elle véritablement si abominable ?

J'arrête là l'introduction, et j'en viens à l'article lui-même qui tente d'apporter une réponse. (Un lien à une traduction sera indiqué plus tard).

 

 

La Turquie a été la vedette de la récente flottille. C'est de ce pays qu'est venu le navire Marmara, avec des membres d'une des organisations (IHH) du djihad mondial. Le Liban envoie un navire qui devrait arriver dans les prochains jours. De même l'Iran, citadelle du droit humanitaire dans tous les pays, se joint à la fête. Aussi convient-il de vérifier ce qui se passe dans ces Etats compatissants et forts qui font preuve d'une générosité digne d'être signalée, et envoient de l'aide à une population faible et opprimée. Un délégué est même arrivé de Suède, Gil Feiler, un ancien Israélien [2]. Aussi traiterons-nous également de la Suède.

 

En Turquie, on meurt. A Gaza, on vit

 

L'un des indicateurs les plus importants permettant d'évaluer la situation humanitaire est le taux de décès des nouveaux-nés. Or il s'avère que la situation en Turquie est pire que celle de la bande de Gaza. A Gaza, le taux de mortalité des nouveaux-nés est de 17,71 pour mille. Il est de 24,74 en Turquie. La situation dans la bande de Gaza est bien meilleure que la moyenne mondiale, dont le taux de mortalité atteint 44 pour mille naissances, et encore davantage que celle des pays arabes et d'une partie des pays d'Amérique du Sud, et, bien sûr de l'Afrique. Un autre indicateur important est l'espérance de vie. Or, l'espérance de vie en Turquie est de 72,23 pour mille, alors que, dans la bande de Gaza, l'espérance de vie est plus élevée et atteint 73,68. C'est bien plus que la moyenne mondiale qui est de 66,12. A titre de comparaison, l'espérance de vie est de 63,36 au Yémen, 52,52 au Soudan, et 50 en Somalie. Ces pays poussent un cri à l'attention de la communauté internationale, un appel à l'aide de quelque navire de secours. Et personne ne vient.

Pour tout ce qui a trait au taux de croissance de la population, la bande de Gaza occupe la sixième place dans le monde, avec un rythme de croissance de 3,29% par an. Ce n'est peut-être pas un indicateur de qualité de vie, mais il semble que le taux élevé de croissance, conjugué au taux élevé de l'espérance de vie, et au faible taux de la mortalité infantile, témoignent d'un état de fait : pas de famine, pas de crise humanitaire et pas de contes des mille et une nuits fabriqués par les mille et une organisations de droits de l'homme. La plupart des habitants du monde sont, selon des données objectives, dans une situation plus mauvaise que celle des habitants de la bande de Gaza. C'est le cas des habitants de la Turquie sous l'autorité d'Erdowan. De même selon d'autres indicateurs tels que l'utilisation d'ordinateurs personnels, ou l'accès à Internet, la situation des habitants de la bande de Gaza est bien meilleure que celle de la majorité des habitants du monde. Pour compléter le tableau, nous mentionnerons que, voici deux ans, un politicien britannique a affirmé que l'espérance de vie à l'est de Glasgow était plus faible que celle de la bande de Gaza. L'affirmation fit scandale. La Quatrième Chaîne britannique effectua une vérification soigneuse et publia le "verdict " : C'était bien le cas, l'espérance de vie à Glasgow était inférieure à celle de la bande de Gaza.

Aussi est-il un peu bizarre qu'une aide humanitaire provienne d'habitants dont la situation est bien plus mauvaise, au bénéfice d'habitants dont la situation est bien meilleure. Il se peut qu'il y ait besoin de navires supplémentaires, mais il faut qu'ils prennent la direction opposée, à savoir, la Turquie qui a besoin d'aide. C'est la bande de Gaza qui doit se joindre à l'expédition d'aide humanitaire au bénéfice des malheureux Turcs.

 

L'Apartheid libanais

 

L'une des interdictions formulées par Israël concerne les matériaux de construction. L'expérience enseigne que les matériaux qui arrivent dans la bande de Gaza ne profitent pas aux habitants mais aux buts militaires du Hamas. Si bien qu'aucun Etat sain d'esprit – espérons qu'Israël l'est encore – ne fournirait à une organisation ennemie les matériaux avec lesquels seront construits les bunkers servant à la lutte contre son pays.

Ici encore, nous avons besoin d'un rappel. Dans le pays voisin, le Liban, vivent des centaines de milliers de Palestiniens. Ils sont confinés dans des camps de réfugiés, et soumis à des interdictions diverses et étranges, qui méritent un traitement à part, au chapitre de l'apartheid arabe à l'égard des Palestiniens. Pour notre objet, l'une des mesures les plus sévères est l'interdiction de construire. Il est tout simplement interdit de construire, que ce soit une maison, une pièce d'habitation, ou tout édifice permanent. C'est également le cas du camp de réfugiés Nahr el-Bared, qui fut bombardé par les Libanais (histoire bien connue : prise de contrôle par l'islam radical, qui entraîna des bombardements impitoyables, lesquels transformèrent le camp en champ de ruines). Ces énormes destructions furent cause de ce que la majorité des habitants du camp, 27 000 sur 30 000, redevinrent des réfugiés. Ils payèrent un prix très lourd parce que 450 d'entre eux seulement étaient membres d'un groupe d'insurgés, Fatah al-Islam. Le combat contre l'islam radical, qui avait tenté de prendre pied dans le camp, servit de justification à l'énorme destruction causée. Il serait intéressant de savoir pourquoi le monde a encouragé le Liban à faire un tel usage de la force, alors qu'Israël a été prié de garder un profil bas. Il y a des dons pour la reconstruction, il y a même accord à ce propos, mais le gouvernement libanais soulève des difficultés. C'est ainsi que l'on traite des gens dont le monde arabe veut pérenniser la misère et la situation de réfugiés.

 

Humanisme iranien

 

N'oublions pas l'Iran. A quelque aune qu'on la mesure, la situation y est pire. La mort des nourrissons, par exemple, est de 34,66 sur mille naissances, soit deux fois plus (!) que dans la bande de Gaza. L'espérance de vie est de 71,43, inférieure à celle de la bande de Gaza et à celle de la Turquie. Avec l'imposition de la Sharia dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, comme c'est le cas en Iran, et lorsque la lapidation des femmes deviendra la norme, on peut supposer que la situation des habitants de Gaza se dégradera et atteindra les chiffres de l'Iran. D'ailleurs, cette semaine justement, nous parviennent des informations selon lesquelles une femme de 43 ans, Sakineh Mohamamadi e Ashtiani, encourt la lapidation, suite à un procès pour adultère. Mais, en attendant, seulement en attendant, il est préférable que l'aide parvienne de Gaza à l'Iran. Espérons que l'Egypte permettra le passage par le Canal de Suez.

 

Intifada en Suède

 

Et qu'en est-il de la Suède ? Eh bien, il n'y a pas d'occupation là-bas. Pas d'agents de l'industrie du mensonge aux riches budgets, qui diffusent dans le monde la bonne nouvelle de l'"apartheid" suédois à l'encontre des Palestiniens. Ils ont au contraire été accueillis avec le sourire. Ils vivent là-bas depuis deux générations. Mais, le mois dernier, des émeutes ont éclaté. Les émeutiers ont brûlé une école dans le "petit Mogadiscio" –  C'est ainsi qu'on appelle le quartier où ils habitent dans la ville de Stockholm. Arrivés sur les lieux pour maîtriser l'incendie, des policiers et des pompiers ont été accueillis par une grêle de pierres. Ils n'ont pu parvenir au lieu de l'incendie. Ce ne sont pas les Suédois qui s'en sont pris à eux, mais le contraire. Car, aux yeux des jeunes musulmans suédois, semble-t-il, ils sont une bande de racistes blancs qui les oppriment sans arrêt. Les émeutes ont eu lieu parce que quelques jeunes n'ont pas été acceptés dans une école de danse. Il n'y avait pas d'arrière-pensée raciste dans cette "discrimination", mais la réaction a été enragée. Une sorte d'Intifada. Aucun titre de la presse mondiale n'a fait état de cet événement. En somme, il s'agissait d'émeutes de quelques jours. En somme, il y a eu une école rasée jusqu'au fondement, des voitures et des autobus incendiés. En somme, un affrontement local. Certes, cela s'est aussi produit dans d'autres villes suédoises. Et cela s'est produit dans d'autres villes d'Europe. Mais cela ne s'est pas produit à Gaza, ni à Jaffa, ni à Jérusalem, donc pas de quoi s'émouvoir. Il n'y a pas besoin d'innombrables chaînes de télévision. Il n'y a pas  besoin de dire que la Suède est un Etat oppresseur. Et il n'est pas nécessaire de dénier à la Suède le droit à l'existence.

Il se peut – qui sait ? – qu'il soit nécessaire d'envoyer de l'aide humanitaire dans la bande de Stockholm où vivent ces opprimés. Peut-être aussi de leur faire parvenir une école mobile de danse. La vie sans école de danse est insupportable, cela mérite une réaction violente et une sorte de petite Intifada. Des détails sur la flottille pour Stockholm figureront prochainement sur les sites des droits de l'homme.

 

Obsession non humanitaire

 

La situation de la majeure partie des habitants du monde est plus mauvaise que celle des habitants de la bande de Gaza. L'aide humanitaire américaine par habitant pour la bande de Gaza est 7 fois et demie plus élevée que celle que reçoivent les habitants de Haïti. Inutile de souligner que, quel que soit l'indicateur de référence, économique ou médical, la situation des habitants de Gaza est incomparablement meilleure que celle des habitants de Haïti. La situation des habitants de Gaza est également meilleure, quel que soit l'indicateur de référence, que celle des Palestiniens des camps de réfugiés du Liban. Et pourtant, nous n'avons pas vu de manifestants faire cause commune avec les Palestiniens qui gémissent au Liban, ni de flottille d'aide. C'est-à-dire qu'il ne suffit même pas d'être Palestinien. Il faut être un Palestinien qui peut raconter que « tout est de la faute d'Israël ». Donc, il est exact que, grâce à Israël, la situation des Palestiniens dans la bande de Gaza est meilleure que celle de leurs frères dans les pays voisins. A cause de l'occupation [israélienne] féroce, l'espérance de vie a augmenté dans la bande de Gaza, passant de 48 en 1967 à 66 en 1993, et comme nous l'avons exposé, elle continue d'augmenter. Notons au passage qu'il s'agit d'une augmentation stupéfiante, plus grande que dans les Etats voisins. Mais, de grâce, ne troublons pas l'esprit des "militants des droits de l'homme" des flottilles d'aide avec des faits. De toute façon, ils n'enverront pas une flottille d'aide à l'Iran, au Liban ou en Turquie, et, bien entendu, pas au Darfour soudanais. La détresse humanitaire ne les intéresse pas. C'est l'obsession anti-israélienne qui leur importe. Cela ne veut pas dire qu'il est interdit de leur exposer les faits. En fait, ils veulent mettre Israël dans l'embarras. Mais les faits de base, telle est la vérité, sont de nature à les déconcerter eux.

Tout cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de souffrance à Gaza. Bien sûr, même si, selon les données objectives, c'est pire en Turquie, en Iran et au Liban. Israël a intérêt à ce que tout aille bien à Gaza, que le niveau de vie augmente, que l'économie soit florissante. Israël s'est coupé de Gaza pour s'en séparer, pour permettre aux habitants de Gaza de mener une vie indépendante. Sauf que la mainmise du Hamas a fait que, au lieu de se développer et de produire, le seul développement a été celui des fusées Kassam. Le blocus a été imposé parce que le pouvoir en place à Gaza refuse de reconnaître les accords antérieurs, refuse de reconnaître Israël et refuse d'entrer dans le processus de paix et de réconciliation. Le régime de Gaza a opté pour la sédition et l'association avec l'Iran et le djihad mondial. Et malgré cela, tout peut changer en un jour. Il suffit que le Hamas décide d'accepter les conditions du Quartet. Pas celles d'Israël. La clé est dans les mains du Hamas.

 

Ben-Dror Yemini

 

© Maariv


------------------------------


Notes du traducteur

 

[1] Voir José-Maria Aznar, "« Si Israël sombre, nous sombrons tous » (Texte intégral)".

[2] Il semble qu'il s'agisse de Dror Feiler, auteur d'une « œuvre d'art » blasphématoire dédiée à une terroriste palestinienne qui entraîna dans sa mort-suicide 21 Israéliens innocents ; voir : "Terroriste souriante dans une piscine de sang: colère de l'ambassadeur d'Israël" ; et surtout : "Antisémitisme en Suède : témoignage de la femme de l'ancien ambassadeur d'Israël".

 

------------------------------

 

[Texte original aimablement signalé par le Dr G. Hod.]

 

Mis en ligne le 3 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org