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Caroline B. Glick

Cela convient au ‘New York Times', Caroline Glick
13/07/2010

 

The Jerusalem Post, 9 juillet 2010


Texte original anglais : "Fit for ‘The New York Times'".

Traduction française : Menahem Macina

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Les médias ont à peine signalé deux déclarations importantes faites cette semaine, qui éclairent sur la nature du conflit palestinien avec Israël.


Samedi, l'édition londonienne du journal Al Hayat rapportait que le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, avait remis au médiateur des Etats-Unis, George Mitchell, une lettre détaillant un certain nombre de concessions qu'il envisage de faire à Israël dans le cadre d'un traité de paix final. Elles incluent la disposition d'accepter une souveraineté israélienne permanente sur le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem et sur le Mur Occidental. L'article d'Al Hayat a fait l'objet d'un accueil large et enthousiaste dans les médias israéliens et dans les organes de presse mondiaux.

Ce qui était à peine évoqué, c'est qu'à peine quelques heures après que l'article ait atteint les ondes, le négociateur en chef d'Abbas, Saeb Erekat, a catégoriquement démenti toute l'affaire. Dans une interview sur Qol Israël, Saeb Erekat a affirmé que la nouvelle était fausse.

Abbas a été l'objet une couverture de presse flatteuse en Israël ces derniers jours. La semaine dernière, il a semé l'émotion dans les médias en hébreu quand il a invité des journalistes israéliens à une réception somptueuse dans son Quartier général de Ramallah.

Puis, est sortie la nouvelle d'Al Hayat.

Du coup, dans l'excitation du moment, l'apologie faite par Abbas de l'archi-terroriste, Muhammad Daoud Oudeh, mort en fin de semaine, est passée complètement inaperçue. Oudeh était le cerveau du massacre, perpétré par l'OLP, de onze athlètes israéliens au cours des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Abbas lui-même avait été le financier de l'opération.

Comme l'a rapporté Palestinian Media Watch, dans un message de condoléances cité par le journal Al Hayat al Jadida, Abbas a fait l'éloge  d'Oudeh comme étant « un merveilleux frère, dur et obstiné, un combattant implacable », et l'a décrit comme « l'un des dirigeants éminents du mouvement Fatah ».

Ainsi, pendant que les médias locaux et internationaux se ruaient sur la nouvelle d'Al Hayat comme constituant une preuve de ce que les Palestiniens sont sérieux en matière de paix, ils ont omis de mentionner que leur espoir est fondé sur une information que les Palestiniens eux-mêmes récusent. De même, dans leur précipitation à donner l'accolade à Abbas, ils ont omis de rapporter sa louange d'un meurtrier de masse non repenti, qui commandait l'unité terroriste qui massacra des athlètes olympiques israéliens.

Ces déclarations faites par des officiels palestiniens, que les médias qualifient habituellement de « modérés », démontrent à quel point le discours sur le Moyen-Orient est devenu profondément déformé et largement inadéquat. Alors que les Palestiniens "modérés" insistent sur le fait qu'ils ne sont pas intéressés à une coexistence pacifique ni à un compromis territorial avec Israël, la couverture de presse en Israël et dans le monde occidental est dominée par d'autres questions. Précisément, la discussion des perspectives de paix entre Israël et les Palestiniens est dominée par des polémiques sans fin sur les communautés juives de Judée et de Samarie et les quartiers juifs à l'est, au sud et au nord de Jérusalem.

L'exemple récent le plus illustre de cette distorsion a été un article de 5.000 mots dans le New York Times de mardi [6 juillet] concernant les contributions caritatives américaines à ces communautés juives. Intitulé : "Exemption d'impôts sur les fonds d'aide aux implantations en Cisjordanie", rapport co-rédigé par cinq journalistes du Times. C'était le résultat de semaines de recherches. Et il est notable que le Times a choisi de le publier en ‘Une' en haut de page, le jour même où le premier ministre Benyamin Netanyahou était en visite à la Maison Blanche.

L'article du Times constitue un cas d'école d'agression idéologiquement motivée des médias contre la réalité au Moyen-Orient. Quelle que soit la manière dont on le perçoit, c'est un affront prémédité à la notion même selon laquelle le rôle d'un journal est de rapporter des faits plutôt que de fabriquer des informations ayant pour but de façonner les perceptions et de biaiser le débat.

L'article fait tout ce qu'il peut pour discréditer les citoyens américains qui font des dons charitables déductibles d'impôts à des organisations qui apportent un soutien conforme à la loi aux communautés juives de Judée et de Samarie et aux quartiers juifs du sud, du nord et de l'est de Jérusalem. Il peint un tableau sinistre de ces contributions et des donateurs et les accuse de saper activement la politique étrangère des Etats-Unis.

Les donateurs, nous dit-on dès les premières lignes du rapport, sont les grands méchants que fustige la Gauche – Chrétiens évangéliques et Juifs religieux. Ils jouent un rôle inacceptable au Moyen-Orient parce que les uns et les autres croient que le contrôle de la Judée et de la Samarie par les Juifs est un signe avant-coureur de la venue du Messie.

Réagissant à l'article du Times, Honest Reporting faisait remarquer mercredi que l'article semble être le produit d'une collusion active entre le Times et l'organisation radicale, antisioniste et exonérée d'impôts, Gush Shalom. Comme le rapporte Honest Reporting, en juillet 2009, Gush Shalom a envoyé un communiqué à ses partisans pour appeler à l'ouverture d'une campagne qui « consiste en une combinaison d'action juridique et de défense publique, contre ceux qui veulent qu'on refuse le statut d'exemption fédérale d'impôts (501c3) aux organisations caritatives américaines soutenant l'activité d'implantation ».

L'article du Times a tous les traits d'une campagne politique. D'abord, malgré les vaillants efforts de cinq journalistes du Times, il ne révèle aucune activité illégale. Au mieux, son enquête sur plus de 40 organisations versant des fonds aux communautés juives de Jérusalem, et de Judée-Samarie, que ses journalistes détestent, a montré que moins d'une poignée d'entre elles sont coupables d'infimes pratiques comptables illégales.

Si l'on admet que la conclusion très raisonnable d'Honest Reporting, selon laquelle l'article du Times est le produit d'une collaboration entre le journal et des groupes antisionistes radicaux, ce rapport est scandaleusement hypocrite. En le publiant, le Times adopte précisément le comportement dont il affirme que les organisations sur lesquelles il a enquêté doivent être punies pour l'avoir prétendument adopté. Ce qui veut dire, qu'en se mettant au service d'organisations radicales bénéficiant d'exonération fiscale, le Times cherche à saper la politique étrangère des Etats-Unis. Durant les quatre décennies passées, la politique étrangère des Etats-Unis a consisté à entretenir une alliance stratégique avec Israël. Le but de groupes ostensiblement alignés sur le Times, comme Gush Shalom, est de saper cette alliance en discréditant et en criminalisant ceux qui veulent la renforcer et la maintenir.

L'article du Times utilise un langage sinistres et des insinuations pour créer l'impression qu'il y a une espèce de trahison et de corruption et quelque chose de répréhensible dans les contributions aux communautés juives et aux quartiers de Judée-Samarie et de Jérusalem. Par exemple, l'article affirme : « Les dons aux mouvements des implantations se distinguent [d'autres contributions caritatives qui profitent aux objectifs de la politique étrangère des Etats-Unis] en raison de la centralité de la question des implantations dans les pourparlers en cours, et du fait que Washington a constamment refusé d'autoriser Israël à dépenser l'aide du gouvernement américain au profit des implantations. Les allègements fiscaux pour les dons restent largement non contestés et non vérifiés par le gouvernement américain ».

Ce que le Times omet de reconnaître, c'est que la raison pour laquelle ces dons sont « largement incontestés et non vérifiés » est que c'est le droit constitutionnel des citoyens américains de contribuer à des organisations caritatives qui font la promotion d'objectifs politiques, même si ces objectifs – comme ceux de Gush Shalom – sont antithétiques avec la politique des Etats-Unis, telle qu'elle est déterminée par le gouvernement américain.

Le Times allègue que ces communautés sont illégales. L'assurance de son allégation n'est pas différente de celle du négociateur palestinien, Saeb Erekat.

Erekat a été de l'avis de l'article du Times : « Les implantations violent la loi internationale ».

La vérité est que les communautés israéliennes situées au-delà des lignes d'armistice de 1949 sont légales. Mais même si l'on devait accepter l'argument qu'elles sont illégales, il faudrait accepter un argument fondé sur les termes de la Quatrième Convention de Genève de 1949, qui empêche les puissances occupantes de transférer leur population dans les zones qui sont sous occupation.

Il n'existe aucune lecture possible de la convention permettant d'interdire le mouvement volontaire d'Israéliens en Judée-Samarie et dans les quartiers de Jérusalem d'après 1967. De même, il n'existe aucune lecture possible de la convention permettant d'interdire la fourniture d'un soutien financier aux Israéliens qui viennent volontairement dans les zones en question. Pourtant, c'est précisément ce mouvement volontaire, indiscutablement légal, de Juifs vers ces zones – dont le Times reconnaît qu'il est souvent fait contre le souhait des gouvernements d'Israël – que l'article du Times attaque.

En bref, l'affirmation du Times selon laquelle y aurait quelque chose de légalement problématique au sujet de ces dons est grotesque tant en ce qui a trait à la loi américaine qu'en ce qui a trait à la loi internationale.

D'un point de vue journalistique, il y a quelque chose de pire que la décision du Times d'adopter précisément le comportement qu'il cherche à criminaliser quand il est adopté par ses antagonistes politiques de la Droite chrétienne et juive ; pire même que la fausse description de la loi que fait l'article,  et c'est sa tentative évidente d'obscurcir le principal problème par les problèmes fonciers de Judée et de Samarie, dans le but de créer une image, fausse mais idéologiquement sympathique, de la situation sur le terrain.

Ce n'est qu'au 58ème paragraphe de l'article que le Times trouve le temps de faire allusion au vrai problème – en l'obscurcissant. Il rapporte : « Des jurys islamiques ont menacé de mort les Palestiniens qui vendent une propriété à des Juifs dans les territoires occupés ».

En fait, bien que ce puisse être vrai, ce n'est pas le problème. Le problème est que la seconde loi promulguée par l'Autorité Palestinienne – quelques semaines seulement après la création de l'AP en 1994 – a statué que toutes les ventes de terres arabes aux Juifs constituaient un crime passible de la peine de mort. Depuis 1994, nombre d'Arabes ont été tués, tant au cours d'exécutions judiciaires que d'exécutions extrajudiciaires, pour avoir vendu des terres aux Juifs.

Cette mesure publique consistant à dissimuler le fait que, depuis 1994, l'AP a envoyé des escadrons de la mort pour assassiner des Arabes, tant palestiniens qu'israéliens, suspects de vendre du terrain aux Juifs, est une déformation choquante des standards journalistiques. Alors qu'il a fallu au Times cinq journalistes qui ont travaillé pendant des semaines, pour conclure qu'il n'y a absolument rien d'illégal dans les opérations de groupes caritatifs américains qui soutiennent des communautés juives – que le Times souhaite détruire –, le journal n'aurait pas eu besoin d'investir la moindre somme d'argent pour découvrir que l'AP assassine tout Arabe qui vend de la terre aux Juifs. L'AP n'a fait aucun effort pour cacher cette politique. Elle est de notoriété publique pour quiconque souhaite voir la réalité.

Et c'est, bien entendu, le véritable problème ici. La totalité de "l'enquête" du Times sur les groupes caritatifs américains qui aident des communautés juives et les quartiers de Judée, de Samarie, et de Jérusalem, est une tentative flagrante, faite par un journal important, de dissimuler les véritables problèmes qui prolongent le conflit palestinien avec Israël. Ces problèmes – que révèlent l'apologie d'un meurtrier de masse, faite par Abbas, le déni d'Erekat qu'Abbas ait le moindre intérêt pour un compromis avec Israël, ainsi que la politique de l'AP consistant à tuer tous les Arabes qui vendent de la terre aux Juifs – desservent l'objectif du Times, qui est d'imputer la responsabilité de l'absence de paix à Israël, en général, et à la Droite israélienne et à ses partisans aux Etats-Unis, en particulier.

Et c'est ainsi que, 17 ans après le commencement du soi-disant processus de paix entre Israël et l'OLP, dix ans après que l'OLP ait détruit ce processus en lançant une guerre terroriste contre Israël, et quatre ans et demi après que les Palestiniens aient élu le Hamas pour les diriger, nous sommes toujours bloqués dans un discours falsifié et hors de propos sur le Moyen-Orient.

Nous sommes coincés dans une ornière parce que ces organes de presse motivés politiquement et idéologiquement travaillent, unis comme les deux doigts de la main, avec des groupes radicaux qui cherchent à ébranler la souveraineté nationale d'Israël et à mettre fin à son alliance avec les Etats-Unis. Ensemble, ils fabriquent des nouvelles qui n'ont aucun lien avec la réalité ni avec les véritables défis auxquels sont confrontés ceux qui cherchent la paix au Moyen-Orient.

Mais, manifestement, pour le New York Times, c'est ce qu'il convient de publier.

Caroline Glick

© The Jerusalem Post

 

 

[Texte anglais aimablement signalé par O. Peel, via desinfos.com]

 

Mis en ligne le 11 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org