Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (boycott d')

Imposer des limites aux universitaires fans du boycott d'Israël, par Eli Pollak et Mordechai Kedar
07/08/2010

 
Sur le site Ynet News de Yediot Ahronot [Texte simple, limpide, efficace, car sans emphase et frappé au coin du bon sens. Je l'ai traduit avec joie. Mon plus cher désir - et ce sera ma récompense - est qu'il bénéficie d'une large diffusion. (Menahem Macina).]  Texte original anglais : "Limit Israel's boycott fans", 17 juillet 2010.


Traduction française : Menahem Macina

 

Libre opinion : L'activité incorrecte d'universitaires israéliens menace leurs collègues et les universités.

 
kedar_journaux_reduit.jpg


Cela fait maintenant des années que des institutions académiques israéliennes sont l'objet d'attaques de la part de membres du personnel enseignant israélien qui voyagent dans le monde et qui exhortent les syndicats de professeurs à boycotter les universités israéliennes. Certains de ces professeurs israéliens vont encore plus loin en encourageant des organismes économiques à retirer leurs investissements d'Israël, en général, et des universités, en particulier, à boycotter Israël et ses institutions universitaires, et à leur imposer des sanctions.

Ces gens justifient leur activité en arguant que la liberté académique leur donne le droit de porter atteinte à la stabilité économique des institutions d'où ils tirent leur subsistance, tandis que l'Etat - qui paie leurs salaires - doit continuer à le faire même si ces personnes incitent à des actions qui menacent son existence même.

En tant qu'universitaires nous-mêmes, nous sommes favorables à la liberté académique et nous n'avons pas de problème sur le principe avec un chercheur qui affirme – lors d'un congrès ou dans un journal universitaire - que l'Etat d'Israël est un Etat d'apartheid, par exemple. En fin de compte, tout congrès honnête, tout journal honorable fourniront une tribune appropriée à des points de vue qui réfuteront facilement des affirmations aussi stupides, en arguant des différences très significatives entre Israël et l'apartheid en Afrique du Sud. La valeur académique d'une telle affirmation sera la même que celle qui affirmerait que la terre est plate.

Si un professeur affirme une telle chose en classe, l'honnêteté académique l'oblige à faire état des opinions divergentes et, s'il ne le fait pas, il est censé être rappelé à l'ordre par ses supérieurs en raison de la superficialité intellectuelle dont il fait preuve à l'égard de ses élèves. Ainsi, le milieu universitaire est capable de se mesurer à de telles affirmations aussi longtemps qu'il maintient sa décence et son équité, qui sont supposées empêcher d'autres déviations éthiques, telles que le plagiat ou les fausses accusations.

Le problème commence lorsque l'événement au cours duquel ces folles allégations sont émises n'est pas académique, mais plutôt de nature politique (par exemple, la "Semaine de l'Apartheid israélien"). Et c'est encore plus grave lorsque un universitaire israélien demande instamment à une caisse de retraite de mineurs finlandais (par exemple) de retirer ses investissements d'Israël et de son université, et de leur imposer des sanctions et un boycott.

Ce genre d'activités n'est pas académique, mais purement politique. Dès le moment où un universitaire s'adonne à de tels actes, il s'écarte de son domaine et agit comme s'il était un homme politique. Dans le domaine politique, la liberté académique n'a aucune signification, tout comme la liberté académique ne donne à personne le droit de rouler dans le mauvais sens de la circulation ou de stationner illégalement, fût-ce sur le campus !

La liberté n'est pas illimitée: la liberté d'expression ne donne pas le droit de crier « au feu ! » dans un théâtre sans raison. Si la liberté d'entreprise donne à tout charpentier le droit de forer des trous, elle ne l'autorise pas à en percer un dans la coque d'un navire transportant d'autres passagers. De même, la liberté académique est limitée à l'activité universitaire et aux domaines connexes et ne s'applique pas à l'activité politique.

La liberté académique ne confère pas aux universitaires le droit de mettre en danger l'emploi de leurs collègues. Par ailleurs, s'ils estiment que leur université mérite d'être boycottée, ces universitaires devraient être honnêtes avec eux-mêmes et s'auto-boycotter en démissionnant et en renonçant à leur salaire et au budget de recherche qu'ils ont reçu.

Il n'y a aucune raison qui oblige un Etat, ou quelque autre organisation, à financer et parrainer des personnes qui parcourent le monde en appelant au boycott et à des sanctions contre lui, puisque ces gens-là délégitiment l'État et, de ce fait, son existence même.

Un universitaire qui se sert de sa liberté académique à des fins politiques, contraint nécessairement l'institution qui lui verse son salaire à adopter une position politique, alors qu'il n'a pas été autorisé à le faire par son employeur ou par ses collègues. Par conséquent, il met en danger leur position académique ainsi que leur situation économique vis-à-vis des collègues du reste du monde et détériore la situation économique de son institution qui résultera de la diminution des investissements et des dons, provoquée par ses actions qui portent atteinte aux ressources de l'université.

Récemment, 14 donateurs de l'Université de Tel-Aviv ont exhorté la ministre de l'éducation à intervenir. Eux et d'autres donateurs pourraient retirer leur soutien si leur appel public devait rester sans écho. En tant qu'universitaires, nous nous sentons menacés par l'activité politique et non universitaire de certains de nos collègues qui menacent notre statut dans la communauté académique mondiale, les institutions dont nous sommes membres, les universités israéliennes en général, et l'État d'Israël dans sa totalité

Le ministre de l'éducation, qui est en charge des budgets des universités, doit d'urgence constituer un comité qui fixera des règles éthiques pour les activités non académiques, afin de protéger la liberté académique contre les abus et de protéger les établissements d'enseignement supérieur de l'effondrement économique et scientifique qui résulterait de l'activité irresponsable de gens qui se sont mués en politiciens déguisés en universitaires.

 

Mordechai Kedar, Eli Pollak *


* Le Dr Mordechai Kedar et le Professeur Eli Pollak sont membres d'Israel Academic Monitor


© Ynet News  

 

Mis en ligne le 19 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org