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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Nouvelle initiative scandaleuse de J Street, Isi Leibler
07/08/2010

 
Original anglais sur le Blog de l'auteur : "J Street's outrageous new initiative", 19 juillet 2010.

Texte également paru dans le Jerusalem Post.


Traduction française : Menahem Macina
jstreet_leibler.jpg
Le temps est venu pour les Juifs libéraux américains qui soutiennent Israël de se demander s'il doit y avoir des limites ou des lignes rouges pour des organisations qui cherchent à faire partie de ce qu'ils appellent la "Tente Juive" [*]. Jusqu'à maintenant, beaucoup semblent convaincus qu'il est de l'intérêt juif que toutes les organisations soient amenées dans la bergerie juive, sans tenir compte du tort qu'elles font à l'Etat d'Israël. Le plus illustre exemple est J Street, qui se consacre au grand jour à convaincre le gouvernement américain de contraindre Israël à prendre des initiatives contraires à la volonté non seulement d'un gouvernement démocratiquement élu, mais à celle de la vaste majorité du peuple. Beaucoup considèrent que tolérer un tel groupe dans le courant majeur juif transforme le concept de "tente juive" en une farce. Encouragée par l'hésitation et, dans certains cas, la lâcheté des dirigeants de l'establishment juif à le combattre, J Street est allée plus loin que cela. Délibérément conçu pour coïncider avec la date de la rencontre entre le Président Barack Obama et le Premier Ministre Binyamin Netanyahu, l'article que le New York Times a publié, sur une page entière, s'en prend à des contributions bénévoles qui aident, directement ou indirectement, des entreprises situées dans les implantations juives. L'article se concentre, de manière sélective, sur des éléments extrémistes marginaux et les lie implicitement au mouvement général des implantations, mettant en cause la validité du statut de déductibilité fiscale pour les dons susceptibles de bénéficier à ces zones. Comme l'a montré Gerald Steinberg dans un récent article du Jerusalem Post, il n'est pas surprenant que l'article ait passé sous silence les nombreuses organisations de gauche qui sollicitent l'exemption de taxes, pour saper et diaboliser le gouvernement israélien. J Street a fait fond sur cet article et bombardé ses membres et ses sympathisants d'un e-mail intitulé "Vérifiez les dons destinés aux colonies : Agissez maintenant", suivi de thèmes trompeurs dont : "L'organisateur de collectes discrédité, Jack Abramoff ; Les colonies en Cisjordanie ; Groupes juifs considérés comme terroristes par les Etats-Unis". De la sorte, J Street a exploité un article déséquilibré et partial et l'a faussé encore davantage en se concentrant, sans en évoquer le contexte, sur la référence faite par le New York Times au groupe marginal Kahane Haï [Kahane est vivant], et en l'associant au mouvement des implantations. Bien que Kahane Haï n'existe même plus aujourd'hui et que, à son zénith, il n'a jamais compté davantage qu'une poignée d'adeptes, J Street insiste, pour ficeler son message,  sur le fait que Kahane Haï « a été signalé comme une organisation terroriste par les Etats-Unis en 1994 », et cela afin de faire passer le message trompeur selon lequel les dons bénévoles au bénéfice de toute activité de bienfaisance au-delà de la Ligne Verte s'apparentent à un soutien au terrorisme. Pour mieux délégitimer le mouvement des implantations, l'e-mail de J Street mettait en relief, de manière déloyale, le fait que l'organisateur de collectes discrédité, Jacques Abramoff, avait soutenu une œuvre de bienfaisance agissant au-delà de la Ligne Verte.   En tout état de cause, J Street a vraiment franchi la ligne rouge en appelant ses adhérents à lancer une campagne concertée consistant à rappeler que le Trésor public américain est « l'agence fédérale chargée de faire respecter la loi en matière de financement du terrorisme et d'évasion fiscale », et à inviter à le bombarder d'e-mails exigeant une enquête pour déterminer si des organisations de bienfaisance qui assurent le financement d'activités s'exerçant au-delà de la Ligne Verte, « ont enfreint la loi ». Il est scandaleux que J Street insinue que des dons, y compris ceux qui ont pour but d'aider des institutions éducatives, des jardins d'enfants, des centres hospitaliers ou d'aide aux nécessiteux, constituent « un financement terroriste », ou une « évasion fiscale », du fait qu'une partie des fonds recueillis peuvent aussi bénéficier à des résidents d'implantations juives. Et dans l'environnement empoisonné d'aujourd'hui, il est répréhensible qu'une organisation juive – qui se prévaut d'appartenir au courant majoritaire – appelle ouvertement à des sanctions pénales à l'encontre d'organisations qui soutiennent des causes en Israël, que J Street estime contraires à sa conception politique du monde. Alors que des sanctions pénales ont peu de chances d'aboutir, J Street milite avec impudence pour que le gouvernement statue que tous les dons philanthropiques destinés à financer des projets d'organisations de bienfaisance situés au-delà de la Ligne Verte, non seulement se voient refuser la déductibilité fiscale, mais soient considérés comme contrevenant à la loi américaine. Au cas – peu probable – où une telle action réussirait, elle serait économiquement dévastatrice pour les innombrables institutions et projets vitaux au-delà des lignes d'armistice de 1949. Les organisations juives majeures qui se respectent évalueront sans nul doute les conséquences potentiellement dévastatrices du succès éventuel de la dernière campagne de J Street. Cette organisation ne limite plus ses activités à déstabiliser le gouvernement israélien. Ses activités vont maintenant jusqu'à s'efforcer de refuser une assistance vitale aux Israéliens dans le besoin, ainsi qu'à des projets d'assistance humanitaire qui se trouvent situés au-delà de la Ligne Verte, et dont la majeure partie auront un impact sur Jérusalem et sur les blocs d'implantations incontestés. Les dirigeants d'organisations juives américaines vont-ils continuer à rester silencieux face à d'aussi scandaleuses actions, qui ne sont pas uniquement dirigées contre l'Etat juif et ses citoyens, mais aussi contre des organisations caritatives situées aux Etats-Unis, qui contribuent aux besoins légitimes d'Israéliens ? Qui sait ? Si le gouvernement israélien et les dirigeants de l'opposition, qui, l'un et l'autre, sont incontestablement opposés à une activité aussi nuisible, élevaient la voix sans distinction d'appartenance politique et condamnaient ces actions susceptibles de causer d'énormes dégâts à l'Etat d'Israël, peut-être cela encouragerait-il les dirigeants juifs américains à mettre de tels groupes à l'écart du courant juif majoritaire.   © Isi Leibler ----------------------------- Note du traducteur  [*] Allusion à la coutume juive ancestrale d'inviter d'autres juifs dans la Souccah, pour symboliser le rassemblement d'Israël en un seul lieu. -----------------------------


[Texte anglais aimablement signalé par le Dr G. Hod, en Israël.]

 

Mis en ligne le 20 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org