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La terre du mont du Temple livre ses secrets, Laly Derai
07/08/2010

 

[Pour avoir une brève idée de cette affaire, je conseille vivement aux internautes intéressés de visionner les clips ci-après (ajoutés par www.france-israel.org).]

wakf_1_travaux_sauvages_mont_temple.jpg

Le Wakf interdit à Israël toute fouille archéologique

wakf_2_travaux_sauvages_mont_temple.jpg

Photo des travaux entrepris par le Wakf en 1996

wakf_3_travaux_sauvages_mont_temple.jpg+copie.jpg

La décharge de la vallée du Kidron où ont été déversés les débris et gravats résultant du vandalisme du Wakf


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Sur le
site de Hamodia, No 130, 14 juillet 2010

Pour les Musulmans, ce ne sont plus que des gravats, mais, pour les Juifs, il s'agit d'un véritable trésor. Voici maintenant six ans qu'un groupe d'archéologues israéliens, assistés par des dizaines de milliers de volontaires, tentent de réparer le mal causé par le Waqf musulman [administration responsable des biens fonciers islamiques (Note de M. Macina)] qui détruit le sous-sol du mont du Temple dans une tentative désespérée d'effacer toute trace de la présence juive sur le site le plus saint de notre histoire : « Car tes serviteurs affectionnent ses pierres, et ils chérissent jusqu'à sa poussière » (Psaumes 102, 15). Jamais ce verset n'aura été autant d'actualité, surtout à l'approche de Ticha Béav...

 

Une coutume datant de l'époque de la Guémara veut que le 'Hatan, le jour de son mariage, s'enduise le front de cendres, symbole de la destruction du Temple. De même certaines communautés ont pour tradition à la veille de Ticha Béav de tremper un œuf dur dans de la cendre avant de le consommer comme repas de deuil avant l'entrée du jeûne.

Or, aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe, de nos jours, un site où il est possible de recueillir des "cendres" venues directement du Har Habayit (le mont du Temple). Ces "cendres" sont aussi des vestiges du Bet Hamikdach, le Temple de Jérusalem, par deux fois détruit par le feu, en -587 par Nabuchodonosor et l'empire de Babylone et en 68 par Titus et l'empire romain. Ces "cendres" sont en fait de la terre plus sainte que jamais, déplacée par le Waqf musulman lors des travaux effectués sur le mont du Temple ces dernières années.

Il s'avère que depuis maintenant six ans, des archéologues et des milliers de volontaires, accomplissent un travail gigantesque par son ampleur historique et en même temps d'une minutie et d'une précision incomparables, pour déchiffrer ce que ces poussières, ces cendres, ces débris venus du lieu le plus saint du judaïsme, renferment.
Hamodia a rencontré le Dr Gaby Barkaï, archéologue de renommée mondiale, et son assistant, Tsahi Zweig, responsables du plus grand projet archéologique jamais réalisé en Israël : celui du tri des gravats du Har Habayit.


La plus grande mosquée d'Israël, sur le mont du Temple !

A l'origine, le mont du Temple, ou Har Hamoriyah, était une montagne comme on a l'habitude de les concevoir, avec un dénivelé aboutissant à un sommet en pointe. Mais cette description n'est valable que jusqu'à l'époque du roi Hérode, un tyran sanguinaire décrié par les Sages du Talmud. L'une des rares fois où nos Sages parlent en bien d'Hérode est liée à la reconstruction du Temple : « Celui qui n'a pas vu le Temple d'Hérode n'a jamais vu de bâtiment splendide de toute sa vie », affirme la Guemara (Baba Batra 4a).

En effet, pour agrandir la superficie du Temple construit par Zéroubavel, Hérode décide de procéder à de gigantesques travaux d'aménagement, bâtissant, "à la romaine", une immense esplanade : la colline d'origine est ceinturée d'un énorme mur de soutènement, la surface intérieure, entièrement nivelée puis comblée avec du remblai. Ces travaux durent dix ans, et nécessitent le travail quotidien de 10 000 hommes. Le Kotel, seul vestige du Temple, est la partie occidentale de ce mur de soutènement construit par Hérode. Le Temple lui-même dominait la ville de Jérusalem et constituait alors 15 % de la superficie de la ville. Mais ce bâtiment si majestueux ne subsistera pas longtemps : inauguré en 63, il est détruit cinq ans plus tard, le 9 av, par les troupes romaines de Titus.

Retour aux travaux d'Hérode et particulièrement à l'esplanade qu'il construit, transformant le Har Habayit en un immense parvis de 445 mètres sur 290 !
Au sud de cette esplanade, Hérode érige sa "stoa" [colonnade (Note de M. Macina)] royale, sorte de portique ouvert en façade par une colonnade. Lorsque, en 1099, les premiers Croisés arrivent à Jérusalem, ils sont persuadés que la Mosquée Al Aqsa, construite par les Musulmans qui contrôlaient la région à cette époque, n'est autre que le Temple de Salomon. Cette erreur en entraîne une autre, puisqu'ils décident d'appeler la "stoa" d'Hérode, où ils font dormir leurs chevaux, «Ecuries de Salomon » (Ourvot Chlomo). Ce terme est encore utilisé de nos jours, bien qu'il désigne un bâtiment construit plusieurs siècles après la mort du roi Salomon.

En 1187, Saladin (Salah A-Din) conquiert la plus grande partie d'Eretz Israel. Il décide de combler les écuries de Salomon et de murer ses entrées. La terre utilisée provient du mont du Temple. Le bâtiment restera tel quel durant huit siècles.
En 1996, le Waqf décide d'aménager les écuries de Salomon et de les transformer en une immense mosquée. Ses employés déblaient 7 000 tonnes de terre, et le bâtiment devient la mosquée Al Marwani, un bâtiment souterrain pouvant accueillir jusqu'à 10 000 personnes ! Plus tard, il décide de créer une sortie de secours, et, pour ce faire, on procède à un creusement express : en trois jours, un puits de 36 mètres sur 43, et d'une profondeur de 12 mètres, est creusé.

Pour réaliser ces travaux, le Waqf reçoit l'autorisation du Premier ministre de l'époque, Ehoud Barak. 6 000 tonnes de terre, riches d'une quantité de vestiges archéologiques, sont transportés par camions dans des décharges publiques et dans le parc national de Nahal Kidron, situé en contrebas du Har Habayit. C'est à partir de ces 13 000 tonnes de gravats que le Dr Gaby Barkaï et son assistant, Tsahi Zweig, vont parvenir à recueillir des dizaines de milliers de vestiges archéologiques datant du Premier et du Second Temple.

Les poubelles de l'Histoire…

Mais avant d'obtenir l'autorisation de fouiller dans ces gravats, Barkaï et Zweig vont devoir se battre : d'abord contre le Waqf, qui souhaite avant tout transformer le Har Habayit en un site exclusivement musulman. Les deux archéologues vont également devoir se battre contre les autorités israéliennes, peu désireuses d'affronter le monde arabe. « Voici plusieurs décennies que les Musulmans prétendent que les bâtiments qui se trouvaient sur le mont du Temple étaient en fait des mosquées », affirme Zweig. « Selon eux [les musulmans], le Bet Hamikdach n'a jamais été situé sur le Har Habayit, la preuve, affirment-ils, c'est qu'on n'a jamais retrouvé le moindre vestige du Temple sur l'esplanade des mosquées. Et pour cause ! Le Waqf ne laisse donc aucun archéologue juif pénétrer sur le Har Habayit ! »

A l'époque où le Waqf entame ses travaux de construction de la mosquée Al Marwani, Zweig est un étudiant en archéologie à l'université de Bar Ilan. Il entend parler de ce qui se trame sur le mont du Temple et tente de retrouver l'endroit où les camions déversent les débris. Il rencontre un employé du Waqf qui lui affirme avoir jeté dans l'une des décharges une inscription en hébreu antique surmontée d'une étoile à cinq branches, symbole très populaire à l'époque hellénistique.

Zweig comprend que ce que les Musulmans considèrent comme des gravats représente, en fait, un véritable trésor.

Il se rend dans la vallée du Kidron et commence à fouiller dans les débris. Quelques minutes plus tard, des responsables du Waqf arrivent et le menacent d'appeler la police s'il ne quitte pas immédiatement les lieux. Zweig comprend que si le Waqf est tellement soucieux de l'empêcher d'enquêter, c'est qu'il a manifestement quelque chose à se reprocher. L'archéologue israélien parvient à prendre quelques morceaux de poteries avec lui. Il les montre à des archéologues de renom qui lui affirment qu'ils datent de l'époque du Premier Temple !

Il demande à quelques-uns de ses amis, étudiants à la yéchiva de Ramat-Gan, de l'aider. C'est à ce moment-là que l'Autorité israélienne des Antiquités, l'AIA, commence à lui faire quelques difficultés : « L'AIA se trouvait dans une position très inconfortable. D'un côté, c'est elle qui était censée contrôler ce qui se passait sur le Mont du Temple. De l'autre, elle avait reçu l'ordre de ne rien faire pour empêcher la catastrophe qui était en train de se dérouler ». Et cet ordre venait de très haut.

 

L'Autorité israélienne des Antiquités a les mains liées !

L'AIA est une administration entièrement consacrée à la défense des antiquités et assignée à empêcher la destruction des vestiges archéologiques. Néanmoins, dans le cas du Har Habayit et des travaux effectués par le Waqf sans le moindre contrôle archéologique, l'AIA a les mains liées.

Car, lorsque la politique se mêle d'archéologie, on peut s'attendre au pire.
Comment expliquer le laxisme des différents gouvernements alors que les autorités musulmanes tentent de transformer le mont du Temple en un site exclusivement musulman et d'éliminer toute trace de son passé juif en jetant aux immondices les vestiges archéologiques prouvant ce passé ?

Lorsqu'on sait qu'en Israël, des projets de construction sont bloqués durant des mois s'il y a lieu de craindre que des vestiges archéologiques soient détruits, on peut se demander pourquoi le gouvernement israélien a laissé le champ libre au Waqf sur le site le plus saint du peuple juif !

La réponse tient en un mot : la crainte. Crainte d'une nouvelle Intifada palestinienne si le peuple juif ose clamer haut et fort que « le mont du Temple est entre nos mains ». Crainte d'un soulèvement arabe israélien. Crainte d'un tollé de critiques en provenance de la scène internationale…

Et ce sont ces appréhensions qui ont conduit les différentes administrations israéliennes à fermer les yeux sur les violations flagrantes du statu quo par le Waqf et qui ont, de facto, empêché l'AIA de faire son travail.

Dans le cas de Tsahi Zweig, l'AIA va tout entreprendre afin que le monde ne découvre pas qu'elle manque à sa mission officielle. Elle accuse Zweig de procéder à des fouilles pirates et le traîne en justice. Très vite, la juge saisie du dossier conseille à l'AIA de retirer sa plainte: « Elle s'est rendu compte qu'il ne s'agissait pas d'un débat juridique, mais politique », affirme Zweig.

Quoi qu'il en soit, après des années de procédure et de pressions et un bras de fer constant entre Zweig et Barkaï et les autorités israéliennes, les archéologues obtiennent, en 2004, l'autorisation de fouiller dans les débris jetés aux ordures par les Musulmans. Les tonnes de terre et de poussière venues du Har Habayit sont alors déplacées vers le parc national d'Emek Tsourim, situé tout près de la vallée du Kidron.


70 000 volontaires

Le projet de tri des débris venus du Mont du Temple fêtera en novembre son sixième anniversaire. Durant cette période, près de 70 000 volontaires ont participé à ce projet ! Venus des quatre coins d'Israël mais aussi de l'étranger, ces dizaines de milliers de bénévoles, orthodoxes, religieux et laïcs, ont contribué à découvrir des milliers de vestiges archéologiques datant de périodes extrêmement variées.

Dans un premier temps, le tri s'est fait à l'aide de tamis mais ensuite, l'équipe de Barkaï et Zweig utilisera une méthode de tamisage sous eau, qui permet d'identifier plus facilement les débris de poteries, les bijoux anciens, les pièces de monnaie, les mosaïques ou les flèches enfouies à l'intérieur de la terre et de la poussière.
Selon le Dr Barkaï, ce projet est le plus grand projet archéologique jamais réalisé, de par le nombre de volontaires qui y ont pris part et qui y participent encore. Et d'ailleurs, l'archéologue israélien appelle ceux qui sont conscients de l'importance de ces fouilles à s'associer à cet effort : « Chacun peut se rendre à Emek Tsourim et prendre part à la seule fouille archéologique jamais réalisée sur des vestiges du Har Habayit. Enfants, adolescents, adultes et retraités : aucune expérience n'est requise, uniquement l'amour de Jérusalem. Cette poussière a une couleur grise très caractéristique, souligne Zweig. Il s'agit très probablement de cendres issues des incendies qui ont détruit le Temple et une bonne partie de Jérusalem il y a près de 2 000 ans. Toucher cette poussière, c'est toucher l'Histoire de notre peuple »...


Pour le Dr Gaby Barkaï,
« Ce projet est un clin d'œil de l'Histoire »


Le Dr Gaby Barkaï est l'un des plus grands archéologues de notre époque. On lui doit l'une des plus importantes découvertes archéologiques de ces dernières décennies: une inscription datant du sixième siècle avant notre ère sur laquelle étaient écrits les versets de la "Birkat Cohanim" (la fameuse bénédiction des cohanim). Cette découverte a permis de repousser les allégations de certains chercheurs qui prétendaient que le Tanakh avait été écrit durant la période du Second Temple. Il considère le tri des débris du Mont du Temple comme le projet de sa vie.

- Hamodia : Quelles sont les principales découvertes que votre projet a mises au jour ?

- Dr Barkaï: Nos découvertes ont réussi à confirmer les récits bibliques et de la littérature talmudique. Je vais vous donner quelques exemples :

  • Flavius Josèphe raconte qu'à l'époque du Second Temple, le sol du bâtiment était carrelé de « pierres colorées ». La Guémara compare le sol du Temple à des vagues et décrit un carrelage fait de « Kohla, Chicha ou Marmara », mais personne n'a jamais su ce que cela signifiait vraiment, jusqu'à ce que nous découvrions des milliers de pierres de couleur, travaillées et poncées, qui constituaient manifestement le sol du Bet Hamikdash.
  • Autre exemple : une Souguia (thème) de la Michna traite de l'attitude à adopter lorsqu'on trouve une pièce dans l'enceinte du Har Habayit. Nous en avons trouvé des milliers, parmi lesquelles une de "mahatsit Hashekel" [un demi-shekel (Note de M. Macina)], datant de l'époque de la première révolte contre les Romains !
  • Une autre découverte date du Premier Temple. Il s'agit, selon moi, d'un clin d'œil de l'Histoire : dans le livre de Jérémie ainsi que dans les Chroniques, on cite le nom de Pashhour Ben Imer, un Cohen officiant dans le Temple. Nous avons découvert un cachet portant le nom de Guédaliahou Ben Imer, qui était manifestement un des frères de Pachhour.
  • Enfin, nous avons également trouvé des morceaux de petites figurines, brisées intentionnellement et datant de l'époque du Premier temple. Nous supposons que ces figurines, qui servaient à l'idolâtrie, ont été détruites à l'époque de Josias (Yoshiahou), roi de Judée, qui a œuvré à l'éradication de l'idolâtrie dans le peuple.

- Pourquoi, d'après vous, l'État d'Israël laisse-t-il le Waqf procéder à l'extirpation de tout vestige de présence juive sur le mont du Temple ?

- Il faut comprendre qu'à Jérusalem, tout ce qui est fait a une connotation politique. Les différents gouvernements n'ont pas le courage d'affirmer clairement que le mont du Temple appartient au peuple juif, et c'est pourquoi ils lient les mains de l'AIA et tolèrent qu'aucun contrôle ne soit effectué sur les travaux du Waqf. Fort heureusement, une vaste campagne médiatique menée par le Comité pour la prévention de la destruction d'antiquités sur le Mont du Temple, fondé dans les années 2000, a permis de freiner cette catastrophe archéologique. Une pétition, signée par des personnalités venues des deux bords de l'échiquier politique israélien, comme les écrivains Amos Oz et Haïm Gouri, les anciens maires de Jérusalem, Teddy Kolleck et Ehoud Olmert, 82 députés de la Knesset et des dizaines de milliers d'Israéliens, a été transmise au chef du gouvernement d'alors, Ehoud Barak, pour dénoncer « l'acte de vandalisme et de destruction irréparable mené sans supervision et en violation de la loi ». Grâce à cette campagne, voici déjà quelques années que nous constatons une nette amélioration, même si la situation est encore loin d'être idéale.


Laly Derai


© Hamodia

 

Mis en ligne le 20 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org