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Israël (Société - mentalités)
Israël (boycott d')

Boycott d'Israël : bientôt la rupture, Pierre Lefebvre et Liliane Messika
07/08/2010

 

Source : Primo.info, 21 juillet 2010


De plus en plus – et que ce soit dans les domaines universitaire, technique, de la recherche médicale ou des animations culturelles –, le boycott devient la référence, celle qui donne le droit à de pauvres petits universitaires engoncés dans leurs préjugés élevés au rang de certitudes d'être à la pointe du combat contre… ils ne savent pas exactement quoi, mais peu importe, ils sont contre.

Un film israélien déprogrammé en France pour d'obscures raisons, la visite d'une troupe israélienne annulée du jour au lendemain, etc.

Dans leurs colloques internationaux, ces petits censeurs accueillent, de manière très aimable et souvent empressée, des films chinois, indiens, des penseurs africains, des écrivains arabes.

Parmi les pays arabes, combien de démocraties ? Même question pour les pays africains, aux sanglants despotes. Et en Inde, quel est le sort réservé aux "intouchables" ?

Apparemment, leur boycott à géométrie variable ne leur pose pas de problème de conscience.

Conscience ?

A l'université, boycotter du Chinois n'est pas politiquement correct. Et il y aura toujours la belle-sœur d'un professeur dont le rejeton, à peine le bac en poche, voudra aller goûter aux délices de l'Orient, au moyen d'une année d'échanges “culturels” en totale immersion.

Et puis, pourquoi boycotter la Chine et ses professeurs ? Les censeurs des films et chorégraphies israéliennes estiment que pour guider un pays grandiose et magnifique comme la Chine sur les chemins de la démocratie, la carotte des échanges culturels est plus efficace que le bâton de la réprobation médiatique quand un opposant politique est abattu d'une balle dans la nuque.

Petites raisons et intérêts personnels auront toujours le dernier mot dans le monde universitaire français, dont la lâcheté est le signe distinctif.

Ces professeurs-là prennent d'autant moins de risque professionnel à boycotter Israël, que le nouvel antisémitisme, déguisé en antisionisme, est revendiqué comme une opinion honorable par les grands penseurs de la France 2010: Dieudonné, Alain Soral, Pascal Boniface, etc.

Si quelqu'un s'avisait, en revanche, de critiquer le régime d'un pays africain ou arabe, il pourrait – ô rage, ô désespoir ! –, être soupçonné de racisme.


Et l'on n'ose imaginer le tollé si quelqu'un publiait les caricatures d'un prophète !


Alors, il a suffi que quelques invités arabes à un colloque prévu en 2011 menacent de ne pas y participer si une présence juive y souillait l'atmosphère, pour que président d'université, professeurs et administratifs baissent culotte. […] Honte à ces écrivains arabes qui n'ont pour culture générale que la haine, le mépris et le rejet de l'autre.

Honte surtout à ces petits fonctionnaires français qui pratiquent à nouveau l'obéissance, comme lorsque Pétain le leur demandait et qu'ils détournaient les yeux pudiquement quand leurs collègues juifs, chassés du lycée ou de l'université, venaient prendre leurs petites affaires dans la salle des professeurs.

Ils ne devraient plus avoir le droit de se présenter devant des élèves.

 

Boycotter, c'est mépriser, abattre, nier l'autre, bref, le tuer.

Si un colloque sur "La route de la soie et son influence sur la politique extérieure du Guatemala" était organisé dans une université française, ces gens-là prendraient-ils le risque d'inviter un intellectuel tibétain avec des écrivains chinois ?

Inviteraient-ils un écrivain hutu si des intellectuels tutsis leur en faisaient le reproche ? Bien sûr que non. Cette position serait immédiatement condamnée par l'ensemble de la communauté scientifique et universitaire européenne.

Mais puisqu'il s'agit d'une juive, alors, on peut se laisser aller à ses plus bas instincts et ce la tête haute. Du moment que des intellectuels arabes en font la demande, "dehors les Juifs !". Tolérer la censure et le boycott, c'est laisser s'installer le gouffre, le précipice, la rupture.

Laissons une amie de l'écrivain boycotté à Aix en Provence nous narrer la fin de l'histoire.

Pierre Lefebvre et Liliane Messika

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Boycott culturel d'Israël à Aix-en-Provence

Esther Orner, écrivaine israélienne de langue française, était censée participer à un colloque intitulé “Ecrire aujourd'hui en Méditerranée”, organisé à l'initiative du département de Lettres modernes de l'Université de Provence Aix-Marseille I, prévu en avril 2011.

Dimanche dernier, Esther, enfant cachée pendant la Deuxième Guerre mondiale, a participé à un témoignage filmé pour Yad Vashem. Elle a accepté avec beaucoup de réticence, bien que la Shoah et ses conséquences sur sa biographie soient au cœur de son écriture, ou peut-être à cause de ça.

A la fin de son témoignage, (drôle de coïncidence), elle a ouvert son courrier et lu une lettre provenant de l'un des organisateurs du colloque d'Aix. En voici un extrait:

Je t'ai parlé à plusieurs reprises du colloque "Ecrire aujourd'hui en Méditerranée". Au tout début, il avait été entendu que seraient invités des écrivains de tout le pourtour méditerranéen, dont, entre autres quelqu'un d'Israël ; j'avais alors proposé ton nom, parlé de ton travail et, apparemment, aucune objection n'avait été formulée. Mais, tout récemment, lors de notre dernière réunion du comité scientifique, il a été dit que certains écrivains arabes invités ne viendraient pas si un(e) écrivain(e) israélien(ne) était présent(e).

Esther, malgré le choc, a répondu avec son humour habituel:

Si je comprends bien, Israël ne fait pas (ou plus) partie du pourtour de la Méditerranée. (…) Je ne m'inquiète pas pour moi-même, mais pour la délégitimation d'Israël, qui est en marche ; et que les Européens puissent participer à cela montre qu'ils n'ont rien appris de l'Histoire.

La professeure qui a annoncé la nouvelle à Esther Orner a décidé de démissionner du comité scientifique de ce colloque. Elle a été la seule à le faire.

Combien d'auteurs, de scientifiques israéliens boycottés dans le secret des comités d'organisation ?

 

Message rédigé par Rachel Samoul

 


© Primo-Europe

 


[Article relayé par desinfos.com, aimablement signalé par O. Peel.]

 

Mis en ligne le 21 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org