Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (cause juste)

Israël - Liberté et prospérité, Par Richard Herzinger
07/08/2010

 


[Mon collègue, Michel Garroté met en ligne aujourd'hui, sur Drzz.info, cet excellent article. Je lui en sais gré et le partage à tous les internautes qui fréquentent le site de France-Israël. Il s'agit d'une admirable réinformation, facile à lire mais très bien documentée, qui pulvérise bien des mythes et des calomnies dont est victime cet Etat courageux. Il est significatif que ceux qui sont contraints de reconnaître, à contre-coeur, ses qualités, se croient obligés d'insister sur le fait qu'il a néanmoins bien des défauts et qu'il a commis beaucoup d'erreurs. Et vous, messieurs les critiques, vous n'avez pas de défauts ? Et vous ne commettez jamais d'erreurs?... (Menahem Macina).]


Je reproduis ci-dessous la version française d'un excellent article sur Israël, publié par Richard Herzinger, dans la très sérieuse Neue Zürcher Zeitung, un quotidien conservateur suisse de langue allemande. Un article à diffuser abondamment sur Internet ! Michel Garroté.

 

Vendredi 30 juillet 2010


Source :
 Richard Herzinger, Neue Zürcher Zeitung, 24 juillet 2010.

 

Traduction : Service de presse de l'Ambassade d'Israël en Suisse

 

Israël n'est pas seulement soumis à la propagande incessante de ses ennemis directs au Moyen-Orient, il doit aussi de plus en plus souvent faire face à des critiques visant à le délégitimer, de la part d'Etats qui se prétendent ses amis. Ceux-ci tentent souvent d'ignorer l'étonnante "success story" que représente l'Etat juif, malgré tous les problèmes qui l'affectent.

Il semble bien qu'Israël s'enfonce toujours plus dans une forme d'isolement international. L'Etat juif ne doit plus uniquement se défendre contre des campagnes massives de propagande de la part de ses plus féroces ennemis au Moyen-Orient, campagnes qui ont connu un nouveau paroxysme avec l'épisode de la confrontation entre l'armée israélienne et la flottille pour Gaza. Il faut maintenant compter la Turquie parmi ses plus fervents adversaires, un pays qui était autrefois un partenaire privilégié. Mais également au sein de l'opinion publique occidentale, Israël est de plus en plus représenté comme un empêcheur de tourner en rond, comme une nation qui ne connaîtrait que le langage de la violence dans ses relations avec ses voisins et qui montrerait une systématique mauvaise volonté à l'encontre des initiatives ou des appels internationaux à la paix!

Il n'est pas besoin d'être un défenseur inconditionnel de la politique internationale israélienne pour reconnaître, dans l'exercice actuel de diabolisation d'Israël, une grossière caricature. Bien sûr, Israël n'est pas et n'a jamais été totalement sans faute concernant le fait que le conflit portant sur les territoires palestiniens n'a toujours pas trouvé de solution. Il reste que ceux parmi les  Européens - et en particulier l'Allemagne, qui a souscrit à une résolution demandant la levée du blocus de Gaza - qui formulent des exigences ressemblant à des ultimatums sur les changements qu'Israël est censé apporter à sa politique de sécurité, devraient à un certain moment proposer des solutions alternatives réalistes. Les expériences récentes vécues par les troupes de maintien de la paix, dirigées par l'Union Européenne, l'UNIFIL, au Liban, ne sont en tout cas pas de nature à inciter Israël à investir sa confiance dans l'assistance que peuvent lui apporter des forces étrangères. Alors que l'UNIFIL devrait empêcher le réarmement de la milice du Hezbollah, il se trouve que celle-ci a déjà acquis, avec l'aide de l'Iran et de la Syrie, un arsenal de 40 000 roquettes, toutes dirigées contre Israël.

Certaines critiques à l'encontre des implantations d'Israël ou de sa politique de sécurité sont complètement justifiées. On ne peut cependant pas faire abstraction du fait que le pays, du jour de sa création en 1948 jusqu'à aujourd'hui, a été confronté à des menaces d'annihilation de la part de différentes puissances de la région. Israël a dû faire face à trois guerres contre des armées arabes qui avaient l'intention avouée de le détruire, ainsi qu'à de nombreuses vagues de terrorisme.

Les régions occupées à la suite de ces conflits, Israël les a ultérieurement en grande partie évacuées. D'abord le Sinaï, ensuite la bande de Gaza, depuis laquelle des roquettes ont été tirées sans interruption sur Israël. Il faut également indiquer que les conditions pour un retour de la Cisjordanie en mains palestiniennes, préalable à la création d'un Etat palestinien, ont déjà à l'heure actuelle été négociées dans leurs grandes lignes. Les désaccords ne persistent plus que sur quelques points peu nombreux, même s'ils sont quelquefois importants, tel le futur statut de Jérusalem. Les gestes positifs d'Israël sont en général toujours qualifiés d' «insuffisants». L'opinion publique européenne n'a pratiquement pas eu accès à l'information selon laquelle le gouvernement israélien a récemment levé de nombreux points de contrôle en Cisjordanie et permis à l'économie locale de connaître un petit boom économique affichant un taux de croissance de 6%.

Il est en tout cas totalement faux de dire qu'Israël veut garder à tout prix les territoires occupés. Au contraire, la grande majorité des Israéliens seraient d'accord d'échanger sur l'heure la paix contre les territoires. Cependant, aussi longtemps que le pays sera menacé dans son existence par des forces telles que le Hamas, qui propage, comme son mentor l'Iran, une haine antisémite exterminatrice et qui n'est prêt à aucun compromis, la marge de manœuvre pour la paix est pratiquement nulle. D'autant plus que la direction "modérée" de l'OLP, engagée dans une lutte de pouvoir sans fin avec le Hamas, conserve le combat armé comme option possible.

Sous la pression de la constante propagande anti-israélienne, le soutien de l'Occident à Israël sur le conflit avec les Palestiniens s'est progressivement érodé. La condamnation d'Israël en tant qu' «Etat colonial» ou même d'Etat «apartheid» qui devrait être boycotté et stigmatisé de la même façon que l'Afrique du Sud de l'époque, devient une croyance de plus en plus largement acceptée. Mais même si les Arabes israéliens, qui contrairement aux Noirs en Afrique du Sud, ne représentent qu'une minorité de 20%, sont encore désavantagés dans la société israélienne - notamment en ce qui concerne l'acquisition de terrains - ils jouissent d'un nombre élevé de libertés démocratiques, de droits politiques, d'avantages liés à l'Etat-providence, d'accès aux soins médicaux et aux possibilités de formation, si on compare avec la situation qui prévaut dans les dictatures arabes environnantes. Le niveau de vie dans les territoires occupés – Gaza excepté – dépasse de loin celui des Etats arabes voisins. Le niveau d'alphabétisation est aussi beaucoup plus élevé et le taux de mortalité infantile bien plus bas que, par exemple, en Egypte.

La légende selon laquelle l'Etat d'Israël a été créé parallèlement à l'«expulsion» de la population palestinienne et que sa création est donc une injustice qui doit être réparée, a été répandue très largement et avec grand succès. Son écho a été si bien relayé qu'à présent il ne se trouve plus aucun politicien européen qui ne mentionne le droit d'Israël à exister sans évoquer simultanément le droit à l'existence d'un Etat palestinien. Evidemment, la solution à deux Etats est sans nul doute une solution politique raisonnable et juste. L'affirmation selon laquelle l'absence de création d'un tel Etat délégitime Israël est cependant une absurdité.

Israël a vu le jour grâce à une résolution de l'ONU - aucun autre Etat au monde ne peut se targuer d'une légitimation aussi solide de la communauté internationale. Le fait de considérer la préhistoire de sa fondation, les vagues d'implantation juives, d'abord dans le cadre de l'Empire Ottoman, puis dans celui du Mandat Britannique sur la Palestine, dans la première moitié du vingtième siècle, comme l'invasion hostile de territoires arabes bien établis, relève de la plus grossière simplification. Le fait est qu'une partie des clans arabes qui avaient la haute main sur la Palestine ont coopéré pleinement à ce "vol de la terre" par les Juifs. C'est seulement dans les années 20 que le «mouvement national palestinien» s'est formé. Ce mouvement collaborera plus tard avec l'Allemagne hitlérienne, attisant la haine contre toute présence juive en Palestine.

Peu de gens savent que déjà à partir de la fin des années 20, furent perpétrés des pogroms anti-juifs - et non pas «antisionistes». Bien sûr, des Juifs extrémistes ont aussi commis des actes de violence gratuite. Après l'agression des Etats arabes, qui suivit immédiatement la création d'Israël, se produisirent dans la suite des opérations militaires, des actes de violence israéliens contre des civils arabes. Un plan d'expulsion systématique à l'encontre de la population palestinienne n'a cependant jamais existé. La plupart des Palestiniens ont quitté le territoire national israélien sous la pression des dirigeants arabes et à cause de leurs fausses promesses. Et quand la partie palestinienne exige un «droit de retour» global, elle devrait aussi évoquer les 800 000 Juifs chassés des Etats arabes et intégrés dans l'Etat juif !

Plutôt que de se perdre dans ce genre d'imputations, l'Occident devrait enfin ouvrir les yeux sur les immenses et impressionnantes réalisations d'Israël. Loin de se replier sur soi devant les menaces du Moyen-Orient et de se scléroser dans la paranoïa, comme les gauchistes critiques de l'ouverture occidentale à l'intérieur d'Israël veulent nous le faire croire, l'Etat hébreu appartient au club des nations les plus efficaces dans le domaine de l'économie.

Dans les années 90, le pays a réussi à passer d'une économie étatisée, bureaucratique et épuisée, à celle d'un puissant acteur mondial qui possède, entre autres, la plus grande densité d'entreprises high-tech au monde, en dehors de la Silicon Valley. Aucun autre pays n'investit autant de moyens dans la recherche, son système de formation universitaire est le deuxième mondial en excellence. Son système bancaire, solide et exemplaire, a su surmonter la crise mondiale et même durant l'année de récession 2009, où l'économie allemande s'est réduite de 5%, le pays a connu un taux de croissance de 0,7%. Pour l'année en cours, une croissance de 3,7% est attendue.

mba_israel_new_silicon_valley.jpg

Israël a dernièrement été admis dans le cercle illustre de l'OCDE - un succès considérable que d'autres pays, comme la Russie, n'ont pas réussi à obtenir. Même confronté à une hostilité considérable dans sa région, Israël est devenu une des nations exportatrices les plus innovantes du monde, entretenant entre autres des relations étroites avec l'Inde, une puissance en pleine expansion. En outre, Israël a su préserver un Etat de droit et une démocratie pluraliste - même si, sur le plan intérieur, la «guerre des cultures» entre laïques et ultra-religieux s'est intensifiée. La société israélienne montre également une diversité ethnique considérable, comme on n'en trouve qu'aux aux Etats-Unis.

Israël est un étendard, qui démontre ce qu'une démocratie libérale peut atteindre dans les conditions les plus difficiles. Si ses voisins devaient un jour abandonner leur rejet haineux de l'Etat juif, le pays pourrait vite devenir le moteur d'une prospérité inespérée dans toute la région. L'Occident devrait donc se garder de la tendance, issue de fausses allégations de la part du «monde islamique», à considérer Israël comme un mouton noir. L'Ouest devrait offrir à Israël le soutien et la sympathie qu'il mérite eu égard  aux extraordinaires réalisations qui sont les siennes.


Richard Herzinger

© Neue Zürcher Zeitung


Mis en ligne le 30 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org