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Éditorialistes
Pipes, Daniel

Le carnage islamiste, nouveau produit d'exportation britannique, par Daniel Pipes
07/08/2010

 

National Review Online

Sur les pages en français du site de Daniel Pipes, 3 août 2010


Version originale anglaise:
Britain's New Export: Islamist Carnage

Adaptation française: Johan Bourlard


 

En Grande-Bretagne, la plus longue et la plus importante enquête sur le terrorisme s'est terminée le mois dernier par la condamnation de trois musulmans britanniques. Leur complot de 2006 prévoyait de faire exploser des avions de lignes transatlantiques dans le but de tuer jusqu'à 10 000 personnes. Cette catastrophe, évitée de justesse, nous rappelle douloureusement le danger que fait peser sur le monde l'Islam radical basé au Royaume-Uni.

La Heritage Foundation qualifie l'islamisme britannique de « menace directe pour la sécurité » des États-Unis, tandis que The New Republic le désigne comme « la plus grande menace contre la sécurité des Etats-Unis ». Ce que confirme l'administration. Ainsi, le Ministère britannique de l'Intérieur a, en 2003, élaboré un dossier attestant que le pays constituait une « base importante » du terrorisme. Une étude menée par la CIA en 2009 concluait que les ressortissants britanniques d'origine pakistanaise, nés en Grande-Bretagne (qui, grâce à un programme d'exemption de visa, peuvent entrer librement aux États-Unis), constituent la source la plus probable du terrorisme en Amérique.

Ces rapports ont été confirmés, mis à jour et documentés par le Centre for Social Cohesion, de Londres, dirigé par le remarquable Douglas Murray et qui vient de publier un ouvrage de 535 pages, intitulé Islamist Terrorism : The British ConnectionsLes connexions britanniques du terrorisme islamiste ») rédigé par Robin Simcox, Hannah Stuart et Houriya Ahmed. Le livre présente essentiellement des informations biographiques détaillées sur deux types d'auteurs de ce qu'il appelle « Islamism related offences » ou, en abrégé, IROs (« attaques liées à l'islamisme »), c'est-à-dire des incidents dont il est prouvé que les croyances islamistes sont le motif principal.

L'une des deux listes contient des informations concernant 127 individus condamnés pour des IROs ou des suicides dans des IROs en Grande-Bretagne. L'autre fournit les biographies de 88 individus ayant des liens avec la Grande-Bretagne et qui se sont impliqués dans des IROs ailleurs dans le monde. L'étude couvre onze années, de 1999 à 2009.

Les terroristes britanniques présentent, de façon consternante, les traits de la normalité. Ce sont majoritairement des hommes (96 pour cent) jeunes (âge moyen : 26 ans). Près de la moitié d'entre eux sont originaires du sous-continent indien. La plupart de ceux dont le parcours éducatif est connu ont fréquenté l'université. La plupart de ceux dont l'occupation est connue ont un emploi, ou sont étudiants à plein temps. Deux tiers d'entre eux sont des ressortissants britanniques, deux tiers n'ont aucun lien avec des organisations terroristes proscrites, et deux tiers ne sont jamais allés à l'étranger pour y fréquenter des camps d'entraînement terroristes.

En résumé, la plupart des IROs sont perpétrées par des musulmans tout à fait ordinaires, dont l'esprit a été subjugué par la force et la clarté de l'idéologie islamiste. Si les terroristes étaient exclusivement des psychopathes, cela faciliterait la manière d'aborder et de faire disparaître le problème.

Les services de sécurité britanniques estiment à plus de 2 000 le nombre d'individus résidant en Grande-Bretagne, qui représentent une menace terroriste ; ce qui implique non seulement que l'« accord de sécurité » qui, naguère, protégeait partiellement le pays contre des attaques menées par ses musulmans, est mort depuis longtemps, mais aussi que le Royaume-Uni peut être confronté à la pire menace terroriste interne que puisse connaître un pays occidental, à l'exception d'Israël.

Quant au second groupe – celui des islamistes liés à la Grande-Bretagne et impliqués dans des attaques dans d'autres pays – les auteurs du rapport s'expriment avec réserve : leur information n'étant que le résultat d'un échantillonnage et non une liste exhaustive, ils ne fournissent pas d'analyses statistiques. Cependant leur échantillon, qui indique l'ampleur du phénomène, m'a permis de dresser une liste de pays (avec le nombre de perpétrateurs liés à la Grande-Bretagne) dans lesquels se sont produites des IROs liées à la Grande-Bretagne.

La liste publiée par le Centre mentionne l'Afghanistan (12 cas), l'Algérie (3), l'Allemagne (3), l'Arabie Saoudite (1), l'Australie (1), l'Azerbaïdjan (1), la Belgique (2), la Bosnie (4), le Canada (1), l'Espagne (2), les États-Unis (14), la France (7), l'Inde (3), l'Irak (3), Israël (2), l'Italie (4), la Jordanie (1), le Liban (1), le Maroc (2), le Pakistan (5), les Pays-Bas (1), la Russie (4), la Somalie (1), et le Yémen (10). À cette liste, j'ajoute l'Albanie, qui fut le théâtre d'une attaque avant 1999, ainsi que le Bangladesh et le Kenya, qui semblent avoir été passés sous silence.

 

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Les deux auteurs de l'attentat-suicide dirigé contre une boîte de nuit, à Tel Aviv.


En tout, 28 pays ont été attaqués par des terroristes islamistes résidant en Grande-Bretagne, ce qui donne une idée de la menace qu'ils représentent pour le monde. A l'exception de l'Inde, les pays visés sont de deux types : occidentaux, d'une part, et à majorité musulmane, d'autre part. Un curieux trio composé des États-Unis, de l'Afghanistan et du Yémen, a pâti du plus grand nombre de terroristes liés à la Grande-Bretagne.

Ces renseignements soulèvent plusieurs questions : tout d'abord, combien de temps faudra-t-il encore pour que les autorités britanniques réalisent que leur politique actuelle, consistant à essayer d'améliorer la situation matérielle des musulmans et, dans le même temps, d'amadouer les islamistes, passe à côté de leur motivation idéologique ? Ensuite, les preuves accumulées jusqu'à présent tendent à indiquer qu'en fin de compte, les IROs renforcent la cause islamiste en Grande-Bretagne ; cette tendance va-t-elle se confirmer, même si la violence persiste, ou les IROs vont-elles subir un contrecoup ?

Enfin, quel degré de destructions faudra-t-il atteindre pour que les gouvernements non britanniques mettent au point leurs procédures d'immigration en se basant sur ces deux pour cent de Britanniques que constitue la population musulmane, d'où les auteurs d'attaques proviennent exclusivement ?

Si déplaisante que soit cette perspective, elle approche du point d'explosion.

 

© Daniel Pipes

 

Mis en ligne le 5 août 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org