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Contentieux palestino-israélien

Un 'Exodus' de pacotille : Le « Vierge Marie » veut forcer le blocus par un chantage à l'immunité des femmes embarquées
09/08/2010



Le “Vierge Marie” dans le port de Tripoli

Un bateau chargé d'aide humanitaire pour Gaza, et avec seulement des femmes à bord, se prépare à quitter ce weekend le port de Tripoli au Liban dans une nouvelle tentative pour forcer le blocus israélien de Gaza.

Le “Sainte Maryam” ou le “Vierge Marie” accueillera à son bord des passagères de toutes confessions religieuses et de diverses nationalités dont la chanteuse libanaise May Hariri (sur la photo à droite) ainsi qu'un groupe de religieuses américaines. Selon une des participantes, Mona, qui comme d'autres femmes du groupe préfère maintenant se faire appeler “Maryam” comme leur navire : « Il y a des religieuses, des avocates, des journalistes, tant chrétiennes que musulmanes »

Le “Maryam” et le “Naji Alali”, un autre navire devant prendre part à l'expédition, auraient dû larguer les amarres il y a déjà plusieurs semaines mais ils ont dû faire face à plusieurs délais après qu'Israël ait mis sur pied une mission diplomatique afin de forcer le Liban a arrêter leur équipée.

La coordinatrice du périple, Samar al-Haj, a déclaré cette semaine au journal “The Guardian” que le gouvernement libanais avait finalement donné la permission aux navires d'appareiller ce weekend en destination de Chypre, la première étape du trajet.

Les Israéliens craignent que cette nouvelle  flottille en provenance du Liban, pays avec lequel ils sont en hostilités, serve à faire entrer des armes en contrebande à Gaza. Gabriela Shalev, l'ambassadrice israélienne à l'ONU a averti qu'Israël se réserve le droit d'employer les “mesures nécessaires” en conformité avec les lois internationales afin d'arrêter ces navires.

Mais Samar al-Haj prétend que cette mission est purement humanitaire : « Notre but est d'arriver à Gaza,» a-t-elle déclaré, « c'est la responsabilité du gouvernement de faire face aux aspects politiques. Nous ne somme pas des politiciennes, » et elle ajoute : « dès que les médias ont parlé de cette nouvelle flottille, les organisatrices ont été inondées de demandes de personnes désirant faire partie du voyage, dont plus de 400 en provenance des États-Unis. Il y aura au moins 10 Américaines à bord. »

Le navire a été chargé d'instruments médicaux et de médicaments destinés aux Palestiniens.

En préparation de leur expédition les participantes se sont rassemblées dans un hôtel de Beyrouth pour discuter de leur projet. Sur le plan logistique : le minimum de produits de toilette, un strict rationnement de la nourriture, et une provision d'eau limitée. Samar al-Haj a averti le groupe : « Il n'y aura pas de douches, pas de jupes ni de maquillage. »

Les participantes sont conscientes des périls encourus puisqu'elles connaissent le sort d'une précédente flottille qui transportait de l'aide pour Gaza et qui a été attaquée par Israël en mai dernier. Samar al-Haj leur a rappelé d'être prêtes à une confrontation : « Faites des tests sanguins, au cas où nous soyons attaquées par Israël et que vous ayez besoin d'une transfusion sanguine » en précisant que les organisateurs feront tout pour ne pas provoquer les Israéliens. « Nous n'apporterons même pas de couteaux de cuisine » a-t-elle déclaré.

Serena Shim, en état de grossesse avancé a décidé de prendre part au voyage parce qu'elle croit que le blocus est injuste : « Ces gens ont besoin d'aide » affirme-t-elle

Et Tania al Kayyalisaid une activiste à qui l'on demande quelle sera la réaction à un assaut militaire israélien  répond : « Nous ne prévoyons pas nous battre ou attaquer, mais nous ne quitterons pas le Sainte Maryam.»

Par Ruth Sherlock pour le journal “The Guardian”Traduction Bivouac-ID


Samar al-Haj s'adresse à un groupe de militantes humanitaires à Beyrouth

© Bivouac-ID

 


[Texte aimablement signalé par O. Peel.]

 

Mis en ligne le 9 août 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org