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Menahem Macina

Les journalistes en poste en Israël-Palestine dépassent les bornes : Remplaçons-les par des bornes Internet, Menahem Macina
14/08/2010

14 août 2010

 

Il y a beau temps que je concocte le présent billet. Non qu'il m'ait été difficile de le rédiger, mais je trouvais l'argument excessif, eu égard à la pratique médiatique archi-connue que je voulais dénoncer.

Il me fallait un cas majeur, un motif "hénaurme". Eh bien, il m'est tombé tout cuit dans le bec, et, après avoir dûment diffusé l'information (voir : "Invention islamiste de fausses tombes au centre de Jérusalem-ouest, afin de revendiquer plus de terres musulmanes", "Aidez Israël en exposant la vérité sur les tombes de Jérusalem aux médias", "Les Palestiniens posent des tombes !"), je me sens autorisé (et même obligé en conscience) d'exprimer enfin l'idée qui me taraude depuis des années. Si elle est appliquée, elle permettra aux groupes de presse de réaliser des économies substantielles. C'est au point que j'ai même envisagé de la faire breveter, mais, outre qu'elle est le produit d'un cerveau juif déjanté, je ne trouverai certainement pas preneur dans la "classe bavarde"… Peu importe. A l'instar des grands peintres morts dans la misère et qui ont enrichi leurs héritiers, je suis prêt à mourir inconnu pour enrichir la postérité médiatique, dont les grands argentiers, je n'en doute pas, finiront par reprendre subrepticement mon idée à leur manière, car un euro est un euro, n'est-ce pas ? Et dans ce cas de figure, il s'agit de beaucoup, beaucoup d'euros et autres monnaies…

Je ne sais si les chiffres sont disponibles, mais j'avoue que je serais extrêmement intéressé à savoir ce que coûte aux patrons de presse la petite armada médiatique présente en permanence en Israël et dans les Territoires palestiniens "occupés", sans parler des effectifs pléthoriques qu'elle atteint dans les situations de crise.

Voilà mon idée (admirez ma générosité, maintenant adieu le copyright, tout le monde peut reprendre ma géniale découverte !) :

On sait comment fonctionne l'industrie de l'information de masse de consommation rapide (en anglais Fast Mass-Media, ou FMM, © M. Macina). Des usines spécialisées dans la collecte d'éléments entrant dans la confection de ce qui deviendra une information – communiqués de toutes provenances et de toutes tendances, ouï-dire, extraits de discours, protestations, accusations, comptes-rendus d'événements de manifestations, billets de journaleux, etc. –, parviennent en vrac dans les usines de retraitement informatique de l'information brute. Vaguement croisée, mais dûment malaxée, cette dernière devient, sous les doigts fébriles des Sisyphe de l'information – éternellement condamnés à hisser au sommet du Tartare journalistique un rocher médiatique qui ne cesse de retomber –, la matière première, dont des bribes hâtives – appelées justement "dépêches" –, finissent par jaillir à l'extérieur, pour satisfaire momentanément l'appétit gargantuesque et insatiable des différents acteurs de la "chaîne" d'information.

Une exception, toutefois, dans ce dantesque mouvement brownien : la propagande, pieusement revêtue du modeste et touchant habit de "témoin", est à la mode. Au point que j'ai créé, pour mieux la clouer au pilori, deux autres néologismes – barbares mais adéquats, me semble-t-il – : la témoignite, ou journalisme de substitution, qui débouche dans l'état aigu auquel j'ai donné le nom générique de "témoignolâtrie".

Des hordes de journalistes et de correspondants de presse sont atteints du haut-mal de la "témoignite", pathologie professionnelle qui dérive d'un "gentil" défaut, fort répandu hélas : la paresse.

Recette :

  • Webcam en main, le journaliste interroge, parfois au hasard, mais le plus souvent, sur indication précise d'un militant palestinien, qui pousse parfois la générosité jusqu'à vous conduire lui-même jusqu'au "témoin".
  • En présence du précieux "témoin", le journaliste n'a qu'à mettre en route sa webcam, poser sa question, qui doit être la plus brève possible, et laisser parler l'homme, ou la femme.
  • En général, ces "témoins" ne sont pas avares de mots, certains sont même atteints de logorrhée. Pas grave, l'homme de l'art "éditera" ensuite les rushes, c'est-à-dire qu'il coupera ce qu'il estime nécessaire de supprimer, jusqu'à obtenir un document convaincant.
  • Seule contribution "originale" du journaliste : un petit mot d'introduction rappelant les circonstances qui l'ont amené à interviewer le "témoin", et, en fin d'entretien, la formule habituelle : « C'était X. qui vous parlait de... (l'endroit où est censée avoir eu lieu l'interview - ce peut d'ailleurs être n'importe où : personne n'ira vérifier).

Chers internautes. Avez-vous une idée de ce que coûtent ces myriades de mini-reportages qui, il faut le préciser, constituent souvent l'essentiel de la "couverture" médiatique des événements du Moyen-Orient, en général, et d'Israël, en particulier ? Si vous êtes renseignés, communiquez-moi des chiffres fiables, car, comme je l'ai dit plus haut, j'en ignore tout. Je sais seulement que ce n'est pas pour rien.

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Alors, mon idée ? Elle figure dans le titre de ce billet : des « bornes Internet » reliées à un terminal. Voici les instructions :

  • Après avoir décroché le combiné, le "témoin" n'aura qu'à suivre les instructions vocales, dont voici un canevas :
  • « Vous êtes en communication avec (nom de l'agence ou de l'organe de presse), la date du jour est… Attention, placez-vous bien en face de l'oeil de la caméra car vous allez être filmé.
  • Vos nom et prénoms… Lieu où vous habitez…
  • Sur quel sujet désirez-vous vous exprimer ?
  • Parlez….
  • Pour mettre fin à l'enregistrement, appuyez sur le bouton "fin de l'entretien" et raccrochez. Si vous le désirez, nous pouvons vous rappeler pour des précisions. Dans ce cas, indiquez votre numéro de téléphone.
  • Merci. »

 

Bien entendu ce qui précède n'est qu'une suggestion, chaque organe de presse adaptera ce schéma de la manière qui lui semblera la plus adéquate.

Il n'est pas besoin d'être un spécialiste des coûts pour imaginer l'économie que permettra de réaliser le recours à cette technologie. Il suffira aux techniciens de traduire et d'adapter le matériau sonore et de l'envoyer aux rédactions.

Bien sûr, les patrons de presse qui auront recours à ce système devront affronter l'ire des syndicats de presse et faire face à des mouvements de grève des journalistes dont le confortable gagne-pain sera sérieusement ébréché par cette rationalisation du circuit de la collecte d'informations, mais, passée la colère initiale, le procédé s'imposera de lui-même et se généralisera bien vite.

Mais la plus grande retombée positive devrait profiter au grand public. En effet, dûment recyclés, les journalistes qui n'auront pas été licenciés du fait de leur refus d'accepter ces nouvelles dispositions professionnelles, pourront consacrer le temps ainsi économisé à faire enfin ce qui est l'honneur de leur profession : analyser les événements, les contextualiser, les expliciter et en proposer une lecture critique, bref, informer, au véritable sens du mot.

Ce sera la fin du déplorable Fast Mass-Media (FMM) et le retour aux sources d'un véritable journalisme adapté aux normes modernes et aux nouvelles technologies.

………………………………….

 

Que dites-vous ? Que je rêve tout habillé ?…

(Et ce sont des Juifs bon teint qui me disent cela! Herzl, réveille-toi: ils sont devenus mous !)

C'est alors que, dans mon délire, j'ai entendu cette réponse "herzlienne" :

 

« SI VOUS LE VOULEZ, CE NE SERA PAS UN RÊVE ! »

 

© Menahem Macina

 

Mis en ligne le 14 août 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org