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Israël (Société - mentalités)
Israël (délégitimation d')

La guerre de Délégitimation, Gerald M. Steinberg
21/08/2010

 

Sur le site de YnetNews, 12 août 2010


Traduction française : Menahem Macina

 

Libre opinion : Nous devons désigner nommément et discréditer les activistes anti-Israël inconditionnels, qui instrumentalisent une moralité de façade pour promouvoir leur racisme.

 

La guerre politique qui vise à délégitimer Israël et à empêcher Tsahal d'agir pour mettre fin aux attentats terroristes, est désormais reconnue comme une menace majeure. Il ne s'agit pas ici des sentiments d'alarmistes, c'est la conclusion à laquelle est parvenu Eitan Haber, proche conseiller de plusieurs Premiers ministres, dont Yitzhak Rabin ("IDF isn't enough in face of global de-legitimization campaign faced by Israel" [Tsahal ne suffit pas face à une campagne mondiale de délégitimation à laquelle est confronté Israël]).

 

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Prof. G. Steinberg - Photo: Yishai Hughes

L'analyse de Haber ne fait qu'effleurer la surface de la campagne de délégitimation menée contre Israël. Ces efforts ne sont pas nouveaux ; depuis la Conférence mondiale de l'ONU contre la racisme à Durban (Afrique du Sud), en 2001, des ONG internationales, dont certaines situées en Israël ont introduit dans le vocabulaire public des slogans qui se réfèrent à Israël comme à un « Etat d'apartheid », coupable de « crimes de guerre », et qui n'a pas le droit d'exister.

La campagne gagne du terrain, d'où, comme le note Haber, l'importance de mobiliser le peuple juif « pour une lutte contre le processus omniprésent de délégitimation, contre l'indifférence, et éventuellement aussi contre notre désespoir ».

Les exemples de ces campagnes d'ONG sont malheureusement nombreux. L'incident récent de la flottille "Free Gaza" a fait la preuve de l'utilisation sophistiquée des étiquettes "humanitaire", "paix", et "non gouvernemental", pour dissimuler une attaque préméditée contre des soldats de Tsahal, qui s'est soldée par des blessés et des morts. C'est l''Insani Yardim Vakfi (IHH Humanitarian Relief Foundation), une "organisation de bienfaisance" turque ayant des liens étroits avec le Hamas, des groupes djihadistes, et le gouvernement turc, qui a dirigé la campagne dans ce cas de figure.

Travaillant avec des militants européens et américains – dont l'agressif International Solidarity Movement (ISM) –, ils se sont agrégés à une campagne diplomatique et politique plus large, basée sur de fausses accusations de "crimes de guerre" et de "punition collective".

Des ONG orchestrent ces incidents en les dépouillant de leur contexte de terreur et de haine, et en mettant Israël et ses partisans dans l'obligation de se défendre [contre ces fausses accusations]. Cette stratégie est couplée avec des efforts continus, tel le mouvement BDS (boycotts, désinvestissement, sanctions), pour discriminer et isoler Israël.

Une tactique parallèle, adoptée par l'ONG israélo-arabe, Adalah (financée par le New Israel Fund – NIF [1] et l'Union Européenne), décrit Israël comme « un Etat foncièrement non démocratique » ; des procédures de "guerre juridique", initiées par des ONG, s'efforcent de délégitimer le système judiciaire israélien.

Des rapports de recherche détaillés publiés par NGO Monitor documentent les dégâts causés par de puissantes ONG qui affectent d'avoir des ordres du jour libéraux, et par les bailleurs de fonds qui rendent possibles ces campagnes. Des gouvernements européens versent à beaucoup de ces ONG des dizaines de millions de dollars par an, sans la transparence nécessaire.

 

Une guerre de "puissance feutrée"

Beaucoup de ces groupes, dont le NIF, tentent d'empêcher la Knesset d'adopter une législation qui favoriserait la transparence concernant les moyens d'obtention des fonds qu'ils reçoivent et leur provenance. Ces groupes craignent de perdre, eux aussi, leur financement et leur impact, et ils ont mis leurs buts et leurs intérêts privés au-dessus du droit qu'a le public de savoir qui paie ces tentatives de délégitimation.

La voix de Haber est la bienvenue, elle s'ajoute au chœur de plus en plus large de ceux qui ont mis en relief le pouvoir des ONG dans cette guerre de "puissance feutrée" contre Israël. D'autres éminents libéraux aux Etats-Unis, dont l'éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman – qui s'est fait l'écho de la critique de Human Rights Watch par son fondateur, Robert Bernstein –, ont critiqué « l'odieuse… tendance, à la fois délibérée et imprudente, à délégitimer Israël pour en faire un Etat méprisable, particulièrement à la suite de la guerre de Gaza ».


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Manifestation anti-Israël (archives)  Photo: Reuters

La critique et les discussions à propos de politiques spécifiques sont une part légitime de toutes les sociétés démocratiques, ce qui n'est pas le cas de la délégitimation généralisée. Le fait que Friedman, Bernstein, Haber et d'autres aient attiré l'attention sur ce danger, montre que les grandes tendances de gauche et de droite en Israël sont parvenues à un consensus sur ce point.

Cela signifie également que ceux qui se préoccupent d'Israël devraient suivre leur exemple et agir. Cela implique de demander que soient mises en œuvre des directives de financement des ONG, basées sur la transparence et l'assurance que leurs dons ne seront pas utilisés pour la délégitimation. [Cela implique également que] d'autres directives rejettent la campagne BDS et les procédures de "guerre judiciaire" internationale, proposent des critiques d'Israël dans son contexte propre, et utilisent les vastes ressources disponibles pour l'assistance de ceux dont les droits humains sont véritablement violés, en Iran, au Soudan et ailleurs, mais qui sont éclipsés par l'accent obsessionnel mis sur Israël.

L'appel de Haber à un effort de type militaire et à un « énorme organisme » de défense contre le processus de délégitimation se comprend. Mais la taille est moins importante que l'intelligence, dans les deux sens du mot. Israël et le peuple juif, travaillant en partenariat, doivent penser et agir stratégiquement, pour désigner nommément et discréditer [3] les activistes anti-Israël inconditionnels, qui instrumentalisent une moralité de façade pour promouvoir leur racisme.

Les bailleurs de fonds et les promoteurs, en particulier les fonctionnaires anonymes des gouvernements européens, doivent aussi être désignés. Parallèlement, nous avons besoin d'une alliance avec ceux qui s'accordent sur les grands principes de la place d'Israël parmi les nations, malgré les différences de conceptions politiques à propos des implantations et d'autres questions.

L'alternative à cette stratégie de guerre serait que nous en soyons réduits à observer, depuis les marges, comme la place d'Israël au sein des nations s'érode de plus en plus, et à quel point il devient difficile d'assurer la défense des citoyens contre le terrorisme de masse. Cette alternative, comme l'a découvert Eitan Haber, est inacceptable.


Gerald Steinberg *

 

© YnetNews


* Le professeur Gerald Steinberg est président de NGO Monitor et professeur de sciences politiques à l'Université de Bar Ilan.


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Notes du traducteur

[1] Extrait de la présentation de l'ONG (http://www.nif.org/about/) : « Le Nouveau Fonds pour Israël (NFI) est la principale organisation qui se consacre au changement démocratique en Israël. Depuis 1979, le NFI milite en faveur de la justice sociale et de l'égalité pour tous les Israéliens. Nous croyons qu'Israël peut honorer l'idéal, voulu par ses fondateurs, d'un Etat qui assure une totale égalité des droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans considération de religion, de race ou de sexe. »

[2] Le soft power (ou « puissance douce ») est un concept utilisé en relations internationales (et repris depuis une décennie par de nombreux dirigeants politiques, tel Colin Powell au Forum économique mondial en 2003) pour décrire la capacité qu'a un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (tels l'ONU ou le FMI), voire un réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d'influencer indirectement le comportement d'un autre acteur, ou la définition, par cet autre acteur, de ses propres intérêts en recourant à des moyens non coercitifs (structurels, culturels, ou idéologiques). (Repris de Wikipedia.)

[3] L'auteur utilise l'expression " name and shame", qui « désigne une pratique consistant à décourager certains types d'actions (généralement anti-sociales ou criminelles), p. ex., pédophilie, viol, meurtre, etc., en rendant publics les noms des gens qui les commettent. L'expression a été créée par des journaux britanniques dans les années 1980. » (d'après Wikipedia).

 

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Mis en ligne le 18 août 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org