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Menahem Macina

Ouvrir les yeux des chrétiens qui doutent de la légitimité de l'Etat d'Israël
14/10/2010

 

C'est un paradoxe étonnant pour une religion, dont le dogme fondateur est celui d'un Dieu qui se fait chair – dans le sein d'une jeune fille juive, de surcroît –, que son refus persistant d'une incarnation du dessein de Dieu dans l'histoire, au sein du peuple « qui habite à part et n'est pas au nombre des nations », à en croire le devin païen Balaam (Livre des Nombres, 23, 9). A l'instar des docètes – hérétiques des iie et iiie siècles –, incapables d'accepter le réalisme – à leurs yeux, trivial et blasphématoire – de l'incarnation du Verbe de Dieu, et qui affirmaient que le Christ n'avait fait que revêtir une « apparence » humaine, c'est, toutes proportions gardées, une perception semblable qu'ont, d'Israël, de nombreux théologiens chrétiens. Certes, ils n'en nient pas la réalité sociologique, voire ethnique, mais ils traitent des juifs, en général, comme d'un peuple à l'état de fossile biblique et théologique, en quelque sorte, et de l'Etat dans lequel plus d'un tiers d'entre eux ont choisi de vivre et de mourir – Israël.

On s'étonnera peut-être de cette affirmation. On me fera remarquer qu'après avoir exclu les juifs de la société chrétienne durant de longs siècles, puis les avoir marginalisés, et enfin admis, ratifiant, après de longues résistances, leur intégration dans la société civile par la Révolution française, l'Église, à la suite du Concile Vatican II, a regretté son hostilité multiséculaire à leur égard et changé d'attitude. Il est vrai – mon livre sur le sujet, et d'autres avant lui en témoignent – que ce qu'on a appelé le « nouveau regard » de l'Église sur le peuple juif constitue un retournement majeur. Mais les nombreuses résistances, théologiennes autant que populaires, à cette nouvelle orientation n'invitent-elles pas à se demander si la perception chrétienne du statut théologique et du rôle de ce peuple dans l'histoire du salut a fondamentalement changé ?

Par ailleurs, faut-il donner raison aux voix, de plus en plus nombreuses, qui s'élèvent, en milieu chrétien, pour mettre en garde contre une lecture fondamentaliste et « philosioniste » des Écritures ?

C'est à ces deux questions cruciales que les analyses qui suivent (extraites des pages 277 à 321 de mon ouvrage précité) vont tenter de répondre.


L'État d'Israël presque universellement discrédité et objet des pires calomnies

Bien que cet excursus soit destiné en priorité à des chrétiens, la démarche adoptée ici oblige à examiner brièvement l'attitude politique et idéologique, presque universellement hostile, des nations envers Israël. Sans entrer dans les détails du conflit communément appelé palestino-israélien, et des responsabilités respectives des parties, force est de prendre acte des violentes critiques, voire des condamnations sans appel dont sont l'objet, de toutes parts et même de pays qui se prétendent alliés d'Israël, ce qu'on a coutume d'appeler « la politique » d'Israël – taxée d'« oppressive », de « discriminatoire », voire de « ségrégationniste » –, et « l'occupation » de territoires que se disputent les deux peuples ; l'une et l'autre réputées empêcher les Palestiniens qui y vivent de créer l'État indépendant auquel ils aspirent.

Ainsi stigmatisée, la posture d'Israël et spécialement sa détermination (« son entêtement criminel », selon ses ennemis), à ne pas renoncer si facilement – en particulier pour des motifs de sécurité –, à des pans entiers de son antique patrie, occupés par lui conformément aux lois de la guerre, suite à l'offensive militaire dont il a été l'objet, en 1967, de la part de trois nations arabes voisines – valent à l'État juif la haine de ses ennemis défaits sur le champ de bataille, mais aussi la répulsion consensuelle de nombreuses autres nations, pour des raisons idéologiques, dont j'estime, paraphrasant l'apôtre Paul, qu'elles « ont les apparences du bien, mais renient ce qui en fait la force » (2ème Epître à Timothée 3, 5). Il convient de s'interroger sur les motivations de cette solidarité accusatoire.

Nous vivons à une époque de sacralisation du respect des droits de l'homme. En soi, ce n'est pas une mauvaise chose. Le problème est que le traitement réservé aux contrevenants varie grandement selon leur puissance militaire, leur poids géopolitique, leur richesse financière, leurs ressources économiques, et même – paramètre de plus en plus dominant dans les dernières décennies –, la menace, militaire et/ou terroriste, qu'ils représentent. Dans cette configuration, ce n'est un mystère pour aucune personne honnête que les droits de l'homme – érigés pour la circonstance en pierre de touche de la moralité humaine et de la respectabilité politique – sont souvent instrumentalisés sous différentes formes pour décrier, voire mettre hors-la-loi tout pays, État, organisation, ou groupe humain, réputés y porter atteinte. En bref, ce qui aurait pu constituer un idéal hautement respectable, est souvent devenu une arme idéologique fatale, braquée sur quiconque est réputé coupable d'avoir enfreint gravement les droits de l'homme et commis des « crimes de guerre ».

Force est de constater toutefois qu'il est utopique de prôner l'égalité de traitement des contrevenants, en cette matière comme en d'autres. Dans un passé plus ou moins récent, des nations et des grandes puissances ont violé de manière gravissime – et, pour certaines, continuent à le faire – les droits de peuples et de groupes humains divers, perpétré des massacres de masse, déplacé d'énormes groupes de populations, spolié et exploité des centaines de millions de gens, sans payer le prix que ses ennemis entendent faire payer à Israël pour des infractions beaucoup plus modestes, discutables et sans aucune commune mesure avec l'outrance paranoïde d'actes d'accusation, dont le moins qu'on puisse en dire est que leurs attendus sont outrageusement arbitraires et violent sans vergogne les droits de la défense.

En outre, pour peu que les anciens prévaricateurs soient restés, ou devenus « grands et considérés », leur position de force les met à l'abri des critiques, même les plus méritées. (Voir : "Les nations malades de la peste… antisioniste"). C'est ainsi que des pays comme la Chine, la Somalie, la Birmanie, le Soudan, Cuba, la Syrie, l'Iran, la République Démocratique du Congo, etc., pour ne citer que ceux qui défrayent la chronique en ce moment, commettent des exactions de grande magnitude, auprès desquelles celles qu'on reproche à Israël, apparaissent comme minces. Et pourtant, nul ne peut l'ignorer, c'est l'État juif que les nations mettent sur la sellette en permanence et à propos duquel il semble qu'il n'y ait pas de mots assez violents, d'expressions assez assassines, pour décrier ses actions politiques et surtout militaires.

Les deux reproches majeurs adressés à Israël, de manière lancinante, sont d'occuper des terres dont il a spolié les légitimes propriétaires – les Palestiniens –, et de faire, « au prétexte » de se défendre, un usage excessif et barbare de la force à l'encontre de ce peuple réputé « pacifique et désarmé ». Outre que ces accusations, disproportionnées par rapport à la réalité des faits, ne sont jamais contrebalancées, comme le voudrait l'équité, par l'évocation des attaques et attentats fréquents dont Israël est victime, il n'en faut pas plus pour être traduit au « tribunal des peuples ». Par cette expression, j'entends : tout tribunal national dans le monde, qui se déclare universellement compétent (1) pour instruire des plaintes de cette nature, généralement déposées par des ONG de défense des droits de l'homme, dont la principale activité est la chasse à l'homme israélien, spécialement le militaire, réputé « criminel de guerre » pour le seul fait d'avoir exercé son droit à l'autodéfense, et qui est présumé coupable, sur la foi d'accusations le plus souvent exorbitantes et impossibles à vérifier, considérées comme indiscutables parce que formulées par des témoins réputés « victimes », statut qui interdit à quiconque de mettre en doute leur parole.

La campagne de dénigrement d'Israël et de calomnies tous azimuts à son encontre, en cours depuis quelques années, a atteint son apogée depuis l'offensive de l'armée israélienne à Gaza (2) ; elle vise à mettre l'État juif au ban de l'humanité. Le philosophe juif Shmuel Trigano a donné à ce phénomène le nom fort pertinent de « pogrom médiatique ». Il écrit (3) :

« Nous touchons là à l'essence de la violence perpétrée sur la personne d'Israël. Elle est vertueuse ! Plus le souci des “enfants” et des “civils” est “disproportionné”, plus fort et radical est le coup (symbolique) porté. Plus Israël est stigmatisé et diabolisé. Pour des motifs humanitaires ! Le coup est ainsi moral et “clean”, car il frappe “à côté”. L'iconisation quasi religieuse des enfants-victimes vise à la déshumanisation des Juifs. Les téléspectateurs savent tout de telle ou telle famille palestinienne, dont on leur raconte l'histoire humaine, très humaine. Ils savent tout des blessés, des enfants. Mais rien des individus israéliens, de leurs enfants, de leurs femmes, de leurs blessés. On ne voit sur les écrans que des tanks, des soldats, une armée. La société israélienne n'existe pas dans le regard des médias. »

De plus une nouvelle offensive, redoutable par ses répercussions, est menée contre Israël : l'utilisation du droit comme arme de guerre (4). Avant d'y revenir plus en détail, dans un exposé spécifique, en voici une brève présentation.

« L'ancien général américain et juge militaire, Charles Dunlap, en a nommé le résultat lawfare : “utilisation du droit comme arme de guerre”. Dunlap entendait par là montrer essentiellement comment des acteurs non étatiques, plus faibles, cherchaient à bénéficier d'un avantage moral en déclarant que des crimes de guerre ont été commis par l'armée d'État, plus puissante ; mais l'État peut, lui aussi, recourir à l'offensive par le Droit (lawfare). »

Comme dit plus haut, ce type d'action est surtout le fait de personnes privées agissant principalement au sein de Think Tanks (laboratoires d'idées) et d'Organisations non gouvernementales (ONG), et ayant des buts et des ordres du jour idéologiques et/ou politiques, le plus souvent anti-israéliens (5). À l'inverse des lobbies, qui ciblent majoritairement les décideurs, les ONG s'adressent à ce qu'il est convenu d'appeler la « société civile » (pour la distinguer des instances de l'État). Elles agissent surtout par la publication d'études, de rapports et d'articles, généralement rédigés par des spécialistes (plus ou moins tels !) du sujet traité, et intelligemment diffusés parmi l'élite intellectuelle et politique, surtout dans les « viviers » particulièrement réceptifs, que sont les membres de l'Union Européenne et d'autres institutions. Certaines ont des budgets conséquents, parfois obtenus de l'Union Européenne. Et, bien entendu, elles ont pour vitrine un ou plusieurs sites Web, toujours remarquablement bien tenus, convaincants, voire attractifs.

 

La « guerre par le narratif », nouvelle forme de négationnisme historique et de diabolisation politique  

Incapables, jusqu'ici, de vaincre Israël sur le champ de bataille, ou de le démoraliser par le terrorisme le plus barbare, les dirigeants arabes et palestiniens ont de plus en plus recours aux vieilles méthodes soviétiques de déstabilisation et d'intoxication des esprits. Le but recherché est de subvertir l'opinion publique en rendant l'adversaire odieux. On le pousse à la faute, en l'exaspérant par un harcèlement incessant sur tous les fronts : politique, diplomatique, juridique, médiatique. Confrontés à un peuple dont l'histoire ancienne, incontestable et massivement documentée, se déroula sur les lieux même qu'on lui dispute aujourd'hui, et qui ne cessa jamais, au fil des siècles, de témoigner, dans sa littérature sacrée et profane, et dans ses prières, d'un attachement indéfectible à cette terre, et d'exprimer sa nostalgie d'y revenir un jour, ses opposants arabes étaient conscients qu'il leur faudrait déployer une énorme énergie et recourir à tous les moyens – fût-ce les plus violents et les plus déloyaux – pour inverser la tendance qui fut longtemps favorable aux pionniers juifs d'abord, puis à l'État d'Israël, jusqu'au désamour, initié en 1967 par le Général de Gaulle, et qui n'a cessé de s'aggraver depuis, au point de confiner à la haine. Ils n'ont épargné aucun effort, ni reculé devant aucun moyen pour parvenir à leurs fins.

Profitant du désenchantement éprouvé par les nations européennes à l'égard de la petite nation qui les avait tant impressionnées, à ses débuts, par son courage et ses prouesses militaires, économiques, sociales et technologiques, et dont, au fil des décennies, ils ne comprenaient plus, et même réprouvaient l'énergique attitude d'autodéfense, les pays arabes et, plus récemment, les dirigeants palestiniens ont entrepris de discréditer définitivement l'État juif et de l'isoler de ses anciens alliés, espérant qu'il lui arrive ce qui s'est produit en Afrique du Sud, où la minorité blanche, lâchée par toutes les nations, ou presque, a dû se résoudre à céder le pouvoir à la majorité noire. Malgré l'inadéquation criante du parallèle, c'est ce modèle qu'à la suite d'une propagande acharnée, presque universellement relayée par les manipulateurs du « culte » des droits de l'homme, les ennemis d'Israël sont parvenus à agiter, tel un chiffon rouge devant un taureau en rage, au nez d'une opinion publique mal informée et incapable de comprendre la complexité du monde et de la mentalité arabo-musulmane, en général, et, en particulier, la situation géopolitique précaire d'un Israël en danger existentiel depuis sa naissance, cerné qu'il est par ses ennemis sur le mouchoir de poche territorial qui lui sert de patrie sans frontières reconnues.

Dans leur volonté farouche de dénier aux juifs tout titre historique à une quelconque souveraineté sur la moindre parcelle du territoire, appelé par eux « Palestine », les idéologues et dirigeants palestiniens, arabes et musulmans et leurs « idiots utiles » occidentaux, n'ont de cesse de nier les évidences historiques les plus indiscutables, quand elles sont favorables aux juifs, et de réécrire l'histoire pour la faire cadrer avec la version nationaliste et religieuse palestinienne et persuader le monde qu'elle est la seule recevable. Selon le Professeur G.M. Steinberg, c'est une véritable guerre consistant à ressasser inlassablement un « narratif » – ou version de l'histoire – avantageuse pour le peuple palestinien – décrit comme faible et démuni et érigé en paradigme de la victimisation face à un « occupant disposant d'un armement sophistiqué » – et ruineuse pour la réputation du peuple israélien (6). Il s'agit d'une reconstruction mémorielle ayant pour but d'accréditer une version des événements, favorable à la cause qui inspire cette réécriture de l'histoire et discrédite brutalement la version de l'adversaire. Dans cette configuration idéologique, les faits sont sujets à une réinterprétation qui n'est souvent qu'une falsification grossière.

C'est le cas en particulier du lien établi, d'autorité, par le narratif palestinien, entre la création de l'État d'Israël et la Shoah. L'historien Georges Bensoussan en a fait magistralement justice (7) :

« L'horreur de la Shoah a-t-elle joué un rôle dans le vote de l'ONU du 29 novembre 1947 en faveur du partage de la Palestine ? », se demande le présentateur de l'ouvrage de Bensoussan (8). Il répond par le substantiel exposé suivant :

 « Bien des observateurs considèrent que ce vote a été dicté par la compassion des nations pour les persécutions subies par le peuple juif. Cela n'est pas prouvé : Georges Bensoussan rappelle l'abstention de la Grande Bretagne et le fait qu'aucune des nations participant au vote ne se sentait responsable des crimes nazis. Et de citer l'historien : “Toute chronologie est jugement. Se limiter aux années 1945-1948 pour comprendre la naissance de l'État d'Israël, c'est établir entre le génocide et la refondation de l'État juif un lien de causalité qui semble aller de soi.” C'est en ces termes que l'auteur nous invite à prendre la question plus en amont, avant 1940, à une période où le Yichouv* [population juive de l'époque du Mandat britannique] avait déjà créé l'essentiel des infrastructures du futur État, une administration, une industrie, une agriculture en plein essor et une armée organisée qui a pu triompher de la coalition arabe en 1948. [Selon Bensoussan], si la Shoah a pu accélérer la naissance de l'État juif, elle l'a privé de ses réserves démographiques : perte immense, coup presque mortel pour le sionisme. Et l'on est amené à évoquer ce qu'aurait pu être un État d'Israël renforcé par le soutien des communautés disparues, les descendants des six millions de juifs assassinés entre 1941 et 1945. Pour Georges Bensoussan, en définitive, la destruction des juifs d'Europe a failli compromettre la naissance d'Israël et encore aujourd'hui ses effets négatifs sur l'État juif persistent : “La Shoah ne crée pas l'État d'Israël, elle en parasite la naissance, au contraire, et l'existence et le sens, jusqu'à aujourd'hui encore.” »

De son côté, le Professeur Gerald M. Steinberg, déjà cité, s'intéresse surtout à la genèse et aux motivations idéologiques de la « guerre par le narratif ». Il fournit plusieurs exemples des stéréotypes mensongers véhiculés par le « narratif » palestinien (9) :

« Suite à l'échec de l'invasion de 1948, qui avait pour but de détruire l'État juif naissant, les dirigeants arabes se lancèrent dans une tentative massive de réécrire les événements. Le processus se renouvela en 1967, quand les initiatives du président égyptien Gamal Abdel Nasser pour effacer Israël de la carte furent transformées en une “guerre contre l'occupation”. En ressassant les mythes et les slogans un nombre suffisant de fois, et à l'aide de la richesse pétrolière, de l'intimidation et du terrorisme, cette stratégie a progressivement réussi. La guerre par le narratif […] commence par la falsification de l'histoire couvrant la période du Mandat, depuis la Déclaration Balfour jusqu'au Plan de partition de 1947. Cette version dépeint Israël comme un “projet de colonisation” juive, imposé aux Arabes par l'antisémitisme européen et la culpabilité de l'Holocauste […] Le violent rejet arabe de la proposition de “deux États pour deux peuples”, et le refus continuel d'accepter un État juif, quelles qu'en soient les frontières, disparaissent de ces histoires. Dans ce narratif, les Palestiniens sont toujours, par définition, d'innocentes victimes, et Israël est décrit comme un agresseur puissant et manipulateur. Les réfugiés des guerres déclenchées par les Arabes sont devenus l'objet d'une sympathie mondiale, garantie par un système de soutien international avec d'énormes budgets, qui renforcent le récit. L'agence de Secours et de Travaux des Nations Unies [en anglais, UNRWA], qui “commémore ses 60 années” d'existence, garantit la perpétuation de la haine. Par contre, le nombre – presque égal [à celui des réfugiés palestiniens] – des réfugiés juifs qui ont fui les attaques arabes, a disparu des livres d'histoire : les réfugiés juifs ne cadrent pas avec le narratif [palestinien]. À Jérusalem, la guerre par le narratif a adopté la version arabe, qui élimine 3 000 ans d'histoire juive, ainsi que l'occupation et les profanations [arabes] systématiques de la période 1948-1967. L'Union Européenne alloue de grosses sommes d'argent à des organisations comme Ir Amim et B'Tselem, qui élaborent leurs rapports tendancieux, lesquels sont reproduits et publiés par la Commission Européenne pour encourager la diabolisation d'Israël. La guerre par le narratif est responsable des campagnes de boycott à l'encontre des universités israéliennes, d'une campagne immorale d'Amnesty International pour empêcher Israël d'obtenir des armes nécessaires à sa défense, et des cas de “guerre juridique” qui profitent des systèmes judiciaires d'Espagne, de Grande-Bretagne et d'ailleurs, pour renforcer les images de la victimisation palestinienne et des crimes de guerre israéliens […] [Le] rôle essentiel [des] guerres par le narratif… est de ruiner la légitimité de la souveraineté nationale juive. Sur ce front, les armes principales sont la rhétorique des droits civiques et les images d'Afro-Américains, ainsi que de Sud-Africains noirs qui ont été victimes des cruautés de la ségrégation. Mais les analogies avec ces situations sont totalement rétrogrades ; en réalité, ce sont les Palestiniens qui nient et s'efforcent de détruire l'autodétermination juive. Les ONG financées par l'Europe, de même que les donateurs, bien intentionnés mais médiocrement informés, du New Israel Fund, sont particulièrement actifs sur ce front de la diabolisation d'Israël. »

 

La « guerre par le boycott »: isoler, asphyxier et désigner un peuple entier à la vindicte internationale

 

Le boycott n'est pas une invention récente, il remonte à la fin du xviiie s. (10). D'entrée de jeu, il convient de préciser que le seul boycott légal est celui qui est décrété par un État souverain. Il s'agit d'une mesure ou d'une série de mesures coercitives, tels des embargos sur certains matériels, produits, ou services. Leur but est de faire pression sur des États qui ne respectent pas les règles internationales fixées par des organes habilités à les édicter, telle l'Organisation des Nations Unies, pour amener les contrevenants à composition. Le plus célèbre et le plus long est celui qui a frappé l'Afrique du Sud pour contraindre ses autorités politiques à mettre un terme à leur politique de ségrégation raciale (apartheid), à l'encontre de la population noire du pays (11). Mais quoique cette arme soit uniquement du ressort des États, elle est de plus en plus préconisée et pratiquement imposée par des entités non étatiques, particulièrement des ONG. La justification de cette démarche, consistant à se faire justice soi-même aux dépens des lois internationales, est clairement explicitée par Omar Barghouti, frère du terroriste condamné à la prison à vie en Israël, pour attentats meurtriers contre des civils (12) :

« […] puisque la communauté internationale n'a pas été capable de demander des comptes à Israël sur ses violations de la loi internationale et des droits de l'homme, nous appelons la société civile internationale à prendre ses responsabilités pour qu'elle montre sa responsabilité morale, pour qu'elle demande des comptes à Israël en mettant en oeuvre le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions. »

Le boycott dont il est traité brièvement dans cette section est celui dont est l'objet l'État d'Israël en raison du conflit israélo-palestinien. Plus connu sous le sigle de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), forgé par les ONG pro-palestiniennes (13), le boycott dirigé contre l'État juif est si important et si répandu dans le monde que l'encyclopédie électronique populaire Wikipedia lui consacre un article spécifique (14).

Avant le boycott d'Israël, il y a eu celui du sionisme, antérieur même à la création de l'État juif. La Ligue arabe a alors mis en œuvre le boycott formel du sionisme, dès le 2 décembre 1945, puis celui d'Israël. Le boycott est également imposé par diverses fatwas islamistes.

Entre 2002 et 2004, la « société civile » palestinienne appelle au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) (15). Le coup d'envoi en est donné en 2005, à l'occasion de l'anniversaire de l'avis de la Cour internationale de justice, rendu à l'encontre de la Barrière de séparation, ou de sécurité (improprement appelée « Mur » par ses détracteurs, voire « Mur de la Honte » ou d' « Apartheid »). Cet appel sera repris dans diverses rencontres internationales et notamment par le « Comité des Nations unies pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien ». Ci-après, différents types de boycott infligés à Israël.


Boycott de produits de consommation

Des consommateurs de divers pays se sont unis pour boycotter certaines sociétés, dont, par exemple, Starbucks, ou Coca Cola, ou, plus récemment, L'Oréal. En décembre 2008, le Comité BDS appelle au boycott de cette société, en raison de ses « relations d'affaires avec Israël ».


Désinvestissement 

En 2002, Desmond Tutu, prix Nobel de la paix pour sa lutte contre l'apartheid, lance une campagne de désinvestissement d'Israël (16), conduite par des entités religieuses et politiques, pour mettre fin à l'occupation israélienne des territoires palestiniens conquis lors de l'opération militaire de 1967. Cet appel sera suivi par le « Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien » et la « société civile palestinienne », avec son appel au boycott, désinvestissement et sanctions (17).


Boycott académique (18)

L'idée d'une campagne européenne de boycott universitaire et culturel est née en Grande-Bretagne, au printemps de l'année 2002, et a été lancée dans une lettre ouverte signée par 125 universitaires et publiée par The Guardian. Les signataires suggéraient d'appeler à un « moratoire », au niveau national et européen, jusqu'à ce qu'Israël se conforme aux résolutions des Nations unies et entame des négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens, selon les schémas élaborés dans plusieurs plans de paix, y compris celui que soutiennent les Saoudiens et la Ligue Arabe (19). Cette lettre conduisit Mona Baker, de l'Université de Manchester, à révoquer deux universitaires israéliens, en juin 2002. En réponse à la critique du Premier ministre d'alors, Tony Blair, Mona Baker donna une interview au Daily Telegraph, ce qui lui valut 700 signatures d'approbation, dont celles de dix universitaires israéliens, ainsi que d'universitaires britanniques, canadiens, américains, ou libanais. En réalité, affirmait-elle, je ne boycotte pas les Israéliens, je boycotte les institutions israéliennes. Je suis convaincue que, comme ce fut le cas pour l'Holocauste (20), longtemps après que tout cela sera fini, les gens admettront qu'ils auraient dû faire quelque chose, que c'était déplorable, et que l'université avait fait preuve de lâcheté en n'agissant pas de la sorte.

À tout cela il faut encore ajouter, sans entrer dans le détail de leurs modalités – ce qui nous entraînerait trop loin et allongerait démesurément cet excursus –, les boycotts diplomatique, politique, culturel, et, depuis peu, syndical, et militaire (21).

Il convient de noter un phénomène qui, me semble-t-il, n'a pas suffisamment retenu l'attention des analystes politiques, des juristes, des responsables politiques, ni même – ce qui est plus étonnant – des intellectuels et responsables communautaires juifs dans le monde. Je veux parler du fait que ces mesures de rétorsion – que l'on peut qualifier de « sauvages », et qui sont, en tout état de cause, illégales au regard des lois qui régissent la liberté du commerce et de la consommation (22), sont préconisées par la puissante mouvance à laquelle on donne de plus en plus, aussi systématiquement qu'abusivement, le nom de « société civile » (23), et mises en œuvre par ses « militants » autoproclamés. Il s'agit, en fait, d'ONG extrêmement politisées, dont l'agressivité militante et la partialité n'ont d'égales, dans de nombreux cas, que l'ignorance, souvent abyssale, des situations complexes à propos desquelles ces organisations et d'autres similaires prononcent présomptueusement des jugements sans appel, et l'hostilité pathologique dont elles font preuve envers l'État d'Israël et son armée de défense (24).

À ce stade, je me limite à signaler l'angoisse, voire la détresse, que suscite, chez les juifs, tant en Israël qu'en diaspora, cette hostilité quasi universelle, d'autant qu'elle a pour paradigme – mensonger mais extrêmement mobilisateur de l'opinion publique – la discrimination (apartheid), attitude universellement honnie, de nos jours (25).

 

La « guerre par le droit international » instrumentalisé pour diaboliser l'armée de défense d'Israël


On n'entrera pas ici dans les détails des guerres conventionnelles gagnées par Israël : Guerre d'Indépendance (1948-1949) ; Campagne du Sinaï (1956) ; Guerre des Six-Jours (1967), Guerre du Kippour (1973) ; ni dans ceux des opérations militaires plus restreintes (Opérations au Liban, en 1982 et 2006, et à Gaza, fin 2008-début 2009) ; ni enfin dans ceux des deux Intifadas (insurrections) de 1987 et 2000 (26). Si les guerres conventionnelles évoquées n'ont pas valu à Israël d'avanies judiciaires sérieuses, il en a été tout autrement pour les opérations militaires subséquentes au Liban, suite au massacre de Sabra et Shatila qui, bien que perpétré par les Phalanges chrétiennes, a valu à Ariel Sharon plusieurs tentatives d'inculpation pour crime de guerre (27). Et même des interventions militaires de répression de soulèvements armés, relativement limitées dans les Territoires palestiniens, par exemple, à Jénine, en 2002, ont donné lieu à de graves accusations de massacres et de crimes contre l'humanité (28).

Sans faire le panégyrique de l'armée israélienne, plus connue sous son sigle familier de Tsahal (Tsva Haganah Leyisrael : Armée de Défense d'Israël), les spécialistes de la chose militaire qui ne sont pas aveuglés par les préjugés s'accordent à reconnaître que cette armée populaire fait preuve d'un professionnalisme et d'une éthique exemplaires. Ce qui ne veut pas dire qu'aucun comportement répréhensible n'existe en son sein, mais, contrairement à ce que disent les ennemis irréductibles d'Israël, les attitudes déviantes sont sévèrement réprimées et punies.

L'opération militaire contre Gaza a illustré ces qualités. Exceptionnelle à plus d'un titre, par sa violence, sa complexité, l'affrontement avec un ennemi sans respect pour les lois de la guerre – qui n'hésite pas à prendre les civils comme boucliers humains, et tente par tous les moyens de pousser son adversaire à la faute, en lui tendant des pièges et en combattant en zone habitée, pour provoquer un maximum de pertes de vies innocentes dans la population –, cette opération militaire, mondialement décriée, a mis en exergue la moralité foncière du comportement de l'armée israélienne et son souci exceptionnel de la sécurité des civils.

Dans le déchaînement universel des ONG et des médias pro-palestiniens, une seule voix militaire non juive s'est élevée pour rendre justice à l'éthique militaire israélienne. Ancien colonel dans l'infanterie britannique, Richard Kemp sait de quoi il parle. Le portrait saisissant qu'il brosse des conditions concrètes du combat, et l'empathie dont il fait preuve pour les stratèges, officiers et hommes de troupe de Tsahal, qui l'ont mené en zone urbaine, affrontant un ennemi félon et cynique qui s'abrite derrière les populations civiles et manipule la presse en se plaignant d'être victime de prétendus crimes de guerre, restera classique. En témoigne cet extrait (29) :

« Il y a un autre problème que rencontre Tsahal et auquel les [soldats] Britanniques n'ont pas à faire face avec la même virulence. Il s'agit du préjugé automatique, pavlovien, qu'ont en commun beaucoup de médias du monde entier ainsi que de nombreuses organisations des droits de l'homme, selon lequel Tsahal a nécessairement tort et viole les droits de l'homme.

Examinons un peu les efforts de Tsahal à Gaza pour respecter les lois de la guerre. À chaque fois que c'était possible, Tsahal donnait à la population au moins quatre heures pour partir avant l'attaque d'un lieu ciblé. Les pilotes des hélicoptères d'assaut, qui avaient pour tâche de détruire les rampes de lancement mobiles du Hamas, avaient totale discrétion pour ne pas procéder à une frappe si elle présentait trop de risques de pertes civiles. De nombreuses missions qui auraient pu toucher les capacités militaires du Hamas ont été annulées à cause de cela.

Durant le conflit, Tsahal a permis l'entrée à Gaza d'une énorme quantité d'aide humanitaire. Ce genre de tâche est considéré par les tacticiens militaires comme risqué et dangereux, même dans de bonnes conditions. Mettre en place des opérations qui apportent de l'aide dans les mains mêmes de l'ennemi est normalement totalement impensable pour un tacticien militaire. Tsahal a pourtant pris ces risques.

Dans les dernières phases de l'opération “Plomb Fondu”, Tsahal a unilatéralement annoncé un cessez-le-feu quotidien de trois heures. Tsahal a envoyé plus de 900 000 tracts prévenant la population des attaques, afin que les civils puissent quitter les zones concernées. Une escadrille entière a été mobilisée pour cette tâche. Ces tracts demandaient également à la population de téléphoner pour donner des informations sur les combattants du Hamas pour permettre d'épargner des vies innocentes.

Tsahal a averti par téléphone plus de 30 000 foyers palestiniens pour les prévenir, en arabe, de quitter les endroits où le Hamas avait pu cacher des armes, ou avait l'intention de livrer des combats. Les mêmes messages en arabe ont été diffusés à la radio israélienne pour prévenir la population des opérations en cours. Malgré ces mesures exceptionnelles initiées par Israël, des civils innocents ont été tués ou blessés. C'est, bien sûr, le fait des conditions propres au combat dont j'ai parlé, mais surtout, ces pertes sont l'inévitable conséquence des tactiques de combat du Hamas. Par ces actions et bien d'autres mesures importantes prises durant l'opération Plomb Fondu, Tsahal fait plus qu'aucune autre armée dans l'histoire de la guerre, pour sauvegarder les droits des civils dans une zone de combat. »


Nous vivons à une époque très différente de celle où ont été rédigées les règles du droit international et celles de la guerre (30). Sans aller jusqu'à parler d'une indifférence aux atteintes aux droits élémentaires des personnes, surtout en période de conflits, le souci qu'on en avait, au début du xxe siècle, et même au-delà, était très loin d'atteindre l'importance extrême accordée, de nos jours, au droit humanitaire, plus couramment dénommé « droits de l'homme » (31).

En soi, rien là que de très éthique, si ce n'est qu'au fil des ans et sous les coups de boutoir de l'esprit partisan, surtout pro-palestinien, les droits de l'homme sont devenus une espèce de religion laïque confinant à une néo-Inquisition, au jugement de laquelle il ne fait pas bon d'être confronté. Les excès auxquels a donné lieu ce véritable « culte », ont d'ailleurs fini par lui valoir le sobriquet sarcastique de « droit-de-l'hommisme ».

Mais ce qui caractérise la forme partisane et accusatrice du zèle pour le droit humanitaire – « opposable », en quelque sorte, à l'État d'Israël, pour sa gestion estimée discriminatoire voire pire, par ses ennemis, de la « question palestinienne » –, c'est le manteau de moralité dont elle se drape.

Parmi les penseurs qui ont le mieux analysé cette caricature de la justice et de l'altruisme, le philosophe Shmuel Trigano, mérite une place de choix. Je cite ici un extrait de la présentation d'un de ses ouvrages (32) :

« Ce sont de vertueux esprits qui font entre eux assaut d'éthique pour fustiger le “péché originel” d'Israël et les tares des communautés juives. C'est tout à fait nouveau sur le plan historique, car l'inimitié envers les Juifs se justifiait autrefois, certes, en termes moraux mais ceux-ci épousaient la doctrine ou l'idéologie alors domi­nantes. Aujourd'hui, ce sont les arguments de la morale démocratique ou de la morale tout court, non entachés d'idéologie, qui sont invoqués pour condamner et délégitimer le sionisme, l'État d'Israël ou la communauté juive.

Ils sont au fond en accord avec l'étrange idéologie dominante de notre temps : le droit-de-l'hommisme. Son étrangeté découle de ce que les valeurs démocra­tiques ont été instrumentalisées pour servir les intérêts de pouvoir et d'in­fluence de ceux, affairistes politiques individuels ou groupes (minoritaires), qui les invoquent. Les valeurs se sont vues idéologifiées [sic] sans être recouvertes de concepts. C'est une idéologie qui semble vide et creuse. Les acteurs poli­tiques qui s'en recommandent poussent donc leurs pions au nom de la morale la plus pure.

C'est sans doute une situation nouvelle. La morale y est irrémédiablement corrompue car les méfaits se commettent en son nom, sans même une mise en scène idéologique. C'est ce qui explique pourquoi la figure du Juif, si est elle dépeinte négativement, l'est en fonction de valeurs morales, ce qui n'attente pas formellement et immé­diatement à son essence directement. Ce n'est pas parce que la condition juive est en elle-même mauvaise – quoique la délégitimation d'Israël, du fait de son “péché originel” (l'injustice faite aux Palestiniens) l'implique –, c'est parce que les Juifs transgressent les valeurs les plus sacrées de la morale qui a sur­vécu aux turpitudes meurtrières du XXe siècle. Le nouvel antisémitisme peut donc bien s'accompagner d'une quelconque célébration des Juifs ou plutôt de certains Juifs, d'une certaine figure des Juifs. Pas de « Juif Suss », de « déicide », de falsificateurs de la parole divine, etc. – moralité oblige – mais la compassion pour les victimes de la Shoah, devenue le sésame-ouvre-toi de la bonne conscience… »

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que ce soit l'appareil répressif policier et militaire israélien – auquel la loi confère le droit d'utiliser la force – qui concentre sur lui l'essentiel de la critique et de la réprobation internationales. Le nombre de méfaits, majoritairement imaginaires, qu'on lui attribue, est incroyable ; la nature des accusations qu'il essuie est le plus souvent exorbitante, la vedette étant tenue par celles qu'on lit ou entend à satiété : « crime contre l'humanité » et « crime de guerre » (33).

À lui seul, ce thème mériterait une étude monographique. Rappelons que, pour qu'un comportement militaire soit qualifié de « crime de guerre », au sens pénal du terme, il faut qu'il ait été volontaire, prémédité, commis avec une intention délibérée (quels qu'en soient le motif ou la justification). Alors que, dans leur quasi-totalité, les prétendus « crimes », imputés à Israël, ne sont, en fait, que des « bavures », ou, comme on dit en langage technique, des « dommages collatéraux », causés accidentellement et sans intention de nuire. Or, toutes les actions offensives et défensives de l'armée israélienne sont décrétées « brutales » et « disproportionnées ». En outre, étant donné l'extrême médiatisation de notre société, en général, et du conflit israélo-palestinien, en particulier, le procès qu'on intente à Israël est public et s'apparente souvent plus à un lynchage qu'à une critique digne de ce nom. Et même s'il est patent qu'il n'a aucune valeur juridique ni pénale, il n'en cause pas moins des dégâts irréversibles à l'image de l'État d'Israël et de son armée de défense, outre que, à l'instar de ce qui s'est produit dans les années 30 en Allemagne, il "restera toujours quelque chose" (cf. Voltaire) des calomnies incessantes émises à l'encontre d'une partie spécifique de l'espèce humaine, et on sait à quelles horreurs ont mené ces campagnes, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il va sans dire que les dénégations et les explications de l'armée et du pouvoir politique israéliens, même étayées de preuves indéniables, ne sont pratiquement jamais considérées comme crédibles. À l'inverse, les récits des « témoins », et les « rapports » des ONG pro-palestiniennes, si sujets à caution soient-ils, sont valorisés de manière excessive, et souvent même élevés au rang de preuves « indéniables », voire « accablantes ». Ils sont d'ailleurs avidement « avalés » par la presse internationale, et leur diffusion – qui s'apparente à un matraquage, voire à un lavage de cerveaux – est pour beaucoup dans la détérioration de la réputation d'Israël, ainsi que dans l'affaiblissement de sa posture morale et de sa crédibilité dans les instances internationales. Rares sont les courageux qui osent ramer à contre-courant (34).

 

Les excès d'un 'philopalestinisme' chrétien "ayant les apparences de la piété mais reniant ce qui en est la force" (cf. 2ème Epître à Timothée 3, 5)

C'est volontairement que j'utilise ici le néologisme "philopalestinisme" (35), pour le distinguer de la sympathie envers le peuple palestinien, ou même du préjugé favorable à son égard, l'une et l'autre étant tout à fait légitimes. Le "philopalestinisme" dont je parle est d'une autre nature. Partisan, il participe de l'inclination compassionnelle, très marquée dans le christianisme contemporain, pour les pauvres et les opprimés. Comme toutes les attitudes compassionnelles, il se caractérise par une empathie fervente avec ceux que l'on considère comme des "victimes". Un tel sentiment serait, somme toute, acceptable, s'il ne se doublait d'une antipathie, au moins aussi ardente, pour le peuple considéré comme responsable, voire coupable, de la « détresse » des Palestiniens : Israël, bien entendu.

Comme tous les "compassionnels", les "philopalestinistes" intériorisent sans discernement le "narratif" de la "victime", mieux (ou, plutôt, pire), ils ne veulent entendre aucune version différente des faits allégués par les Palestiniens, et en particulier, les démentis et les réfutations – même étayés d'arguments et de preuves difficilement contestables – formulés par les instances politiques et/militaires compétentes de l'Etat d'Israël. Il faut avoir fréquenté longtemps ces "apôtres" chrétiens d'un nouveau genre, pour constater qu'aucun argument, fût-il sage ou humble à souhait, n'est en mesure d'atteindre la conscience et le cœur de ces "militants", murés sous la carapace de leurs certitudes.

Ici, point de dialogue, ni même de discussion. On est en pleine guerre. Les "Territoires" sont l'objet de cette nouvelle croisade chrétienne. Israël est l'occupant implacable auquel il faut arracher, au besoin par la force, ce qu'il a conquis indûment par les armes, et qui est censé appartenir à la "Palestine historique", y compris Jérusalem-est (depuis peu, il n'est pas rare que la précision géographique tombe, et que l'on parle de Jérusalem, tout simplement), qui, selon ces gens, doit revenir aux Palestiniens, avec tous les lieux saints (juifs, chrétiens et arabes) qui s'y trouvent.

Ci-après quelques morceaux choisis d'une littérature, au mieux, inquiétante, au pire, délirante et meurtrière.

Le 14 décembre 2000, paraissait, dans la revue palestinienne, Intifada, une caricature représentant la Palestine sous les traits d'une jeune femme crucifiée, le flanc transpercé par une immense flèche dont la pointe affiche l'étoile de David et l'empennage, le drapeau américain ; au pied de la croix, se tiennent trois juifs bedonnants, affligés d'un nez caricatural, et la mine réjouie sous la pluie de sang, jaillie du corps de la victime. Elle illustre la "prière" blasphématoire suivante (36) :

"Mon Seigneur, le Trahi, Ô mon rayonnant maître, qui fus trahi par le méprisable baiser de trahison [juifs= Judas], descends vers nous des tours du ciel, et demande au Suprême Glorieux d'abaisser son regard sur nous […] Qu'il fasse seulement que notre jeunesse entre maintenant par la Porte de Damas [dans la Vieille Ville de Jérusalem], en chantant leurs psaumes et en parcourant la Via Dolorosa [trajet emprunté par Jésus vers le lieu de son supplice]. Mais ils ne tendront pas l'autre joue [contrairement à l'enseignement de Jésus, cf. Mt 5, 29] ; au contraire, ils arracheront la croix de leur dos [contrairement à Jésus, cf. Lc 26, 23] et jetteront à terre leurs couronnes d'épines [contrairement à Jésus, cf. Mt 27, 29]. Ils lèveront les yeux au ciel qui loue [leur Créateur] pour la gloire du liquide du cœur [de Jésus, cf. Jn 19, 34] qui lave la Via Dolorosa de la poussière des soldats [israéliens] qui marchent seuls vers le Golgotha [lieu de la crucifixion au sommet de la colline du Temple]. Alors s'élèveront de chaque ruelle les voix de la foule des vivants et les colombes et les cloches… Ô Fils de la Vierge, ils ne peuvent triompher de vous deux fois. Va [viens ?] lentement, Toi, dans l'humilité sans lumière, et puissent les anges te défendre."

C'est un prêtre nicaraguayen, Miguel d'Escoto Brockmann, qui, lors de la Soixante-troisième session de l'Assemblée Générale de l'ONU, qu'il présidait (37), se scandalisait de ce que

« l'on continue d'insister sur la patience, alors que nos frères et nos sœurs sont crucifiés ».

Et ce "prêtre" de presser

« les Nations Unies, d'employer le terme « apartheid » pour qualifier les mesures politiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. » 

Sous le titre "Bethléem, une prison en territoire occupé", une revue catholique, brosse un tableau apocalyptique de la situation de cette ville, en insistant sur le fait que les "exactions" de l'"occupant" sont la cause de la dépopulation. Extraits (38) :

"Privés d'eau, de terres et de moyens de subsistance, les Palestiniens de Bethléem étouffent derrière les murs qu'Israël persiste à ériger en toute illégalité. Tandis que sur les collines avoisinantes, de nouvelles colonies juives continuent de restreindre leur territoire. Les chrétiens en sont réduits à quitter la cité natale du Christ.

Bethléem n'est normalement qu'à 20 minutes de Jérusalem mais il faut franchir plusieurs points de contrôle pour y arriver. Des murs infranchissables enserrent insolemment les quartiers de la ville, au prix de destructions, brisant bien plus que la vue, la vie des personnes, des familles et de la société tout entière

Au centre-ville, la basilique de la Nativité est déserte, tout comme les magasins, restaurants ou hôtels, destinés aux pèlerins. Peu attirant de pénétrer dans un ghetto ! … »

Leila Sansour, une chrétienne d'origine palestinienne, rentrée au pays :

« …Si cela continue, la chrétienté pourrait disparaître du berceau où elle est née. Non pas pour des questions religieuses - hormis quelques cas isolés -, puisque nous avons vécu pendant des siècles en bonne entente avec les Palestiniens…

Le mur, commencé en 2004, sépare déjà Bethléem de Jérusalem, la ville-sœur, et des villages voisins. Le 9 juillet 2004, l'instance judiciaire des Nations Unies a déclaré la construction illégale et appelé Israël à l'arrêter immédiatement. Mais aujourd'hui encore, les bulldozers continuent impunément de dévaster et d'ériger des barrières de béton à travers les champs d'oliviers palestiniens. Les paysans se voient dépossédés ou privés de l'accès à leurs terres. Sur une colline avoisinante, les salésiens, propriétaires du domaine agricole et viticole de Crémisan, source d'emplois et de revenus pour la population locale, vont voir incessamment une partie de leur propriété passer de l'autre côté du mur et annexée de facto par les autorités israéliennes. Sans autre concertation et en violation de l'avis rendu par la Cour Internationale de Justice, soulignent les religieux. »

Commentaire du maire palestinien de la ville encerclée : « Les habitants n'ont plus qu'un seul désir : émigrer pour échapper à une mort lente ». Sans armée, sans emploi ni avenir, les jeunes n'ont que des pierres pour crier leur désespoir. David contre Goliath...

Une religieuse âgée s'exclame, de guerre lasse : « Avec le mur, qui peut franchir - à temps -, les check-points [points de contrôle] pour venir à l'hôpital, assister aux enterrements ou aux mariages ou tout simplement vendre sa récolte ? Aux points de passage, des femmes enceintes ont dû accoucher, des enfants comme des adultes, dont l'état de santé nécessitait des soins urgents, sont morts parce que les militaires israéliens les ont délibérément fait attendre. Les punitions collectives, l'homme humilié, enfermé, c'en est trop ! En été, sous la canicule, nous sommes privés d'eau car elle est pompée ici pour alimenter les colonies de l'occupant. Nous devons nous contenter de nos citernes sur les toits. Nous sommes des sans-papiers : il faut sans cesse renouveler les documents. »

Découragée de voir l'une de leurs sœurs refoulée à un point de contrôle après 30 ans de résidence sur le territoire et embarquée manu militari, la nuit tombée, dans un bus vers un pays voisin, la religieuse a écrit le 6 mars dernier au délégué apostolique de Jérusalem : « Israël, avec sa toute puissance d'aujourd'hui, mais également avec sa population au passé tragique, perdrait-il toutes ses valeurs relatives au respect et à la dignité de l'homme ? Si cet Etat ne souhaite plus la présence de religieuses chrétiennes en Terre Sainte, qu'il le fasse publiquement et correctement savoir, mais qu'il cesse immédiatement ces traitements humiliants et non conformes aux droits de la personne. » "


Le thème des Palestiniens comparés à la Sainte famille sous occupation romaine, est récurrent ad nauseam. Extraits (39) :

Sous un titre sans équivoque (40), “Qu'arriverait-il à la Vierge Marie à Bethléem, aujourd'hui", Johann Hari raconte :

"la souffrance de femmes enceintes en Cisjordanie, où des bébés meurent sans explication valable ». 

Dans deux jours, un tiers de l'humanité s'assemblera pour célébrer les douleurs de l'enfantement d'une réfugiée palestinienne à Bethléem, mais deux millénaires plus tard, dans une autre célèbre étable jonchée de décombres et sous blocus, une autre mère se retient de crier. Fadia Jemal est une femme de 27 ans aux dents espacées, arborant un sourire las et faible. « Qu'arriverait-il à la Vierge Marie si elle venait à Bethléem aujourd'hui ? Elle endurerait ce que j'endure », dit-elle."

Et l'auteur de l'article de nous relater, en termes mélodramatiques, le récit du comportement prétendu des soldats israéliens, dont "témoigne" la malheureuse :

"« …la route était bloquée par des soldats israéliens, qui déclarèrent que personne n'avait l'autorisation de passer, et ce jusqu'au matin. « Naturellement, nous lui dîmes que nous ne pouvions pas attendre jusqu'au matin. Je saignais beaucoup sur la banquette arrière. L'un des soldats jeta un coup d'oeil sur le sang et se mit à rire. Il m'arrive encore de me réveiller en sursaut la nuit et d'entendre ce rire. C'était un tel choc pour moi. Je ne pouvais comprendre ça. »"

Bien entendu, l'enfant ne survécut pas. Le "journaliste" poursuit :

"Durant deux jours, sa famille lui cacha que Mahmoud était mort, et les médecins affirmèrent qu'ils auraient « certainement » [souligné dans le texte] pu lui sauver la vie en le mettant dans un incubateur."

Puis il redonne la parole à la Palestinienne, qui s'engouffre dans la brèche :

 « Parfois, la nuit, je crie et crie ».

Et le "journaliste" de poursuivre :

"Au cours des années écoulées, elle a été enceinte quatre fois, mais elle avorte sans cesse. « Je ne pouvais plus supporter l'idée de faire un autre enfant. J'étais convaincue que la même chose m'arriverait à nouveau », explique-t-elle. « Quand je vois les soldats [israéliens], je pense toujours : qu'est-ce que mon bébé a fait à Israël ? » Depuis l'accouchement de Fadia, en 2002, les Nations unies confirment qu'au total, 36 bébés sont morts, parce que leurs mères ont été bloquées à des points de contrôle israéliens, durant l'accouchement. Sur tout le territoire de Bethléem, dans toute la Cisjordanie, il y a des femmes dont la grossesse a été perturbée ou pire, par l'occupation israélienne de leur terre. A Salfit, de l'autre côté de la Cisjordanie, Jamilla Alahad Naim, 29 ans, qui est au cinquième mois de sa grossesse, attend la première visite médicale. « J'ai tout le temps peur », dit-elle. « J'ai peur pour mon bébé, parce que j'ai eu très peu de suivi médical et que je n'ai pas les moyens de me payer de la bonne nourriture… Je sais que j'accoucherai chez moi sans aucune aide, comme ç'a été le cas pour Mohammed [son dernier enfant]. J'ai trop peur pour aller à l'hôpital, parce qu'il y a deux points de contrôle entre notre domicile et [l'hôpital], et je sais que si on est retenu par les soldats, la mère ou le bébé peuvent mourir dehors dans le froid. Mais accoucher à la maison peut aussi être dangereux. »

Selon Hindia Abu Nabah – une solide infirmière de 31 ans, qui travaille à la clinique Al Zawiya, dans le district de Salfit -, « c'est un « cauchemar » d'être enceinte en Cisjordanie, aujourd'hui. « Récemment, deux de nos patientes enceintes, ici, ont été asphyxiées chez elles par une grenade lacrymogène. Les femmes ne pouvaient pas respirer et ont accouché prématurément. Le temps que nous arrivions, les bébés étaient venus au monde morts-nés. »"

La suite du récit insiste sur le fait qu'entre autres problèmes de santé, "30% des Palestiniennes enceintes souffrent d'anémie." Le mot revient à trois reprises dans un seul paragraphe. L'infirmière parle même de "désastre sanitaire".

Le "journaliste" recueille ensuite les confidences du Dr Hamdan Hamdan, directeur des services de la maternité de l'hôpital Hussein, de Bethléem, qui affirme que les femmes palestiniennes

"« ont accouché dans des conditions étonnamment similaires à celles qu'a endurées Marie, il y a 2000 ans. Elles ont mis au monde leur bébé sans médecin, sans équipement de stérilisation, sans aide en cas de complications. Elles ont été boycottées et ramenées à l'Âge de la pierre. »"

Il relate son voyage, avec l'une des équipes volantes de Merlin - l'une des trois associations de bienfaisance, financées par l'Independent Christian Appeal - dans la région de Salfit – 

"balafrée par les implantations israéliennes, dont les égouts déversent leurs eaux usées sur la terre palestinienne, où il dit avoir vu "des femmes et des enfants qui s'assemblaient autour de ces implantations, avec désespoir, pour obtenir de l'aide".

"Rahme Jima, 29 ans, est assise, les mains soigneusement croisées autour de son ventre. Elle est au dernier mois de sa grossesse, et c'est la première fois qu'elle pourra consulter un médecin depuis qu'elle est enceinte. « L'hôpital le plus proche est à Naplouse, et nous ne pouvons pas nous payer le transport pour y aller en franchissant les points de contrôle », dit-elle, révélant qu'elle envisage – en désespoir de cause – d'accoucher chez elle. Même si elle avait l'argent, dit-elle, elle « a trop peur d'être retenue au point de contrôle et d'être forcée d'accoucher là ». Elle aussi se plaint d'avoir « de l'anémie »".

Et le "journaliste" de décrire la détresse de ces femmes, en ces termes : 

"Tous les problèmes qui affectent ces Marie du XXIe siècle défilent dans la clinique de Merlin. L'une après l'autre, des mères terrorisées se présentent aux spécialistes, ici, et s'en vont en étreignant des sachets d'acide folique, de calcium, de fer et de médicaments."

Et pour finir : 

"Penchée à l'entrée de sa clinique nue, [l'infirmière] Hindia abu Nabah s'adresse à moi : « Dites à vos lecteurs que nous avons besoin de leur aide. Il n'y a pas de fœtus du Hamas ou du Fatah. Ils ne méritent pas d'être punis. Je ne pourrais plus supporter de regarder une autre femme anémique dans les yeux et de lui dire que son bébé aura un poids insuffisant, ou une malformation, et que nous n'avons pas d'adjuvants ferreux à lui donner. Je ne peux plus me retrouver dans cette situation. Je ne peux pas. »".

Parfois, des ecclésiastiques vont jusqu'à blasphémer non seulement les juifs, mais les Ecritures elles-mêmes. Témoin cet extrait d'un article d'un jésuite suisse (41) :

« En Israël, le juif "religieux" est orgueilleux et violent ; le juif "non religieux" est arrogant et hautain. Il ne méprise pas seulement le Palestinien, il tient le chrétien pour un minable […] Comble de malheur, c'est la religion qui sert de base à un système aussi vicieux. Lorsque nous, chrétiens, nous prions bravement les psaumes, nous rendons un service "politique" aux plus durs représentants du sionisme triomphant à Jérusalem. Un exemple, tiré du psaume 9 : "mes ennemis retournent en arrière, ils fléchissent, ils périssent devant Ta face". Magnifique, n'est-ce pas ? Une véritable prophétie sur la Guerre des Six Jours, en juin 1967, brillamment remportée par Israël sur les troupes égyptiennes, sans doute avec la bénédiction du Seigneur. "Tu as maté les païens, fait périr l'impie, effacé leur nom pour toujours et à jamais ; l'ennemi est achevé, ruines sans fin, tu as renversé les villes, et leur souvenir a péri". Encore une prophétie ! Qui permet à vous, chrétiens de Suisse, d'ignorer qu'Israël en toute impunité a rayé de la carte de la Palestine, depuis 1948, plus de 400 villages arabes. J'ai bien dit : rayé, rasé, brûlé, détruit jusqu'à la racine. Leurs habitants sont devenus des réfugiés errant encore entre la Syrie, le Liban, la Jordanie et les Territoires autonomes, dans l'attente d'un improbable retour sur leurs champs. Tant de misère, toute cette injustice, "par la grâce du Seigneur" ! Il y a des prières devenues imprononçables. Elles m'arrachent la langue, elles ont un goût de sang, elles insultent ma foi, elles sont une offense à Dieu. »

Lisons encore cet extrait d'une homélie d'un prêtre anglican, adepte de la Théologie (palestinienne) de la Libération (42) :

 « Alors que nous approchons de la Semaine Sainte et de Pâques, la souffrance de Jésus-Christ aux mains de puissances politiques et religieuses malfaisantes, il y a deux mille ans, se manifeste à nouveau en Palestine. Le nombre de Palestiniens et d'Israéliens innocents qui ont été victimes de la politique de l'Etat d'Israël augmente. Ici, en Palestine, Jésus marche encore sur la Via Dolorosa. Jésus est le Palestinien impuissant, humilié à un point de contrôle, la femme tentant d'arriver à l'hôpital pour recevoir des soins, le jeune homme dont la dignité est piétinée, le jeune étudiant incapable d'atteindre l'université pour étudier, le père sans emploi qui doit trouver du pain pour nourrir sa famille ; la liste devient tragiquement plus longue, et Jésus est là, au milieu d'eux, souffrant avec eux. Il est avec eux quand leurs maisons sont bombardées par des chars et des hélicoptères de combat. Il est avec eux dans leurs villes et leurs villages, dans leurs douleurs et leurs chagrins. Dans cette période de Carême, il semble à bon nombre d'entre nous que Jésus est encore sur la croix avec des milliers de Palestiniens crucifiés autour de lui. Il faut seulement des gens dotés de discernement pour voir les centaines de milliers de croix dans tout le pays, les Palestiniens, hommes, femmes et enfants crucifiés. La Palestine est devenue un énorme Golgotha. Le programme crucificatoire [sic] du gouvernement israélien fonctionne quotidiennement. La Palestine est devenue le lieu du crâne.  »

Le 16 juillet 2000 à la Maison d'Abraham, sur le Mont des Oliviers, Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, prononça une homélie qui fut retransmise sur la chaîne de télévision française A2 [aujourd'hui, France 2], au cours de l'émission "Le Jour du Seigneur". Il y faisait un parallèle de mauvais goût entre un épisode biblique et « l'occupation militaire israélienne », non sans insister lourdement sur la non-conversion des juifs à Jésus. Extrait (43) :

 « Frères et sœurs. Dans la première lecture de la prophétie d'Amos, prophète du huitième siècle avant le Christ, durant le règne de Jéroboam II, le prêtre du sanctuaire de Béthel, prêtre du roi, irrité par la prédication du prophète, le chasse loin de son sanctuaire. Béthel est aujourd'hui le quartier général de l'occupation militaire israélienne

Dans la troisième lecture, de l'évangile selon saint Marc (6, 7-12), les disciples sont envoyés par le Seigneur afin de prêcher la pénitence au peuple. Ici aussi, Jésus prévoit le refus, malgré lequel le disciple devra persévérer… Frères et sœurs, l'Église de Jérusalem porte en elle-même, dans son histoire passée et présente, le mystère de la grâce accueillie ou refusée.

Ici, le Christ, il y a 2000 ans, fut refusé. Aujourd'hui accueilli dans tant de pays et par tant de peuples, il reste refusé dans sa terre…

Les ambitions politiques doivent se soumettre à la voix des prophètes : le prêtre du roi à Béthel chassa le prophète Amos. Le roi et son prêtre disparurent et la voix du prophète n'a cessé, aujourd'hui encore, de nous faire parvenir la voix de Dieu… »

Voici comment s'exprimait, dans un rapport récent, le secrétaire général sortant du Conseil Œcuménique des Eglises (COE), à propos d'Israël (44) :

 «l'occupation, associée à l'humiliation de tout un peuple pendant plus de six décennies, n'est pas simplement un crime économique et politique : tout comme l'antisémitisme, c'est un péché contre Dieu!».

« Pour bien comprendre la gravité de la construction actuelle de colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), il faut considérer cette situation dans le contexte historique plus large des soulèvements ethniques en Palestine qui ont précédé la création de l'Etat moderne d'Israël. Les Israéliens appellent cela "la guerre d'indépendance" mais, pour les Palestiniens, cette période sera, à tout jamais, la nakba – la "catastrophe" – dont beaucoup se souviennent comme [d']une forme de "purification ethnique" au cours de laquelle a eu lieu la plus importante migration forcée de l'histoire moderne… Ce que des dirigeants palestiniens appelaient, en 1948, "le racisme et la ghettoïsation des Palestiniens à Haïfa", est devenu, en ce début du 21e siècle, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, un système complet d'apartheid avec son propre système de "bantoustans". »

On sait la fortune du terme "apartheid", ridiculement mais mortellement appliqué à Israël, parce qu'il a "osé" mettre un mur entre ses citoyens et les terroristes qui menacent leur vie. Ce qu'on sait moins, c'est que, dès 2003, un cardinal - pourtant favorable au rapprochement entre l'Eglise et le peuple juif - l'avait déjà repris à son compte, dans une déclaration prononcée à Jérusalem, à l'occasion d'une ordination épiscopale (45) :

« Dans tout le pays une barrière de séparation déjà longue de 150 km dessine inexorablement une géographie d'apartheid qui excite plus qu'elle ne maîtrise la violence, lacérant un tissu humain avec de graves conséquences sociales, économiques, éducatives et sanitaires. »  

Enfin, il est déplorable que, lors de son départ de Terre Sainte, le 13 mai 2009, le Pape lui-même ait cédé à ce comparatisme religieux de mauvais goût, dont le moins qu'on puisse en dire est qu'il témoigne d'une ignorance affligeante de la douloureuse cicatrice mémorielle laissée dans la mémoire juive par l'antijudaïsme multiséculaire de l'Eglise. Qu'on en juge (46) :

 « Avec angoisse, j'ai été le témoin de la situation des réfugiés qui, comme la Sainte Famille, ont été obligés de fuir de leurs maisons….»

Pour percevoir le caractère dévastateur de cette analogie, il faut connaître le contexte de l'événement auquel fait allusion le pape. Il s'agit du bref récit de la fuite de la "Sainte Famille", que relate l'Evangile (Mt 2, 13) :

" …l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; et restes-y jusqu'à ce que je te le dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » "

Message subliminal : Israël est, d'une certaine manière, Hérode redivivus.

Ce n'est sans doute pas ce qu'a voulu dire le pape, mais c'est certainement ce qu'auront compris les Palestiniens, surtout les chrétiens. Et on imagine sans peine la version "palestino-chrétienne" de l'accusation de déicide que tant d'enfants juifs ont entendue dans les écoles, surtout pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce pourrait être quelque chose comme « Vous avez voulu tuer notre peuple, comme Hérode, c'est pour ça que nos parents ont fui, et vous en avez profité pour détruire nos villages et vous emparer de nos maisons ». En fait, la seconde partie de l'exclamation est déjà monnaie courante depuis longtemps. Mais l'assimilation (implicite) de l'armée de Défense d'Israël à Hérode, c'est l'inouï, la sacralisation inespérée de l'exécration palestinienne pour "l'Occupation". On ne s'étonnera donc pas de l'amertume de certaines réactions, dont la mienne (47).

Des auteurs des propos ci-dessus - préjudiciables à l'Etat juif et, par voie de conséquence, au peuple juif dans son entier -, j'ose dire, en reprenant les propos de Paul à l'encontre des juifs qui s'opposaient à la première prédication chrétienne (Epître aux Romains 10, 2) : "Je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu ; mais c'est un zèle mal éclairé."

 

Quels que soient les torts réels éventuels de cet État si calomnié – y compris par une instance internationale, dont le rôle est précisément de flétrir une telle injustice (48) –, la diabolisation indéniable dont il est l'objet, au point de le pousser à la paranoïa (49), devrait poser question aux consciences droites, surtout les chrétiennes, dont on n'entend, hélas, que fort peu la voix.

 

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Notes


[1]. Sur base de la loi dite de « compétence universelle ». La compétence universelle est, en droit, la compétence exercée par un État qui poursuit les auteurs de certains crimes, quel que soit le lieu où le crime a été commis, et sans égard à la nationalité des auteurs ou des victimes ; voir, entre autres : Irit Kohn, « Prévenir les abus de la compétence universelle en matière de crimes de guerre ».

2. Rappelons que la bande côtière de Gaza a été intégralement évacuée par Israël entre juin et septembre 2005, ce qui n'a pas empêché le Hamas de continuer à bombarder les localités israéliennes voisines, dont Sdérot (11 000 roquettes et missiles Qassam, entre janvier 2001 et octobre 2008). Excédé, l'Etat israélien a lancé une partie de son armée dans une offensive militaire appelée, non sans emphase, par la presse, « Guerre de Gaza » ; l'opération a duré 22 jours (du 27 décembre 2008 au 17 janvier 2009 et fait entre 1 000 (sources israéliennes) et 1 500 morts (sources palestiniennes). Depuis, Israël est en proie à la vindicte des Organisations Non Gouvernementales, qui parlent de massacre et de crimes de guerre. C'est le cas du récent rapport d'Amnesty International, et surtout du Rapport Goldstone, qui risque d'être entériné par le Conseil pour les droits de l'homme de l'ONU. Articles en ligne : « Rapport d'Amnesty International sur l'opération ‘Cast Lead' à Gaza » (pdf. en anglais) ; « NGO Monitor's Submission to the Human Rights Council Inquiry on the Gaza War, Led by Judge Goldstone » ; « Goldstone Report: 575 pages of NGO cut and paste » ; La Commission Goldstone (sur la guerre de Gaza) se base sur des témoignages du Hamas.

3. Consulter : Shmuel Trigano, « Le concept de "pogrom médiatique" ».

4. Voir Charles Dunlap, « Lawfare amid warfare », Washington Times, 3 août 2007) ; sur ce thème, consulter, entre autres : Eyal Weizman, « Offensive par le Droit à Gaza », et « La guerre par le droit : la cible israélienne ».

5. Voir, entre autres : « 350 ONG déposent plainte contre Israël pour crimes de guerre » ; G.M. Steinberg, « Les ONG sont en guerre avec Israël », etc.

6. Gerald M. Steinberg, « Reprise du narratif » ; sur la notion de « narratif », voir l'exposé de haut niveau du Dr Raphaël Lellouche, « A propos de l'usage du terme "narratif" ».

7. Georges Bensoussan, Un nom impérissable, Israël, le sionisme et la destruction des Juifs d'Europe, 2008 ; présentation de Paul Benhaïm, « Un nom impérissable, Israël, le sionisme et la destruction des Juifs d'Europe ».

8. Cité d'après P. Benaim (voir référence, ci-dessus).

9. Voir note 6, ci-dessus, et Gerald M. Steinberg, « Le financement européen de la guerre du narratif ».

10. Voir l'article « Boycott », de Wikipedia.

[1]1. Voir les articles de Wikipedia : « Apartheid », et « Opposition internationale à l'apartheid ».

[1]2. Cf. l'article de Omar Barghouti, « Boycott culturel et sportif contre l'apartheid israélien », (www.apocatastase.com, "culturel sportif").

[1]3. Dans l'article précité (note 12), Barghouti résume ainsi les prétendues exactions israéliennes : « l'occupation, la colonisation, le système de discrimination raciale contre les Palestiniens à l'intérieur d'Israël, qui est une forme spécifique israélienne d'Apartheid, ainsi que la négation des droits des réfugiés palestiniens. »

[1]4. Les développements qui suivent sont largement tributaires de l'article « Boycott », déjà cite.

[1]5. Sur cette formule,  voir « Palestinian Call for Boycott, Divestment, and Sanctions (BDS) » ; « Wikipedia, Boycott, désinvestissement et sanctions ».

[1]6. Quelques exemples : En 2006 une banque hollandaise, ASN Bank, se retire de Veolia, en raison de sa participation à la construction du tramway de Jérusalem. En octobre 2008, le Suédois Assa Abloy annonce qu'il délocalise une usine de production de la zone industrielle de Barkan, en Cisjordanie. En 2008, le ministère des Affaires Etrangères suédois fait savoir que « l'opinion du gouvernement suédois est que la création d'entreprises ou les relations d'affaires avec des entreprises situées dans les colonies sont déplacées. ». En novembre 2008, les Britanniques exigent à nouveau que les produits israéliens venant des territoires palestiniens ne soient pas détaxés. Tsipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères s'inquiète pour les exportations israéliennes en direction de l'Europe et elle constate amèrement que cette situation est le fruit des longs efforts d'un lobby pro-palestinien qui pousse les Britanniques à l'action. Le 10 janvier 2009, Richard Ramsey, directeur d'une compagnie de télécommunication britannique rompt ses relations avec la firme israélienne de technologie, MobileMax. Le 16 janvier 2009, le quotidien Yediot Aharonot fait état de l'inquiétude des agriculteurs israéliens qui ne parviendront pas à vendre une partie de leur production. Début juin 2009, la presse se faisait écho de ce que Veolia et Alsthom, les deux entreprises françaises impliquées dans le projet controversé du tramway de Jérusalem – réputé illégal car il reliera la Ville sainte aux blocs d'implantations des quartiers périphériques de Jérusalem – allaient se retirer et vendre leurs parts, mais d'autres informations affirment que Veolia embauche encore. Voir, entre autres : B. Barthe, « Veolia, futur exploitant du controversé tramway de Jérusalem, paie son implication ».

[1]7. Sur la « société civile » et son instrumentalisation, voir : Gerald M. Steinberg, « Manipulation de la société civile ».

[1]8. Voir : Wikipedia, Boycott académique d'Israël ; Soutien à Gaza et Boycott d'universités israéliennes: interventions de Mary Senior et de Tom Hickey ; Rebecca Spence, Des universitaires britanniques approuvent le boycott d'Israël.

[1]9. D'après The Guardian du 6 avril 2002.

20. On notera l'énormité et l'indécence du parallèle.

2[1]. Voir Barak Ravid, « La Grande Bretagne décrète un embargo partiel en raison de la guerre de Gaza ».

22. Comme l'atteste l'article suivant : « La Cour européenne des droits de l'homme confirme une condamnation pour boycott de produits israéliens ».

23. Voir ci-dessus, note 17.

24. Le titre d'un article de G.M. Steinberg, cité plus haut (note 5), « Les ONG sont en guerre avec Israël », exprime cela sans langue de bois, comme d'ailleurs sans paranoïa, ainsi que pourra le constater quiconque lira l'article sans idée préconçue, ni parti pris.

25. Voir l'article de G. M. Steinberg, « De l'abus du terme 'Apartheid' en faveur de la cause palestinienne ».

26. Voir Déclaration d'Indépendance, « Déclaration d'Indépendance d'Israël », Wikipedia, « Crise du canal de Suez (1956) » ; Guerre du Kippour (1973), etc.

27. Voir « Massacre de Sabra et Chatila (septembre 1982) » ; « Plainte judiciaire contre A. Sharon (I) ».

28. Lire, à ce sujet : « Le Mythe du massacre de Jénine — Analyse de Martin Sieff ».

29. Colonel Richard Kemp (CBE), « Le droit international et les opérations militaires sur le terrain ».

30. Wikipedia « Droit de la guerre ».

31. Wikipedia, « Droit international humanitaire ».

32. Shmuel Trigano, « Le nouvel antisémitisme, vers une modélisation ».

33. J'ai rassemblé, sous cette note, plusieurs liens utiles : M. Macina, « "Souriez – euh, Pleurez! Merci!" Les clichés qui tuent Israël » ; « Reportage chrétien diabolisateur de Tsahal, brutal assiégeant d'une basilique » ; « "Stratégie haute" dans la diabolisation des Juifs », etc.

34. Voir, entre autres : Michael Radu, « L'abus de la cause des droits de l'homme ».

35. Sur ce sujet, voir mon éditorial de janvier 2003 : M. Macina « Ce 'palestinisme' qui fait peur aux Juifs ».

36. Cf. M. Macina, « La diffamation publique chrétienne d'Israël, une nouvelle forme de haine antijuive ».

37. M. Macina, « Ce prêtre de l'ONU qui appelle «frères et sœurs» les Israéliens, tout en les accusant d'apartheid! ».

38. Dimanche Express, n° 16 - 20 avril 2008, p. 3 ; cf. « Incitation à la haine d'Israël dans un hebdomadaire catholique belge ».

39. En témoigne ce florilège d'articles : Larry Fata, « Comment Marie et Joseph auraient-ils franchi un poste de contrôle ? » ; « La thématique du récit chrétien de Noël au service de la diabolisation d'Israël » ; Mary Ann Weston, « Ô petit ghetto de Bethléem » ; M. Macina, « Noël pris en otage par la propagande palestinienne... Rien de neuf : petit aide-mémoire » ; B. Fauvarque, « Pour ces religieuses chrétiennes, Israël est le nouvel Hérode » ; « Propagande anti-israélienne par Evangile interposé: Marie et Joseph bloqués à un point de contrôle » ; « Jésus et Marie récupérés par la propagande palestinienne, sur le site de l'ONG War on Want » ; etc.

40. J. Hari, « Appel de "The Independent": qu'arriverait-il à la Vierge Marie à Bethléem, aujourd'hui ? ».

41. A. Longchamp, jésuite, « Israël a fait taire ma prière » ; du même « Les Palestiniens et la punition collective » ; deux réactions : « Un éditorial choquant, réaction de l'abbé Arbez au texte blasphématoire du jésuite Longchamp » ; Meïr Waintrater, « La Shoah conjurée, le Juif criminel et le chrétien martyr ».

42. Naim Ateek, « Message de Pâques de Sabeel  » (2001).

43. « Mgr Sabbah s'identifie au prophète qui brava Jéroboam II = Israël ».

44. « Pour le Conseil Oecuménique des Eglises : "l'occupation israélienne est un péché contre Dieu" ».

45. « Cardinal Etchegaray : " Le mur dessine une géographie d'Apartheid " ».

46. « Discours du pape Benoît XVI lors de son départ des Territoires palestiniens » ; M. Macina, « Le Pape, les réfugiés et… la Sainte famille: un pacifisme irréaliste aux dépens d'Israël ».

47. Laurent Murawiec, « La Sainte Famille? Vous voulez rire ! C'est à pleurer » ; M. Macina, « En guise de cadeau d'adieu au Pape pour l'aider à mieux victimiser chrétiennement les Palestiniens ».

48. Il s'agit du fameux Conseil des Droits de l'Homme, devenu tristement célèbre pour son dénigrement scandaleusement systématique de l'État juif. Consulter, entre autres, Jean-Claude Buhrer, « L'ONU contre les droits de l'homme ».

49. Voir M. Macina, « Singularisation négative d'Israël: la preuve par la paranoïa ».

 

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© Rivtsion, avec Editions Docteur Angélique

 


Mis en ligne le 23 septembre 2010, par Menahem Macina, sur le site rivtsion.org