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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme

Le mémorial de Caen a récompensé la diffamation d'Israël, Véronique Chemla
05/02/2011

Sur le Blog de l'auteure, 30 janvier 2011

Le 30 janvier 2011, la 22e édition du Concours international de plaidoiries du Mémorial de Caen-Normandie a remis son 1er prix à Maître Mahmoud Arqan, «avocat de Hébron en Palestine», pour sa plaidoirie intitulée «L'exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère». Une variante du blood libel (allégation diffamatoire et infondée visant les Juifs accusés d'avoir tué un enfant non-Juif). 
Article mis à jour avec la composition édifiante du jury, la plaidoirie et les liens étroits entre Caen, son Mémorial, Hébron, l'université al-Qods et la diplomatie française.

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Le dimanche 30 janvier 2011, dix avocats ont concouru à la finale de ce concours du Mémorial de Caen- Normandie. Ils ont défendu «des cas réels d'atteinte aux Droits de l'Homme» devant un public de plus de 1 500 spectateurs. Ils ont «abordé avec ferveur les injustices qui les ont sensibilisés».
Le jury était présidé par Jorge Semprun, ancien ministre espagnol de la Culture, scénariste et écrivain.
Trois prix ont été décernés, dont un prix spécial du public.

D'une valeur de 8 000 €, le 1er Prix du Mémorial et de la Ville de Caen a été remis à Me Mahmoud Arqan, de «Hébron (Palestine)» pour sa plaidoirie «L'exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère». En prime, l'Association Internationale des Jeunes Avocats (AIJA) offre à ce lauréat une participation gratuite à un de ses séminaires en 2011.

Le 2e Prix (4 000 euros) a été décerné à Me Garry Sakata Moke Tawab (Kinshasa, République Démocratique du Congo) pour sa plaidoirie «Viols massifs des femmes ou nouvelle arme de guerre». Le Prix du public (4000 Euros) a distingué Me Christelle Fournier (La Rochelle, France) pour sa plaidoirie «Zandalé : la raison d'Etat dressée contre l'enfance».

La cause de Me Mahmoud Arqan
Me Mahmoud Arqan se présente comme licencié en droit et avocat au barreau de Hébron. En mai 2010, il a «participé au IIe Concours international de plaidoiries organisé par l'Université d'Abu Dis, à Jérusalem-est, en Palestine».

Résumé de sa plaidoirie au Mémorial de Caen : 
«Le 22 octobre 2001, Fatima Issa était sur le point d'accoucher. Les soldats du poste de contrôle israélien du village de Walja – Bethléem –, dans les territoires palestiniens occupés, lui ont refusé de traverser la barrière militaire israélienne, elle n'a pu aller à l'hôpital à temps. Elle a perdu son bébé si désiré».
Cet avocat a dépeint les soldats israéliens comme impitoyables, et allégué de multiples violations du droit international ainsi qu'un «crime contre l'humanité».

Le but de cet avocat ?
«Ma plaidoirie raconte la vie quotidienne des citoyens palestiniens sous l'occupation. Elle dénonce les difficultés rencontrées par les malades palestiniens pour obtenir l'accord des soldats Israéliens de passer d'une zone à l'autre, leur attente dans la souffrance pour accéder aux centres de soins, pour se procurer des médicaments, pour être opérés, etc.»

Pourquoi avoir participé à ce concours ?
«En ma qualité d'avocat, je me dois de défendre la cause des personnes victimes des injustices, des droits bafoués, être la voix de ceux qui ne peuvent se faire entendre. A travers l'histoire de Fatima, je lève un voile sur ce qui se passe au quotidien dans mon pays. J'espère que cette cause sera largement entendue».

Autant de stéréotypes de la propagande palestinienne usant de la diffamation sur le registre affectif et antisémite. Comme dans l'affaire al-Dura, cet avocat a présenté à un public européen une énième version de l'accusation diffamatoire de crime rituel, née dans l'Europe chrétienne : il a évoqué «l'exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère». Et par qui, à votre avis ? «Fœtus», «entrailles»… Ces termes-mêmes visent à susciter l'horreur et l'épouvante à l'égard d'un assassinat barbare, cruel.

Citons quelques exemples de la réalité quotidienne des Palestiniens. Le 31 janvier 2008, un médecin officier de Tsahal a accouché une femme palestinienne de Hébron qui n'a pu se rendre à l'hôpital à cause de la tempête de neige (Source : Guysen International News).

Rappelons l'action de l'association Un cœur pour la paix. Dans les territoires de l'Autorité palestinienne, «presque la moitié des mariages sont consanguins. Les bébés souffrent trois fois plus de malformations cardiaques que la population générale». Un cœur pour la paix assure, avec les autorités militaires israéliennes et l'hôpital Hadassah de Jérusalem, des opérations délicates du cœur d'enfants palestiniens, d'un coût de 12 000 euros, pris en charge pour moitié par cet hôpital : une opération du cœur est effectuée par semaine, un patient sur deux est un nouveau-né, 60% des enfants sont des Gazaouis, etc. Cette association assure la présence, auprès de l'enfant hospitalisé de sa mère, ou de la grand-mère du bébé si la mère vient d'accoucher. Elle forme des médecins palestiniens à l'échocardiographie pour dépister les enfants porteurs de malformations cardiaques, pour les suivre à leur retour dans leur foyer familial. Elle leur fournit gracieusement les appareils portables d'échocardiographie, etc.

De même, l'association israélienne Save a Child's Heart (SACH) coopère avec le Wolfson Medical Center à Holon (Israël) afin d'effectuer des opérations chirurgicales du coeur d'enfants de toutes origines, notamment palestiniens, et forme les médecins de l'Autorité palestienne, de Roumanie, du Congo, du Kenya, de Zanzibar, de Chine, du Vietnam, etc. Depuis 1995, SACH a opéré plus de 2 400 enfants, dont 49% sont de l'Autorité palestinienne, de Jordanie, d'Iraq et du Maroc. Le nombre d'enfants traités chaque année par SACH est passé de 48 en 1996 à plus de 200 en 2009.

Que Mahmoud Arqan ait occulté les persécutions des chrétiens, les crimes dits «d'honneur», ou la corruption au sein de l'Autorité palestinienne, est révélateur. Etrange sensibilité aux droits de l'homme.

Chronique d'un Prix annoncé ?
En 2009, ce concours international de plaidoiries pour les droits de l'homme a décidé de se tenir hors de France. Devinez où ? A «l'université palestinienne Al-Quds, en Cisjordanie, à quelques kilomètres de Jérusalem». 

«Le Mémorial de Caen, grâce à sa longue pratique», souhaitait « apporter son expérience en ce domaine au peuple palestinien, par le biais de l'Université Al-Quds ». Aux seuls Palestiniens ?

Organisé par «la Faculté de droit d'Al-Quds avec le Mémorial de Caen et l'Institut international des droits de l'homme, ce concours a réuni le 31 mai 2009 neuf avocats européens et palestiniens». 

Le jury était présidé par Frédéric Desagneau, consul général de France. 

Les plaidoiries ? Plutôt des diatribes anti-israéliennes, en présence, notamment, «du Président de l'Université, Sari Nusseibeh, du Consul Général de France à Jérusalem, Alain Rémy, et d'une délégation française», composée de 60 personnalités, dont des ministres, des parlementaires, des bâtonniers, des doyens de facultés de droit, des professeurs de droit et des journalistes français. Anwar Abu Eisheh, qui a co-organisé l'événement pour l'université al-Qods, a souhaité que [ces personnalités] «témoignent, à leur retour, des violations des droits de l'homme en Palestine».

Le Consul général de France à Jérusalem a déclaré :
«C'est la première fois que la France coopère avec le Concours international de plaidoiries pour les droits de l'Homme en Palestine et dans le monde. Nous continuerons à soutenir de telles activités».
Le directeur du Mémorial pour la Paix de Caen, Stéphane Grimaldi, a déclaré qu'il «souhaitait voir un jour en Palestine un tel mémorial pour la paix».

"Le Maire de Hébron, Khaled Ossaily, a rencontré le Député-Maire de Caen, Philippe Duron, qui conduisait une délégation française. M. Duron a souhaité s'informer de la situation dans la ville de Hébron et manifester sa solidarité avec ses habitants. La délégation était composée, entre autres, de Corine Ferret, Première adjointe de la ville de Caen, de journalistes français, d'Anwar Abu Eisheh, Professeur de droit à l'Université Al-Quds et Président de l'Association France-Hébron, et des participants au Concours international de plaidoiries pour les droits de l'homme [...] Le maire de Hébron a salué la délégation et l'a remerciée de sa visite. Il a ensuite évoqué la situation politique à Hébron, notamment dans la vieille ville, et les souffrances de la population exposée à la violence des colons et de l'occupation."

M. Duron a déploré «la situation et condamné le processus de colonisation, conduisant à l'expulsion des Palestiniens de leurs terres et de leurs maisons».

Il a rappelé que : «la ville de Caen avait beaucoup souffert pendant la deuxième guerre mondiale ;  [que] 70% des maisons avaient été détruites et beaucoup de ses habitants avaient trouvé la mort». Et d'ajouter : «Nous avons vécu sous l'occupation pendant quatre ans, nous avons conscience d'une telle situation et de la souffrance de ceux qui vivent sous le joug de l'occupant».

Le député-maire socialiste de Caen «a manifesté sa solidarité avec la ville de Hébron et a accepté l'invitation de participer à un groupe de pression et de travail pour que la ville d'Hébron soit classée au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. A la fin de la rencontre, les deux parties ont convenu de rechercher des mécanismes de coopération».

Et sa 2e édition s'est déroulée le 23 mai 2010. Dans la même veine stigmatisant Israël. 

Présidé par Jorge Semprun, le jury était composé de 14 membres :
- Anwar Abu Eisheh, professeur de droit, Université Al-Quds, Jérusalem. (Lors de la guerre d'Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, il avait allégué qu'«Israël tente de diviser Gaza en "bantoustans" » et que «rien ne justifie le massacre perpétré à Gaza») ;
- Kléber Arhoul, directeur régional des Affaires culturelles, Basse-Normandie ;
- Matthieu Aron, rédacteur en chef à France Info ;
- Guillaume Ballard, directeur départemental d'Ouest-France ;
- François Cantier, président d'Avocats sans Frontières ;
- Dominique Delhoume, directeur régional de France 3 Basse-Normandie ;
- Philippe Duron, député-maire de Caen, président du Mémorial ;
- Isabelle Fougère, journaliste ;
- Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial de Caen ;
- Régis Koetschet, chef de la Mission des relations avec la société civile de la Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats du ministère des Affaires étrangères et européennes ;
- Pascal Maurer, Président de l'Union internationale des avocats ;
- Françoise Tulkens, juge à la Cour européenne des Droits de l'Homme, présidente de la Deuxième section à la Cour européenne des Droits de l'Homme ;
- Dominique Voillemot, président de la Délégation des Barreaux de France ;
- Ariane Weben, Bâtonnier de l'Ordre des avocats à la Cour d'appel de Caen.

Certains membres du jury ont noué des liens étroits avec les Palestiniens de Hébron et ont des opinions partiales à l'égard d'Israël. On peut s'interroger sur leur éventuel conflit d'intérêts : on ne peut pas être juge et partie. Quelles auraient été les chances d'un avocat plaidant pour les victimes françaises ou israéliennes des attentats islamistes palestiniens en Israël ?

Que des personnes dotées d'un bagage intellectuel solide, dont un membre de l'Académie Goncourt et des représentants de l'élite judiciaire française et européenne, aient gobé ces mensonges horribles et n'aient pas su déceler une fiction partiale et une accusation antisémite, est inquiétant. Il est d'autant plus surprenant que Jorge Semprun, ancien communiste, n'ait pas découvert cette propagande palestinienne éhontée, alors que celle-ci a été élaborée en particulier par des spécialistes soviétiques du temps de l'URSS. Une propagande palestinienne qui écume tous les concours, dans tous les genres (avocats, photographes, etc.), dans tous les pays, et notamment à Caen.

Cela signifie que le terrain a été soigneusement préparé par des décennies de propagande palestinienne mise en scène par Pallywood, cette industrie audiovisuelle palestinienne ainsi dénommée par l'historien Richard Landes, et relayée par maints médias et livres.

Cela prouve aussi une certaine inefficacité de la diplomatie israélienne et de certaines instances communautaires juives françaises à faire connaître la réalité sur l'Etat d'Israël et à faire comprendre aux autorités publiques que la diffamation de l'Etat juif alimente l'antisémitisme. En 2010, le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) a recensé 466 actes antisémites en France.

Ce concours est organisé par le Mémorial de Caen-Normandie, cité de l'histoire pour la paix, l'ordre des avocats à la Cour d'appel de Caen, et la ville de Caen, dont le député-maire est le socialiste Philippe Duron, que nous allons interroger sur leur acte grave.

Car c'est la coquette somme de 8 000 € provenant de l'argent des contribuables français, qui a été versée à cet avocat palestinien par des instances renommées. Et ce, alors que la crise économique touche sévèrement la France.

On ne peut qu'inviter les avocats de la Cour d'appel de Caen à visiter Israël et à constater la vie quotidienne des Palestiniens : marchés regorgeant de victuailles, villas somptueuses des notables palestiniens, croissance économique soutenue, manuels scolaires diffusant la haine des Juifs, cartes sans indication de l'Etat d'Israël, etc.

Ce Prix bénéficie déjà d'articles dans des médias qui prennent pour réalité les allégations diffamatoires de Mahmoud Arqan.

Un Mémorial de Caen partial

Dirigé par Stéphane Grimaldi, le Mémorial de Caen a été inauguré en 1988 par le président François Mitterrand, sur l'esplanade Dwight Eisenhower, et dédié aux libérateurs de la France. 

Constitué sous la forme d'une société d'économie mixte - au capital de 1 216 350 € - dont la ville de Caen est l'actionnaire majoritaire (51,5%), il se targue d'avoir attiré 372 000 visiteurs en 2009 et d'avoir réalisé un chiffre d'affaires, cette année-là, de sept millions d'euros.

Il a accueilli, «en 2002, environ 130 000 scolaires» et «formé gratuitement 1 500 professeurs à sa visite», me précisait, en 2003, Isabelle Bournier, responsable de son service éducatif, présente au Salon de l'Education (20-24 novembre 2002).

Sur la Guerre Froide, dont le conflit de Suez (1956), ce musée a élaboré des «ateliers de l'historien» - les élèves manipulent des objets et analysent des documents - et des «cahiers d'histoire» certifiés ISO 9002. Qu'écrit celui qui est intitulé «La Seconde Guerre mondiale et le monde contemporain» (1999), sur Arafat ?
Né à «Jérusalem» [sic, alors qu'il est né au Caire (Egypte), Arafat]
« passe de la lutte armée et terroriste à une action plus politique et diplomatique auprès de l'ONU et des pays occidentaux ».
L'Intifada?
«Une opération... lancée par des Palestiniens (enfants surtout) entre octobre 1987 et 1993».

Autre cahier, «La fin de la Guerre froide» (2002), cite la «violence directe», mais sans illustration d'attentats islamistes, et «l'esclavage, la traite des Noirs (XVe-XIXe siècle)» [sic].

Sur la Paix, sont prévus des ateliers (théâtre-forum) et évoquée notamment la «tradition hébraïque». «L'Observatoire de la Planète» présente un film d'interviews d'Elie Barnavi, historien et ancien ambassadeur d'Israël en France, et Leïla Shahid, alors représentante en France de l'Autorité palestinienne. Extrait :
« Les Nations unies n'avaient pas le droit de créer l'Etat d'Israël […] Les réfugiés palestiniens ont souffert de génocide […] L'OLP a utilisé légitimement tous les moyens possibles pour sa résistance armée». Au «Théâtre de l'Actualité», deux acteurs «jouent une scène de la vie quotidienne, lors de conflits», dont celui du «Moyen-Orient».

Ajoutons pour compléter la présentation de ce Mémorial : la Galerie des Prix Nobel de la Paix, le concours Lycéen sur les Droits de l'Homme, les Rencontres pour la Paix et les Hercules de l'Histoire - un des lauréats (2002) a été le comédien Jules Sitruk- [...]

Le 8 avril 2003, Shimon Samuels, directeur du Centre Simon Wiesenthal-Europe, alertait l'American Battle Monuments Commission et le ministre français du Tourisme sur les présentations biaisées et choquantes du Mémorial de Caen. Il listait des exemples de révisionnisme historique et s'indignait que ce Mémorial présentât le terrorisme comme «un moyen légitime de la résistance armée» et les terroristes comme des exemples de «mouvement de non-violence».

Véronique Chemla
[Texte aimablement signalé par le Dr Giora Hod, Israël.]

Mis en ligne le 31 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israel.org