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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme

Allemagne: précisions sur l'exposition antisémite à Cologne
05/02/2011

Sur le Blog Philosémitisme, 3 janvier 2011

cologne-expo-antisemite.jpg


Suite à notre message intitulé Allemagne: une exposition antisémite à Cologne depuis un an (26/12/2010), Reiner Schleicher nous a fait parvenir ce complément d'information  :

"Je suis allemand, j'habite en France, j'ai suivi cette affaire de près. Pour les lecteurs parlant allemand je peux conseiller un livre sur cette expo antisémite et sur l'histoire de l'antisémitisme à Cologne : Die Hasswand - Antisemitismus in der Domstadt, de Monika Winter, édité par Europarloir, voir europarloir.de

Il existe egalement toujours la petition, écrite aussi en français.  Une lettre ouverte suivra, adressée à la Préfecture de Cologne pour interdire l'utilisation de cette place par
Walter Herrmann, organisateur de cette exposition, soutenu par la Linkspartei, le Pälistinaportal, Arbeiterphotographen. Si vous souhaitez plus d'infos, adressez-moi votre mail reiner.schleicher@gmail.com"

Deux autres lecteurs, Gilles-Michel Deharbe et  Charles FjK, enfant caché ayant survécu aux nazis, ont également apporté leur témoignage que nous reproduisons ci-dessous:

 

Gilles-Michel Deharbe :

Affirmons-le : la dénazification de l'Allemagne de l'ouest n'a pas eu lieu, la dépétainisation de la France non plus.

Au lendemain de la Libération, ce qui comptait c'était l'unité nationale, la "cohésion", la nature non corrompue de la république et de son idéologie, et pour les classes dominantes la déportation de 86.000 personnes d'origine juives vivant en France se diluait très bien dans les 6 millions de personnes d'origine juive assassinées par les nazis.


Cela a permis de se débarrasser de la question de l'antisémitisme, qui a donc été compris comme une anomalie, un "préjugé", aucunement comme une pièce maîtresse du fascisme.


L'antisémitisme "n'existe pas", il n'est qu'un préjugé "abstrait."

Et s'il y a un "acte" antisémite, alors ce n'est pas un acte antisémite, mais un acte ayant une autre origine. En France aujourd'hui s'il y a un acte antisémite, il y a forcément une "raison", valable ou pas. De plus en plus souvent l'antisémitisme est ainsi considéré comme "excusable" sous prétexte qu'il y aurait un rapport avec la question palestinienne.  Comme si assimiler les personnes d'origine juive en France et la population israélienne n'était pas à la base elle-même une conception antisémite, celle du "juif apatride."

Dès 1953, le SRP, (Sozialistische Reichspartei) qui se présente comme successeur officiel du NSDAP, est interdit. Dix ans plus tard, l'actuel parti d'extrême-droite, le NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschland), fait son entrée dans le paysage démocratique.


Malgré des propos racistes très tendancieux et des aspirations à flirter avec les néo-nazis, le parti gagne de la vigueur et jouit du droit de manifestation, au nom de la loi sur les réunions. Seuls bémols : l'interdiction de défiler en uniforme et, depuis 2005, celle d'approcher les lieux historiques symboliques, tels que la porte de Brandebourg ou les lieux de mémoire pour les victimes des crimes contre l'humanité.

D'où le spectacle navrant de convois de néo-nazis protégés des anti-manifestants par des barrières policières. De fait, la tentation de faire interdire un parti qui se revendique des pages les plus sombres de l'histoire est grande. En 2003, la demande du ministre de l'Intérieur
Otto Schily est classée sans suite : les preuves du caractère anticonstitutionnel du parti sont rapportées par des indicateurs infiltrés par les renseignements généraux. L'échec apporte de l'eau au moulin du parti. Et son président, Udo Voigt, de remercier non sans cynisme le ministre pour le coup de pub apporté par l'opération. Aux élections de 2004, le parti fête son entrée au parlement.

L'Europe ne parvient pas à s'entendre.

Aujourd'hui, l'Europe ne parvient pas à légiférer sur la question. En janvier 2007, une loi prévoyant l'interdiction des symboles nazis a été rejetée. Motif invoqué : le refus de la communauté hindoue britannique pour qui la Swastika est un symbole de paix depuis 5000 ans. De fait, seule l'incitation à la haine raciale et à la xénophobie sont passibles des mêmes sanctions parmi les 27 Etats membres, allant de 1 à 3 ans de prison. En revanche, le négationnisme n'est poursuivi qu'en France, en Allemagne et en Autriche. Quant aux symboles, chaque Etat est libre d'appliquer ses propres lois.

A l'ère virtuelle, ce non-alignement mène à des situations absurdes : les néo-nazis peuvent importer librement du Danemark des T-shirts imprimés d'une croix gammée. Ou les insignes du parti nazi américain, totalement légal outre-Atlantique… Quand bien même les interdictions seraient votées, rien ne dit qu'elles auraient raison des sentiments racistes. Au contraire."

Charles FjK - Enfant caché ayant survécu aux nazis :

L'expo témoigne que des gens :
- ont eu l'idée de cette expo
- ont accepté de financer l'expo
- en ont autorisé la tenue
- ont accepté de louer des lieux
- l'ont réalisée dans tous ses détails
- viennent visiter l'expo
- rapportent l'expo dans les médias et ailleurs
- critiquent l'expo
Cela fait beaucoup de gens. Triste !

Mais que personne :

- n'interdit cette expo
- ne détruit cette expo

Cela c'est grave !" [disent-ils].

 Voir également:
- Festival de haine anti-israélienne à Cologne

 

© Philosémitisme

 Mis en ligne le 24 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israel.org