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Analyse magistrale du racisme primaire du Boycott Désinvestissement Sanctions, J. Fishman
05/03/2011

Article repris du site JSSNews, 4 mars 2011

Analyse magistrale de Joel Fishman de ce phénomène de boycott d'Israël en France comme ailleurs en Europe et dans le monde entier…

Omar Barghouti, membre fondateur de la campagne palestinienne BDS, fait partie de l'élite intellectuelle palestinienne. Contrairement aux anciens hommes politiques de l'OLP, les membres de cette nouvelle élite sont relativement jeunes, instruits d'après le modèle occidental idéaliste, motivés et pas (encore) corrompus. Ils possèdent un sens parfait de la communication et savent faire passer leur message à l'aide des médias classiques et nouveaux médias électroniques. Ils œuvrent en dehors de la hiérarchie palestinienne et ont, pour le moins, une mauvaise opinion de l'Autorité Palestinienne.

Il est évident que dans sa quête pour une forme de justice à son goût, Omar Barghouti rejette l'idée d'un accord négocié avec Israël, l'Etat Juif. Lui et ses camarades diffèrent totalement des personnages colorés qui ont tant charmé Thomas Freedman à Beyrouth dans les années 80. Ceux –là sont assistés, affamés et dangereux. Usant des outils des modes de protestation pacifique et de techniques fines de persuasion, ce groupuscule a pris comme modèle la campagne internationale de boycott menée à l'encontre du régime de l'Afrique du Sud et cherche à mettre progressivement en application la Charte Palestinienne (NDLR : Programme politique du 12ème Conseil national palestinien, juin 1974).

Poster créé par nos amis de Elder of Ziyon, affichés sur la porte du bureau d'un professeur canadien protestant contre la tenue de l'International Israeli Apartheid Week dans son Université

Histoire récente

Bien que difficile à faire en temps réel, il est possible de déterminer en rétrospective une relation entre des événements apparemment sans rapport. Alors que l'idée de base des instigateurs de la campagne BDS n'est pas nouvelle, une séquence d'événements survenus au cours des 10 dernières années l'ont rendue encore plus d'actualité. De retour du sommet de Camp David en 2000, après avoir refusé la meilleure offre que le Premier ministre Ehud Barak était en mesure de lui proposer, Yasser Arafat décide de planifier une « lutte armée » et a lancé ce qui prit plus tard le nom de deuxième intifada.

Il est à noter que l'Intelligence israélienne avait détecté les préparatifs palestiniens pour la guerre et l'armée s'y était préparée. Dans ce contexte, il s'avère que la visite d'Ariel Sharon au Mont du Temple en septembre 2000 n'était pas la vraie raison de l'intifada mais plutôt un prétexte commode. Ceci a servi de fond pour une nouvelle série d'attaques mortelles contre un grand nombre d'innocents civils israéliens. Mais leur soulèvement armé n'a pas aussi bien fonctionné la deuxième fois, car il ne réussit ni à démoraliser ni à détruire la société israélienne.

Suite à cette défaite, les Palestiniens et leurs supporters ont essayé de gagner par différents moyens politiques ce qu'ils n'arrivaient pas à faire par la lutte armée. La conférence de Durban en 2001 ne constituait pas moins qu'un guet-apens pour Israël et les Etats-Unis. Israël y fut copieusement accusé de racisme et de pratique d'apartheid, slogans qui allaient être repris par le mouvement BDS et ses nouveaux sympathisants de la cause palestinienne. Les adversaires d'Israël y ont fait un très grand effort pour produire un texte final niant la singularité de la Shoah et l'antisémitisme comme étroitement liés à la thématique des Droits de l'Homme. Durant l'audience des ONG, il est devenu clair qu'un de leurs buts principaux était de restaurer la fameuse résolution de l'Assemblée Générale de l'ONU établissant : « Sionisme égale Racisme » (n° 3379 datant de 1975). Depuis l'époque de la Russie soviétique, où cette propagande avait déjà été utilisée pour délégitimer l'existence de l'Etat d'Israël. Des années après, cette double accusation de racisme et d'apartheid a été adoptée par BDS qui en a fait son message principal.

Les nombreux attentats meurtriers -notamment celui du 27 Mars 2002, durant lequel un terroriste palestinien s'est fait exploser à l'hôtel Park de Netanya, faisant 30 morts et 140 blessés … tous venus fêter le Seder de Pessah (Pâques juives)- ont conduit au lancement de l'Opération Rempart ( 1-11 avril 2002). Plus tard, en juillet 2003 la construction de la fameuse barrière de sécurité a débuté, afin de réduire la vulnérabilité d'Israël suite au nombre croissant d'attaques suicide et d'éviter que la Cisjordanie ne devienne une enclave stratégique pour l'A.P., à partir de laquelle elle pourrait lancer une guerre continue.

Le mouvement BDS s'est formé à la fois à partir d'événements de courte et longue durée. Les développements de longue durée étaient surtout en rapport avec la deuxième intifada et la conférence de Durban. Ceux de courte durée qui ont donné de l'élan au mouvement étaient : l'Opération Rempart et la construction du mur de sécurité. Ce n'est que dans l'hypothèse où l'on chercherait intentionnellement à ne pas tenir les Palestiniens pour responsables de l'échec de l'intifada et de ses actes terroristes et à rejeter le droit d'Israël à protéger ses citoyens, que l'on pourrait qualifier les actions d'Israël d'agression plutôt que d'auto-défense.

Bien sûr, pour ceux qui pensaient déjà qu'Israël n'avait pas le droit d'exister et que ses citoyens étaient des cibles faciles, tout s'éclaircirait enfin…

L'importance opérationnelle du message du BDS

L'objectif déclaré du BDS est d'assiéger Israël. Mis à part l'intention précise d'isoler Israël et de couper tous ses liens culturels et économiques, il y a un autre but : faire basculer l'opinion publique contre Israël, et si possible déstabiliser l'alliance judéo-chrétienne. Changer le consensus traditionnel envers la paix au profit d'un soutien partisan à la cause palestinienne reste un défi majeur que le mouvement BDS espère relever.

Argumentation récurrente dans le discours de Barghouti :

1. La ‘résistance' en Palestine est non-violente

2. L'Etat d'Israël n'est qu'une colonie, qui devrait être remplacé par un état laïc et démocratique offrant des droits égaux à ses citoyens.

3. Il n'y pas d'organisme palestinien officiel derrière l'appel au boycott.

4. La population palestinienne civile articule ses demandes autour de la lutte internationale pour la justice, masquées depuis trop longtemps par des négociations trompeuses.

5. La référence au génocide palestinien.

6. Israël pratique l'apartheid contre les Palestiniens.

Tous ces discours représentent le programme de ‘résistance', un appel à briser le statu quo et à refuser la paix négociée avec Israël.

Selon Barghouti, Juifs et Palestiniens n'ont pas les mêmes droits concernant la terre d'Israël : les Palestiniens possèdent des droits inaliénables, tandis que les Juifs ne disposent que de droits acquis.

Quant aux déclarations de Barghouti, selon lesquelles les Palestiniens ne sont, en aucun cas, responsables de la Shoah des Juifs et contestant ce fait, elles ne reposent sur aucun fait historiquement vérifiable. L'histoire est importante. Si l'on ne la connaît pas, on devient la proie facile de ses faux narrateurs. Il est aisé de voir que le discours de Barghouti ainsi que sa vision de faits récents repose sur une sélection de ‘preuves' déformées par des mensonges.

Joel Fishman

* Omar Barghouti : Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l'apartheid et l'occupation de la Palestine, Etienne Dobenesque et Catherine Neuve –Eglise (Paris, La Fabrique, 2010 ,187 p.)

Source : BBDP – newsletter du BnaiBrith – via Israel en France

[Article aimablement signalé par Olivier Peel]

Mis en ligne le 5 mars 2011 sur le site debriefing.org