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Obama, Hillary en mission de sauvetage d'urgence du Conseil des Droits de l'homme, Anne Bayefsky
05/03/2011

Sur le site de Fox News, 28 février 2011

 

Texte original anglais: "Obama, Hillary Working Hard to Prop Up Human Rights Demons at the United Nations".

 

Adaptation française sur le Blog de Danilette.

 


La secrétaire d'État Hilary Clinton et l'administration Obama sont sur une mission de sauvetage d'urgence du Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies. Clinton n'est pas aujourd'hui à Genève à cause des droits de l'homme. Elle se trouve à Genève pour protéger l'investissement de l'administration américaine dans l'organe le plus haut de l'organisation des droits de l'homme de l'ONU qui il y a six mois s'est félicité de l'entrée de la Libye en tant que membre à part entière. La Libye a réussi à échapper à l'examen périodique des droits de l'homme, il y a trois mois et pourtant cet examen est considéré comme la procédure phare de l'organisation.

 

Sauver la réputation du Conseil ne sera pas une mince affaire. Après tout, l'ONU a passé des années à promouvoir la Libye comme une figure des droits de l'homme, la Libye a été présidente de la Commission des droits de l'homme en 2003 avant d'être élu à l'organe réformé : le "Conseil des droits de l'homme". Si le voyage de Clinton a pris une telle urgence, c'est à cause de la décision du président Obama d'adhérer au Conseil, fleuron de l'ONU qu'il essaye de promouvoir dans sa vision de la politique étrangère. 

 

Cette décision est liée aussi à un événement qui s'est passé jeudi dernier et qui est resté très confidentiel, à savoir que le Conseil des droits de l'homme et le reste du système des Nations Unies essayent de camoufler leur soutien à Kadhafi au cours  des dernières années.

La raison explicite pour laquelle l'administration américaine a rejoint le conseil était de participer de l'intérieur à un processus de réforme. Lorsque le conseil a été créé en 2006 par l'assemblée générale on lui a donné cinq ans pour examiner ses progrès et réformer toutes ses défaillances. Jeudi dernier ce processus d'examen est venu à expiration et aujourd'hui, Clinton a essayé de faire tout son possible pour cacher son échec lamentable.

 

Le conseil a deux défauts évidents. Premièrement, il a un ordre du jour permanent cadrant ses opérations, avec des articles. L'un est consacré exclusivement à la condamnation de l'État d'Israël et l'autre traite de tous les autres 191 pays des Nations Unies et il doit décider s'il existe une autre situation dans le monde susceptible de requerir l'attention du conseil. 

L'effort singulier utilisé pour diaboliser l'État juif par ce soi-disant système des droits de l'homme a eu un succès retentissant. La moitié de ses sessions spéciales sur des pays spécifiques et la moitié de toutes ses résolutions et décisions critiques ont été utilisées pour condamner Israël seul.

Lorsque le président Obama a rejoint le conseil, il a promis que la modification de  cet ordre du jour discriminatoire serait une priorité. Jeudi nous avons découvert que c'était un canular. Le processus d'examen était en cours dans le cadre d'un groupe de travail de tous les membres intéressés de l'ONU. Le groupe de travail a adopté son rapport jeudi par consensus, avec le vote américain. Et dans le langage de l'ONU habituellement hermétique, le rapport consensuel stipule que : "l'ordre du jour du conseil et le cadre du programme de travail somme restent comme spécifiés dans l'annexe à la résolution du conseil  5 / 1". En clair, cela signifie que rien n'est changé, tout se fait comme à l'habitude,  la résolution 5 / 1 étant l'ordre du jour discriminatoire adopté en Juin 2007. 

L'échec peut être mesuré à l'examen des propres paroles de l'administration. Le 27 octobre 2010, la délégation des États-Unis avait mis sur la table ses revendications de réforme, dûment diffusées au public américain. La réforme de l'ordre du jour était en tête de liste. "La manifestation la plus enracinée et indéfendable de partialité structurelle de ce conseil des droits de l'homme vient du fait que l'ordre du jour est seulement consacré à un pays… Les États-Unis sont fermement convaincus que…en tant que groupe chargé d'examiner ce qui doit être fait pour améliorer la crédibilité et l'efficacité de ce conseil, il nous incombe de… faire ce qui est juste pour aider le conseil à devenir plus impartiale et dépolitisé".

La secrétaire d'État Clinton a aujourd'hui répété son mantra. Mais ce qu'elle n'a pas dit, c'est que lorsque le rapport de la soi-disant réforme de l'ONU a été approuvé jeudi soir, la seule déclaration de la délégation des États-Unis a été :"nous ne soutenons pas l'élément d'attaque permanente contre Israël". Dans le monde de la diplomatie de l'ONU cela équivaut à un coup de poignard dans le dos.

Si l'administration Obama avaient vraiment voulu s'en tenir à son principe, ils auraient pû dire : "nous ne nous associons pas au consensus sur ce document". Ils auraient pu exiger qu'il y ait un vote au conseil sur le document avant de l'envoyer à l'approbation formelle de l'assemblée générale, puis aurait pu voter contre pour montrer leur désaccord. Et surtout, ils auraient pu déclarer très clairement que l'absence de changement se traduirait par le départ des États-Unis du conseil. Ils n'ont rien fait et de ce qui précède.

Au lieu de cela, Obama a cédé. Sauver le conseil était le plus important et les États-Unis risquait de sombrer avec le navire. Le processus de réforme est maintenant enterré gaiement et passe à travers le système des Nations Unies sans anicroche. Le Président de l'Assemblée Générale a déclaré ce matin : " je félicite le groupe de travail sur l'adoption de la révision du conseil des droits de l'homme par consensus". La délégation américaine était au complet, personne n'a réagi.

 La seconde faille évidente du Conseil des droits de l'homme que Hilary Clinton tente de cacher plus difficilement concerne sa composition. Comment la Libye est-elle parvenue à cette haute position au conseil ? L'ambassadeur américain John Goldstone a souligné que lorsque les États-Unis ont voté contre la résolution de l'assemblée générale qui a adopté le conseil, on ne tenait pas compte d'un critère d'adhésion. La seule exigence est la suivante : "lors de l'élection des membres du conseil, les états membres (de l'Assemblée Générale des Nations Unies) doivent prendre en compte la contribution des candidats à la promotion et à la protection des droits de l'homme ainsi que leur volonté et leurs engagements dans ce domaine".

L'ONU a mis en place un site web agréable où les candidats peuvent soumettre leurs "engagements". Voici à quoi s'est engagée la Libye en mai dernier, ce qui a été très bien reçu par la grande majorité des membres de l'Assemblée Générale. "La Jamahiriya arabe libyenne est pleinement engagée dans la promotion et la protection des principes des droits de l'homme ... y compris le droit à une participation directe dans la vie publique ... La Jamahiriya arabe libyenne a accordé une grande attention aux droits de l'homme au cours des 30 dernières années". Cette déclaration a suffisamment convaincu pour recueillir les voix de 155 des 188 membres de l'ONU et permettre l'entrée de la Libye au conseil.

Mais la Libye n'était pas seule. L'Arabie saoudite, la Chine, Cuba et compagnie sont tous membres de cette institution en faillite morale que la secrétaire d'État Clinton essaye de sauver par tous les moyens.

Il faut ajouter ceci : le 4 mars, l'Iran, le pays dans lequel les femmes condamné pour adultère, sont enterrées jusqu'à la taille pour être lapidées, va prendre son siège comme membre à part entière de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme. 

 Si le Président Obama et sa secrétaire d'État avaient vraiment compris l'erreur d'utiliser les Nations unies pour légitimer des démons des droits de l'homme, donc plutôt que de tenter comme aujourd'hui, de couvrir le Conseil de Droits de l'homme, ils devraient dire au monde et à l'ONU d'enlever l'Iran de la Commission sur le Statut de Femmes. 

Et ils devraient démissionner du Conseil des droits de l'homme avec prise d'effet immédiat puisqu'une réforme s'avère impossible, comme le pensaient depuis le début les victimes des droits de l'homme. 

Donc ne retenez pas votre souffle. L'administration Obama préfère promouvoir l'institution des Nations Unies plutôt que de sauver des peuples réels de la négligence grotesque de celle-ci..

 

Anne Bayefsky*

 

* Senior Fellow à l'Institut Hudson et Directrice de l'Institut Touro des Droits de l'homme et de l'Holocauste. 

 

© Fox News

 

[Texte aimablement signalé par O. Peel].

 

Mis en ligne par Menahem Macina, le 5 mars 2011, sur le site debriefing.org