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Éditorialistes

L'identité perdue de Zeev Sternhell, Victor Perez
14/04/2011

 

14 avril 2011

 

Texte repris du Blog de l'auteur

 

Si l'on avait un doute sur les buts de la gauche, Zeev Sternhell dans un article publié dans Haaretz et traduit par La Paix Maintenant, le lève indirectement sans ambiguïté. Dans l'article intitulé « L'anachronisme d'Israël », il condamne la loi parlementaire, récemment votée, qui autorise des communes de petite importance en Galilée et dans le Néguev à maintenir les commissions d'admission destinées à examiner les candidatures d'éventuels nouveaux résidents.

Ce qui le gêne dans cette loi est qu'il s'agit, évidemment, d'une juridiction aidant les communes dont les habitants sont juifs et désirent rester entre soi. Sauf scoop de dernière minute, celles dont les citoyens sont musulmans et désirent sauvegarder leur identité ne lui causent, apparemment, aucun souci moral. Car la loi, n'étant en rien discriminante, autorise à poser des commissions d'admission dans tout village de moins de quatre cents personnes.

Mais de cette précision il ne parle pas !

L'important pour lui est de blâmer le désir de quête et de défense d'identité d'une très large majorité du peuple juif. Là est le véritable problème de conscience de « l'historien des droites françaises et de leur idéologie » qu'il voit "appliquée" dans chaque recoin de l'Etat juif. Cette condamnation sans appel cache, en fait, son refus de voir Israël, au niveau national, choisir ses citoyens et protéger ainsi sa majorité juive. Un choix condamné par l'idéologie fétide qui inspire Sternhell, et qui exige « un état démocratique de tous ses citoyens ». Oublieux, en cela, de la nécessité de plus en plus croissante d'un refuge pour le peuple juif.

A preuve, sa charge contre « la droite extrême et cléricale (qui) est aux mannettes », et qu'il compare à celle d'Europe : 

Mais les racistes ne sont pas là-bas aux affaires. Ils n'y sont qu'une minorité infréquentable aux yeux de la gauche, mais aussi à ceux de larges parties de la droite libérale.

Si l'on n'est point étonné de voir cet individu qualifier tout opposant à son idéologie nauséeuse de « raciste », ou encore de ne jamais dire qui représente, à ses yeux, la droite libérale en Israël, l'analyse de ses écrits, faite ci-dessus, est confirmée lorsqu'il tourne en dérision la conduite des partis religieux israéliens :

Qu'aurions-nous dit si, dans l'un des pays catholiques de l'Europe occidentale, les chefs de l'Église dirigeaient les partis politiques et contrôlaient des pans entiers de la politique nationale ? Comment aurions-nous réagi si le dirigeant d'un parti politique, ministre important de surcroît, embrassait la main d'un cardinal vêtu de sa robe et s'empressait ensuite d'exécuter ses ordres dans le domaine public ? Comment aurions-nous accueilli l'information selon laquelle, pour pouvoir prétendre à l'une des fonctions les plus importantes du pays, à savoir : chef de la Sécurité intérieure, l'accord du clergé était nécessaire ?

Si le rituel adopté par les religieux peut faire sourire ou inquiéter, il n'en reste pas moins qu'en démocratie ce sont avant tout des citoyens égaux en droit et donc ayant la liberté de participer à la vie politique de leur pays. Les partis dénoncés par l'intolérant Sternhell disposent, en fait, d'une représentativité de dix-sept députés, soit quatorze pour cent d'un parlement élu à la proportionnelle intégrale. D'où une réalité de leur force politique, considérée comme excessive par les partisans d'un Etat laïque, multi-culturaliste et mondialiste, plagié sur une Europe qui se perd faute de sauvegarder son identité. Une représentation qui n'a jamais eu le monopole de la politique nationale depuis le renouveau de l'Etat d'Israël, mais seulement celui de marchander son appui à tel ou tel premier ministre de couleur politique différente.

En fait, Zeev Sternhell et ses semblables vivent mal leur judaïsme et l'identité juive revendiquée par leurs compatriotes. D'où leur fixation haineuse à l'encontre de ceux qui ne voient pas la vie au travers du prisme déformant d'une idéologie de gauche qui n'accepte plus les différences ni la défense des identités, sauf pour le tiers-monde.

Une idéologie totalitaire de plus en plus rejetée par les électeurs israéliens et par d'autres.


© Victor Perez