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Comment peut-on être Européen ? par Gabriel Lévy
28/04/2011

 

28 avril 2011 

 

La question est moins saugrenue que celle de Montesquieu à propos des Persans.

En effet, élection après élection, les nations qui constituent l'Europe se posent cette question. Elles deviennent de plus en plus eurosceptiques, même celle qui était naguère la plus européenne : la Finlande.

« Le phénomène est plus spectaculaire qu'ailleurs, mais il est loin d'être nouveau : la montée des nationalismes s'observe partout sur notre continent… aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche, en Suède, en Hongrie » (Le Figaro, 19 avril 2011).

D'une communauté européenne dont la vocation était celle d'un marché commun réduit à un petit nombre de pays, permettant l'ouverture des frontières aux marchandises, l'utopisme et la mégalomanie de nos dirigeants ont conduit à une institution de 27 membres, gérée selon le néfaste traité de Lisbonne par des assemblées, des commissions omnipotentes, un président et une ministre des affaires étrangères, personnages jouant – à peine – les utilités.

Vétilleuse, car pour l'Union Européenne tout est dans le détail, de la grosseur des poissons à l'âge des voitures (15 ans maximum) pouvant circuler dans les villes. Mais s'il s'agit de protéger nos pays des vagues migratoires, elle est impuissante.

Dépenser est son maître-mot : des constructions pharaoniques, des assemblées pléthoriques, des salaires de députés en augmentation régulière, des missions à travers le monde, et une armada de fonctionnaires : 7.000, rien que pour une ministre des Affaires étrangères, dont chaque jour l'inutilité se révèle évidente. A-t-elle eu un rôle quelconque pour empêcher la guerre en Libye, ou décider [de ce qu'il y a lieu de faire à son propos] ? Pas de doute : « l'Europe est une grande impotente arrogante ». 

Dépensière encore, elle l'est en subventionnant sans discernement Turcs et Kosovars pour faciliter leur adhésion à ce club bienfaiteur.

Aujourd'hui, sa bourse est ouverte pour secourir les populations prodigues d'au moins 4 pays. Elle verse et versera dans un tonneau des Danaïdes l'argent des contribuables des pays – plus économes, mais à peine mieux lotis – qui sombreront à leur tour  dans la même faillite. Ainsi, est-il annoncé aujourd'hui que la Grèce, constatant sa banqueroute, renégociera très prochainement ses emprunts.

Il est vrai que la situation paraît insoluble, qu'il serait dangereux pour les Français de sortir de la monnaie européenne, mais est-il trop tard pour pousser ces pays à sortir de l'euro en les laissant face à leurs responsabilités ? C'est le souhait des nouveaux élus finlandais et c'est le scénario qui finira par s'imposer. Toutefois, la majeure partie de leur dette étant constituée par les prêts de pays qui leur sont étrangers, dont des banques françaises, cela signifie que les dominos risqueraient de tomber les uns après les autres. Il est souhaitable d'en prendre le risque pour conserver nos « munitions ».

Si la barque européenne ne sombre pas, il faudra faire une révision drastique de ce funeste traité qui a été imposé aux Français. Mais ne rêvons plus à l'Europe de papa, celle de MM. Schuman et Adenauer.

« La nostalgie n'est plus ce qu'elle était ».

Malheureusement, « l'avenir (non plus) n'est plus ce qu'il était ».

 

© Gabriel Lévy