Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Shoah

Pie XII ne s'est pas tu, ce sont les Alliés qui l'ont fait taire, affirme la Fondation Pave The Way
19/05/2011


Repris du site catholique d'information Zenit, 18 mai 2011 Titre original : "Selon Pave The Way, les Alliés ont fait pression sur Pie XII pour le faire taire. Découverte de documents britanniques et américains"

[Ce n'est pas la première fois, tant s'en faut, que cette fondation et son magnat juif, Gary Krupp, diffusent des « informations » exorbitantes en apologie du pape Pie XII. Toutefois, cette dernière en date dépasse de loin, tant en magnitude qu'en audace, tout ce qu'ils ont publié jusqu'ici. J'en traite, entre autres choses, dans un livre à paraître prochainement, sous le titre (provisoire) de L'apologie qui nuit à l'Église. Révisions hagiographiques de l'attitude de Pie XII envers les Juifs. Menahem Macina.]


ROME, Mardi 18 mai 2011 (ZENIT.org) – Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont exercé des pressions sur le pape Pie XII pour qu'il ne dise rien sur les brutalités nazies, évitant ainsi que ses protestations aient d'autres conséquences, révèlent des documents jusqu'ici inédits.

Les textes ont été découverts par la Fondation Pave the Way [1], fondée par le juif américain Gary Krupp [2]. Selon lui, les révélations qu'on y trouve peuvent aider à mieux comprendre les circonstances des agissements de Pie XII.

Au milieu des documents retrouvés dans les archives américaines, figure la correspondance entre le représentant britannique près le Saint-Siège, sir D'Arcy Osborne, et Myron Taylor, représentant du président américain Franklin D. Roosevelt près le Saint-Siège.

Dans le texte, portant la signature de Franklin C. Gowen, l'assistant de Myron Taylor, et daté du 7 novembre 1944, à 12h 45, il est expliqué que D'Arcy Osborne « appela et dit qu'il avait peur que le Saint-Père lance un appel radio pour les juifs de Hongrie et se mette à critiquer ce que les russes faisaient dans les territoires occupés ».

« Sir D'Arcy dit qu'il fallait faire quelque chose pour s'imposer au pape et faire en sorte qu'il ne s'exprime pas, car cela aurait eu des répercussions politiques très graves », ajoute le diplomate américain.


Documents détruits


« Un autre document sur l'aide aux réfugiés juifs affirme clairement que le lettre devait être détruite pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains ennemies », a expliqué Gary Krupp dans un communiqué.

Dans une lettre de D'Arcy Osborne du 20 avril 1944 à Harold Tittman, l'assistant de Myron Taylor, le représentant britannique près le Saint-Siège demande de détruire les documents envoyés pour aider les organisations américaines juives, car ceux-ci auraient pu mettre en danger la vie de ceux qui les avaient remis, et il mentionne concrètement le nom d'un prêtre appelé « Benoît ».

Gary Krupp a relevé que « ce geste était courant durant la guerre, mais il y a encore des critiques qui semblent ne pas comprendre que c'est la raison pour laquelle tant d'ordres écrits ont été détruits ».

Ronald Rychlak, professeur à la Faculté de droit de l'université du Mississippi et auteur de livres sur Pie XII a lui aussi participé à la découverte des documents.

 

Autres documents

Pour sa part, le journaliste Dimitri Cavalli, chercheur et collaborateur à la Fondation Pave the Way, a trouvé divers documents extrêmement significatifs de l'agence internationale JTA (Jewish Telegraph Agency).

Une dépêche du 28 juin 1943 fait état d'accusations de « Radio Vatican » contre le traitement que recevaient les juifs en France.

Dimitri Cavalli a trouvé le numéro publié le 19 mai 1940 par la revue « Jewish Chronicle », du B'nai B'rith (association juive d'action sociale), où Pie XII apparaît en couverture et dont un article révèle que le pape était en discussion avec des professeurs juifs qui avaient été expulsés des institutions italiennes à cause des lois raciales de Benito Mussolini.

Le 15 janvier 1943, la JTA informait de la réponse du cardinal Pierre-Marie Gerlier, archevêque de Lyon, aux autorités nazies qui avaient proposé de laisser en paix l'Eglise catholique si celle-ci ne disait rien sur le traitement réservé aux juifs. Le cardinal avait répondu au commandant nazi : « Vous ne savez pas que le Saint-Père (Pie XII) a condamné les lois antisémites et toutes les mesures anti-juives ».

La revue juive « Advocate » du 5 février 1943 publia ce titre: « le cardinal hongrois attaque les théories raciales », en référence au dur discours prononcé par le cardinal Jusztinián Györg Serédi, O.S.B., archevêque d'Esztergom-Budapest.

La déclaration répercutée sur les ondes de Radio Vatican, condamnait avec force les théories raciales nazies et demandait que la Hongrie protège « tous ceux qui étaient menacés pour leurs convictions ou leur race ».

Sur la même page on peut lire un bref article où il est dit que Mussolini rendait les lois raciales moins dures pour pouvoir reprendre des relations avec le Vatican.

Le « Jewish Chronicle » de Londres du 9 septembre 1942 informait que Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie, avait imprimé dix millions d'opuscules en plusieurs langues, qui furent distribués en Europe et en Amérique Latine, condamnant Pie XII pour sa position en faveur des juifs.

Gary Krupp a déclaré à ZENIT que ces documents ne sont qu'une goutte d'eau par rapport aux 46.000 pages d'articles d'information, documents originaux, matériel de recherche et témoignages oculaires confirmant l'aide que Pie XII a apportée aux juifs et qui ont été publiés par la fondation Pave the Way.


Ce matériel et les vidéos contenant des témoignages historiques peuvent être consultés sur : www.PTWF.org.


Jesús Colina


© Zenit

 

-------------------------

 

Notes de Menahem Macina

 

[*] La fondation Pave the Way se présente elle-même comme « une organisation laïque qui agit pour construire la paix en travaillant à combler les fossés qui existent entre les religions, au niveau de la compréhension et de la coexistence, et ce par des actions culturelles, intellectuelles, techniques. » Source : Site de la Fondation Pave The Way. Il est à noter que le Comité diocésain des Relations œcuméniques et interreligieuses de Lyon, en France, relaie cette initiative. Voir aussi cette présentation, mise en ligne le 30 septembre 2009, sur le Blog Americatho, Histoire et actualité du catholicisme aux Etats-Unis : « Pour l'association israélite Pave the Way, Pie XII doit être déclaré "Juste parmi les Nations" » :

 

Fondée en 2003 et dirigée par des Israélites américains, mais non confessionnelle, la Pave the Way Foundation/PTWF estime qu'un dialogue interreligieux sincère et l'abandon de l'instrumentalisation de la religion comme outil politique ou idéologique, peuvent mener à la paix entre les peuples et les nations comme à une meilleure compréhension entre les religions. Son président et fondateur, Gary L. Krupp, qui a, à plusieurs reprises et avec succès, offert ses bons offices dans le cours de difficiles négociations diplomatico-économiques entre le Saint-Siège et l'État d'Israël, a été créé commandeur dans l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand, par le pape Jean-Paul II [en 2000]. Krupp a consacré une grande partie de son énergie et de ses moyens à la réhabilitation de la figure du pape Pie XII, et a obtenu en juillet dernier [2009] du Département des Justes parmi les Nations du Musée de l'holocauste Yad Vashem le droit d'inscription « d'Eugenio Pacelli, Pape Pie XII » à la procédure de reconnaissance de ce Souverain Pontife en qualité de Juste parmi les Nations.


[2] Sur ce personnage étrange et l'activité apologétique insolite qu'il déploie en faveur de l'Eglise catholique, en général, et de Pie XII, en particulier, voir M. Macina, « 
Qu'est-ce qui fait courir Mr Krupp, Juif américain tout dévoué à la cause de Pie XII ? ». Ce qui est sûr c'est que l'Eglise catholique apprécie beaucoup cet allié improbable et le couvre d'honneurs et de distinctions. Le 29 juillet 2000, Gary Krupp, a été fait commandeur de l'Ordre Equestre pontifical de St Grégoire le Grand. En 2006, il a reçu le prix « Servitor Pacis » [serviteur de la paix]. La même année, il a été honoré de la médaille « Benemerenti » [bonnes œuvres], décoration instituée par le pape Grégoire XVI en 1832, et décernée aux personnes qui ont rendu de longs et éminents services à l'Église catholique. Enfin, le 22 janvier 2007, au cours d'une cérémonie qui a eu lieu au Vatican, Krupp s'est vu élever, par le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat du Vatican, au rang de Chevalier, avec médaille d'argent, dans l'Ordre Equestre pontifical de St Grégoire le Grand.

 

Gary Krupp en costume d'apparat de Chevalier de l'Ordre Equestre pontifical de Saint Grégoire le Grand