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Éditorialistes
Pipes, Daniel

Le discours décevant d'Obama sur le Moyen-Orient, par Daniel Pipes
23/05/2011

 

Article original anglais: Obama's Failed Middle East Speech

Adaptation française (revue et corrigée par Menahem Macina) : Anne-Marie Delcambre de Champvert, reprise du site de Daniel Pipes, 19 mai 2011.

 

[Les géopoliticiens du monde arabe, suivis par les politiques, ont adopté ce qu'on appelle la théorie du « lien » [linkage], censé exister, selon eux, entre les graves problèmes, internes autant qu'externes, du monde arabe et le conflit palestino-israélien. Au fil des années, ce qui n'était qu'une hypothèse parmi d'autres a fini par devenir la « doxa » quasi universelle. Rares sont les spécialistes (pour ne rien dire des journalistes), qui ne voient pas une relation de cause à effet entre le conflit politique et territorial qui oppose Israël et les Palestiniens, et la situation de plus en plus explosive de cette partie du Moyen-Orient. C'est, sous un autre vêtement, la résurgence du vieux mythe du Juif responsable de tout ce qui va mal dans le monde et dans la société. Ici encore, le « narratif » palestinien s'est imposé, suite à la répétition incessante du « mantra ». Il est certain que, pendant longtemps, les responsables de la politique étrangère et de la hasbarah israéliennes n'ont pas pris garde à cette redoutable manœuvre d'encerclement diplomatique. Toutefois, ils ont droit à l'indulgence. En effet, tant le bon sens que la « realpolitik » elle-même, ne permettaient pas de prévoir ce « lâchage » stratégique de l'allié inconditionnel qu'étaient, jusqu'ici, les Etats-Unis d'Amérique. Il s'agit là d'une des plus grandes trahisons de l'histoire, dont les conséquences dévastatrices ne manqueront pas de se manifester dans un avenir plus ou moins proche. (Menahem Macina).]


Dans le discours tant vanté, modestement intitulé « Remarques faites par le Président sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord », Barack Obama a réagi à la révolte arabe des cinq derniers mois par des éléments de bon sens et même avec éloquence (« au moyen de la force morale de la non-violence, la population de la région a réalisé plus de changement en six mois que les terroristes n'en n'ont accompli en plusieurs décennies »). Il a également défini une politique des États-Unis, qui donne son appui à la réforme et s'oppose à la violence – et que je crois digne de discussion et de débat.

Mais le président, toujours esclave de l'illusion du « linkage » [*], a été fidèle à lui-même en consacrant la cinquième et dernière partie de son discours au conflit israélo-arabe et en exprimant clairement les principes qui, selon les mots de Robert Satloff, de l'Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, « constituent un abandon majeur de l'ancienne politique américaine ».

Cet abandon n'est pas une amélioration. Une ligne résume l'erreur d'Obama, celle où il déclare :

« Le status quo n'est pas viable, et Israël [...] doit agir avec audace pour promouvoir une paix durable ».

Notons qu'il exige du seul Israël qu'il « agisse avec audace», mots de code pour « faire des concessions » à des ennemis qui se sont juré d'éliminer l'Etat juif.

Ce n'est pas de la politique : c'est de la folie.

 

© Daniel Pipes


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Note de Menahem Macina


[*] Voir, entre autres, l'article de Dany Ayalon : « The death of ‘linkage'. Palestinian issue was never the key to stability », The Washington Post, 24 février 2011.  
  

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Mis en ligne par Menahem Macina, le 23 mai 2011, sur le site debriefing.org