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Liban : Le syndrome du massacre de Jénine, S. Plocker
22/08/2011

 
Cet article étant repris, ces jours-ci, par l'un ou l'autre site, je le remets en ligne dans la même version, mais après avoir corrigé quelques liens qui renvoyaient au site de l'UPJF, lequel, pour des raisons que lui seul connaît, a supprimé les milliers d'articles que j'avais mis sur son site durant les six années où j'en étais responsable. 22 août 2011.
 

"C'est exactement comme au printemps de 2002 : la presse internationale préfère le battage médiatique aux faits."
23 juillet 2006
 
Sur le site de Ynet.
 
Texte anglais original : "Jenin massacre syndrome".
 
Traduction française : Menahem Macina
 
 
Après beaucoup d'hésitation et une brève tentative d'adopter une position équilibrée, la gauche mondiale est revenue en force au "syndrome du massacre de Jénine".
 
Pour mémoire : Un grand nombre de journalistes notoires dans le monde ont décrit la bataille de Jénine, au printemps 2002, comme un massacre de milliers de Palestiniens, perpétré de sang froid par une armée de défense israélienne brutale. Les écrans de télévision du monde entier ont mis en vedette des "témoins oculaires" qui ont donné des détails précis d'actes à glacer le sang, prétendument commis par les soldats de Tsahal, mais qui n'ont jamais existé. Des journalistes de télévision ont rapporté, sur fond de bâtiments détruits servant de "preuves" sur le terrain, qu'Israël avait écrasé sans pitié une ville entière et le camp de réfugiés voisin [1].
 
Il en a pris des mois pour que les organisations de droits de l'homme, et même les Nations unies, publient leurs rapports réfutant les allégations palestiniennes. Il n'y avait pas eu de massacre à Jénine, pas de nettoyage ethnique, pas de destruction intentionnelle d'hôpitaux. Il avait eu une bataille sanglante, dans laquelle des combattants des deux camps étaient morts.
 
 
Retenir la leçon

La légende du "massacre de Jénine" a sans doute vécu, mais en a-t-on tiré les leçons ? Certaines, oui. Les médias européens, spécialement les médias électroniques, ont donné quelque expression à la souffrance des civils israéliens durant l'attaque. Ils n'ont pas (d'ordinaire) soutenu le Hezbollah.
 
Mais, dans d'autres cas, les leçons de la calomnie du "massacre de Jénine" n'ont pas été tirées. En cette deuxième semaine de combat, la campagne militaire au Liban est généralement présentée comme une destruction totale du Liban et des infrastructures civiles essentielles, et comme une tragédie humaine de l'ampleur du tsunami de 2004, qui tua des centaines de milliers de personnes en Asie du sud-est.
 
En lisant les reportages des journalistes de terrain à tendance gauchiste, on obtient l'image d'une ville de Beyrouth au moins aussi gravement détruite que Dresde durant la Deuxième Guerre mondiale. Les chaînes de télévision étrangères se servent d'une portion de vidéo montrant la destruction d'un quartier de Beyrouth, qu'ils repassent encore et encore, pour "montrer" ce qui se passe dans toute la ville.
 
Le plus inquiétant dans la vague anti-israélienne actuelle est sa portée mondiale : des dirigeants et des faiseurs d'opinion de pays d'Amérique latine, par exemple, ont dénoncé Israël dans les termes les plus violents qui se puissent imaginer. La Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies s'est jointe à la meute, ainsi que des organisations de droit international, des personnalités du cinéma, et même des journalistes.
 
Malheureusement, ces allégations reposent sur des déclarations arrogantes et fanfaronnes de quelques politiciens et généraux israéliens. Des menaces de "bombarder le Liban et de le ramener 50 ans en arrière" – déclarations destinées à une audience intérieure et qui ressortissent peut-être à la guerre psychologique contre l'ennemi – ont été relevées et diffusées par les médias mondiaux comme des preuves des intentions destructrices d'Israël.
 
 
Les faits 
 
Et où est la vérité dans tout cela ? Les bombardements aériens au Liban ont causé, comme c'est toujours le cas en temps de guerre, des dommages et des destructions, mais ce préjudice a été extrêmement limité. Israël n'a pas "botté les fesses du Liban", ni n'a l'intention de le faire. A Beyrouth, à ce jour, l'aéroport a été frappé, comme l'ont été quelques objectifs et bâtiments stratégiques dans le quartier chiite. C'est très loin des destructions d'horreur dont on nous soûle tous les soirs sur nos écrans de télévision, et des accusations de crimes de guerre.
 
La situation au sud-Liban est pire à cause de la fuite prévue des civils. Mais le Hezbollah a transformé la totalité du sud-Liban en champ de bataille en rendant floue la différence entre zones militaires et civiles. L'organisation dirige également ses roquettes contre la population israélienne. Ainsi, tant au sud du Liban qu'au nord d'Israël, des civils ont été contraints de fuir.
 
Pourtant, parler d'une "naqba [catastrophe] libanaise", d'un désastre humanitaire de nature à susciter la révulsion de toute personne honnête, ne reflète pas la réalité. Ce n'est rien d'autre qu'une propagande de l'horreur à laquelle beaucoup, y compris de nombreux journalistes israéliens, choisissent de croire. Des analystes répètent les allégations sans vérifier les faits et donnent des leçons de morale et de philosophie sur cette seule base.
 
 
Plus que les chiffres
 
Les chiffres, bien entendu, ne disent pas tout. Même la mort d'un seul innocent est une terrible tragédie, et 50.000 réfugiés [2] est une épouvantable horreur. Mais les statistiques ont un impact sur les relations publiques [3].
 
A l'heure où ces lignes sont écrites, quelque 360 Libanais ont été tués comme conséquence des opérations militaires israéliennes, environ la moitié d'entre eux sont des combattants du Hezbollah (contrairement aux statistiques libanaises). Après deux semaines de bombardements ces chiffres sont ceux d'une guerre de basse intensité. Il n'y a pas plus de "destruction du Liban", qu'il n'y a eu de "massacre de Jénine"
 
En 2006, à cause de la perception erronée que "le monde est de notre côté", à cause du caractère différent du combat, et pour des raisons psychologiques et diplomatiques, on s'est désintéressé des faits. C'est une erreur, qui joue en la défaveur d'Israël chez ceux qui font l'opinion dans le monde.
 
Sever Plocker
 
© Ynet
 
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Note de la Rédaction d'upjf.org
 
[1] Voici une liste (non limitative) d'articles sur la diabolisation médiatique d'Israël à propos de l'opération de Tsahal à Jénine (2002). "L'horreur «dépasse l'entendement» dans le camp de Djénine, selon l'ONU" (AFP) ; "Cela va finir par sentir mauvais…" ; "Jenine: Combien y a-t-il de charognards de la presse sur 100 m par 100 m ?" ; "La vérité sur Jenin", Maj. Lederman ; "A Jenin, c'est l'ONU qui est la cause du désespoir, selon le Daily Telegraph" ; "Israël accusé de violations des droits de l'Homme à Djénine" ; "Amnesty International évoque des « crimes de guerre » [israéliens]" ; "Israël accusé – Israël justifié", Menahem Macina ; "La bataille de Jénine : Rapport palestinien" ; "Lettre du responsable d'une unité d'infirmiers de Tsahal à Jénine" ;  "«Je ne pouvais plus supporter les mensonges»", Dr David Tsengen ; "Le Mythe de Jénine - Analyse, By Martin Sieff (UPI)" ; "Rapport de l'ONU sur les événements survenus à Djénine en 2002" ; etc.

[2] Un internaute nous fait remarquer que "le chiffre de 500 000 réfugiés est aujourd'hui indiqué par plusieurs organisations humanitaires (CCFD et MSF par exemple)". A quoi il faut ajouter "un chiffre de 25 000 étrangers rapatriés, selon diverses agences de presse."
 
[3] C'est le lieu de rappeler ici la définition qu'en donne l'Encyclopédie Wikipedia : "Les relations publiques se définissent comme un ensemble de techniques de communication, destinées à donner une image favorable d'une personne ou d'une organisation publique ou privée, à développer une relation de confiance, d'estime et d'adhésion entre une entreprise, une marque et de multiples publics."
 
Et pour finir, trois clichés pour illustrer le mensonge de Jénine:
 
Le camp de réfugiés de Jénine après l'opération "Homat Magen"
Remarquez la superficie détruite (cercle noir) : elle correspond au réduit
où s'étaient retranchés les combattants palestiniens irréductibles.
Ses dimensions : 100 m x 100 m !

Et en agrandissement :

Le Monde avait même comparé Jénine à Varsovie... Il s'en était excusé ensuite, mais le mal était fait !



Plocker a raison, on nous refera sans aucun doute le coup de Jénine. Et ce avec d'autant plus de facilité, que les destructions sont d'une grande ampleur et beaucoup plus spectaculaires. Le problème sera de les mettre en perspective avec le nombre des immeubles intacts et à la superficie de territoire où rien n'a été détruit, au Liban. Mais, d'ores et déjà, un chiffre devrait mettre la puce à l'oreille : 360 morts, c'est une tragédie certes, mais à l'échelle de l'ampleur des bombardements effectués, cela tient du miracle. (Menahem Macina).

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Mis en ligne le 25 juillet 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org