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Menahem Macina

Les «animaux du Christ» à la Une de «L'Osservatore Romano»: Pastiche, par Menahem Macina
31/08/2011

31 août 2011

  Rien de nouveau sous le soleil ? Voire… Qu'eût pensé le Jésus qui « n'avait pas où reposer sa tête » (Mt 8, 20) des « animaux du pape », auxquels le quotidien officiellement officieux du Vatican consacre un reportage extasié. Que les chrétiens se rassurent donc : l'immunité sanitaire du Pape et de son entourage est garantie par cette ferme pontificale, dont le très sérieux Osservatore Romano nous assure que les vaches y donnent un « lait qui n'a pas souffert de Tchernobyl »… Youpi ! Je me hâte de préciser que la version ci-après, malgré sa ressemblance étonnante avec l'original, n'est que le fruit de mon imagination dévergondée et – je le confesse -, un brin irrespectueuse. C'est que je n'ai pu y tenir, piqué au vif par cet étalage « bling-bling » d'une aisance vaticane qui ne contribuera certainement pas à la réanimation de la « charité refroidie du grand nombre » (Mt 24, 12).

 

Vous n'êtes pas obligés de me croire

Selon un manuscrit du Désert de Juda (Qumran), récemment déchiffré, un renard, des petits faucons, mais aussi 25 vaches romaines, 300 poules, 60 poulets, des abeilles et des poissons : les « animaux du Christ » auraient coulé des jours prospères dans la région de Nazareth, du vivant même de Jésus. Ce compte-rendu bimillénaire fait la Une de L'Osservatore Romano en italien du 31 août, sous la plume de Mario Ponzi.

Les oliviers centenaires donnaient suffisamment d'huile – par pression à froid - pour les besoins de cette ferme miraculeuse de l'Eglise naissante et le surplus était vendu sur le marché interne, accessible à ses apôtres et à ses disciples tout comme les fruits du verger et du potager, le lait de ces bonnes vaches qui donnaient chacune 50 litres par jour, les œufs, le miel des ruches du Christ, et les poissons de ses bassins. La pépinière fournissait la première communauté chrétienne et notamment le palais du Christ. Les poules, libres, élevées entre terre et ciel, produisaient quelque 200 œufs par jour.

Les jeunes faucons préservaient les abricots et les pêches des pillards ailés. Le chien de garde dissuadait le renard de s'approcher du poulailler du Seigneur dans le domaine de  Nazareth, les « Villas du Seigneur », fameuses aussi pour leur roseraie et la floriculture, sur les ruines d'un domaine impérial planté d'arbres aux nombreuses essences.

 

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Les traditions ne se perdent pas même quand elles se modernisent

Le directeur des Villas du Vatican, réplique catholique contemporaine de la « ferme du Christ », M. Saverio Petrillo, rappelle que l'actuelle ferme du Vatican a accueilli des hôtes assez remuants comme ces deux sangliers, cadeau du Père Zénon de Nomadelfia au pape Paul VI, ou ces gazelles offertes au pape Pie XI par le délégué apostolique en Egypte. Le pape y était très attaché : lorsqu'il se trouvait à Castel Gandolfo, Pie XI allait les voir tous les jours, et jamais les mains vides, prenant la plus petite dans ses bras – bucolique n'est-il pas ?!

Ce même pape Pie XI voulait que « sa » ferme répondît aux exigences de l'agriculture moderne, tout en gardant un aspect rustique, champêtre. Elle possède aujourd'hui une « pasteurisatrice » dernier cri, explique le responsable de la ferme, Giuseppe Bellapadrona : le lait est pasteurisé à 75°, ce qui préserve ses qualités nutritives et donne un lait de grande qualité, riche en protéines.

 

Surréaliste !

Comme les nazaréennes de jadis, ces vaches de haut lignage - enregistrées sur le « Livre de la frisonne italienne » - jouissent d'appartements modernes rénovés en 2008, ce qui en fait un milieu de vie salubre et confortable, avec un maximum de liberté sous ce cabanon ouvert sur quatre côtés. Leur table aussi est très riche et inspirée par les traditions locales : leur foin est saupoudré de fromage parmesan ! Le maïs provoquerait des fermentations anormales du fromage. Modernissime, le système de nettoyage des zones de nuit et de jour et celle de la traite, mais la production est soumise au quota de 600 litres par jour.

Leur lait a été particulièrement utile et apprécié à l'époque du désastre de Tchernobyl : le nuage de celsium avait pollué une grande partie de la campagne italienne. Or les « vaches du Vatican » mangeaient depuis des années déjà du foin conservé à l'abri sous des toiles imperméables. Lorsque les techniciens sont venus contrôler le lait, ils ne trouvèrent aucune trace des radiations ! Les autorités sanitaires conseillèrent donc aux mamans de jeunes enfants et des personnes ayant d'urgence besoin de lait de s'adresser à la ferme du Vatican.

 

Anita S. Bourdin, pour la traduction française du compte-rendu original (plus sérieux) intitulé « Les animaux du Pape ».

 

© Avec la collaboration involontaire de l'Agence de Presse catholique Zenit, 30 août 2011.