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Besancenot ? Je le croyais mort avec Stéphane Hessel, par Alain Legaret
06/09/2011

  

Sur le Blog de l'auteur, 6 septembre 2011


 

Quand j'ai vu qu'il faisait la Une des journaux ce matin, j'ai été rassuré. Olivier Besancenot n'est pas mort.

Il faut dire qu'il y avait de quoi s'inquiéter.

Cela fait des mois que l'armée syrienne de Bachar-El-Assad massacre des civils sans défense et je n'ai toujours pas entendu le postier s'indigner. Ni lui, ni Stéphane Hessel. Ni leurs amis. Aucune manifestation dans les rues de Paris. Rien.

Et pourtant, le tueur en Syrie a déjà fait bien plus de morts innocents que l'opération « Plomb durci » à Gaza. Mais ça ne suffit pas pour perturber le sommeil de nos indignés. Comme quoi, l'indignation de ces gens-là est très sélective.

Et si Besancenot réapparaît aujourd'hui dans les journaux, c'est suite à une condamnation par le tribunal. Le postier considère cette décision « comme une injustice, car nous sommes condamnés pour une séquestration qui n'a pas eu lieu. » confie-t-il au quotidien Libération.

Parce qu'en matière de séquestration, Besancenot en connaît un rayon.

Quand, cette année, il s'est embarqué sur un bateau pour Gaza, je pensais que, par excès de zèle, notre fameux postier voulait porter un lettre à Guilad Shalit, séquestré depuis cinq ans dans l'isolement total par les factions palestiniennes. Et même si Guilad est Israélien, je croyais tout de même que les valeurs humanitaires de notre sauveur-navigateur-universaliste l'emportaient sur les considérations confessionnelles ou de nationalité. Comme j'ai pu être naïf ! Car c'est par solidarité avec les ravisseurs que notre postier s'était lancé dans cette traversée.

Et puis, affronter la marine israélienne, ça lui permet de montrer son côté rebelle sans prendre trop de risques. Quand on veut faire le mariole, il vaut mieux avoir en face une armée ayant des valeurs judéo-chrétiennes. Car Besancenot-le-courageux ne va pas sur le terrain montrer une quelconque solidarité avec les Birmans, les Tibétains ou le peuple syrien. Il ne tient pas à ce que sa tête fasse sécession d'avec son corps. Ca ferait désordre dans son cercueil.

Alors, quand il confie à Libération: « En plus de nous traiter de terroristes, on nous traite de lâches », j'ai envie de lui dire : Continue cher Olivier, tu es sur la bonne voie. Et même si on te l'a soufflé, c'est pas grave. Car c'est peut-être la première fois que tu dis quelque chose de sensé.

 

© Alain Legaret pour Le Monde à l'Endroit