Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

«Les dessous des accords de Munich», de Christine Rütten
14/09/2011

 

Arte diffusera les 15 et 27 septembre 2011 « Les dessous des accords de Munich » (Hitlers Ultimatum – DieWahrheit über das Münchner Abkommen), documentaire de Christine Rütten. 30 septembre 1938 : l'annonce de la signature des accords de Munich – démantèlement de la Tchécoslovaquie par l'abandon de la région des Sudètes – est accueillie avec liesse à Londres et à Paris, et avec stupéfaction à Prague. Des accords révélateurs de la lâcheté, de l'aveuglement et de la naïveté de dirigeants politiques des démocraties face au totalitarisme.

  

29-30 septembre 1938. La conférence de Munich réunit les représentants de la Grande-Bretagne – Premier ministre conservateur Neville Chamberlain -, de la France – Edouard Daladier, président du Conseil -, de l'Italie – Benito Mussolini, Duce - et de l'Allemagne – Führer Adolf Hitler. En est absente la Tchécoslovaquie, pourtant au centre des négociations.

Pour mettre un terme à la crise des Sudètes – trois millions de germanophones vivent dans la région tchèque des Sudètes, en Bohême et en Moravie – et « pour sauvegarder la paix », la Tchécoslovaquie est démembrée : le IIIe Reich annexe les Sudètes. Après 1945, par les décrets Beneš, la Tchécoslovaquie expulse et exproprie 2,6 millions d'Allemands des Sudètes, « collaborateurs du régime nazi », qui s'installent dans les Länder allemands - notamment de Bavière et de Saxe – ainsi qu'en Autriche. Un événement tragique, douloureux qui se conclut par l'intégration des réfugiés dans leurs pays d'accueil, à l'essor duquel ils contribuent.

A Londres, Chamberlain est accueilli par une foule enthousiaste. Winston Churchill avait pourtant prévenu : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».

En France, Daladier craint une réaction courroucée de la population. C'est au contraire des Français en liesse qui l'accueillent. «  Les cons ! », murmure Daladier. Le socialiste Léon Blum est partagé entre « un lâche soulagement et la honte ».

Les Tchécoslovaques, dont Jiři Kosta, Juif tchèque né en 1921, sont stupéfaits par l'abandon ou le sacrifice contraint de leur pays, bastion de démocratie en Europe de l'Est, havre pour les réfugiés ayant fui le nazisme.

A la suite de l'invasion allemande dans les Sudètes, 100 000 sociaux-démocrates, communistes et Juifs fuient cette région.

Moins d'un an plus tard, l'invasion de la Pologne par la Wehrmacht déclenche la Seconde Guerre mondiale. Ce répit a-t-il été utile aux démocraties européennes pour mieux se réarmer face à une armée allemande vantant sa Luftwaffe ? La Blitzkrieg (guerre*éclair, en allemand) tend à prouver le contraire.

Des enseignements tirés des accords de Munich

Les accords de Munich ont démontré l'inanité et le danger de la « politique d'apaisement », du déni de la réalité – réarmement allemand, projet expansionniste nazi –, et du pacifisme, qui ont guidé l'attitude des démocraties européennes à l'égard de l'Allemagne nazie. Pour le gouvernement britannique, « la question des Juifs est une affaire intérieure allemande, donc sans influence sur la politique étrangère » britannique, précise l'historien Ian Kershaw.

Ce chemin de la lâcheté, de l'aveuglement, de la vanité et de l'illégalité – la France ne respecte pas ses engagements à l'égard de la Tchécoslovaquie – est jalonné par des étapes importantes auxquelles ces démocraties, comme la Société des Nations (SDN), ne réagissent pas, tels le rétablissement du service militaire obligatoire, par Hitler, en 1935, ou l'occupation, en 1936, par l'Allemagne nazie, de la Rhénanie démilitarisée, en violation de trois clauses du traité de Versailles et des traités de Locarno.

Munichois ou antimunichois ? Depuis des décennies, ces épithètes qualifient les partisans ou les adversaires de l'appeasement lors des crises affectant les relations internationales. Et certains s'efforcent de tirer des enseignements de ces accords honteux pour éviter une telle faute politique aux conséquences graves : millions de victimes de la guerre, dont celles, juives, de la Shoah. Comment et quand faut-il réagir face aux dictateurs ?

La réalisatrice Christine Rütten évoque Saddam Hussein massacrant des Kurdes. Elle montre des images de musulmans décharnés internés derrière des fils barbelés d'un camp de concentration dans l'ex-Yougoslavie. « Slobodan Milošević avait exposé son projet dans son discours du Champ des Merles en 1989 », déclare Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé des Verts, qui a prôné l'intervention armée en ex-Yougoslavie contre le dirigeant serbe Milošević.

Mettre en parallèle Hitler, Hussein et Milošević ne paraît pas pertinent.

Par contre, la comparaison entre Hitler et les islamistes qui veulent détruire Israël, peuple et Etat, s'impose.

Autres exemples de l'actualité des accords de Munich: l'approbation par nombre de pays de la proclamation unilatérale d'un Etat palestinien à l'assemblée générale des Nations unies, ou l'attentisme – Union européenne –, voire le possible soutien français à cette proclamation illégale de la « Palestine », qui implique la disparition de l'Etat Juif. Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils opposeront leur veto si une telle proclamation était présentée au Conseil onusien de sécurité dont ils sont membres de droit.


de Christine Rütten
2008, 52 minutes

Diffusions les :
-          15 septembre 2011 à 1 h 35
-          27 septembre 2011 à 10 h 55


Visuels : © HR


Articles sur ce blog concernant :
France