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Contentieux palestino-israélien

Traduction de la partie du discours d'Obama à l'ONU, consacrée au conflit palestino-israélien
23/09/2011


Traduction française : Menahem Macina

[En rouge, ci-après, les passages qui expriment un changement d'attitude, largement positif et passablement surprenant quand on se souvient de la sévérité confinant au parti pris hostile à l'égard d'Israël, auquel nous avait habitués le président américain. Quelles que soient les raisons profondes de ce revirement gratifiant pour nous, il faut s'en réjouir – prudemment toutefois, car, depuis le début de son mandat, le président Obama nous a habitués au régime de la douche écossaise. (Menahem Macina).]


L'intégralité du discours en anglais est consultable
sur le Blog de Corinne Lesnes, correspondante du Monde à Washington.

 

[…]

Je sais que pour beaucoup de ceux qui sont dans cette salle, une question constitue un test de la crédibilité de ces principes [énumérés précédemment], à savoir : le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens.

Il y a un an, à cette même tribune, j'ai plaidé pour une Palestine indépendante. J'ai cru alors – et je crois encore maintenant – que les  Palestiniens méritent un Etat à eux. Mais ce que j'ai dit également c'est que la véritable paix ne peut se réaliser qu'entre les Israéliens et les Palestiniens eux-mêmes. Un an plus tard, en dépit des amples efforts de l'Amérique et d'autres pays, les parties n'ont pas résorbé leurs divergences. Confronté à cette impasse, j'ai proposé, en mai 2011, une nouvelle base pour des négociations. Cette base est claire, et bien connue de nous tous ici. Les Israéliens doivent savoir que tout accord donne des assurances pour leur sécurité. Les Palestiniens ont le droit de connaître l'étendue territoriale de leur Etat.

Je sais que beaucoup sont frustrés par l'absence de progrès. C'est aussi mon cas. Mais la question n'est pas le but que nous poursuivons – mais la manière d'y parvenir. Et je suis convaincu qu'il n'y a pas raccourci à la fin d'un conflit qui a duré des décennies. La paix ne s'établira pas au travers de rapports et de résolutions à l'ONU – si c'était aussi facile, ce serait déjà fait aujourd'hui. En fin de compte, ce sont les Israéliens et les Palestiniens qui doivent vivre côte à côte. En fin de compte, ce sont les Israéliens et les Palestiniens – pas nous – qui doivent conclure un accord sur les questions qui les divisent : sur les frontières et la sécurité, sur les réfugiés et sur Jérusalem.

La paix dépend du compromis entre des peuples qui doivent vivre ensemble bien longtemps après que nos discours seront achevés et que nos votes auront été enregistrés. C'est la leçon de l'Irlande du Nord, où les anciens antagonistes ont résolu leurs différends. C'est la leçon du Soudan, où un règlement négocié a mené à la création d'un Etat indépendant. Et c'est la voie qui mènera à un Etat palestinien.

Nous aspirons à un avenir où les Palestiniens vivront dans un Etat souverain à eux, sans qu'il y ait des limites à ce qu'ils peuvent réaliser. Nul doute que les Palestiniens ont pâti du trop grand retard de la réalisation de cette perspective. Et c'est précisément parce que nous croyons si fort aux aspirations des  Palestiniens, que l'Amérique a consacré tellement de temps et d'efforts à l'établissement d'un Etat palestinien, et aux négociations qui peuvent le créer.

L'engagement de l'Amérique envers la sécurité d'Israël est inébranlable, et notre amitié avec Israël est profonde et durable. C'est pourquoi nous croyons que toute paix durable doit reconnaître les très réelles préoccupations sécuritaires auxquelles est confronté Israël chaque jour. Reconnaissons-le honnêtement : Israël est entouré de voisins qui ont mené guerres sur guerres contre lui. Des citoyens israéliens ont été tués par des roquettes tirées sur leurs maisons et d'explosions- suicide contre leurs autobus. Les enfants israéliens entrent dans l'adolescence en sachant que, dans toute la région, on éduque d'autres enfants à les haïr. Israël, petit pays de moins de huit millions d'âmes, regarde un monde où des dirigeants de nations beaucoup plus grandes menacent d'effacer leur pays de la carte. Le peuple juif porte le fardeau de siècles d'exil, de persécution, et la mémoire encore vivante des six millions de gens qui ont été tués du seul fait de ce qu'ils étaient [Juifs].

Ces faits ne peuvent être niés. Le peuple juif a forgé un Etat réussi dans sa patrie historique. Israël mérite d'être reconnu. Il mérite des relations normales avec ses voisins. Et les amis des Palestiniens ne leur rendent pas service en ignorant cette vérité, tout comme les amis d'Israël doivent reconnaître la nécessité d'aspirer à une solution à deux Etats avec un Israël en sécurité aux côtés d'une Palestine indépendante.

Cette vérité – à savoir, que chaque partie a des aspirations légitimes – est ce qui rend la paix si difficile. Et le blocage ne sera brisé que quand chaque partie saura se mettre à la place de l'autre. C'est ce que nous devrions encourager. Cet organisme [l'ONU] – qui a été fondé sur les cendres de la guerre et du génocide, et qui est consacré à la dignité de chaque personne – doit reconnaître la réalité que vivent tant les Palestiniens que les Israéliens. L'aune de nos actes doit toujours être : font-ils progresser le droit des enfants israéliens et palestiniens à vivre dans la paix et en sécurité, avec dignité et des perspectives d'avenir. Cet effort ne réussira que si nous parvenons à encourager les parties à se rencontrer pour s'écouter mutuellement et comprendre les espoirs et les craintes de chacun. C'est le projet auquel l'Amérique s'engage. Et c'est sur cela que les Nations Unies devraient se concentrer dans les semaines et les mois à venir.

[…]

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Original anglais de cet extrait

 

Now I know that for many in this hall, one issue stands as a test for these principles – and for American foreign policy: the conflict between the Israelis and Palestinians.

One year ago, I stood at this podium and called for an independent Palestine. I believed then – and I believe now – that the Palestinian people deserve a state of their own. But what I also said is that genuine peace can only be realized between Israelis and Palestinians themselves. One year later, despite extensive efforts by America and others, the parties have not bridged their differences. Faced with this stalemate, I put forward a new basis for negotiations in May. That basis is clear, and well known to all of us here. Israelis must know that any agreement provides assurances for their security. Palestinians deserve to know the territorial basis of their state.

I know that many are frustrated by the lack of progress. So am I. But the question isn't the goal we seek – the question is how to reach it. And I am convinced that there is no short cut to the end of a conflict that has endured for decades. Peace will not come through statements and resolutions at the UN – if it were that easy, it would have been accomplished by now. Ultimately, it is Israelis and Palestinians who must live side by side. Ultimately, it is Israelis and Palestinians – not us – who must reach agreement on the issues that divide them: on borders and security; on refugees and Jerusalem.

Peace depends upon compromise among peoples who must live together long after our speeches are over, and our votes have been counted. That is the lesson of Northern Ireland, where ancient antagonists bridged their differences. That is the lesson of Sudan, where a negotiated settlement led to an independent state. And that is the path to a Palestinian state. 

We seek a future where Palestinians live in a sovereign state of their own, with no limit to what they can achieve. There is no question that the Palestinians have seen that vision delayed for too long. And it is precisely because we believe so strongly in the aspirations of the Palestinian people that America has invested so much time and effort in the building of a Palestinian state, and the negotiations that can achieve one.

America's commitment to Israel's security is unshakeable, and our friendship with Israel is deep and enduring. And so we believe that any lasting peace must acknowledge the very real security concerns that Israel faces every single day. Let's be honest: Israel is surrounded by neighbors that have waged repeated wars against it. Israel's citizens have been killed by rockets fired at their houses and suicide bombs on their buses. Israel's children come of age knowing that throughout the region, other children are taught to hate them. Israel, a small country of less than eight million people, looks out at a world where leaders of much larger nations threaten to wipe it off of the map. The Jewish people carry the burden of centuries of exile, persecution, and the fresh memory of knowing that six million people were killed simply because of who they were.

These facts cannot be denied. The Jewish people have forged a successful state in their historic homeland. Israel deserves recognition. It deserves normal relations with its neighbors. And friends of the Palestinians do them no favors by ignoring this truth, just as friends of Israel must recognize the need to pursue a two state solution with a secure Israel next to an independent Palestine.

That truth – that each side has legitimate aspirations – is what makes peace so hard. And the deadlock will only be broken when each side learns to stand in each other's shoes. That's what we should be encouraging. This body – founded, as it was, out of the ashes of war and genocide; dedicated, as it is, to the dignity of every person – must recognize the reality that is lived by both the Palestinians and the Israelis.  The measure of our actions must always be whether they advance the right of Israeli and Palestinian children to live in peace and security, with dignity and opportunity. We will only succeed in that effort if we can encourage the parties to sit down together, to listen to each other, and to understand each other's hopes and fears. That is the project to which America is committed. And that is what the United Nations should be focused on in the weeks and months to come.